‹ Voyage idéal en ItalieChapitre 78 sur 99 · MANTOUE · texte numérisé non relu

MANTOUE

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sance, Palais Bcvilacqua, Canossa, Pompéi et d'autres. C'est T intérêt de ces villes secondaires d'offrir une belle collection de monuments de toutes les époques, qui complètent les séries que nous avons étudiées à loisir dans le Voyayr hfraf.

Au musée de peinture, les écoles vénitiennes sont particulièrement bien représentées, et des églises comme S. Giorgio in Branla ont «les toiles remarquables des meilleurs peintres. Enfin on ne négligera pas de visiter S. Maria in Organo qui a, dans les stalles du choeur, les chefs-d'œuvre de marqueterie de bois et de sculpture de Fra Giova.nm da Vérone ( 1 1(>9-I5‘d7).

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Nous sommes venus chercher ici les églises de

Léon Ballista Alberti (voir p. 2ÛO) et les fresques de Mantcgna. Mantegna ne nous a point déçus.

Le palais des Gonzague, marquis, puis ducs de Manlouc et de Guastalla, ne témoigne que du mauvais go fit du xvi e et du xvif siècle. Les décorations de Jules Romain et de ses élèves remplissent le palais restauré. Ces maîtres, connaissant leur

valeur, en ont été réduits, pour solliciter la curiosité de la postérité, à inventer des trucs illusionnistes, à faire tourner sur lui-même, par exemple, aux voûtes qu'ils décoraient, le quadrige du soleil avec le spectateur qui se déplace. Cela les juge. Les beaux cartons «le Mantegna ont été trans-

MAXTOCE

portés à Hampton Court et ont subi, au siècle dernier, d’abominables restaurations. Ils sont du reste exposés dans une étroite galerie où il est impossible, grâce aux verres miroitantsqui les recouvrent, de les voir.

Dans une salle abandonnée du vieux château, une chambre reste entièrement décorée par Mantegnaqui y peignit la rencontre de Louis, troisième marquis de Gonzague avec son fils, le cardinal François, âgé de douze ans : une scène de chasse ; audessusde la cheminée, les Gonzague et leur cour : au plafond enfin, sur le bord d'une balustrade des femmes en toilette et des enfants nns, suivant une formule qui allait devenir chère à l’école vénitienne. Malgré la dégradation d'une partie 1 de ces fresques, malgré les repeints, elles font encore une grande impression et montrent dans sa plénitude le noble talent d'Andrea Manteena.

Du palais, on a une vue étendue sur les lacs qui entourent la ville et l’ont faite la place forte qu’elle a été, lacs fiévreux, marécages plutôt, qu'envahissent les roseaux et où, à mi-jambe dans l'eau, se dressent d'immobiles pécheurs ; puis c'est la plaine, verte et plate, que ferment à l'horizon les Alpes.

On passera une excellente demi-heure dans la collection d’antiques du Musée civique, où il y a quelques pièces de choix, et d'autres qui sont historiquement intéressantes, comme ayant appartenu à Mantcgna. Aux portes de la ville, nous sommes

MODÈIS'E. PARME

allés voir, et pour son architecture et pour sa décoration, le palais du Té. Jules Romain en fut l'architecte et le décorateur. C'est lourd et plus semblable à une caserne qu'à une maison d'été. Jules Romain et ses élèves l'ont remplie de peintures grotesques dont on vante l'ingéniosité, qui m'échappe.

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