L ART CHRÉTIEN
hautement sa foi. En tel, chrétien, — tel en est le sens.
LES 3IOSAÏQIES
L’art chrétien s’empare tic la mosaïque qu'avait employée l'antiquité romaine; mais il en fait un usage nouveau et, en outre, on voit bientôt apparaître une influence orientale. Au lieu de l'étaler à terre, il en revêt les murailles et associe fortement ce procédé de décoration, dont les caractères principaux sont la durée et la splendeur, à l'inébranlable solidité de l'éidise chrétienne. L’Esdise veut
la magnificence, l'éclat, le repos ; peu de gestes, pas d'action. Les paysages sont indiques conventionnellement ; un arbre schématique, quatre filets d'eau, c'est le jardin et les quatre fleuves du Paradis. Sur un fond d’or resplendissant, le Christ, les Apôtres, les Prophètes ou les Vieillards de l'Apocalypse, se détachent et mettent devant les yeux l'immobilité de leur cortège. Les mêmes figures se répètent, les mêmes sourires se figent, les mêmes bras bénissent aux murailles des basiliques. D'invention personnelle. l'Eglise n'en veut pas: l’art est ici à son service; elle lui fixe ses canons. L’cfTct décoratif est immense ; l'Eglise ne s'est pas trompée.
Dans les basiliques sombres, l'abside s’éclaire de l'or des mosaïques et fait une immense auréole au prêtre qui officie. Le Christ apparaît en gloire