‹ Voyage en terre sainte (volume 2)Chapitre 24 sur 85 · CONTREVALLATION DE TITUS · texte numérisé non relu

CONTREVALLATION DE TITUS

d'une tout autre pierre et d'un tout autre travail que les ornements du tombeau lui-même. Deux beaux morceaux de cette corniche, nous en donnant à eux deux tous les motifs, ont été subtilisés par Mauss et envoyés à Sainte- Anne. Ils sont en France maintenant et n'ont plus qu'un bout de chemin à faire pour arriver au Louvre.

J'ai passé une partie de mon après-midi avec Barrère, et nous avons concerté longuement notre plan de campagne pour arriver à persuader au pacha de laisser continuer mes ouvriers.

49 novembre.

Ce matin, j'ai voulu voir par moi-même ce qui s'était déjà fait au Tombeau des Rois, et je suis parti de bonne heure avec Salzmann. Comme nous étions sortis de la ville par le Bab-eb-Khalil, ou porte de Jafifa, nous avons profité de l'occasion pour rechercher les restes de l'enceinte d' Agrippa. Nous les avons retrouvés presque partout, et le tracé de l'enceinte actuelle ne s'en écarte véritablement que très-peu. Chemin faisant, nous avons également reconnu de magnifiques ag gères et une véritable branche de la ligne de contre vallation de Titus. L'origine de ces mouvements de terrain n'est pas douteuse, et il suffit de les examiner pour se rendre le compte le plus satisfaisant de beaucoup de passages du livre de Josèphe, dont ils sont un véritable commentaire.

La ligne de contrevallation n'a laissé que quelques jalons dans les terrains cultivés placés entre la ville et les constructions russes ; mais , dès qu'elle vient rejoindre le chemin qui de la porte de Jafla conduit à la porte de Damas , elle côtoie constamment ce chemin et ne présente plus la moindre inter- è i»

ruption jusqu'à l'agger immense qui est appliqué contre les flancs de la porte de Damas, où se trouvaient les tours des Femmes. A partir de là, elle disparaît, par la raison toute simple qu'elle devait disparaître. Rappelons-nous, en effet, que lorsque Titus décida la construction de cette contrevallation, il était maître de Bezetha et avait établi son camp sur la pente méridionale de cette colline, faisant face à l'enceinte du temple. Or, en arrière de son camp, il y avait un obstacle bien plus difficile à forcer et à franchir (sans parler des retranchements du camp lui-même) qu'un vallum de trois ou quatre mètres de hauteur. En effet, aussitôt après la porte de Damas, l'enceinte de la ville est perchée sur des rochers à pic, et lorsqu'elle s'abaisse avec le terrain qui la supporte, elle est couverte par un large et profond fossé taillé dans le roc vif, et qui s'étend môme au delà de la tour angulaire du nord-est de l'enceinte, jusque dans le voisinage de la porte Saint-Etienne ou Bab-Setty-Maryam.

Ces escarpements de rochers et la présence du camp rendaient parfaitement inutile la construction d'une branche de contrevallation dans toute la partie du terrain qui se trouvait si bien fermée. 11 est donc très-clair que la contrevallation de Titus a dû venir s'appuyer, vers la porte de Damas, aux retranchements établis sur le liane de Bezetha, qu'elle s'est confondue avec le vallum formant le front de bandière, à travers tout le quartier de Bezetha, et qu'elle n'a dû reparaître au-dessus de la vallée du Cédron que là où le fossé de la place et le camp ne présentaient plus des obstacles infranchissables. Elle a donc nécessairement été reprise à |Vst de la ville, dans le voisinage de l'église de Sainte-Anne, |nuir descendre au fond de la vallée , vers le tombeau de la Viorne Marie, et remonter ensuite sur le flanc occidental du Y*4\t des Oliviers.

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