‹ Voyage idéal en ItalieChapitre 8 sur 99 · I.K MONDE ANTIoL'E · texte numérisé non relu

I.K MONDE ANTIoL'E

<le toute tnulition (surtout depuis Michel-Ange), l’invention devenant la part importante de la création artistique, alors qu’elle était presque inconnue dans l’antiquité. De là les répliques, bonnes, médiocres ou mauvaises, qui remplissent les salles des collections d’antiques et qui produisent une fatigue indéniable. Aussi faut-il s’en tenir résolument aux œuvres vraiment belles ; c’est d’art, et non d’archéologie, que nous sommes passionnés.

En courant ainsi les musées et les ruines, vos

journées garderont une unité précieuse. Vous chercherez. l’après-midi, dans les palais et les temples, Ja place où furent trouvées les statues que vous avez admirées le matin. Songez à ce que fut la demeure des Césars sur le Palatin, ornée de ces dieux de marbre qui maintenant s’ennuient dans les salles froides de musées où jamais un rayon de soleil ne pose sur eux une chaude caresse ; songez à ce que nous révèle de vie antique un lieu comme les Thermes de Caracalla, où l’on allait, non seulement développer ses muscles et se fortilier. mais encore ennoblir ces saines gvmnastiques par la contemplation de corps admirables d’athlètes, éternisés par l'art grec!

L’intérêt est. du reste, différent, des ruines et des musées. Dans les premières, c'est le souvenir qui nous attire des grands hommes dont les vastes pensées ont dirigé le monde: dans les seconds, c’est la Grèce qui revit, l’île montueuse qu’entoure la mer retentissante. Toute invention dans le do-

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maine de l'art lui appartient, tandis que Home •est synonyme de domination et de force. Ceux qui. comme nous, voyagent pour enrichir en leur •àme le trésor des formes expressives et belles garderont pour la Grèce l’amour que les politiques et les amateurs d’énergie vouent à la Ville éternelle.

FLORENCE

C'est à ce moment-ci de notre voyage que je •conseille d’aller passer une journée ou deux à Florence. C'est la seule collection d’antiques qui vaille d'èlre vue dans le même temps que celles de Naples et de Rome. En outre, lorsque nous serons à Florence pour étudier ce qui est proprement florentin, c'est-à-dire le moyen âge et la Renaissance, nous ne regarderons plus les antiques, qui nous détourneraient tout à fait des pistes de pensée que nous suivrons alors. Partout ailleurs les quelques fragments anciens que nous rencontrerons ne seront pas assez importants pour nous enlever au monde chrétien, au milieu •duquel ils apparaîtront simplement comme un délicieux repos.

A Florence, il y a quelques œuvres excellentes, la Vénus de Médiris, YA/foUino. si souple; les Lut /.nirs, le .1 ferrure, le soi-disant Alexandre mourant, enfin toute une série aux Offices, dont

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vous jouirez pleinement à ce moment-ci. Et n'oubliez pas YMolino. au Musée archéologique.

Vous aurez de quoi remplir agréablement deux journées à Florence avec les seules collections d’antiques. Puis nous revenons à Rome où la décadence nous attend. Pendant le trajet vous pouvez lire les deux Remarques suivantes écrites à cette intention.

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