‹ Voyage idéal en ItalieChapitre 65 sur 99 · RAPHAËL · texte numérisé non relu

RAPHAËL

Après Bramante, les histoires citent au premier rang Raphaël. Qu'exislc-l-il de lui ? Il fut architecte île Saint-Pierre, de 1514 à sa mort; mais on ne peut rien porter à son crédit pour ce compte-là. On visitera une petite église San Egidio dcgli Orefici, sans en tirer grand renseignement sur la propre valeur d'architecte de Raphaël. La Farnésinc. que d'autres donnent à Peruzzi, lui revient. Elle fut construite pour le banquier siennois, Aug. Chigi, un des plus riches hommes de son siècle. C'est le type élégant d’une luxueuse villa romaine, et la galerie en fut décorée par les élèves du maître d'après scs cartons. La disposition des appartements est ingénieuse ; — mais il n’y a pas là de grand elïort architectural, de problème difficile résolu avec maîtrise. — La villa Madama. qui aurait été considérable, est en ruines. Il v a eu vraiment un

ROME

mauvais sort sur les œuvres de ce temps. Combien de monuments de la Renaissance ont-ils été terminés par leur auteur ?

Près de Bramante, l’on dit Balthazar Peruzzi {11S1-1537), dont on a vu à Sienne une œuvre si

touchante, la cour intérieure de la maison de sainte Catherine. II y a de lui. à Rome, un palais dont le Cicérone dit qu'il est « un des premiers monuments de l’Italie ». Peruzzi avait à vaincre

certaines difficultés matérielles provenant de l'emplacement : mais, que le palais Massimi soit une œuvre architecturale excellente, je le nie. Cette facadeà trois étapes, dontdeuxen ridicules lucarnes

d'une forme tout arbitraire.est très peu intéressante. U faut une forte dose de crédulité pour accepter les éloges démesurés qu'on en fait.

Si l’on visite enfin le palais Farnèse où loge

l'ambassadeur de France <

•t qu'édifia A. di Saat.ai.lo

( 7 - 1516} et que termina Michel-Ange, belle cons¬

truction dont la corniche est célèbre et l'escalier.

grand mérite, doux à monter; si l’on cherche enfin quelle fut dans Saint-Pierre, en outre de la coupole, la part de Michel-Ange : si l'on passe devant la Porte Pia, qui n'est pas heureuse;si l'on entre à Santa Maria degli Angeli, où il ne reste pas grand chose ïlu plan primitif, et au Capitole, éiralement transformé, on en aura fini avec la haute Renaissance à Rome, c'est-à-dire avec les hommes qui meurent vers le milieu du xvi* siècle.

!/ARCHITECTURE DE l.A RENAISSANCE

C’est ici le moment de nous arrêter et. après avoir vu ces œuvres principales, île poursuivre le cours de nos réflexions de Florence sur l'ensemble de l'école-

On a voulu faire, de la proportion plus exacte entre les vides et les pleins, la qualité essentielle de la Renaissance. Je vois bien qu elle a été cherchée souvent et trouvée dans quelques monuments, mais pas dans tous. Elle est en somme très exceptionnelle. Si je l'accorde pour la Chancellerie, pour la Famésinc. je la refuse îi la plupart des oeuvres de cette époque. Que l'on feuillette, par exemple, une série de photographies d'extérieurs d'églises des deux Renaissances, on sera forcé de

convenir que la proportion des vides et des pleins

est, le plus souvent, défectueuse. Voyez à Cortone

Santa Maria Nuova et la Madonna del Calcinajo,

celle de San Biagio à Montcpulciano, la Badia de

Fiesole, la Madonna délie Carceri.à Prato, celle de

l'Umiltà, à Pistoie. le chœur et l'abside de Santa

Maria delle Grazie, à Milan (de Bramante, je vous

prie !) : voyez la Sleccata de Parme, le Dème de

Pienza et San Paolino de Lucques; toutes églises

de marque et des meilleurs maîtres de ce temps.

La plupart d'entre elles présentent à l'extérieur

des grands pans de mur percés de minuscules

fenêtres, et il n'v a aucune harmonie des masses

et des vides.

Il n'y a pas ici des qualités d'école et de style, comme on voudrait l'établir, mais seulement parfois d'heureuses réussites individuelles.

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