‹ Voyage en Terre Sainte [microforme]Chapitre 13 sur 19 · LL · texte numérisé non relu

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tous admettre l'existence et la mission divine, “ Je crois l'Eglise Catholique” L'Eglise visible avait un chef visible, et ce chef visible, le pasteur infaillible, le guide assuré pour qui le Maitre avait prié, c'était Pierre, le même que nous voyons sur la montagne des Olives. Déjà dans les quelques années qui ont suivi l’ascension il a fait usage de son autorité suprême, nul ne s’est levé pour la lui contester. Il est si bien reconnu pour être le vicaire du Christ sur la terre, qu'après le départ de son Maître, il semble avoir perdu son nom de Simon, on ne l’appelle plus désormais que Pierre ou Céphas. (Voir tout le livre des Actes.) Il y avait en ce jour à Jérusalem les fidèles avec leur chef, mais aussi d’autres ministres, d’autres apôtres choisis également par Notre-Seigneur et les diacres ordonnés par ceuxci. L'unité de la foi existait parmi eux, car ‘“ tous persévéraient dans la doctrine des apôtres, ” (Actes, 11, 42.) Ils se distinguaient des Juifs par le signe de la croix, l’oraison dominicale, et voilà qu'ils vont avoir le Symbole, que l'on compose aujourd’hui sur le mont des Olives, et qui de là doit se répandre dans tout l'univers. Ce symbole devait devenir aussi la règle de leur conduite ; et si jamais des doutes s'élèvent dans leur esprit touchant la foi ou la morale, ils peuvent et doivent recourir à la “ sainte Eglise catholique, à laquelle ils font profession de croire.”

Les apôtres et les premiers chrétiens de la Palestine étaient aussi unis entre eux par les

liens d'une sainte charité. Ils n'avaient qu'un cœur, et tous leurs biens étaient communs entre eux. Ils adoraient Dieu ensemble dans une certaine partie du temple et possédaient un autel auquel les infidèles n'avaient point d'accès. Ils se considéraient comme les enfants de l'Eglise et les membres de ce corps dont Jésus-Christ est le chef, et ils regardaient les saints du ciel comme leurs frères et leurs protecteurs ; le ciel lui-même était leur partage, vous devez done dire comme eux : “ Je crois à la communion des saints.” En nous enseignant à dire : “ Je crois l'Eglise catholique,” les apôtres voulaient nous donner à entendre que la mission de l'Eglise est d'enseigner les hommes : “ Allez et enseignez.” Mais à cela ne se borne pas la mission de l'Eglise, elle doit encore sanctifier les hommes. C’est pourquoi ils ajoutaient cet autre article : “Je crois à la rémission des péchés” Il serait facile de prouver qu'avant la composition du Symbole des Apôtres, le baptême avait déjà été administré par eux, car ce sacrement était alors, comme il est encore aujourd’hui, la porte de l'Eglise et le moyen du pardon. Pierre et Jean avaient administré la confirmation en Samarie. (Actes VIII, 14.) Les fidèles “ecevaient chaque jour la sainte Eucharistie. C’est du Cénacle, de ce lieu célèbre dont nous avons tant de fois parlé et où le Sauveur l'avait instituée la veille de sa mort, qu'il envoya ses apôtres comme son Père l’avait lui-même envoyé, avec pouvoir de pardonner les pécheurs repentants et nous lisons

es

les pécheurs qui refusaient d'accourir à lui? Mais aussi, comme les élus se réjouiront, quand ils verront paraître sur la montagne de l’ascension, la gloire de celui à qui ils auront obéi et qui viendra leur donner la grande récompense.

Dans les articles que nous avons cités, les apôtres ont proclamé ce que les hommes doivent croire touchant le Père Tout-Puissant et Jésus- Christ son Fils unique. Ils déclarent maintenant leur foi en une troisième personne, et leur confiance en sa bonté et en sa puissance. “ Je crois au Saint-Esprit.” Le Saint-Esprit était descendu sur notre Sauveur, au bord du Jourdain, sous la forme d’une colombe. D’après la promesse de Jésus, l'Esprit-Saint, qui devait être leur consolateur et aussi leur instructeur, était en effet descendu sur eux le jour de la Pentecôte. De la montagne des Olives, ils pouvaient apercevoir sur le mont Sion, le Cénacle où le grand mystère s'était réalisé. Le saint Esprit leur avait en ce jour et en ce lieu donné le don des langues, leur avait enseigné toute vérité, et pendant qu'ils préchaient l'Evangile dans la Judée, la Samarie et la Galilée, il leur était venu en aide à l'heure de la persécution. Et maintenant qu'ils ne pourront plus s'appuyer l’un sur l’autre, une idée les encourage et les fortifie, c'est que le même Esprit-Saint ne les quittera jamais, et sera toujours avec eux.

Quoique l'Evangile ne dise mot de cette dernière rencontre des apôtres sur la montagne

des Olives, nous pouvons sans crainte affirmer qu'elle eut lieu par ordre et sous la présidence de saint Pierre. L'histoire nous informe que saint Pierre pleura amèrement son péché, nonseulement immédiatement après sa chute, mais tout le reste de ses jours. Ses yeux avaient, diton, pris la couleur du sang, et les larmes avaient creusé comme des sillons sur les joues du grand apôtre.

Voyons maintenant comment furent accomplies les promesses faites à Pierre par Notre- Seigneur. Il était la pierre sur laquelle l'Eglise devait être bâtie, et du mont des Olives il pouvait porter ses regards tout autour de lui et voir déjà un grand nombre de disciples marchant sous sa bannière : à l’ouest était le mont Sion où il avait converti trois mille personnes à son premier discours ; tout à côté était le temple où cinq mille personnes avaient embrassé la foi après avoir été témoins de la guérison du boiteux. “ L'Eglise, jouissant de la paix en Judée, en Galilée et dans la Samarie, prenait chaque jour une plus grande extension.” Des congrégations avaient été établies par les autres apôtres, et Pierre les avait visitées toutes. (Actes, IX.) Les villes de Sharon et de Lydda avaient embrassé Ja foi à la voix de Pierre. À Joppé et dans Césarée un grand nombre avaient reçu le baptême. C'était donc là la maison, le royaume fondé par Notre-Seigneur Jésus-Christ,

C'était là l'Eglise Catholique dont nous devons

qu? dès les premiers jours ‘ un grand nombre venaient confessant leurs péchés.” (St. Jean, XX. Actes XIX.)

Tous les catholiques savent que l'Extrême- Onction, l'Ordre et le Mariage ont été institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même qui a confié lui-même la dispensation de ces moyens de salut, les mêmes aujourd'hui que dans le commencement de son existence.

Quelle consolation pour le pèlerin de la Terre- Sainte de remarquer que tous les chrétiens de l'Orient admettent l'existence et reçoivent les sept sacrements de l'Eglise catholique, mais aussi quel triste spectacle que celui de tant de personnes portant le nom de chrétien, et faisant profession de croire au symbole des apôtres, rejetant l'autorité de l'Eglise catholique à lequelle ils sont tenus de croire, et demeurant dans le péché parce qu'ils ne veulent pas recourir aux moyens de sanctification dont la garde a été confiée à l'Eglise catholique. Cependant l'œuvre de Dieu continuera jusqu'à la fin des temps, et l'Eglise par l'administration des sacrements ne cessera de sanctifier ses enfants et de les préparer à la félicité éternelle.

Nous avons dit plus haut que la doctrine de la résurrection était accréditée parmi les Juifs, et que les apôtres avaient, par expérience, la conviction la plus intime de sa possibilité :

“ Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu'au dernier jour je sortirai de la terre.” (Job)

Pendant quarante jours consécutifs, 'es apôtres purent contempler le Sauveur ressuscité. Ils l'avaient entendu dire : “Je suis la résurrection et la vie ;—je m'en vais pour vous préparer une place,etc., Quelques années plus tard, ils devaient encore se rencontrer à Jérusalem, le jour où Marie mourut, et dans ce temps et dans ce lieu ils devaient être convaincus de son assomption glorieuse, car nous savons que la Vierge Marie fut enlevée au ciel corps et âme.

Parlons encore du tombeau glorieux de Notre- Seigneur Jésus-Chrst, et racontons le touchant événement rapporté par Quaresmius. (Tom. 11, p. 12.) Mais avant de citer le texte de cet historien, moine très-savant, de l'ordre de Saint- François, nous pensons qu'il serait bon d’informer nos lecteurs de la forme qu'avait la tombe du Sauveur. C'était une cavité creusée dans le roc, assez vaste pour contenir le corps d’un homme. On pourrait presque dire une auge sans couvercle, n’atteignant pas tout à fait deux pieds. d'élévation. Dans ce tombeau Joseph d’Arimathie et Nicodème déposèrent le corps de Jésus (ils le placèrent probablement sur le dos et la tête tournée vers l'Occident). Mais ayant de l'y déposer, ils l'avaient enveloppé de linges et embaumé, comme c'était la coutume des Juifs.

(St. Jean, XIX.) La tombe n'avait pas de cou-

‘vercle ; mais elle était située dans une chambre sépulcrale taillée également dans le roc. Sainte Hélène, la mère de Constantin, fit isoler la.

chambre sépulcre'e en abattant la colline qui l’entourait, dans le but de bâtir une église audessus : de sorte que la tombe proprement dite fut dès lors, comme elle est du reste encore aujourd’hui, entourée de roc naturel. Par respect pour ce lieu sacré, les murs tant à l’intérieur qu’à l'extérieur ont été couverts de marbre, la tombe elle-même a été munie d’un couvercle et le fronton décoré d’albâtre,

L'événement que nous allons mentionner

maintenant se passe en 1555, alors que le père

de Raguse était gardien des lieux saints. Voici ses paroles : ‘“* Comme on avait jugé nécessaire: d’abattre la vieille construction, afin de donner plus de solidité à la nouvelle destinée à la remplacer, on fit naturellement tomber toutes les décorations : alors le sépulcre de Notre-Seigneur se montra à nos yeux, tel qu'il avait été, c’està-dire taillé dans le roc. Nous vimes deux figures d’anges dessinées sur le roc qui surmonte la tombe. L'un des anges portait un rouleau sur lequel on lisait ces mots : “ Il est ressuscité, il n’est pas ici!” l’autre, désignant du doigt la tombe avec ces mots : “ Voici l'endroit où ils le déposèrent. (St. Marc, XVI.)

Ces deux tableaux tombèrent en poussière ‘aussitôt qu'ils furent exposés au contact de l'air. Obligés d'enlever la plaque de marbre placée sur le tombeau même par Hélène, nous pûmes contempler grand ouvert ce lieu si digne d’admiration, où le Sauveur avait séjourné trois.

jours. Tous nous .croyions voir le ciel ouvert sous nos yeux. Nous pûmes aussi distinguer dans le contour de la tombe les taches de sang du Dieu Sauveur, mêlées aux aromates dont on s'était servi pour l’embaumer.”

Oh! qu'elle dut être chère aux cœurs des apôtres, cette tombe du Calvaire, le gage assuré de notre résurrection ! Nul doute qu'ils allèrent visiter et baiser cette pierre avant de se disperser et le quitter Jérusalem. C'est eux qui ont déclaré et enseigné au monde entier : “ Je crois à la résurrection de la chair.” Et, de plus, y a-t-il rien de plus propre à consoler les apôtres ou les disciples que la foi à la résurrection glorieuse ?

La résurrection de la chair aura lieu au dernier jour. Elle sera générale, tous ressusciteront ;, mais les conséquences de cette résurrection seront sans fin: “Je crois à la vie éternelle.” es apôtres qui nous ont légué le symbole qui porte leur nom, ont quitté ce monde depuis longtemps et leurs âmes ont été récompensées dans le ciel. Ils sont tous morts martyrs de la foi qu'ils préchaient. Nous leur devons de la reconnaissance, car ils nous ont transmis le précieux document qui porte leur nom, et nous ne cesserons de révérer sur la montagne des Olives le sanctuaire dit de la ‘ place du Credo.”

Disons adieu au jardin et à la montagne des Olives, au mont Sion et au Calvaire. Nous ne verrons plus les lieux saints, sanctifiés par la présence de l'Homme-Dieu, les lieux où il choi-

sit et instruisit ses apôtres, l'endroit où il donna à saint Pierre la charge de son troupeau, ni la montagne où il commanda aux apôtres d'aller enseigner à toutes les nations. Mais c'est une grande consolation pour un chrétien, surtout pour un prêtre d'avoir visité cette terre où le Sauveur jeta les fondements de son Eglise, où il souffrit et mourut pour le salut du genre humain. “ Si je t'oublie, à Jérusalem, que ma main droite soit oubliée ; que ma langue s'attache à mon palais, si je perds ton souvenir, si tu n’es plus le principe de mes joies !’” (Psaume CXXXVI)

Il y a bien peu de pèlerins, bien peu en vérité, qui ne se fassent à eux-mêmes l'application de ces paroles du prophète. Toutefois ce n’est pas sans tristesse que l'on se souvient de la Terre- Sainte. En effet ces lieux vénérés ont été tant de fois profanés dans le passé, ils sont encore si exposés de nos jours à de nouvelles profanations. Ici des ruines amoncelées, là des autels dont l’abord n'est pas permis au prêtre catholique ! il ne peut y offrir le divin sacrifice ! Jérusalem ne peut pas aujourd'hui comme autrefois être appelée la ville du Grand Dieu. Elle a rejeté le joug de ce Dieu, et sa gloire est à jamais disparue. Le prince des apôtres, le représentant du “ vrai pasteur de tout le troupeau ” n'a pas choisi Jérusalem pour la capitale de son royaume. C'est à Rome qu'ils doivent aujourd'hui se rendre tous ceux qui ne v. ent pas marcher

dans les ténèbres, ceux qui veulent trouver la 1]

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