‹ Voyage en Terre Sainte [microforme]Chapitre 6 sur 19 · TE · texte numérisé non relu

TE

au monde qui est cause qu'il est né aveugle ? ” Jésus leur répondit : “ Ce n'est point qu'il a péché, ni ceux qui l'ont mis au monde ; mais c'est afin que les œuvres de la puissance de Dieu éclatent en lui. Il faut que je fasse les œuvres de Celui qui m'a envoyé, pendant qu'il fait jour ; la nuit vient, dans laquelle on ne peut plus agir : tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.” Après avoir dit cela, il cracha à terre, et ayant fait de la boue avec sa salive, il oignit de cette boue les yeux de l’aveugle et lui dit : “ Allez vous laver dans la piscine du Siloé (qui signifie envoyé)” Il y alla donc, il s’y lava et à son retour il voyait clair. Ses voisins et ceux qui l'avaient vu auparavant demander l'aumône disaient :

“ N'est-ce pas là celui qui était assis et qui demandait l'aumône ? ” Les uns répondaient :

C’est lui”, les autres disaient : “ Non, mais il lui ressemble.” Mais lui leur disait : “ C’est moimême.” Ils lui dirent donc : ‘“ Comment vos yeux se sont-ils ouverts ?” Il leur répondit : “ Cet homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il en a oint mes yeux et il m'a dit : ‘“ Allez à la fontaine du Siloé et vous y lavez.” J'y suis allé, je me suis lavé et je vois.” Ils lui dirent : “ Où est-il ? ” Il leur répondit : “ Je n’en sais rien.” Alors ils amenèrent aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle. Or, c'était le jour du Sabbet que Jésus avait fait cette boue et lui avait ouvert les yeur. Les pharisiens l'interrogèrent donc eux-mêmes pour savoir comment il avait rocou-

vré la vue. Et il leur dit : “Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois clair.” Sur ce, quelques-uns des pharisiens dirent : ‘ Cet homme n'est point envoyé de Dieu, puisqu'il ne garde point le Sabbat.” Mais d’autres disaient : “ Comment un méchant homme pourrait-il faire de tels prodiges ? ” Et il y avait sur ce point division entre eux. Ils dirent donc de nouveau à l’aveugle : “ Et toi, que dis-tu de cet homme qui t'a ouvert les yeux ? ” Et il leur répondit : “ C’est un prephète” Mais les Juifs ne crurent point que cet homme avait été aveugle, et qu'il eut ‘ecouvré la vue, jusqu’à ce qu'ils eussent fait venir les parents qu'ils interrogèrent en disant : “ Est-ce là votre fils que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ?” Les parents répondirent : “ Nous savons que c'est là notre fils et qu’il est né aveugle, mais nous ne savons comment il voit maintenant, et nous ne savons pas davaniage qui lui a ouvert

les yeux. Interrogez-le lui-même. Il est à un

âge où il peut répondre pour lui-même.” Les parents parlaient de la sorte, parce qu'ils craignaïent les Juifs ; car ceux-ci avaient déjà résolu que quiconque reconnaitrait Jésus pour être le Christ, serait chassé de la synagogue, C'est ce qui leur fit dire : “ Il est en âge de parler pour lui-même.” Ils appelèrent donc une seconde fois cet homme qui avait été aveugle, et lui dirent : “ Rends gloire à Dieu ; nous savons que cet homme est un pécheur.” Mais

lui répondit : “ Si c'est un pécheur, je n’en sais rien ; mais tout ce que sais, c'est que j'étais aveugle et qué maintenant je vois clair.” Ils lui dirent encore : “ Que t’a-t-il fait, et comment t’a-t-il ouvert les yeux ? ” Il leur répondit : “Je vous l’ai déjà dit, et vous l’avez entendu : pourquoi voulez-vous l'entendre encore une fois ? est-ce que vous voulez devenir ses disciples ? ” Sur ce, ils le chargèrent d’injures et lui dirent : “ Sois son disciple ; pour nous, nous sommes disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse, mais pour celui-ci, nous ne savons d'où il est.” Cet homme leur répondit : “ Ce qu'il y a d'étonnant, c'est que vous ne sachiez d'où il est, et pourtant il m'a ouvert les yeux. Or nous savons que Dieu n’exauce point les pécheurs ; mais si quelqu'un l’honore et fait sa volonté, Dieu l’exauce. Depuis que le monde existe, on n’a jamais entendu dire que personne ait ouvert les yeux à un aveugle-né. Si cet homme n'était point envoyé de Dieu, il ne pourrait rien faire de tout ce qu'il a fait.” Ils lui répondirent : “ Tu n'es que péché dès le sein de ta mère, et tu viens nous prêcher ? ” Et ils le mirent dehors.” (St. Jean, 1x.)

C'était un miracle évident. Il est certain que cet homme était né aveugle. Il le déclarait luimême à plusieurs reprises, ses parents et ses amis rendaient eux-mêmes témoignage du fait devant un tribunal compétent. Il était évident aussi qu'il voyait clair. La ville entière

WP. DS. PT

savait bien que celui qui l'avait guéri était Jésus, le prophète de Nazareth, et l’un des résultats de la guérison avait été cette confession arrachée à un grand nombre: “ qu'un méchant ne pouvait faire de tels prodiges.”

C'était un miracle évident : les ennemis du Sauveur, ne pouvant le nier, se contentèrent de dire qu’en l’accomplissant le jour du Sabbat Jésus avait violé la loi. Nous allons voir que le Sauveur, avec le dessein de convertir même ses ennemis, opèra un miracle plus grand encore. Mais, hélas ! Jérusalem était endurcie et ne voulait pas recevoir le Rédempteur.

Après avoir guéri à Jérusalem l'aveugle-né, le Sauveur passa le Jourdain et se rendit à un certain endroit appelé la Pérée. (Ce fut là qu'un message vint lui apprendre, de la part de Marthe et Marie, que leur frère Lazare était malade. Lazare avec ses deux sœurs demeurait à Béthanie, à deux milles de Jérusalem.

Cette famille était entièrement dévouée au Sauveur, et il honora plus d’une fois leur demeure par son auguste présence.

Plusieurs passages du saint Evangile prou vent que cette famille était dans l’aisance, bien connue à Jérusalem où elle possédait l'estime des citoyens les plus notables. Nous allons maintenant rapporter la résurrection de Lazare, en vous recommandant de ne pas oublier que cet événement se passa quelques mois seule-

ment avant les fêtes de la Pâque, durant laquelle fête eut lieu la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ et sa mort sur la croix.

“Il y avait un homme malade, nommé Lazare, qui était du bourg de Béthanie où demeuraient Marie et Marthe sa sœur (cette Marie était celle qui répandit sur le Seigneur une huile de parfum, et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et Lazare, qui était malade, était son frère). Ses sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : “ Seigneur, celui que vous aimez est malade.” Ce que Jésus ayant entendu, il dit : “ Cette maladie n’est point mortelle : mais elle est pour la gloire de Dieu, et afin que le Fils de Dieu en soit glorifié.” Or Jésus aimait Marthe, et Marie sa sœur, et Lazare. Ayant donc entendu dire qu’il était malade, il demeura encore deux jours au lieu où il était ; et il dit ensuite à ses disciples : ‘“ Retournons en Judée.” Ses disciples lui dirent : “ Maître, il n'y a qu'un moment, les Juifs voulaient vous lapider, et vous parlez de retourner parmi eux ? ” Jésus leur répondit : “ N'y a-t-il pas douze heures en un jour ? Celui qui marche durant le jour ne se heurte point, parce qu’il voit la lumière du jour; mais celui qui marche la nuit se heurte, parce qu'il n’a point la lumière.” Il leur parla de la sorte, et ensuite il leur dit : “ Notre ami Lazare dort, mais je m'en vais le réveiller.” Les disciples lui répondirent : “ Seigneur, s’il dort, il sera guéri.” Mais Jésus voulait parler de s&

mort, au lieu qu'ils crurent qu'il parlait du sommeil ordinaire. Jésus leur dit donc alors clairement : “ Lazare est mort, et je me réjouis pour vous de ce que je n'étais pas là, afin que vous croyiez. Mais allons à lui.” Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : “ Allons aussi et mourons avec lui.” Jésus, étant arrivé, trouva qu'il y avait déjà quatre jours que Lazare était dans le tombeau. Et, comme Béthanie n'était éloignée de Jérusalem que d'environ quinze stades, il y avait quantité de Juifs qui étaient venus voir Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère, Marthe, ayant donc appris que Jésus venait, alla au devant de lui, et Marie demeura dans la maison. Alors Marthe dit à Jésus : “ Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort ; mais je sais que, présentement même, Dieu vous accordera tout ce que vous lui demanderez.” Jésus lui répondit : “ Votre frère ressuscitera.” Marthe répondit : “ Je sais qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour.” Jésus ajouta : “ Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en mo‘, quand même il serait mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra point à jamais. Croyez-vous cela ? ” Elle lui répondit : ‘“ Oui, Seigneur, je crois que Vous êtes le Christ, le Fils de Dieu, qui êtes venu dans le monde.” Lorsqu'elle eut ainsi parlé, elle s’en alla, et appela secrètement Marie sa sœur en lui disant : “ Le Maître est venu, et il vous demande.” Ce qu'elle n'eut pas

plutôt dit, que Marie se leva et alla le trouver. Car Jésus n'était pas encore entré dans le bourg ; mais il était au lieu même où Marthe l'avait rencontré. Cependant les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, ayant vu qu'elle s'était levée si promptement et qu'elle était sortie, la suivirent en disant : “ Elle va au sépulcre pour y pleurer.” Lorsque Marie fut venue au lieu où était Jésus, l'ayant vu, elle se jeta à ses pieds et lui dit : “ Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort.” Jésus, voyant qu'elle pleurait, et que les Juifs qui étaient venus avec elle pleuraient aussi, frémit en son esprit, et se troubla lui-même. Et il leur dit : “ Où l’avez-vous déposé ? ” Ils Ini répondirent : “ Seigneur, venez et voyez.” Et Jésus pleura. Et les Juifs dirent entre eux : “ Voyez comme il l’aimait.” Mais il y avait quelques-uns qui dirent : “ Ne pouvait-il pas empêcher qu'il ne mourût, lui qui a ouvert les yeux à l'aveugle-n6 ? ” Jésus, frémissant donc de nouveau en lui-même, vint au sépulcre (c'était une grotte et on avait mis une pierre par-dessus). Jésus leur dit : “ Otez la pierre.” Marthe, qui était la sœur du mort, lui dit :

“ Seigneur, il sent déjà mauvais ; car il y a déjà quatre jours qu'il est là.” Jésus lui répondit : “ Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez vous verrez la gloire de Dieu ?” Ils ôtèrent donc la pierre, et Jésus, levant les yeux, ‘dit ces paroles : “ Mom Père, je vous rends grâce de ce que vous m'avez exaucé. Je savais bien que vous m'ex-

cuciez toujours, mais je dis ceci pour le peuple qui m'environne, afin que tous croient que c’est vous qui m'avez envoyé.” Ayant dit ces mots, il cria d’une voix forte : “ Lazare, sortez du tombeau.” Et à l'heure même le mort sortit, ayant les pieds et les mains liés, et le visage couvert d'un lange. Alors Jésus leur dit :

“ Déliez-le et laissez-le aller” Plusieurs donc d'entre les Juifs qui étaient venus voir Marie et Marthe, et qui avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns d’entre eux s'en allèrent trouver les pharisiens, et leur rapportèrent ce que Jésus avait fait. Les princes des prêtres et les pharisiens tinrent conseil et dirent : ‘“ Que faisons-nous ? Cet homme fait plusieurs miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront et ruineront notre ville et notre nation.”

Inutile de donner le moindre commentaire sur cette résurrection. Les ennemis même du Fils de Dieu confessent que ses miracles étaient si nombreux, qu'il aurait entraîné tout le monde après lui, si l’on n’y avait mis des obstacles, et voilà pourquoi ils tinrent conseil et le destinèrent à la mort. (St Jean, x1, 58).

Mais la résurrection de Lazare ne sortit pas de la mémoire du peuple qui en avait été témoin. Il est vrai que le Seigneur quitta Béthanie après le grand événement, mais Lazare ne laissa pas que d'y demeurer. Tous ceux qui

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