L OURS GRIS
DE r.’AMÉRIOUE SEPTENTRIONALE.
( Ursi/s griseus. Ctjv. )
LjES naturalistes ne eonnaissent encore distinetenieiit (|ue trois es- |)èces d’Oiirs , savoir; VOiirs brun d'Europe à Iront convexe, à pelage laineux plus ou moins hriin , tirant tpielquelbis sur le doré ou sur Fargenté; XOurs noir d Àmérique à front plat, à pelage lisse, noir, à côtés du museau fauves; et XOurs blanc ou polaire, à tête alongée, à pelage entièrement Ijlanc: on n’ose même y joindre XOurs noir cF Europe, dont plusieurs auteurs ont parlé, mais dont les naturalistes de profession n’ont pas vu dans les temps modernes un assez grand nombre d’individus authentiques pour faire reposer sur eux l’existence d’une espece particulière. Il est bien vrai que fou a ilonué des figures d’individus des Indes ou des Etats-Unis , qui se distinguaient , les uns par des taches sur le cou ou sur la poitrine, les autres par une teinte générale plus ou moins fauve, sans tpfil fût toutefois certain qu’ils apjtartinssent à des espèces constantes et où ces caractères se retrouveraient toujours.
Les auteurs récents , qui ont écrit sur les animaux d’Amérique.
parlent d’un Ours brun de ce pays, connu sous le nom (XOurs rôdeur, tpii serait à-peu-près de la forme de l’Ours noir , et dont le corps et les jambes seraient plus alonoés et le naturel plus féroce. Mais c’est jjriucipalement l’Ours gris de l’intérieur du continent de l’Amérique , qui parait avoir attiré leur aticniion.
Selon eux, il aurait le pelage laineux et gris, et sa taille surpasserait celle de tous les autres Ours. On a eu d’abord à son sujet le témoignage de Samuel Hearne, qui en avait vu une |)eau chez les Estpiimaux des bords de la rivière de Cuivre, et tpii assure qu elle annonçait un individu énorme f Trad. fr. , p. 196.).
Maekeusie a parlé aussi d’un animal de ce genre, (pie les Indiens appellent Ours Terrible, et (pi’ils n’attaquent jamais à moins qu’ils ne soient trois ou (|iiatre (Trad.fr., p. 23.7. ).
Les conqiagnon.s de ,\LM. Lewis et Clarke en ont tué un qui pesait entre cinc[ et six cents livres , et dont le corps avait 8 pieds "j pouces anglais , ou pri'S de 8 pieds de France de longueur. Ses griftès étaient longues de 4 pouces; sa queue était plus courte que celle de l’Ours commun; son poil plus long, plus beau et plus abondant, principalement sur le derrière du cou; ses testicules étaient apparents.
Selon M. Warden ( États -Un. , V. 609 ), cet animal , le plus grand et le plus féroce du genre , habite les parties élevées de la contrée du Missouri, les bords couverts de la rivière Jaune et du Petit-Missouri, et la grande cbaine des montagnes rocheuses. Il est beaucoup plus grand, plus fort et plus léger (jue le jilus grand Ours brun. Il pèse souvent de huit à neuf cents livres. Sa force musculaire est si grande , tpi’il tue aisément les plus grands bisons. On emploie sa fourrure pour laire des maucbons et des palatines; et sa peau se vend de vingt à cinquante dollars.
Il parait (pie c’est cet Ours, si remarquable et encore si peu connu, que M. Choris a dessiné dans la baie de S.'-Fraimois, pa-
rage sur les bords de la mer Pacifique, pai' les 37°48’ de latitude, et par couséqueut à I ouest des nioutagnes rocheuses, et un peu plus au sud que la contrée indiquée par M. Wardeii.
Il parait, au reste, en réunissant tous les témoignages, que celte espèce sétentl dans tout le nord-ouest de rAméritjue méridionale.
A en juger par la figure faite par M. Choris, elle ressemblerait a notre Ours brun d'Europe plus qu'à aucun des autres Ours. L individu qu’il a observé ne surpasstiit pas en grandeur nos Ours bruns ordinaires; mais les Espagnols de cette côte assurent qu'on en prenait de beaucoup plus grands; ils avaient pris celui-ci pour le faire combattre dans leurs jeux. Ils dirent à nos voyageurs que cette espèce en général est fort timide. Le poil était fort serre , mais doux , et non pas roide comme celui de l’Ours noir. Sa couleur était d’un brun grisâtre, sans éclat argenté.
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