‹ Voyage pittoresque autour de mondeChapitre 18 sur 34 · ILE S.-LAURENT · texte numérisé non relu

ILE S.-LAURENT

(jRACES au beau temps et à un vent très-favorable, notre traversée de Saint-Paul à Saint-Laurent fut prompte, et nous découvrimes cette ile le a8. Le soir, ayant débarqué sur sa côte occidentale, quelques indigènes vinrent an-devant de nous; ils étaient armés et cejjendant nous reçurent amicalement. Il n’y avait sur cette île qu’une cabane en cuir. Nous n’apercùmes pas de femmes; probablement à notre approche elles s’étaient enfuies dans les montagnes. Nous vîmes avec plaisii- que les deux interprètes, qui nous avaient été envoyés de Sitka par M. Baranoff, s’entretenaient sans aucune difficulté avec les habitants; ce tpii nous fut d’autant plus agréable , que nous apprimes que les habitants de la côte d’Amérique, le long du détroit de Bering, parlent la même langue. Ainsi nous nous promettions beaucoup de nos recherches dans le Sound de Kotzehue.

Les haliitants de file Saint-Laurent fréquentent également les cotes de lAsie et celles île l’Amérique; ils y jiortent des peaux de renard et des dents de morse, et pienneiit en échange du tabac et des outils de fer. Ils nous racontèrent que deux ans

auparavant, à-peu-près, un gros navire, ayant abordé cliez eux, enleva par force un de leurs compatriotes dont ils n’ont pins entendu parler.

Nous leur achetâmes plusieurs phoques et des oiseaux de mer tués récemment; et ils reçurent avec beaucoup de plaisir le tabac qu’on leur donna. Ils nous dirent qu’ils s’en procuraient, ainsi que du fer, sur la côte d’Asie, probablement avec les ïcbouktchis qui paraissent vivre en bonne intelligence avec eux, tandis tpi’lls sont constamment en guerre avec les habitants de la côte d’Amérlcpie.

Les insulaires de Saint-Laurent sont de taille médiocre, mais robustes; Ils s’habillent comme les Aléoutes et sont beaucouj) plus sales.

N’ayant pas trouvé un bon mouillage sur la côte de cette ile, nous l’avons (piittée dans la soirée. Le 29 , nous nous sommes rap|)rocbés de terre dans la matinée; et, à l’instant où l’on se disposait à entrer <bms le détroit de Béring, on a aperçu la mer, entre l’ile et le continent (r.Améri(pie, prise par la glace. On a donc viré de bord, dans l’espérance ([u’après avoir tenu la mei' pendant (pieltpics jours, on trouverait la mer libre; mais, le 3o juin, nous ajtprimes, à notre graïul chagrin, que notre capitaine était malade et souffrait beaucoup de la poitrine, que par consé([uent il ne pouvait se bastirder à risquer sa stmté. Il nous déclara par écrit qu’il fallait renoncer à notre seconde campagne an nord ; et nous finies route pour üunalacbka, afin d’y laisser les .Méoutes. Nous devions ensuite retourner aux lies Sandwich , puis aller à Radak, à Manille, et enfin en Europe, au lieu de visiter, suivant notre premier plan, le détroit de Béring, le Kamtschatka, le détroit (le Tories, Timor, et ensuite revenir en Europe.

Le 10 ( 22 1 juillet, nous arrivâmes lieiireiisement à Ounalaclika ; on y fit cuire du biscuit avec la farine que nous avions

prise en Californie, et qui était destinée pour le Kamtscliatka.

Le 6( i8 ) août, nous parûmes d’Ounalachka ; le 8 (20), nous passâmes devant Ounimak, qui est très-haute; sa montagne la plus élevée est à 55a5 pieds au-dessus du niveau de la mer.

Planche XII.

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