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En quelques heures, on verra la Porte et le Pont romains, qui. aujourd'hui comme au temps d'Auguste. commandent les deux extrémités de la rue principale; le musée de peintures, avec un Giovanni Bellini. beau de lignes et de couleur, et un Tintoretlo; Passez médiocre musée archéologique. Mais il faut visiter, avant toutes choses.
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l'extraordinaire Temple des Malatesta, que l’on appelle Saint-François bien à tort, car rien n'y parle de ce saint, mais tout y célèbre Sigismond Malatesta, qui l’éleva pour sa gloire et pour celle de sa maîtresse. Isotta di Rimini. Ce fut une des entreprises les plus étonnantes du xv c siècle, une de celles qui jettent le jour le plus surprenant sur l’état d'esprit des tyrans italiens, que l'édification de ce monument, église si peu. où partout sur les frises et sur les barrières des chapelles. l’S de Sigismond enlace l’I d lsotta. où des petits Génies portent leurs armes accouplées, dont les éléphants et la rose forment le thème décoratif. Le Dieu qu'on célèbre en cette cathédrale n'a qu'une lointaine ressemblance avec celui qu'adora saint François.— Artistiquement, c'est une des œuvres d’ensemble les plus réussies de ce temps. Agostino di Diiccio en est l'auteur principal. Il y triomphe
dans le bas-relief, où son slvle ondovant et ara-
besqué atteint une grâce spéciale. On trouvera deux médaillons de Sigismond et une belle fresque gris clair de Picro délia Francesca, où il est représenté agenouillé devant son natron. Extérieure-
ment la façade est de Léon-Baltista Alberli : c'est un des meilleurs motifs architecturaux de la Renaissance.
BOLOGNE
Bologne est plus intéressante par l'unité «l'aspect
roi.oune
que lui font scs rues uniformément bordées d'arcades, que parla valeur intrinsèque de ses monuments. Sa principale église. S. Pctronio.qui rivalise de grandeur avec le dôme de Milan, fut corn-
mencéeàla fin du xiv" siècle. Ici, comme à Milan, les dissensions des architectes, les rivalités dans les conseils de la ville, firent traîner la construction interminablement. Ces grandes entreprises furent trop tardives et d'une époque où il n'y avait plus l’élan d'enthousiasme, qui, en des temps plus ardents, avait mené à fin les nobles cathédrales tic France.
Et puis l'esprit de l'époque était tourné vers d’autres dieux; on retrouvait l’antiquité. Déjà de nombreux palais, portes, petites églises s'édifiaient dans le stvle nouveau; on crovait alors
que la destinée de l’Italie était de faire revivre la beauté antique. S. Petronio. inachevé, ne nous présente qu'un soubassement de marbre et audessus un appareil grossier de briques qui se continue sur les bas-côtés et sur le mur qui ferme, en guise de chœur, l'église. — Du moyen âge, on verni un groupe d'églises romanes, avec fragments pré-romans, réunies au nombre de sept, sous le vocable de S. Stefano. Une citadelle, comme le palais Pepoli, n’est pas sans grandeur, et la Loggia dei Mercanli est charmante.
La Renaissance eut ici un caractère spécial. La formule bolonaise des palais sur arcades a «le la richesse et de la grâce.
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Pour la sculpture, l'Arcade Saint-Dominique (à Saint-Dominique), est de l'école pisane du xiv" siècle, avec des adjonctions au xv* siècle, par Ni ceo 1.0 dei.l'Aüca et Michel-Ange, lesquels y sculptèrent chacun un ange agenouillé, celui-ci plus décidé et volontaire, celui-là d'une légèreté élégante et line. Mais Pologne nous montre sur-
tout l'œuvre de .lacopo délia (Juercia (voir p. 153), qui orna de bas-reliefs excellents le porlail de S. Pelronio ; au tympan, il mit une Vierge puissante et deux saints: à S. (iiacomo Maggiorc, un tombeau de professeur, genre très bolonais.
Une Vienne de Niccolo del l'Area. encastrée au mur
du palais communal, témoigne de l'influence de Ouercia. La Fontaine de .lean Dolomie rentre dans
une série de nous connue. On verra aussi différents groupes de personnages en argile traités d une faij’on naturaliste ( Lombard i à S. Pielro, à Santa Maria délia Vita l et d'un art médiocre.
L'école de peinture est intéressante. On aura, à la Pinacothèque, les représentants du xiv" siècle,
ceux du xv". dont le meilleur est Francia rliôO-
1517 1 : il v a de lui toute une salle de belles ligures à l'expression assez pure, mais froide; l'œuvre la plus parfaite m'a paru être une fresque à Santa Cecilia; près de lui. il faut dire le Ferrerais Lo k ozo Costa ( lit >0-1555). Puis vient la grande
école bolonaise, qui est suffisamment connue, car elle fut à la mode pendant plus de deux siècles et, jusqu'à nous, forma des disciples et des imita-
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un
leurs. Au musée, on compte une salle toute de GcidoRexi (1571-1642). des Domixiqcix (1582-16il) à n’en plus linir. des Carraciie, les fondateurs de l'école (1555-1610), des Albaxe (1578-1660). Historiquement on en peut dire qu'ils ont fait une Renaissance «lorsque la peinture était tombée au plus bas et qu'ils se sont efforcés de ramener l’art aux traditions des maîtres, à la discipline ancienne. Absolumept, il faut constater qu'ils voulurent émouvoir et qu'ils n'agissent pas sur notre sensibilité; l'exagération extérieure de leur douleur nous laisse indifférents : nous ne la sentons pas: nous n’en voyons que l’outrance. Enfin ils ont parfois de nobles arrangements, de belles compositions. qui se tiennent bien. Le Guide paraît être le meilleur peintre de la bande. Le Glercuix (1591- 1666), après le Camvage. intéresse par la couleur.
Il y a en outre, au musée, un Raphacd célèbre, Sainte-Cécile, qui malgré l'enthousiasme général, ne m a point paru de premier ordre.
Au musée civique, sculptures, objets d’art et antiquités, on passera deux heures agréables. Avant de quitter Bologne, on se fera mener à S. Michèle in Bosco, non pour Tassez médiocre église Renaissance, mais pour la vue sur la ville et sur la plaine aux riches cultures; la tour des Asinelli monte très haut dans le ciel en barre inclinée, et près d’elle, intentionnellement déviée, est la Garisenda, trapue et inachevée.
FKRRARE. PADOUE
FERRARK
Un château pittoresque avec des souvenirs de la famille d'Este ; au palais Schifanoja des fresques de Cosimo Tura et de Francesco Cossa qui, dans leur délabrement, donnent une note aiiruë du
xv' siècle; une cathédrale romane, gothique et baroque, avec des sculptures au portail et une Vierge de délia Quorcia à l'intérieur: des palais Renaissance grandement vantés et qui sont fort peu intéressants, car une porte décorée, bas-reliefs et Génies, avec colonnes supportant un balcon, ne font pas d une médiocre maison un palais; un musée «le peinture où il y a quelques bonnes toiles et. d'un nommé Giuseppe Zola (milieu du xvui° siècle), quelques paysages académiques et languissants où il serait diflicile au plus clairvoyant des chercheurs de découvrir un air de famille, si lointain soit-il, avec les vigoureuses pages brossées par Emile Zola; enfin, le charme «le vastes rues désertes d'où la vie se relire; — voilà Ferrure.