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commence par ces mots. (1) (St. Luc, XI) Ce monument est dû à la générosité de madame Latour D’Auvergne, qui le fit ériger en 1869 à la place d’une église qui a disparu depuis longtemps. Dans ce sanctuaire, qui ressemble à un cloître, le Pater Noster est écrit sur les murs en trente-deux langues différentes.
L'autre monument, à peine visible au-dessus du sol, consiste en une cave artificielle, où l’on ne voit aujourd’hui que douze piliers en pierre et un autel. C’est le sanctuaire du Credo, dù également à la charitable munificence de Mme Latour D'Auvergne. Autrefois il y avait une église construite au-dessus de la chapelle actuelle du Credo. Est-il besoin d'ajouter que c’est là, d’après la légende, que les apôtres composèrent la formule que l’on appelle le Symbole des apôtres, ou simplement le Credo ?
Après l'ascension du Sauveur et la descente du Saint-Esprit, les apôtres ne se séparèrent pas immédiatement, car Dieu voulait que la doctrine du salut fût prêchée d’abord à son peuple choisi, aux Juifs et aux Israélites vivant dans la Judée, la Samarie et la Galilée. Ils prêchèrent donc pendant quelques années dans la Terre-Sainte avant leur dispersion.
Mais quand l’heure fut venue de se disperser à tous les coins du globe, où pouvaient-ils mieux
(1) Notre-Seigneur enseigna aussi le Paler sur le mont des Béatitudes en Galilée.
se réunir une dernière fois, qu'à l'endroit même de l'ascension, là où ils avaient reçu la dernière bénédiction du Sauveur triomphant ?
Ils avaient été choisis par le Bon Maitre pour réunir tous les hommes en un seul corps ou société dont ils devaient être les guides et les docteurs.
On ne saurait douter qu'alors déjà les premiers chrétiens eussent adopté le signe de la croix comme un moyen auquel ils se reconnaitraient les uns les autres. Mais, maintenant que les disciples sont devenus nombreux et qu'on les trouvera bientôt dans toutes les régions du globe, comme aussi un grand nombre vont être par là même éloignés de la tête visible de l'Eglise et du centre de l’unité, les apôtres pensent qu'il est important de donner à tous un autre moyen pour se reconnaître, une règle de foi, un abrégé de ce qu'ils doivent croire et espérer.
Figurons-nous maintenant voir sur ce lieu élevé saint Pierre entouré de ses onze compagnons ; il élève la voix et dit: “ Credo in Deum... je crois en Dieu le Père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre.” Ces paroles furent prononcées en face du temple et de la ville de Jérusalem. Aux temps passés cette ville avait été souillér nar des actes d'idolâtrie ; 1l
est vrai que d la captivité de Babylone, les Juifs s'”” abstenus de ce crime, mais l'évangile .c être annoncé à des peuples qui
adoraient les ouvrages de leurs mains. Il était
donc nécessaire de mettre sur les lèvres des chrétiens une déclaration de foi à l'existence d'un Dieu, un en trois personnes ; aussi le symbole des apôtres commence-t-il par ces paroles : Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant etc. Pierre, Jacques et Jean, sur le mont Thabor avaient entendu Dieu lui-même proclamer Notre-Seigneur Jésus-Christ, son ‘“ Fils bien-aimé.” (St. Math. XVII, 6.) Plus tard encore, les apôtres avaient été les témoins de son pouvoir, quand ils virent le soleil s’obscurcir, la terre trembler à sa mort. Un ange aussi en face des murs de Jérusalem qu'ils avaient sous les yeux, un ange de Dieu n’avait-il pas, aux temps de Sennachérib, frappé de mort cent quatre-vingt-cinq mille Assyriens à Cause des blasphèmes proférés par le peuple contre le Seigneur et le Dieu d'Israël ? (Rois, IV, 19.)
De la montagne des Olives, les apôtres pouvaient apercevoir la mer Morte et la vallée du Jourdain. Ils étaient près de Jéricho, et non loin de ces lieux où Dieu avait manifesté son pouvoir sans limites en faveur des Israélites Ils pouvaient voir en ce moment même la fumée des sacrifices, s'élevant du temple où le vrai Dieu était adoré dans l'humilité de la prière et des sacrifices d’expiation. Oh! avec quelle joie les apôtres souscrivirent au premier article énoncé par saint Pierre : ‘ Je crois en Dieu, le Père Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre.”
Saint Pierre, en une circonstance solennelle,:
(St, Luc, XVI.) avait confessé la divinité du Bo Maître en disant : ‘“ Vous êtes le Christ, le Fils. du Dieu vivant.” C’est toutefois une chose surprenante de voir les autres apôtres si lents à croire à cette doctrine. Mais au jour de la dernière entrevue, tous dirent avec un seul cœur : “ Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur.” Trois ans durant, ils avaient été les heureux témoins des miracles de leur Maitre. En entendant ces paroles prononcées par l’un d'eux, et en jetant les yeux sur le Calvaire, ou sur le lieu de l’ascens'on d'où Jésus s'éleva dans les nues en les bénissant, ils durent être émus au point de ne pouvoir retenir leurs larmes.
Le désir des apôtres désormais était d’instruire le monde touchant la dignité du Rédempteur.
Ils désiraient surtout faire connaître à tous que le Fils de Dieu, en se faisant homme, en prenant la nature humaine, n'avait pas été conçu comme les autres hommes, mais bien par l'opération du Saint-Esprit : ‘“ Conceptus de Spiritu Sancto, conçu du Saint-Esprit.”
Lors de sa naissance, les lois de la nature furent changées à son égard ; car il naquit de : “la Vierge Marie.” La sainte Vierge était encore au monde quand les apôtres composèrent le symbole. Les apôtres étaient de Galilée, et Marie ayant passé bien des années dans le même pays était connue d'eux, ou au moins de quelquesuns d'entre eux lors de son séjour à Nazareth, avant le baptême de Jésus-Christ par saint.
Jean. La Mère de Dieu vécut de longues années sur la terre après l’ascension de son Fils, nonseulement afin d'édifier l'Eglise naissante par la sainteté de sa vie, mais encore et surtout afin de faire part aux apôtres et aux évangélistes de ces événements qu'elle seule et son divin Fils connaissaient. C’est donc de la Vierge Mère, qu'ils apprirent l’histoire touchante de l’Incarnation et de la naissance de Jésus-Christ. Bethléem et sa grotte sainte n'étaient qu'à six milles de Jérusalem. Dans leurs voyages en compagnie du divin Maître, ils avaient bien des fois visité ce lieu céleste, ainsi que le champ des bergers, où un ange avait annoncé la nouvelle de la naissance du Fils de Dieu. Ils avaient sans le moindre doute conversé avec quelques-uns de ces heureux bergers ; car nous savons que les disciples du Sauveur administrèrent le baptême dans cette partie de la Judée, avant d'aller demeurer à Capharnaüm. Nous pouvons donc nous faire une idée du respect qu'ils portaient tous à cette Visrge annoncée par les prophètes, saluée par l’ange, et enfin devenue mère du Fils de Dieu, Dieu lui-même et égal à son Père.
Nous pouvons aussi nous faire une idée de l'amour qu'ils lui portaient. Car elle aussi avait été bien tendre à leur égard. Tout, autour d’eux, le leur rappelait. De la montagne des Olives ils voyaient la maison où elle était née, la partie du temple où elle avait vécu, et surtout le Calvaire où ils l'avaient vue debout aux pieds de la
Croix, sur laquelle mourait son divin Fils ; ils se rappelaient aussi les paroles du Dieu expirant et léguant sa Mère à l'amour de l'humanité toute entière : “ Femme, voilà votre Fils; voilà votre Mère.”
Bien que quelques années se fussent déjà écoulées depuis la mort du Maitre, les apôtres ne pouvaient perdre de vue que leur mission était de prêcher Jésus crucifié. Nous les voyons sur le Mont des Olives le jour, ou peut-être la veille du jour, où ils allaient dire adieu à la Judée pour aller prêcher la bonne nouvelle jusqu'aux extrémités du globe. Il est plus que probable que quelques-uns de cette troupe choisie, avaient fait le chemin de la croix, (la même remarque a été faite de la sainte Vierge), méditant en ce faisant sur les souffrances et les tortures endurées par le Sauveur dans ces mêmes lieux quelques années auparavant. De la montagne des Olives ils pouvaient voir sans peine le prétoire de Pilate, et le chemin qui mène au Calvaire ; plus à l'Ouest, en dehors des portes de la ville, ils pouvaient apercevoir le Calvaire luimême, lieu où le Maitre et Sauveur était mort sur l'arbre de Ia Croix. Aussi se hâtèrent-ils d'inscrire au symbole ces paroles : ‘“ a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et enseveli.” Le nom de Pilate, le misérable gouverneur qui avait condamné Jésus à mort, fut inséré dans le Credo, afin que tout le monde sût et pût prouver par l'histoire, qu'à une époque certaine, sous le gouverneur de ce nom, le Verbe
chef, le vicaire du Christ qu'ils aimaient tous d’une affection si profonde et si sincère, Mais où sont-ils dans ce tristé moment ? Sur la montagne des Olives. Ils s’y étaient réunis une fois encore pour prier ensemble et s’exciter mutuellement à travailler et à souffrir, à l'endroit même où le Maître avait levé les mains pour les bénir. Le temps, le lieu étaient on ne peut mieux choisis pour insérer dans le symbole ces mots : “ est monté au ciel.’ (Actes 1) Ils se rappelaient bien son ascension glorieuse, le nuage qui l’enleva à leur vue et les anges qui leur étaient apparus, leur annonçant qu'ils le verraient encore reparaitre un jour de la même manière. Oh !
le jour de l'ascension, ils quittèrent la montagne et descendirent à la ville avec une joie immense. Aujourd’hui, au moment de la séparation, leur douleur est de beaucoup allégée par la certitude que le Maitre “est assis à la droite du Père,” qu'il ne les a laissés que pour aller leur préparer une place dans son royaume, et qu'ils seront eux aussi un jour admis à la gloire céleste.
“ De là il viendra juger les vivants et les morts.”
L'endroit où se trouvaient les apôtres quand ils composèrent le symbole, leur rappelait un autre événement important de la vie de leur Maître. Nous lisons dans saint Mathieu (XXIV) que le Sauveur étant sorti du temple, ses disciples vinrent lui en montrer les constructions. Ces constructions élevées par Hérode étaient en effet de toute beauté. (Voir l'historien Josèphe.)
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Mais Lui, leur répondant, ajouta : “ En vérité, je vous le dis, il n’en restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit.” Lorsqu'il était assis sur la montagne des Olives (peut-être à l'endroit même où se trouvent maintenant ses apôtres), il parla à ses disciples des signes qui précèderaient la catastrophe, et de l'incertitude du temps où le monde finirait. I1 leur prédit qu'on verrait dans les nues le signe annonçant la venue du Fils de l'Homme, entouré de puissance et de majesté, la résurrection générale et l'apparition de tous les peuples de l’univers au pied de son tribunal, le jugement et la sentence finale : les méchants seraient punis éternellement, et les justes admis à la vie éternelle, Il y a une opinion communément admise parmi les chrétiens, qu'après la destruction de l'univers par le feu, Jésus-Christ viendra juger le monde sur cette même montagne des Olives. L'Eglise n’a rien défini à ce sujet. Mais il est certain que c’est sur cette montagne qu'il fit la déclaration qu'il viendrait un jour juger l'univers. N'y a-t-il pas quelque chose de sublime, de consolant et de terrible à la fois dans cette pensée, que la trompette du jugement dernier éveillera les morts, sur cette même montagne où le Sauveur daigna pleurer sur les iniquités des pécheurs endurcis !
Oh! que les nations trembleront, et avec raison, quand apparaîtra le signe du Fils de l'homme, en face du Calvaire où le Sauveur
donna son sang et sa vie, les bras étendus vers
incarné avait réellement souffert la mort. La mort et la sépulture du Sauveur, St. Jean en avait été témoin, car il accompagnait Marie et était à ses côtés sur le Calvaire. Cet apôtre avait lui-même aidé à Joseph d’Arimathie et à Nicodème à embaumer le corps et à l’enterrer. Les autres apôtres avaient senti le tremblement de terre, ils avaient vu les épaisses ténèbres qui couvrirent la terre, peut-être aussi avaient-ils causé avec les morts qui ressuscitèrent au moment où venait d’expirer l’auteur de la vie, La mort du Christ était un fait si connu, que les disciples d'Emmaüs restèrent surpris de trouver une seule personne qui n’était pas au courant dc ce qui s'était passé. (St. Luc, XXIV.)
La majorité drs Juifs croyaient à l’immortalité de l’âme et à la résurrection. Au moment dont nous parlons, les âmes des justes et des patriarches de l’ancienne loi étaient dans un lien de repos, attendant la venue du Rédempteur, et sur la terre leurs noms étaient tenus en grande vénération par leurs descendants : “ Jésus-Christ est descendu aux enfers.” C'est-à-dire, il alla visiter ces pauvres âmes dans le lieu de leur détention, et leur annonça qu'il allait bientôt les emmener avec lui dans la gloire éternelle.
“ Le troisième jour, il ressuscita d’entre les morts. On montre aujourd’hui dans la vallée de Cédron le lieu où les apôtres se tenaient cachés par crainte des Juifs après la mort de leur Maître,
Durant sa vie mortelle, ils l'avaient souvent
entendu parler de sa mort et de sa résurrection. Ils l'avaient vu rappeler à la vie trois personnes sûrement mortes ; Lazare, le dernier de ces privilégiés, ils le connaissaient très bien, car sa demeure à Béthanie n’était qu'à un mille environ du lieu où ils se trouvaient maintenant.
Cependant, et malgré tout cela, les apôtres se refusaient à croire à la résurrection de leur Maître ; et cela lorsque lui-même la leur annonçait, lui dont le pouvoir ne devait soulever aucun doute dans leurs esprits, et après qu'elle eut eu lieu, ils refusèrent également de croire à ceux qui l'avaient vue. Pour les convaincre de la réalité du fait, il fallut que le Sauveur leur apparût, leur parlât, mangeât avec eux, et leur montrât dans ses mains et ses pieds les marques des clous, aussi bien que l'ouverture pratiquée dans son côté par la lance du soldat. Mais aujourd’hui ils proclament à la face de l'univers, et ils imposent à leurs disciples l'obligation de croire fermement que “ Jésus est ressuscité le troisième jour.”
À mesure que le moment approchaït, où Pierre donnerait le signal de la séparation, un sentiment de tristesse remplissait toutes les âmes. Pendant trois ans ils avaient ensemble suivi le divin Maître qui les avait choisis pour être ses apôtres. Ils avaient travaillé ensemble dans le même voisinage depuis l’Ascension ; mais voici qu'il leur faut se dire adieu les uns aux autres ; ils vont se disperser et peut-être ne se reverrontils jamais. Il leur faut s'éloigner de Pierre, leur