‹ Voyage pittoresque autour du monde [microforme]Chapitre 13 sur 50 · PORT SAN-FRANCISCO ET SES HABITANTS · texte numérisé non relu

PORT SAN-FRANCISCO ET SES HABITANTS

1 0 (] CE] = 4 Late nord, 578 2; long. ouest, 1979 28 157.

Le 0 septembre 1816, vieux style 9 octobre}; nous eûümes de bonne heure connaissance de la côte de la Nouvelle-Californie. C'etait la Punta-delos-Reves au nord du Puerto-San-Francisco. Comme de vent nous était trés-favorable. nous eûmes bientot passe les Farellones, écucils dangereux et à quatre heures apres midi, nous entrames dans le port San-Francisco. Le port, placé en dedans et sur la côte méridionale de Fentrée est muni de tout ce qui est nécessaire pour la détendre avec avantage.

Le Presidio de San-Francisco est à-peu-prèes à un mille marin de distance du fort et du même côté: sa forme est carrées il a deux portes toujours occupées par une oarde assez nombreuse: les fenètres ne sont ouvertes que sur la cour: est habité par quatrevinot-chix soldats espagnols, un commandant, un lieutenant, un commissaire et un sergent. La plupart sont mariés. Les hommes et les femmes sont grands et bien batis: trespeu de soldats ont épouse des Indiennes.

Tous ces soldats sont bons cavaliers: deux peuvent aisément

tenir en respect cinquante Indiens.

A deux lieues au Sud-Est du Presidio et à la côte meridionale du port. est la mission San-Francisco qui forme un village assez considérable, L'église est crande, et tient à la maison des missionnaires , qui est simple, passablement propre et commode. La mission à toujours une garde de trois à quatre soldats du Presidio. Le vil. la

ment, nourriture abondante: en revanche. ils cultivent la terre

ce est habité par 1500 sauvages: ils trouvent protection, vêtepour li communaute. Le mais, le blé, les fèves, les pois, les pommes de terre. en un mot. tous Îles produits sont apportés dans Le magasin commun. Fous les jours le missionnaire fait faire, à une heure fixe, la cuisine commune, sur une grande place, au milieu du village: chaque famille + vient chercher sa ration proportionnée au nombre de ses membres. On lui donne aussi une certaine quantité de denrées crues. Deux où trois familles ha: bitent une méme maison. Dans les moments qu'ils ont de libres, ces Indiens vont travailler aux jardins qui leur sont assignés; ils y cultivent de Foignon, de laut, des melons, des pasteques , des courges, et des arbres fruitiers Le produit leur en appartient, ils en peuvent disposer à leur fantaisie.

Pendant Fhier, les sauvages viennent par troupes des monagnes à li mission pour + ètre admis mais au printemps la plupart l'abandonnent. Cette maniere de vivre ne leur plait pas : ils S'ennuient de toujours travailler et d'avoir tout en abondance. Dans leurs montagnes, ils menent une vie libre. indépendante, quoique misérable: les rats, les insectes, les serpents. tout sans EACeplion leur sert de nourriture, ainsi que des racines, mais en petit nombre: de sorte qu'à chaque pas ils sont t-peu-pres sûrs de trou ver quelque chose pour apaises leur faim. Hs sont cop maladroits eUtrop paresseux pour chasser. FS mont pas de demeures fixes ; un rocher. un buisson les met à Fabri de toutes les vicissitudes

du temps Ils vont absolument nus. Apres quelques mois de séjour

(3) dans les missions, ils commencent ordinairement à devenir chagrins, malgrissent , et à chaque instant jettent un coup-d'ocil triste sur les montagnes qu'ils voient dans le lointain. Une ou deux fois lan, les missionnaires permettent aux fndiens, sur le retour desquels ils peuvent compter, d'aller visiter leur patrie: mais souvent, et trés-sot vent, bien peu reviennent: d'autres, au contriure , rameéenent avec eux de nouveaux habitants à la mission.

Les enfants des sauvages sont plus enclins à adopter la vie des MISSIONS : IS apprenent aussi à fabriquer, avec la laine des moutons, des draps grossiers pour la commemauté, Fai vu vingt métiers qui étaient constamment en activité, D'autres jeunes Indiens sont formés par les missionnaires à la pratique de différents métiers. On voit aussi à la mission une maison dans laquelle habitent deux cent cinquante femmes, qui sont les veuves où les filles des sauvages défunts. On les occupe à filer. Cette maison renferme aussi plusieurs femmes de sativages Qui Sont en Campagne par ordre des padres: ceux -er les v font entrer à la demande des sauvages, et les y retiernent jusqu'au retour de ces hommes qui sont tres-jaloux. Les padres se conforment volontiers à cette requête pour préserver les femmes du désordre, et veillent avec beaucoup de sévérité sur cet établissement.

La mission à deux moulins que des mulets mettent en mouvement; la farine qu'ils produisent ne sert qu'à la consommation des Espagnols, qui sont obligés de Facheter des padres. Le Presidio a souvent besoin de gens de corvée, comme pour porter du bois, travailler aux constructions , et à d'autres ouvrages. Alors le missionnaire leur envoie des sauvages, qui sont payés pour leur pere: mais Pargent est remis à l'église qui est chargée de faire face à tous Les frais relatifs à Fétablissement.

Les dimanches et les jours de orandes {ôtes, on célcbre le ser-

ice divin. Fous les sauvages de Fun et Fautre sexe, m'importe Le

leur age, sont obligés d'aller à l'église: ils Sv mettent à genoux Les enfants élevés par le missionnaire et qui, au nombre de cinquante, l'entourent toujours : l'aident pendant l'office qu'ils ac- COMpPagnent aussi du son des instruments de musique : ce sont sur-tout des tambours, des trompettes: des tambours de basque et d'autres du mème genre. Cest par leur bruit que Fon cherche à branler Fimagination des Indiens. et de faire des hommes de ces satnvages. En effet, é'est le seul moyen qui puisse agir SUF EUX. Quand les tambours commencent à battre. 11 tombent tous à terre comme Sils étaient à demi morts. Aucun mose se remuer: ous restent étendus à terre jusqu'a la fin de Foflice, sans fre le moindre mouvement. et il faut méme alors leur répéter plusieurs lois que la messe est dite. A chaque coin de l'église sont places des soldats armes

\ da messe, le missionnaire adresse à soi troupean un sermon en latin. Le dimanche. quand elle est finie, les Indiens se réuunissent dans le cimetiere. Vissasis de fa maison du missionnaire. et se mettent à danser. La moitie des hommes se pare de plumes. et de ceintures ornées de plumes et de morceaux de coquillages. Qui passent parmi eux pour des pieces de monnaie. Ou bien ils se peianent sur le Corps des lunes régulicres. noires rouges el blanches. Quelques -uns ont la moitie du Corps « depuis la tôte jusqu'en bas. barbouillée de noir et Fautre de rouge 5 le tout CrOISe par des rues blanches, d'autres se poudrent les cheveux aec du duvet d'oiseaux. Les hommes ordinairement dansent sis a huit ensemble. faisant tous les mémes mouvements: tous sont armes de finces. Leur MUSIQUE CONSISÉE à cliquer les mains Faune contre Fautre. a chanter. à produire, en agitant des morceaux de bois fendus. un fracas qua à des charmes pour leur oreille: enfin le tout est suit d'un er horrible qui ressemble beaucoup

au bruit de Ha toux et a un stullement

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