II
à parier qu'eût-on remanié dix fois les murailles de cette enceinte, les assises de fondation devaient être restées en place. N'est-il pas clair ei>eflet que, lorsqu'on renverse un édifice, on n'a pas la niaiserie d'en arracher les fondations pour le seul plaisir de les arracher ? Nous étions donc , avant mon départ, tous d'accord sur ce point. Prouvez, nie disait-on, que les assises reposant sur le rocher sont exactement du même appareil que celles que vous avez qualifiées de salomoniennes, et vous aurez gagné votre cause. Cette preuve, j'allai la chercher; il est vrai qu'on ne la regardait pas comme très-facile à trouver. S'il fallait en croire le récit de l'historien Josèphe , il y avait bien des mètres de hauteur à déblayer pour arriver aux fondations primitives; et comment y parvenir sans le secours de bois d'étai. si difficiles à trouver à Jérusalem? 11 était fort possible que je me fisse enterrer, avec mes ouvriers, sous les éboulements qu'on avait le droit de prévoir. Je rie nierai pas le moins du monde que cette présomption ne fût un peu aussi la mienne; mais qui ne risque rien n'a rien. Je voulais avoir le dernier mot de cette question; j'allai donc à la grâce de Dieu.
Il me fallut d'abord entamer des négociations, afin d'obtenir du gouvernement l'autorisation nécessaire pour commencer des fouilles de cette nature; comme il s'agissait du voisinage immédiat du Haram-ech-Chérif, il était assez difficile d'en venir à mes fins. Après avoir bien étudié les deux côtés est et sud de l'enceinte sacrée, je restai convaincu (pie le seul côté à explorer était le côté sud; car à l'est, partout où le cimetière musulman ne s'était pas étendu, comme le ferait une immense tache d'huile, on avait, depuis peu d'années, tant accumulé de remblais de toute nature , que la recherche que je me proposais de faire était devenue radicalement impraticable. Va donc pour le sud !