‹ Voyage militaire dans l'Empire Othoman, ou, Description de ses frontières et de ses principales défenses, soit naturelles, soit artificielles, avec cinq cartes géographiques (volume 2)Chapitre 17 sur 66 · IO VOYAGE MILITAIRE · texte numérisé non relu

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et nommée opùtodome, où Ton gardait le trésor public. Sur le fronton de devant était représentée l'apothéose de la déesse, sur celui de derrière sa dispute avec Neptune au sujet du nom que l'on devait donner à Athènes, et sur les deux frises latérales une marche en l'honneur de Minerve, qui paraît être celle des panathénées. Tous ces bas-reliefs, ouvrage de Phidias, ont été transportés en Angleterre; et avec quelque soin qu'on les y garde, il est à présumer qu'ils y seront moins utiles aux progrès des arts, que s'ils avaient été conservés sur les lieux.

La plupart des temples grecs avaient été construits dans les mêmes proportions que ceux de Minerve et de Thésée , et ne variaient guère que dans leurs dimensions. C'étaient presque partout des carrés longs, dont la largeur formait la moitié ou les deux tiers de la longueur, et la hauteur les deux tiers ou les trois quarts de la largeur, quelquefois même la largeur tout entière, mais sans jamais la dépasser, comme dans les monuments du moyen âge. Telles étaient les proportions du corps de l'édifice, toujours bien combinées pour l'effet et l'utilité; mais ce corps était ordinairement orné d'un péristyle, comme d'un vêtement, qui semblable à celui de l'homme présentait dans ses formes des variétés infinies : variété dans le péristyle même, qui était tantôt simple, tantôt double, quelquefois soutenu par un seul rang de colonnes, d'autres fois par deux rangs : variété dans l'ornement des colonnes qui étaient tantôt à chapiteaux doriques, tantôt à chapiteaux ioniques ou corinthiens, celles-ci plus légères, celles-là plus massives, les unes lisses, les autres cannelées, quelquefois seules, d'au-

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très fois accouplées : enfin variété dans les frises, qui étaient plus ou moins larges, et dans les frontons, dont l'angle capital était plus ou moins ouvert, suivant les figures que l'on voulait y placer. Tous ces ornements variaient selon les lieux et le plan de l'édifice; mais ils étaient tous remarquables par l'harmonie et la grâce de leurs proportions; et le ciel pur de la Grèce semblait encore ajouter à leur beauté.

Outre les monuments grecs, il reste encore à Athènes quelques fragments de monuments romains, tels que la colonnade du temple d'Auguste et celle du panthéon d'Adrien ; mais si ceux - ci révèlent par leur grandeur la puissance humaine, les autres montrent par leur élégante simplicité le goût le plus pur. On croirait que l'esprit humain n'a pu rien inventer de plus parfait.

L'enceinte moderne de la ville n'a guère qu'une lieue de circonférence. L'ancienne, qui formait autour de la citadelle un cercle, dont on reconnaît encore le tracé à de vieux pans de mur, avait 60 stades ou deux lieues et demie de tour, et elle était liée par deux murs parallèles, dont l'un avait 4° stades de long et l'autre 35, à l'enceinte des deux ports du Pirée et de Phalère, séparés l'un de l'autre par le port et la forteresse de Munychie et environnés euxmêmes sur la mer d'un mur de 60 stades de long; en sorte que la ville ancienne avec ses trois ports avait près de 200 stades ou environ huit lieues de circuit. Aussi cette ville renfermait-elle alors cent mille habitants, savoir : 5o mille autour de la citadelle et 5o mille autres autour des trois ports, tandis qu'elle n'en renferme pas aujourd'hui plus de dix mille. Les deux

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ports artificiels de Phalère et de Munychie sont maintenant comblés; mais le port Pirée, qui est l'ouvrage de la nature, existe toujours et présente un bassin oblong d'environ 5oo toises de profondeur, où l'on pénètre par un goulet étroit, à l'entrée duquel on avait jadis élevé un lion de marbre, remplacé depuis par un simple massif en pierre, qui sert de bouée.

La ville moderne n'est pas mal bâtie, et elle offre un aspect assez agréable, parce que la plupart des maisons sont peintes et ôrnpes de galeries ou de terrasses; mais l'aspect des environs est triste et ne présente qu'un sol nu et couvert de bruyères, coupé seulement par quelques plants d'oliviers ou par quelques sillons de vignes. L'Illissus, qui borde la ville au sud, et le Céphise, qui coule à quelque distance au nord, ne sont que de faibles ruisseaux et n'offrent sur leurs bords que quelques bouquets d'arbres verts.

Athènes ne mérite plus aucune considération comme place de guerre, parce que ses murs ne pourraient pas résister à de l'artillerie , que sa citadelle est mal armée, qu'elle est dominée vers le nord-est par le mont Anchesme et que vers le sud-ouest elle peut être battue du mont Musée, qui n'en est éloigné que de 3oo toises, et même du plateau du Pnyx et de la colline de l'Aréopage, qui en sont encore plus près. Il faudrait, pour la défendre, construire sur tous ces monticules de petits forts et les lier au corps de la place.

La plaine d'Athènes forme un bassin ovale d'environ trois lieues de long sur deux de large, bordé de tous côtés d'un amphithéâtre de montagnes, qui ne s'ouvre que vers le port Pirée et vers le port Phalère pour

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laisser passer le Céphise et FUI issus, dont les eaux vont se réunir dans un marais autour de ces ports. Au nord est le mont Icare toujours couronné de vignes, à l'est le mont Pentélique renommé pour la beauté de ses marbres, au sud le mont Hymète non moins renommé pour la bonté de son miel, et à l'ouest un long rideau d'oliviers qui dérobe la vue de la mer. Cette plaine paraît aride; mais elle n'est point stérile , et elle 'produit les plus beaux et les meilleurs fruits, partout où il y a un peu d'eau. Le figuier , le grenadier, le coignassier, le citronnier et l'oranger croissent dans tous les jardins; et parmi ces jardins, on vante ceux d'Ambélokipous au pied du mont Pentélique, ceux de Padichah au pied du mont Colonne et ceux de Sépolia sur les bords du Céphise. Ce sont en effet des lieux charmants par leurs ombrages et par le luxe de leur verdure , qui contraste avec le vertpâle de l'olivier et le noir-grisâtre des roches nues dont ils sont environnés.

Le reste de l'Attique est tout hérissé de montagnes , dont les unes, en se prolongeant de l'ouest à l'est depuis l'isthme de Corinthe jusqu'au canal d'Eubée, vont se pyramider au mont Cithéron et au mont Parnète, et les autres, en se dirigeant du nord au sud, se grouper autour du mont Hymète, pour se prolonger par le mont Laurium jusqu'au cap Sunium au milieu de l'Archipel. Quelques-unes de ces montagnes, moins liées entre elles que les autres, semblent être semées au hasard sur la surface de la terre ou être sorties de son sein par quelque convulsion volcanique , et elles ont l'air d'éminences factices éle-

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