LES RELIQUES
exquis paysage, où les monuments, les arbres et la campagne se mêlent dans la manière chère à l’oussin. — L'intérêt du musée chrétien est spécial. La collection d'inscriptions est précieuse aux érudits. mais de peu d'agrément aux simples voyageurs que nous sommes. Les sarcophages forment une série où l'on peut étudier les histoires chères au christianisme naissant. Leur valeur artistique est mince. Ils appartiennent à la décadence antique ; leur technique est romaine. C'est une lin d'art: il n'y a pas de développement possible. L'intérêt n'est qu'iconographique. (Juelles sont les scènes et personnages représentés et pourquoi? Il n'y a pas autre chose. Tandis que, dans les mosaïques, dans l'ornement sculpté, un esprit nouveau se crée une forme plastique.
Dans vos promenades à travers la Rome chrétienne. on vous montrera souvent des reliques et des places consacrées par de pieuses légendes. On garde à l'église Domine quo vadis, l'empreinte que firent sur le marbre les pieds de notre Sauveur, apparu sur cette* place à saint Lierre. Dans l'église de S. Sébastien, un peu plus loin sur la Via Appia, les mêmes pieds laissèrent d'identiques empreintes. Nulle ville plus que Rome ne s'enorgueillit de richesses semblables cl nulle église qui ne compte dans ses reliquaires les ossements de martyrs de marque.
l'art CÎIRÉTIEX
Mais crovez-vous à leur réalité? Il v a des
<legrés dans ce que la foi exige. Pour l'empreinte, c'est le credo f/via afmtrdunt que l'on vous demande. Pour le corps de saint Pierre dans la crypte de son église, la tradition est forte, mais la critique prononce à peu près sûrement contre l'authenticité des ossements conservés. Cependant beaucoup se satisfont de la constance de la tradition depuis le m* siècle. J'admire ceux qui « acceptent » et n'ont point reçu dans le partage initial le don de contredire; mais je ne les envie pas. Il est certain que le christianisme a payé chèrement de son sang la prise de possession de Rome. Cela n est-il pas assez et sommes-nous des enfants que nous ne puissions croire, si nous n'avons pas une preuve matérielle et palpable? L’histoire du christianisme sera-t-clle moins héroïque et moins belle, si le maitre-autcl de Saint-Pierre, où les plus grandes cérémonies de l'église sont célébrées, recouvre, au lieu du corps de P Apôtre, celui d'un misérable revendeur chrétien, son compagnon de supplices. Je trouve, au contraire, dans celte pensée, quelque chose de satisfaisant et de conforme à l'esprit des Evangiles, qui furent prèchés pour les humbles et non pour les puissants.
A quoi bon des miracles matériels ? La religion italienne en est toute pleine. Son fétichisme ne s’élève pas beaucoup au-dessus de celui des nègres. On s'étonnerait que la foi demandât tant de raisons extérieures pour s’aflirmer, si l'on ne savait