LES PREMIÈRES ÉGLISES
étudier les premières basiliques chrétiennes. Elles sont pour la plupart modernisées à outrance ; l’ossature disparaît le plus souvent sous l’horrible manteau d’un replâtrage du xvn* siècle. Cependant le plan, la conception d'ensemble subsistent et souvent des fragments de la décoration ancienne. On verra ainsi comment l’église chrétienne est un
arrangement de la basilique païenne, à laquelle on fait subir les modifications nécessaires à l'exercice du culte nouveau. Il faut visiter S. Maria Maggiorc, si laide dans sa forme actuelle, S. Lorenzo-hors-les-Murs, S. Paul-hors-lcs-Murs. qui fait encore un effet prodigieux par la grandeur de ses cinq nefs à colonnades et le miroitement de ses marbres; il ne reste de la basilique ancienne que le plan du iv c siècle et les mosaïques de l'arc triomphal (v* et îx* siècles) : c’est ce que j’ai vu de plus étonnant, à Rome, comme église. Il y a aussi S. Jean-de-Latran. abîmé au xvu" siècle, S. Clément, très intéressant, S. Maria in Cosmedine. S. Maria et S. Cosimalo in Transtcverc, S. Cecilia. voisine, puis S. Agnese, S. Sabina. Celles que j'indique suffiront pour donner une idée nette de ce qu'ont été les premiers essais d'architecture religieuse. On remarquera l'emploi des plafonds dans les basiliques, la disposition des colonnes (toujours antiques et réemployées) avec entablement ou surmontées d'arcs, l'arrangement du chœur, des chancels, des ambons, la place de l'autel qui, pour l'ordinaire, regarde les
L'AKT CHRÉTIEN*
fidèles, la décoration de l’abside et de l’arc Iriom-
phal au moyen de mosaïques, le plan souvent Iriabsidial, les portiques devant l’église. On notera ce qui reste d’antique dans ces monuments. On verra, au contraire, que dans l’ornement sculpté, il apparaît quelque, chose de nouveau et que la survie romaine est ici presque nulle.
décoration
Les remaniements successifs qu'ont subis ces églises ont amené la destruction presque totale de la décoration primitive. Mais on retrouve un grand nombre de fragments anciens, encastrés soit sous les portiques, soit dans les murs extérieurs de l’église, soit, s’il en existe un, dans le cloître attenant. Ces plaques sont du plus haut intérêt, pourvu qu’on sache les lire. Elles montrent quel était en Italie le style ornemental chrétien, affranchi de l’influence romaine. Car, le premier coup d’œil l’indique, elles n’ont rien gardé de l’antique. Nous chercherons leur origine plus tard, lorsque nous aurons quitté Rome. Pour l’instant, je demande que l’on y soit attentif. Ces plaques, devant lesquelles passent sans s’arrêter des milliers de touristes et quelques bonnes douzaines d’archéologues, aideront à prouver l’interruption complète de l’influence romaine, et, avec le christianisme, l’apport d’un sang nouveau dans l’art moderne. Elles serviront ainsi à démolir la vieille