‹ Voyage idéal en ItalieChapitre 55 sur 99 · K03IE · texte numérisé non relu

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n'ai guère compris— à cause des difficultés matérielles expliquées ci-dessus — et que je ne nie suis pas passionné k {'ivresse de Noê. J'ai joui pleinement des figures nues assises aux angles de chacune des scènes centrales et des Prophètes et des Sybilles, de ceux du moins que j'ai pu voir, car la lumière est. d'un coté, exécrable. Enfin le

pendentif à droite de l'entrée représente Judith et Holopherne. et c'est une bien belle chose.

11 y a, en outre, dans ce plafond, une grande partie décorative qui le surcharge, enlève de la clarté aux scènes principales et n'ajoute rien à l'ensemble. Ce sont les panneaux triangulaires audessus des fenêtres où sont représentées, paraitil. les vies des ancêtres de la Vierge — mais qui a jamais eu la patience de les déchiffrer ? — des cartouches et des petits Génies dans les pilastres, tendant des guirlandes de fleurs. C'est d'une surabondance fatigante et. étant donné l'angle sous

lequel on les voit, d'une confusion extrême. La voûte fut peinte de 150$ à 1512.

Le Jugement dernier , sur le mur du fond de la chapelle, fut exécuté plus tard, entre 1534 et 1541. La lumière est bonne. Ah î que les scènes de la Genèse ne sont-elles là plutôt que sur la voûte !

J'avoue, avec la même véracité, que le Jugement dernier ne m'a qu'à peine intéressé. Le ton de l'ensemble est tout à fait déplaisant ; il a bruni

et noirci incroyablement, et enfin je ne puis suivre ces groupes confus d'êtres à la gesticulation excès-

PEINTURE. XM' SIÈCLE

sive, où presque jamais une forme plastique absolument belle — comme il y en a tant dans le plafond — n'arrête l'œil. Il faut dire tout de suite, pour la désolation des admirateurs à tout prix de Michel-Ange, qu'il ne reconnaîtrait pas son œuvre dans l'état où elle est. que les repeints sont nombreux. à l'huile et à la détrempe, que, postérieurement, l'on a ajouté des draperies à une foule de personnages dont la nudité choquait des papes trop aisément scandalisés, et qu'enlin les cierges de l'autel et les (lambeaux des grandes cérémonies ont enfumé ce mur pendant des siècles.

Peut-être y a-t-il eu, à cette place, autrefois, un chef-d'œuvre? — il a disparu depuis longtemps.

On n'a pas accès facilement dans la chapelle Pauline, où Michel-Ange peignit deux fresques, qui sont dans un état pitoyable.

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