‹ Voyage militaire dans l'Empire Othoman, ou, Description de ses frontières et de ses principales défenses, soit naturelles, soit artificielles, avec cinq cartes géographiques (volume 2)Chapitre 29 sur 66 · Ç)8 VOYAGE MILITAIRE · texte numérisé non relu

Ç)8 VOYAGE MILITAIRE

marais qui bordent au sud-est la plaine d'Yénidjé, Pella n'a plus aujourd'hui aucune importance militaire; mais elle en avait autrefois une très-grande chez les peuples barbares du nord de ,1a Grèce, parce qu'elle était pour eux un lieu de refuge, d'où. ils s'élançaient sur les peuples civilisés et où ils venaient ensuite cacher leur butin. Pella était, avant Alexandre, plutôt le repaire que la capitale des Macédoniens : devenue ensuite la résidence de leurs rois, elle dominait du haut de sa citadelle toute la plaine qui se prolonge depuis le lac d'Yénidjé jusqu'au golfe Therméen et depuis le Loudias jusqu'à l'Axius. Cette plaine, presque toujours inondée pendant l'hiver, offre en été les tableaux les plus riches et les plus variés: des lacs au milieu des bois , des ruisseaux au milieu des plus vastes prairies , partout les gazons les plus verts et les plus frais ombrages. Le village turk de Mentéché , situé au milieu de ce paysage enchanteur et célèbre par le tombeau d'un derviche musulman, voit tous les ans accourir dans ses environs un concours nombreux de pèlerins, qui y sont encore plus attirés par la beauté du lieu que par la sainteté du derviche.

On coupe cette plaine en droite ligne, de l'ouest à l'est, quand on va directement de Millova à Thessalonique; et après avoir passé le Loudias sur un bac, on passe l'Àxius sur un autre bac vers son embouchure et vers le village de Colakia; d'où l'on va par celui d'Arapli à Thessalonique , en côtoyant le golfe Therméen; mais en hiver on est obligé de -traverser la plaine obliquement et de s'élever vers le nord jusqu'au village de Sarili pour y prendre le chemin qui vient d'Yénidjé et aller passer l'Axius sur un pont de bois ,

DANS L EMPIRE OTHOMA.N. igg

appuyé sur une petite île du fleuve; d'où Ton va par le village de Tékéli en quatre heures à Thessalonique.

L'Axius ou le Verdar, comme on l'appelle aujourd'hui, naît au pied des montagnes qui unissent la chaîne grecque à la chaîne mœsique; et après être descendu dans le bassin d'Uscup, où viennent se réunir les eaux de l'une et de l'autre chaîne, il se dirige au sud-est, reçoit vers le milieu de son cours, d'un côté le Routchouc-Rarasou qui descend de la chaîne grecque, de l'autre la Braônista qui descend de. la chaîne mœsique, et entre dans un ravin profond encaissé entre de hautes montagnes; d'où il ne sort que pour aller se jeter dans le golfe Therméen , à travers une plaine basse, qu'il accroît sans cesse de ses alluvions et qui se confond avec celle de Pella. Cette plaine, coupée seulement par*la petite rivière d'Échidore et par quelques mares d'eau, est dépouillée d'arbres; mais elle est très-fertile en grains. Le chemin est tracé sur une voie antique : à droite et à gauche s'élèvent de petites éminences arrondies, les unes couvertes de gazon, les autres de cailloutage, et paraissant avoir servi les unes et les autres de vedettes ou de tombeaux. Au nord court une chaîne de montagnes, qui ceint le golfe Therméen comme un rempart , et qui en se courbant vers le sud-est va se pyramider au mont Courtiach et se ramifier dans toute la péninsule de la Chalcidique.

C'est au pied de ce mont et autour de la su- ^ perbe baie , où finit le golfe Therméen , qu'est située Thessalonique r nommée vulgairement Salonique. Son enceinte, d'environ 4°°° toises de développement, s'élève en rampant sur un contrefort du mont Cour-

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