‹ Voyage idéal en ItalieChapitre 34 sur 99 · I.'ARCHITECTURE GOTHIQUE · texte numérisé non relu

I.'ARCHITECTURE GOTHIQUE

IOD

,1‘art d'une richesse et d une beauté inouïes, où s'affirmait, définitif et magistral. le génie créateur des races modernes.

Depuis les siècles lointains où les Hellènes avaient édifié ces chefs-d'œuvre de logique et de raison, le Parlhénon, rErechthcion, le temple de Paestum, on avait vu une transformation complète des principes mêmes de l'architecture. Les Romains, héritiers des Grecs, avaient été incapables d'élever leur roidc et pesant esprit à la beauté sereine des conceptions helléniques. Ne pouvant apprécier la simplicité et la raison qui éternisent les temples grecs dans l'admiration des hommes, ils voulurent des œuvres plus compliquées, ajoutèrent, modifièrent, et nous ont laissé des monuments, considérables encore, mais qui ne se peuvent comparer aux créations de leurs prédécesseurs. Chose curieuse : dès l'origine l’Italie est vouée aux styles mêlés : dès ses premiers pas. elle marque la voie où elle persévérera; elle montre tout de suite quels seront et son domaine et ses limites. Burckhardt. qui l’adore, l'appelle « la vraie patrie des styles secondaires ». Nous ne nous satisfaisons pas si aisément, et ne la féliciterons pas de son impuissance. Elle n'a pas eu la gloire de donner au monde antique son expression d’art la plus haute ; elle n’a pas la gloire non plus de réaliser l'idéal du monde chrétien. C'est la France qui la devance et joue, pour nos races occidentales et modernes, le

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LA TOSCANK

rôle fécond que la Grèce avait assumé pour l'anti— qui lé.

Un système de voûtes épanouissant leur légérelé sur des arcs oirives. tout sort «le là dans le slvle français. Les nervures des voûtes se réunisscnl en colonneltes, qui se groupent de manière à former un pilier, semblable à un tronc doul s'élancent les branches. Les piliers montent éperdûment comme à l'ascension du ciel. La poussée des voûtes est recueillie par des arcs-boutants qui

la reçoivent et la distribuent au dehors de l'édilicc

sur des contreforts. Le mur. inutile, n'existe pas : il n’y a plus de larges pans prêts à recevoir une décoration, mais des baies, grandes ouvertes, où montent des nervures Unes comme celles que l'on Aoit aux voûtes ; une llore végétale, souple et vigoureuse, s'accroche aux chapiteaux, aux pinacles, aux galbes des fenêtres, aux arcsboutanls et met la grâce et la beauté vivantes de sa parure à chaque articulation de l’énorme monument, dont l'intérieur est plongé dans l'ombre que lieu rissent les roses monstrueuses et délicates des transepts et de la façade, les verrières éclatantes de la nef et du chœur.

D'un point de vue architectural pur, ici tout est logique et raisonné. Les problèmes résolus par les architectes du moyen âge montrent à quelle hauteur l'art de construire s'élail élevé. On s'est pâmé devant les Italiens de la Renaissance s'efforçant de retrouver les procédés romains de l’archi-

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