‹ Voyage, où Il vous plairaChapitre 11 sur 26 · LES AMODHS DU PETIT JOB ET DK LA BELLE BLANDINE · texte numérisé non relu

LES AMODHS DU PETIT JOB ET DK LA BELLE BLANDINE

Le lendemain, à la môme heure, — j’aurai le courage de le dire — Job n’en fit pas plus que la veille. Et ce ne fui que le surlendemain qu’il trouva la résolution qui jusqu’alors lui avait manqué. — Pour s'ôter toute réflexion il courut droit à la porte, et dune voix toute frémissante de crainte et d’amour, il vint à bout d'appeler par trois fois: — Blandine! Blandine! Blandine!

l-a vérité est que rien ne lui répondit qu'un soupir plaintif; mais ce soupirétait si doux — et d’une ex pression si tendre, que le plus timide s’en fût trouvé encouragé et satisfait ; aussi Job, ravi et plus heureux et plus riche mille fois qu’il n'avait jamais espéré l ôtre, crut-il qu’il n'avait plus rien à demander ni à Dieu, — ni môme à Blandine, et qu'il n’en demanderait jamais davantage.

Il tomba à genoux, et ce qui se passa dans son cœur vous le savez si vous aimez, et si vous n'aimez pas, vous ferez bien d’aimer pour le savoir.

Ce qu’on en sut, du reste, c'est parce que l’amour se trahit toujours de quelque façon.

On assure que le lendemain Blandine enchanta les habitants de la ville par les harmonies charmantes et interminables de

VOYAGE Ol! IL VOUS l'HIHV

sa viole, et que Job sonna sa cloche avec tant d'adresse, et d’entente de la musique, qu’on s’arrêtait dans les rues pour écouler l’heure sonner, et il fut décidé que, dans une nuit, il avait laissé loin de lui le vieux sonneur expérimenté, et qu’il pouvait en remontrer à tons les sonneurs du monde.

*- u-îr

Pendant six mois et plus , toutes les fois que minuit venait de sonner, Job revint à la même place, et ce fut là tout son bonheur, — bonheur digne d’envie ! Car chaque jour un soupir lui répondait, et ce n’est pas rien qu’un soupir quand c'est celui qu’on attend.

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