‹ Voyage en Terre Sainte [microforme]Chapitre 5 sur 19 · NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST EN JUDÉE · texte numérisé non relu

NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST EN JUDÉE

A l'époque où Notre-Seigneur Jésus-Christ vivait sur la terre, la Terre-Sainte était divisée en trois provinces. La plus remarquable de ces provinces était la Judée, dont les bornes étaient à peu près celles du royaume de Judée après le schisme des dix tribus. Au nord de la Judée était la province de Samarie, et au nord de la Samarie se trouvait la province de Galilée.

Toutes ces provinces s’étendaient de la mer Méditerranée à la vallée da Jourdain.

C'est un fait bien connu de tous les chrétiens que le Sauveur demeura principalement à Nazareth, ou à quelque autre endroit de la Galilée avant et durant sa vie publique. Une chose digne de remarque, c'est que les plus importants évènements de sa vie se sont passés en Judée,

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C'était à Ain Karim, en Judée, que demeuraient Zacharie et Elizabeth, le père et la mère de saint Jean-Baptiste. C’est là qu'il fut sanctifié dans le sein de sa mère, c’est là qu'il vint au monde, celui qui devait être le précurseur destiné à préparer la voie du Seigneur. C’est en Judée, à Bethléem, que naquit le Sauveur, qu'un ange annonça aux bergers la naissance du Fils de Dieu, qu’une multitude d’esprits célestes descendirent du ciel pour l’adorer, et qu’enfin les mages vinrent de l'Orient pour lui offrir des présents.

À Jérusalem, capitale de la Judée, Il fut presenté dans le temple si célèbre, quarante jours après sa naissance. À l’âge de douze ans, nous le trouvons encore dans le temple au milieu des docteurs, les surprenant par la sagesse de ses réponses, et leur faisant remarquer que, d’après les prophètes, le Messie, le Désiré des Nations, était à la veille de paraître.

Ces évènements antérieurs à la vie publique de Notre-Seigneur Jésus-Christ élaient, on peut le croire, bien connus d’un grand nombre, surtout de ceux que l’on désigne sous le nom de justes. Comment les habitants de la Judée auraient-ils pu oublier le massacre des milliers d'enfants à Bethléem et dans les environs, cruelle boucherie commandée par Hérode ? Ils ne devaient pas davantage ignorer que ce massacre avait été ordonné par ce prince barbare afin de: se défaire du Sauveur, le Messie tant désiré par le peuple d'Israël.

Nous sommes arrivés maintenant à la vie publique de Notre-Seigneur. Son apparition dans le monde avait été annoncée par saint Jean- Baptiste, et le premier théâtre des premiers labeurs de ce grand saint avait été ce désert situé à douze milles à l’ouest de Jérusalem, et que l’on appelle aujourd’hui “ le Désert de saint Jean.” |

Dans le désert, on montre encore aujourd’hui une roche élevée, du sommet de laquelle il parla pour la première fois à ses auditeurs, et on l’appelle, de nos jours comme au temps passé, “ la chaire de saint Jean.” Du désert, le Précurseur se rendit sur les bords du Jourdain ; il passa an temps considérable aux environs de Béthanie, à cause du grand nombre de voyageurs qui passaient le Jourdain ; ce fut là qu’il rendit témoignage à la lumière. Saint Jean était lui-même une ‘“ lampe ardente et brillante.” Sa présence et sa vue firent une impression telle sur les spectateurs, qu'un jour on députa vers lui des personnes chargées de lui demander s’il n’était pas lui-même le Messie que l’on attendait. Mais il déclara qu'il était simplement envoyé pour préparer la voie du Seigneur. Ce fut saint Jean-Baptiste qui montra un jour Jésus- Christ à la foule en disant : “ Voici l’agneau de Dieu, qui efface les péchés du monde.” Il déclara aussi qu'il était le Fils même de Dieu.

Ce fut dans le cours du Jourdain que le même saint Jean conféra le baptême à Notre- Seigneur Jésus-Christ. On vit descendre sur

la tête du Fils de Dieu le Saint-Esprit sous la forme d’une colombe, et la voix du Père fut

‘entendue qui le proclamait “ son Fils bien-aimé, l’objet de ses éternelles complaisances.”

Le jeûne de quarante jours fut accompli en

Judée, à peu de distance du Jourdain, à cet

endroit célèbre que l’on connaît encore sous le nom de la grotte de la Quarantaine. C'est en effet une grotte ou un enfoncement sur le coteau

d’une montagne très élevée. Il est difficile, souvent même dangereux, de se rendre à cet

endroit, élevé de cinq cents pieds au-dessus de la plaine. De la grotte dite de la Quarantaine on peut compter encore cinq cents pieds jusqu'au sommet de la montagne. C’est de ce point que le démon montra, dit-on, au Sauveur tous les royaumes de la terre. La prédication de saint

Jean, le jeûne du Seigneur, durent produire sur

les esprits une impression bien profonde et bien générale, puisqu'il y a encore aujourd'hui des moines schismatiques qui,mènent une vie très austère à la grotte même de la Quarantaine.

On en voit un grand nombre d’autres qui vivent dans des grottes dispersées en différents lieux de la Judée. Un temps fut où 14000 moines catholiques avaient leurs demeures dans les grottes semées le long du cours du Cédron.

Après son baptême et le jeûne de quarante jours, le Sauveur demeura plusieurs mois dans la Judée proprement dite, ou dans le pays aux environs de Jérusalem ; ses disciples y admi-

nistrèrent le baptême, et devinrent bientôt plus nombreux que ceux de Jean. (Jean IIL. et IV.) Ilest vrai qu'après son baptême, Jésus-Christ se rendit en Galilée, et que la plus grande partie de sa vie publique se passa sur les bords du lac de Tibériade. Il venait cependant souvent à la capitale de la Judée, et je vais vous faire voir que c'est à Jérusalem ou aux environs de cette ville qu’il manifesta surtout la divinité de sa mission par les nombreux miracles qu'il y opéra.

Quand le pèlerin, fatigué de son long voyage, arrive en face de la ville de Jérusalem, il tombe à genoux, et alors commence en chœur le psaume CxxI: Lœtatus sum, ‘“ Je me suis réjoui de ce qui m'a été dit : nous irons à la maison du Seigneur. Nos pieds ont touché ton enceinte, ô Jérusalem ! ” et au retour, quand on s'éloigne de la ville, à mesure que les édifices disparaissent aux regards, on chante encore : “ Si je t'oublie, 6 Jérusalem, que ma main droite m'oublie, que ma langne s'attache à mon palais, si tu n’es pas toujours le principe de ma joie, à Jérusalem !” (psaume CxxxvI) Au temps du Sauveur, Jérusalem était une ville de 150,000 habitants ; elle s'étendait plus au nord et au sud que la ville actuelle. C'était la capitale de la Judée, l'objet de l'amour et de la vénération de tous les vrais fils d'Abraham. La montagne de Sion qui se trouvait dans son enceinte fut l'emplacement de la ville de David. Pendant quatre ans l'arche d'alliance y fut déposée ;

c'est là aussi que furent composés un grand nombre des psaumes du grand Roi, psaumes chantés par la synagogue dans le temple, et chantés encore de nos jours dans l'Eglise universelle.

Sur le mont Moriah, à l’est de la ville, Melchisédech avait offert en sacrifice du pain et du vin; ce fut là aussi qu'Abraham se montra disposé à sacrifier son fils. Sur cette montagne célèbre Salomon avait construit son temple si fameux dans le monde ; là on sacrifiait à Dieu, selon le rite prescrit par Dieu lui-même, et les sacrificateurs n'étaient autres que les successeurs de ceux que lui-même avait choisis et désignés. C’est pourquoi le Sauveur lui-même appelait la ville de Jérusalem “la ville du Grand Roi.”

À l’époque où vivait le Sauveur, la Judée était une province romaine, et elle était gouvernée par un procureur qui résidait à Césarée, sur le bord de la mer. Le nom du gouverneur était Ponce Pilate. Tel était le gouvernement civil. Sous le rapport religieux, les Juifs étaient gouvernés par l° Sanhédrin, composé de 72 membres présidés par le grand prêtre. Les membres de ce tribunal étaient : 10 Le grand prêtre et ceux qui avaient joui de cette dignité ; 20 Les chefs des vingt-quatre familles sacerdotales ; 30 les anciens ou chefs des tribus et des premières familles ; 4o enfin les Scribes et les Docteurs de la Loi, dont l'occupation était de

transcrire, conserver et étudier les livres saints. Le plus grand nombre de ceux-ci étaient des lévites et recevaient leur entretien du peuple.

Si le Seigneur parut si rarement à Jérusalem et s’il y resta si peu de temps lorsqu'il y vint, c'est à cause des mauvaises dispositions du peuple et spécialement des magistrats à son gard, et parce que sa présence aurait pu donner lieu à des troubles sans fin. Mais il avait réservé pour Jérusalem les marques les plus sensibles de sa mission divine.

C'est après son baptême, et quand il arriva pour la solennité de la Pâque, que le Christ fit sa première visite à Jérusalem. En cette occasion, il se rendit au temple et se montra, pour parler ainsi, le “ Maître du Temple ” comme l'avait prédit le prophète Malachie.

Quand nous parlons du temple de Jérusalem, nous ne voulons pas qu'on se représente une immense et magnifique basilique, non ; par le temple de Jérusalem nous voulons bien dire le “ Saint” et le “ Saint des Saints” qui étaient sous le même toit, mais nous voulons dire aussi le terrain qui entourait ce sanctuaire, Jadis ces terrains étaient entourés de murs élevés et tracés de manière à former plusieurs cours parfaitement distinctes. Les dimensions du terrain autour du temple étaient d'environ 1600 pieds sur 1000, et on y voyait la cour des gentils, la cour des juifs, la cour des femmes, et enfin celles des prêtres. Toutes les parties de

ce vaste enclos étaient ‘saintes.’ Dieu luimême ayant accepté l’offrande qui lui en avait été faite, c'était le lieu de la prière, le lieu du sacrifice.

En cette occasion “ Jésus trouva dans letemple les vendeurs de bœufs, de brebis, de colombes, et aussi les changeurs d'argent assis. à leurs comptoirs : alors, ayant fabriqué un faisceau de petites cordes, il chassa du temple. ceux qui vendaient les brebis et les bœufs, il renversa les tables des changeurs et dit à ceux qui vendaient les colombes : “Emportez tout cela et ne faites pas de la maison de mon Père une waison de commerce.”

Il est évident qu’un homme ordinaire, sans le secours d’en haut n'aurait jamais pu tout seul et en un clin d’œil, chasser du temple une foule d'hommes et d'animaux. La foule était si grande que l’on devait entrer par une porte et sortir par une autre. N'oublions pas non plus que cette multitude d'hommes et d'animaux.

couvrait une grande surface de terrain ; mais le. Seigneur dans cette circonstance fit appel à sa Divinité, et tous sortirent du lieu de la prière, effrayés et saisis de terreur à la vue de la majesté divine qui se réflétait dans sa personne. Ce miracle et plusieurs autres du méme genre, mais sur lesquels l'Evangile ne dit mot, expliquent peut-être ces exclamations spontanées de la part des Juifs qui en furent les témoins : “ Nul ne. saurait faire de telles choses s’il n'avait Dieu.

en lui” Nous lisons encore que “ pendant son séjour à Jérusalem un grand nombre de personnes crurent en lui, à la vue des prodiges qu'il avait opérés.” (Saint Jean, 11, 28.)

En une autre occasion, nous voyons encore Jésus-Christ à Jérusalem : c'était encore un jour de fête. Le Sauveur voulait que ses miracles fussent connus dans la ville de Jérusalem, afin que les pèlerins qui y venaient en portassent témoignage dans le monde entier. Le miracle qu'il opéra cette fois fut la guérison d’un malheureux qui avait été infirme durant trente-huit ans de sa vie. (St. Jean, v)

‘Après cela, la fête des Juifs étant arrivée, Jésus s’en alla à Jérusalem. Or il y avait à

Jérusalem la piscine des brebis, qui s'appelait

en hébreu Bethsaïda, qui avait cinq galeries, dans lesquelles étaient couchés un grand nombre de malades : des aveugies, des boiteux, des personnes aux membres desséchés, et tous attendaient que l’eau fût remuée. L'ange du Seigneur, à un temps donné, descendait dans cette piscine et en remuait l'eau, et celui qui y entrait le premier après que l’eau avait été ainsi remuée était guéri, quelle que fût sa maladie. Or il y avait là un homme qui avait été malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché et sachant qu'il était là depuis: longtemps, lui dit : “ Voulez-vous être guéri ? ” Le malade lui répondit : ‘“ Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine après

que l'eau a été remuée, et, pendant le temps que je mets à m'y rendre, un autre y descend avant moi.” Jésus lui dit: “ Levez-vous, emportez votre lit et marchez”’ À l'instant même cet homme fut guéri, et prenant son lit, il commença de marcher : or, c'était le jour du sabbat”

Ce malheureux, bien connu des habitants de Jérusalem, avait perdu tout espoir de guérison de la part des hommes. Il était couché près de la piscine de Bethsaïda, avec un grand nombre de malades, d'aveugles, de boîteux et de paralytiques : tous attendaient avec impatience que l'eau fût remuée. C'est à cet homme que le Sauveur dit en présence de la foule : ‘“ voulezvous être guéri ?...levez-vous, prenez votre lit et marchez.”’ Et l’homme obéit aussitôt ; il est guéri, il emporte son lit et se met à marcher. (Saint Jean, v.

On verra plus tard que ce fut ce miracle de la piscine qui excita surtout la fureur des Juifs contre Notre-Seigneur. Le prodige était si clair, si évident, qu'ils ne cherchèrent même pas à le nier. Ils se contentèrent de lui reprocher de l'avoir accompli le jour du Sabbat.

Après ce miracle, le Seigneur retourna en Gralilée ; mais, quoiqu'il fût absent de Jérusalem, toutes ses actions n’en étaient pas moins portées à la connaissance des habitants de cette ville. En effet, la distance de Jérusalem au lac de Tibériade n'était pas très grande, la route à cette époque devait être en bon ordre et le pays

LÀ

Ætait bien habité. Jérusalem était toujours remplie de pèlerins venus de Galilée, soit pour le négoce, soit pour adorer Dieu dans le temple; et, comme l'opinion prévalait déjà parmi le peuple qu'il était peut-être le “ Messie ” et qu'il avait déjà un grand nombre de disciples, il s'ensuit que toutes ses actions étaient naturellement portées à la connaissance du public.

De plus, les chefs du pouvoir, qui refusaient de le recevoir à cause de la corruption de leurs cœurs, avaient donné commission à certaines personnes de le suivre, de l’épier et de leur rapporter toutes ses actions. On savait donc très bien à Jérusalem que Jésus de Nazareth avait calmé la tempête, guéri toutes sortes de malades, chassé les démons et rendu à la vie deux personnes décédées en Galilée.

En automne, à cette époque de l'année qui correspond à peu près à notre mois d'octobre, avait lieu à Jérusalem la grande solennité connue sous le nom de “ Fête des Tabernacles.” À cette occasion, de grandes multitudes de pèlerins se réunissaient chaque année dans la ville. Cette fête avait été établie en souvenir des bienfaits reçus de Dieu par les Hébreux dans le désert lorsqu'ils quittèrent l'Egypte pour se rendre à la terre de Chanaan. Pendan: tout le temps que durait la fète, c'est-à-dire durant huit jours, le peuple demeurait sous des tentes improvisées, faites de branches d'arbres et destinées à rappeler les tentes du désert. On allait

puiser de l’eau à la piscine de Siloé, avec des vases d'argent, en mémoire de l’eau miraculeuse qui jaillit du rocher pour étancher la soif des Hébreux dans le désert. |

Comme la foule était déjà nombreuse dans l'enceinte de la ville, le bruit se répandit que Jésus venait de Galilée pour assister à la fête des “ Tabernacles.” Il avait lui-même permis que ce bruit se répandit. Il avait choisi ses soixante-douze disciples, et, après leur avoir donné le pouvoir de guérir les malades (St. Luc x.), il leur avait ordonné d'aller deux à deux, en avant de lui, dans les villes où il devait se rendre lui-même. Ils partirent en effet du fond de la Galilée pour se rendre en Judée, annonçant partout sur leur passage qu'il fallait faire pénitence, parce que le royaume de Dieu. était proche. C’est pourquoi en cette circonstance la foule était dans l'attente de quelque grand événement. Mais les ennemis du Sauveur, les prêtres, les Scribes et les Pharisiens avaient résolu de se défaire de lui et de le mettre à mort.

Le Seigneur ne se montra à la fête que le troisième ou le quatrième jour, et nous le voyons prêchant dans le temple et exposant la loi avec une force telle que ses ennemis euxmêmes ne peuvent s'empêcher de laisser éclater leur admiration, car ils s’écrient : ‘“ Jamais homme n'a parlé comme cet homme.” Notre- Seigneur avait choisi cette circonstance pour

accomplir encore un grand miracle dans la ville de Jérusalem.

La piscine du Siloé où l’on puisait l’eau pour la fête des Tabernacles, est située au sud du mont Sion, non loin du lit du torrent appelé Cédron. Quelle était la condition de cette piscine à l'époque du Seigneur, on ne saurait le dire aujourd’hui. Quand nous vimes ce lieu célèbre, le bassin en était presque desséché. Ses dimensions sont d'environ soixante pieds sur vingt, avec une profondeur de quinze pieds environ.

Tout autour on voit les ruines éparses d’un édifice considérable qui s'élevait là à une certaine époque de l’histoire ; la tradition dit même que c'était une ancienne église érigée sous le vocable de Jésus-Christ l’‘“ Illuminateur”. Nous allons voir tout à l’heure que le nom donné à ce lieu était on ne peut mieux choisi.

Représentez-vous Notre-Seigneur Jésus-Christ entouré de ses disciples et d’une grande foule, et dans la foule un certain nombre de ses ennemis qui ne cessaient de l’épier partout et toujours. Comme il sort du temple, ses regards s'arrêtent sur un pauvre malheureux, aveugle de naissance, assis près de l’une des portes.

“ Lorsque Jésus passait, il vit un homme qui était aveugle de naissance, et ses disciples Jui firent cette demande : “ Maître, est-ce le péché de cet homme ou le péché de ceux qui l'ont mis

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