J 1 4 VOYAGE MILITAIRE
vées de la main de l'homme , quoiqu'elles soient presque toutes l'ouvrage de la nature.
L'Attique tout entière n'a pas plus de 80 lieues de superficie, y compris l'île de Salamine, et guère plus de 100, en y comprenant la Mégaride. Sa forme est v celle d'un triangle, dont» un des côtés est baigné par le golfe Saronique,Kun autre par la mer Egée, et le troisième formé par une chaîne de montagnes qui se prolonge depuis l'isthme de Corinthe jusqu'au canal de l'Euripe et qui attache l'Àttique au continent de la Grèce. Le côté du golfe Saronique présente une ligne concave, au fond de laquelle sont l'île de Salamine et le port Pirée, et le côté de la mer Egée offre une ligné convexe, dont le point le plus saillant est au cap Cynosure, qui termine la plaine de Marathon et forme l'entrée de l'Euripe.
Ce coin de terre, qui a fait tant de bruit dans l'histoire, ne figure plus que comme un point dans la Turkie, et nourrit à peine vingt mille habitants, dont dix mille occupent la ville , et les autres sont dispersés dans la campagne. Ceux-ci, presque tous d'origine albanaise, cultivent péniblement un sol ingrat et aride, ou parcourent d'âpres montagnes, la houlette ou la hache à la main ; car tous les paysans de l'Attique, qui ne sont- pas vignerons ou laboureurs, sont devenus pâtres ou bûcherons. Il n'y a plus que les habitants de la côte, qui soient encore marins ou pêcheurs. Les habitants de la ville, dont les deux tiers sont Grecs et le reste Turk, vivant du produit de leurs champs ou de leur industrie; mais parmi les familles grecques, il y en a peu d'indigènes: presque toutes