Voyez le Voyage de la Grèce, ib
DANS L EMPIRE OTHOMAJf. ig^J
s'élève par les villages de Néochori et de Ravénia sur la chaîne des montagnes qui séparent le plateau d'Yanina de la vallée de l'Aoûs, pour descendre dans cette vallée vers la petite ville de Conitza ou vers le bourg d'Ostahitza.
Conitza, peuplée de trois à quatre mille habitants, est située au pied des montagnes escarpées qui bordent la rive droite du fleuve, et offre une bonne position de passage, parce qu'elle est à l'embranchement des deux routes de la Macédoine et de l'Albanie. La route de la Macédoine remonte l'Aoûs jusqu'à ses sources, va passer la chaîne grecque vers le khan de Katara ou vers le village d'Avdola, et descend ensuite avec les eaux du Vénético dans la vallée de l'Haliacmon : celle de l'Albanie au contraire descend le fleuve par Ostanitza , Prémiti et Clissoura ; d'où en tournant à l'ouest, elle conduit par le défilé de Grouka à Tépélèni, situé vers le confluent de l'Aoûs et du Célydnus.
Ostanitza est un bourg de deux à trois mille habitants, où l'on passe l'Aoûs sur un pont de pierre, et Prémiti une petite ville de quatre à cinq mille habitants , surmontée d'un fort qui commande le cours du fleuve, et qui est lui-même commandé par la montagne, à laquelle la ville est adossée.
Le fort de Clissoura occupe une position encore plus importante, parce qu'il est situé au confluent de l'Aoûs et de la Desnitza, au fond du coude que fait le fleuve , en se détournant à l'ouest , pour descendre dans la mer Ionienne. Cette position est la clef de tout le pays : elle ouvre tous les défilés qui conduisent dans la Macédoine et dans l'Albanie. Au pied du fort>
est un bourg de 12 à i5oo habitants; d'où Ton va, en côtoyant le fleuve et à travers le défilé de Grouka, à la ville de Tépélèni.
Une autre route, dont la direction est au nordouest, conduit encore plus directement d'Yanina à Tépélèni, en s'élevant du village de Néochori sur la croupe mamelonée du mont Dzidza, pour descendre vers le village de Djérovina sur les bords d'un petit lac, d'où sort le Thyamis, nommé maintenant Calamas. Ce fleuve coule vers l'ouest dans la mer Ionienne: on le passe vers ses sources, et l'on s'élève sur une haute montagne, d'où l'on descend avec un affluent du Célydnus au village de Delvinaki.
Delvinaki est au point, où se coupent les deux routes* de Tépélèni et de Butrinto. La première se dirige au nord, descend avec les eaux du Célydnus au bourg de Liboovo; et laissant à gauche, au pied des montagnes, la ville d'Argiro-Castron, elle va par le bourg de Cormovo traverser le Célydnus vers son embouchure, pour monter à la petite ville de Tépélèni, située sur une falaise qui borde la rive gauche de l'Aoûs.
Tépélèni, où naquit le fameux Ali-Pacha, est assise sur un monticule, dont un fort assez bien construit occupe le sommet; mais ce fort, qui paraît n'avoir été bâti que pour envelopper le palais d'Ali, n'a pas assez de capacité, et il faudrait lui donner plus de développement. Au pied du fort est un faubourg , habité par des Grecs, dont les maisons sont groupées autour de la falaise. On donne à Tépélèni environ trois mille habitants. Cette ville offre une bonne position de passage, parce qu'elle domine la vallée de l'Aoûs et qu'elle * ouvre celle du Célydnus.