‹ Voyage en Terre Sainte [microforme]Chapitre 15 sur 19 · L'ÉGLISE DU SAINT SÉPULCRE A JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE DU SAINT SÉPULCRE A JÉRUSALEM

Comme le tombeau de Notre-Seigneur et tout ce qui s’y rattache sont des choses d'un intérêt suprême pour les enfants de l'Eglise, nous croyons leur être utile en leur parlant de la Basilique du Saint-Sépulcre, telle qu'elle se voit aujourd'hui à Jérusalem. Cet édifice fut construit de manière à renfermer dans son enceinte le tombeau lui-même et tous les endroits du Calvaire sanctifiés par la présence de Jésus- Christ au jour de la Passion. Construit dans la direction de l’est au couchant, 1l est fort vaste et doit sa forme irrégulière aux positions respec-

tives du saint tombeau et du lieu où la croix fut élevée. Le tombeau occupe sous la coupole la nlace attribuée au maitre autel dans nos cathédrales. Une bonne partie du rocher du Calvaire contenue dans la Basilique a été laissée intacte, à l'exception de la surface qui a dû être aplanie. Cette partie de la Basilique s’appelle la Chapelle du Calvaire, et on y arrive en montant dix-huit marches. La distance du saint tombeau à l'endroit où la croix fut plantée est d'environ quatre-vingt-dix pieds. Dans l’enceinte de la Basilique se trouvent plusieurs endroits ou objets qui nous rappellent des souvenirs émouvants.

Immédiatement en entrant dans l'Eglise, vous avez devant vous la pierre de l'onction, c'est-àdire la plaque de marbre qui couvre le rocher à l'endroit même où le corps du Sauveur fut embaumé par Nicodème et Joseph d'Arimathie.

Traversant la coupole vers le nord, nous trouvons l’Autel de l'apparition à Marie-Madeleine. Soixante pieds plus loin, nous avons la Prison du Christ. (voyez chapitre V.) Un autre autel rapproché de la Prison, marque l'emplacement où les soldats se partagèrent les vêtements après le crucifiement.—Avant de monter au Calvaire

nous nous trouvons en présence de la (Colonne.

des impropères, de cette colonne brisée sur laquelle on le fit asseoir dans la cour du Prétoire, Sur le Calvaire se trouvent, rapprochés l’un de l’autre, la place du crucifiement, le lieu où la croix fut érigée, et le petit sanctuaire qui rappelle Marie tenant dans ses bras le corps inanimé de son Fils, à l'emplacement même où ceci se passa. N'oublions pas que sur le Calvaire nous voyons, dans le rocher laissé à nu, la large fissure qui s’y fit à la mort du Sauveur.

Le désir de perpétuer le souvenir destriomphes et des souffrances de Jésus-Christ, ou des circonstances impérieuses ont donné lieu à l’érection de plusieurs autres constructions que l'on a adossées à la Basilique du Saint-Sépulcre. Ainsi nous avons la chapelle de Sainte-Hélène, et celle de l’'Invention de la sainte-Croix, qui sont reliées à la dite basilique. La première chapelle fut construite à l'endroit où se trouvait la grande impératrice, lorsqu'on travaillait à la recherche de la croix du Sauveur : la seconde contient dans son enceinte la citerne profonde où les trois croix furent trouvées, Adossée à la même basilique se trouve la petite église de l’Apparition de Notre-Seigneur à sa sainte Mère. Les moines Grecs, Arméniens et Cophtes schismatiques ont

aussi des monastères adossés à la Basilique, de

même que les pères franciscains, gardiens du Saint-Sépulcre. Remarquons que, quels qu'ils soient, ces religieux, soit catholiques ou schismatiques, ne peuvent entrer dans leurs n:onastères qu’en passant par la porte de la grande Basilique qui est gardée par des soldats turcs.

Le gouvernement du Sultan perçoit des sommes considérables du revenu des taxes qu'il exige pour la permission d'entrer dans l'église du Saint-Sépulcre.

Ailleurs nous avons mentionné le nombre de pèlerins qui annuellement visitent la Terre-

Sainte, et nous avons raconté comment le che-

min de la Croix se fait à Jérusalem par ces mêmes pèlerins. Pour la consolation des âmes ferventes, disons un mot de ce qui se fait tous les jours près du saint tombeau en mémoire de ce que le Sauveur a fait pour les hommes.

Nous avons déjà mentionné que la maison des pères franciscains est adossée à la Basilique. La chapelle privée des révérends pères n’est autre que la petite église de l’Apparition de Notre- Seigneur à sa sainte Mère, lequel oratoire communique par une porte à la Basilique. La tradition nous a rapporté que l'emplacement de cet oratoire faisait partie du jardin de Joseph d'Arimathie. Ce noble disciple du Sauveur avait

mis à la disposition de Marie sa maison et son jardin après la mise au tombeau du corps de son Fils ; et la mère désolée demeurait constamment aussi près de cette tombe chérie que les gardes le lui voulaient permettre. Le Rédempteur vainqueur de la mort apparut en ce lieu à

sa sainte Mère, avant de se montrer à aucune,

autre personne.

La petite église de l’Apparition a trois autels : l'autel du milieu est l’autel du Saint-Sacrement, et celui à droite l'autel de la Colonne de la Fiagellation. On voit en effet derrière l'autel de la Colonne de la Flagellation un grillage en fer protégeant un tronçon de colonne, qui serxit une partie de la colonne de la Flagellation, de cette colonne à laquelle Notre-Seigneur fut attaché lorsqu'il fut flagellé, Bien que la maison des Franciscains soit fort petite et très malsaine, les religieux sont toujours en nombre suffisant pour réciter le saint office jour et nuit dans leur chapelle, et pour célébrer tous les jours aussi trois messes sur le saint tombeau. L'une de ces messes est une messe solennelle ; tous ceux qui par leurs offrandes contribuent à l'entretien des pèlerins et à la conservation des lieux saints

participent aux messes que les Franciscains offrent dans ces sanctuaires. Il va sans dire que

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les bons pères sont à la disposition des pèlerins pour tout ce qui regarde l'intérêt de leurs âmes, et que les confessions s’y entendent dans toutes les langues.

Tous les jours, dans l'après-midi, il se fait

dans la Basilique une procession à laquelle nous

eûmes le bonheur d'assister et que nous allons décrire en retranchant quelques-unes des prières contenues dans le manuel de cette procession imprimé pour l'usage des pèlerins. Rappelonsnous que nous sommes dans l’église du Saint- Sépulcre.

Après la récitation des complies, des cierges sont distribués aux assistants ; tout le monde s’agenouille devant l’autel du Saint-Sacrement dans l'église de l’Apparition. Ici l’on chante J’antienne et les prières qui suivent :

‘Q festin sacré où nous recevons Jésus-Christ, où la mémoire de la Passion est renouvelée, où l’âme est remplie de grâces et où nous est donné le gage de la gloire future.”

On se lève, on s'avance vers l'autel de la Flagellation (N'est-ce pas en recevant la sainte Eucharistie qu'on reçoit la force nécessaire pour souffrir avec Jésus ?) La procession s'arrête devant la Colonne de la Flagellation.

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