LE MACAREUX HUPPÉ
Alca cristatella. Pall.
Mormon cristatellus. Cuv.
Ln Macaren.x de nos côtes est un oiseau fort remarquable par son bec trè,s-élevé verticalement, très-comprimé par les côtés, et dont les mandibules ressemblent aux extrémités de deux lames de couteau. Buffou en a écrit une histoire intéressante. La mer Pacifique produit, dans ses parties septentrionales , plusieurs espèces de Alacareux différentes de celles de notre pays. Buffon , d’après Steller, a parlé de celle que distingue une longue tresse de plumes blanches et effilées descentlant le long de chacun des côtés de sa tête et de son cou , et qu’il nomme Macareux du Kamtschalka (^Alca cirrhata. Pall. Mormon cirrhatus. Cuv. ). Les autres n’ont été décrites Jusqu’à présent que par Palla.s, d'après les notes manuscrites de Steller, et d’après les individus que ce dernier avait envoyés au cabinet de l’académie de Pétersbourg.
Parmi elles se trouve l’espèce que M, Clioris représente sur cette planche. Sa ressemblance avec les autres Macareux n’est cependant pas telle , que , de l’aveu même de Pallas , on ne puisse en faire un genre particulier. En effet , son bec est beaucoup moins haut et moins aplati latéralement tpie celui du Macareux commun ; court, de forme à-peu-près ovale quand on le regarde ])ar le côté, percé près du milieu du bord de sa mandibule supérieure (fune nai'ine oblongue, il offre un sillon oblique en avant de cette narine , et une tubérosité entre cette même narine et l’angle de la commissure. La mandibule inférieure a de chaque côté un sillon oblitpie remar(|uable. La taille de cet oiseau est à-pen-près celle d’une petite caille ou d’une forte grive. Il a, du bout du bec à celui de la queue, 6 pouces 6 lignes; son bec est long de 6 lignes , haut de 4 î ses tarses sont hauts de lo lignes; son doigt du milieu long de i3 lignes ; sa queue est fort courte ■. les pennes n’ont que 17 lignes de longueur; les ailes ne sont jtas même assez longues pour que leur extrémité alteigue celle de la queue ; en sorte que cet oiseau doit voler à-peu-près aussi mal que le Macareux ordinaire , et passer la |)lus grande partie de son temps sur les Ilots , ou dans le creu.x des rochers où il fait sa retraite. Son plumage est, en général, d’un brun noirâtre , plus foncé en-dessus, plus pâle endessous, et tirant sur le cendre-bleuâtre à la région pectorale, et sur un cendré un peu jaunâtre vers le bas-ventre. Son caractère principal consiste en quelques plumes grêles tpii s’élèvent de son front, et forment une aigrette recourbée en avant. L’individu représenté par M. Cboris eu avait sept, et elles étaient assez longues pour retomber jusque sur la pointe du bec. Celui que M. Pallas a fait figurer en avait six , et beaucoup plus courtes , différence qui peut ne tenir qu’à l’âge ou au sexe. On voit de plus de chaque côté une ligue de ])lumes blanches effilées , en petit nombre , par-
tant dit front, passant sous l’œil, et descendant le long des cotés du cou, à-peu-près connue la bande plus marquée qui caractérise le Macareux du Kamtschatka. Quelques pliinies semblables se montrent aussi flans la région du sourcil , et vers le derrière de la joue , en avant de l’oreille.
Le bec de ce petit Macareux est de couleur fauve ou rougeâtre, et a sa base noire. Les pieds sont noirâtres ; comme ceux de tous les autres Macareux, ils manquent de pouce, et leurs trois doigts antérieurs sont unis par une membrane.
Il habite principalement les mers voisines du Japon , et surtout les côtes fie file fie Matsamej , ou Yesso , d’où les navigateurs russes en ont rapjtorté les |treniiers écliantillons. Le jour il nage sur la mer; la nuit il se retire flans les antres du rivage et dans les fentes fies rochers , oii l’on peut le preiiflre à la main.
Il parait très-stupide; souvent il se jette sur les vaisseaux.
Kl ■achenninikof , fpii en a parlé sous le nom de Starick noir, dit c[ue son approche est regardée par les matelots comme un signe fie tenqjète prochaine.
M. Choris a reçu cet Individu des habitants de file S. -Laurent, dans le détroit fie Béring. 11 y en avait fies troupes considérables, nageant ensemble avec beaucoup fie rapidité, et qui s’éloignaient beaucoup fies côtes. Ou n’a pu remarquer quelle était leur nourriture, ni faire d’observations particulières sur leurs nids