‹ Voyage pittoresque autour du monde [microforme]Chapitre 14 sur 50 · AIR CALIFORNIEN · texte numérisé non relu

AIR CALIFORNIEN

& Trembloté et mystérieux,

ÉRRRs

Les sauvages sont trés-adonnés aux jeux de hasard; ils risquent leurs parures, leurs ustensiles, leurs pièces de monnaie, et souvent

mème les vêtements que les missionnaires leur ont donnés. Leurs

jeux consistent à jeter de petits morceaux de bois qui doivent

retomber en nombre pair où impair, où d'autres qui sont arrondis d'un côté; et, suivant qu'ils tombent sur la partie plate ou arrondie, on perd où lon gagne.

A la mort de son pere, de sa mère où d'un parent, le sauvage se barbouille le visage de noir en signe de deuil.

Les missionnaires ont caractérisé ces peuples de la manière sui-

vante: ils sont paresseux , stupides, jaloux, gourmands , peureux;

jamars je Den al vu rire aucun, jamais Je nen al vu un seul qui

regardat quelqu'un en face. [ls ont lauir de ne prendre intérèt à rien.

On compte dans cette seule mission plus de quinze différentes

tribus d'Indiens :

les Khoulpouni : les Oumpini ; les Kosmiti : les Lamanes ; les Bolbones : les Pitemèns ; les Khalalons ; les Apatanneés ;

ils parlent la même langue et habitent le long des bords du Rio

Sacramento :

les Guimen, pl. VE. +, 3: les Tamals ;

les Outchiouns, pl. VI, fo; les Sonons :

les Olompalis , pl VIL € 4; ils parlent li imème langue; ces tribus sont les plus nombreuses dans la mission de San-Francisco;

les Saklans, pl VE, LE ets, les Ouloulatines, pl. VIE € 5;

{. des fenunes: les Noumpolis, pl VIE £ 9:

les Souissouns. pl. VILLE.

ils partent des langues différentes :

Une autre tribu, celle des Tcholovoni, pl VIFS E5, differe beaucoup de toutes les autres par les traits du visage . par sa physionomie, par un extérieur assez agréable: elle habite les montagnes: elle a fait alliance avec les Espagnols contre toutes les tribus de sauvages. Elle faconne de tres- belles armes, qui sont des ares et des fléches. Les pointes de ces dernieres sont garnies de cailloux tailles avec beaucoup d'art. PEOVHES 5.

Des fievres tres-fortes regnent ordinairement parmi les Indiens : ces maladies en enlevent ordinairement un treserand nombre. Depuis vingt ans, plusieurs missions de la Californie méridionale ont cessé d'exister, parce que tous les Indiens sont morts.

Les Indiens des missions au sud de San-rancisco. et surtout

ceux de la mission de Santa-Barbara . fabriquent avec les pétioles

de diverses plantes ranpantes, de jolis vaisseaux et des vases qui

retiennent Veau: ils savent leur donner des formes élégantes, et Le

méme faire entrer des dessins agréables dans Le tissu: ils les ornent

avec des morceaux de coquilles et de plumes. PL VIE, for, 3, 1.

fl l Les Indiens font leurs pirogues à l'instant où ils veulent entreprendre un voyage par eau: elles sont en roseaux. Lorsque l'on

LU ventre, elles Semplissent à moitié d'eau; de sorte qu'assis, lon

ii en a jusqu'au gras de la jambe, on les fait aller avec des avirons

à e\trémement longs. et pointus aux deux extrémités.

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Les missions de San-Francisco, de Santa-Clara, de San-Joseph, de Santa-Cruz relèvent du Presidio de San-Francisco: il est tenu de secourir et d'aider les padres, et, lorsque le cas l'exige, de leur fournir des soldats, sur-tout pour faire des excursions dans le pays. Quelque temps avant notre arrivée, il était revenu une de ces expéditions consistant en deux padres et douze soldats ; on avait voulu remonter le Rio- Sacramento qui se jette dans la baie au nord-est de la mission. Par-tout les Espagnols avaient rencontré des peuplades armées : nulle part ils n'avaient trouvé un bon accueil; ainsi, au bout d'une quinzaine de jours, ils avaient été obligés de revenir Sans avoir pu essayer la moindre tentative.

Les rochers, dans le voisinage de la baie San-Francisco sont ordinairement couverts de lions marins. pl XE

Sur terre les ours sont très-communs. Quant les Espagnols veulent se divertir, ils Les prennent vivants, pour les faire battre contre des taureaux.

Les loutres de mer abondent dans le port et dans les environs: leur fourrure est un objet trop avantageux, pour que les Espagnols l'aient négligée. En Chine, une peau de loutre, de grandeur et de qualité MOVENNES , SE paie Lrente-cinq plastres: une de premicre qualité, soixaute-quinze plastres : de sorte que, lune dans lPautre, leur prix est de soixante piastres. Les meilleures doivent être grandes, de couleur foncée, bien garnies de poils dont les extrémités doivent paratre blanchatres, ce qui donne à la surface l'éclat de Fargent.

Les Russes de Sitka © Norfolk-Sound }, siége principal de la Compagnie d'Amérique russe, se sont établis dans la baie de la Bodega, à 30 au uord de San-Francisco. Hs ont pour chef, dans cette nouvelle loge, M. Kouskof, qui est tres-versé dans le commerce des pelleteries. Ils sont au nombre de vingt, et ont avec eux cinquante Kadiaks. Ils ont construit un petit fort qui est

muni d'une douzaine de canons. Le port ne peut recevoir que des navires qui ne tirent pas plus de huit à neuf pieds d'eau. C'était auparavant l'entrepôt des marchandises que Ton vendait en contrebande aux Espagnols. M. Kouskof à actuellement dans son établissement des chevaux, des vaches, des moutons, et tout ce qui peut s'élever dans ce beau et excellent pays. Ia eu beaucoup de peine à obtenir des Espagnols un couple de chacun de ces animaux: car le gouvernement avait séverement défendu d'en laisser sortir.

Tous les ans M. Kouskof, aidé du peu de monde quil a avec lui, prend sans peine à-peu-pres deux mille loutress il est d'ail leurs obligé d'employer les bras de ses gens aux constructions et a l'arrangement de son établissement. Ces peaux de loutres sont ordinairement vendues aux Américains qui font la traite des pelleteries: quand ceux-ci n'ont pas leur chargement complet, ils vont à Sitka, où ils prennent des peaux en échange pour du sucre, du rum, du drap, du nankin: mais comme la Compagnie russe Ha pas, dans ce comptoir. un nombre suffisant de navires, elle charge souvent les peaux à fret sur les batiments américains. pour Ki Chine où seulement pour OKhotsk.

Deux cent cinquante navires américains de Boston, New-York, etc., visitent annuellement cette côte. La moitié fait la contrebande avec un profit énorme, sur toute l'étendue des côtes de PAmerique espagnole baignées par le Grand -Océan, depuis le Chili jusqu'en Californie: aucun lieu de débarquement n'est oublié. arrive tres-souvent que les batiments de guerre espagnols poursuivent les navires américains ; mais ceux-ci étant trés-bons voiliers, avant un équipage nombreux ; et en outre des armes pour se défendre il leur arrive rarement d'être arrêtés.

Les meilleures marchandises pour les sauvages de li côte nord-

ouest d'Amérique sont les fusils, la poudre , les balles et le

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plomb à tirer. Les couteaux, de grosse couvertures de laine: de la nacre de perle du Grand Océan, qui Semploie à faire des ornements de tête et de cou. Très- fréquemment les navires sont attaqués par les mèmes armes qu'ils ont vendues , et le jour méme qu'ils les ont livrées : mais, la plupart étant montés de huit à quatorze canons , ils sont en état de se défendre. Souvent mème {ls tirent avantage de cet incident: car, en S'emparant d'un des chets de ces sauvages , ils sont sûrs d'obtenir pour sa rançon une grande quantité de marchandises, et d'avoir plus de facilités pour leurs achats.

Que le ciel préserve un navire de faire naufrage sur cette

cote! On dit que, chez plusieurs des tribus qui lhabitent, reg ne encore la coutume barbare de dévorer leurs prisonniers. Quand on construit une maison. quand on termine une affaire inportante, on met plusieurs esclaves à mort, de même que lorsqu'une guerre est terminée. À Ja mort d'un homme, on enterre avec lui

sa femme et les esclaves qu'il aimait Le mieux.

PLANCHE x.

La planche représente une pipe qui à été trouvée aux États Unis de l'Amérique septentrionale, état de Connecticut. dans un tombeau © {umulus ) indien. et envoyée à M le baron de Humboldt par M le baron Hyde de Neuville. Cette pipe ressemble beaucoup, par le travail et la position de la figure sculptée , à celles que lon fait aux iles Charlotte à la côte nord-ouest d'Amérique , où lon à aussi là coutume d'enterrer avec quelqu'un les objets auxquels il à été le plus attaché pendant sa vie.

Au détroit de Béring , sur la côte d'Amérique . nous avons vu

des tombeaux dans lesquels on trouvait des morceaux de trai-

neaux, d'ares, de fléches, de lances, et de divers petits objets faits de dents de morse, ainsi que des pipes et des pointes de

lance en caillou. Les Kamtchadales qui nous accompagnatent nous dirent que les Tchouktehis enterraient des pointes de lances avec

les morts. mais seulement avec CEUX qui avaient été pendant leur

vie heureux à la chasse : et que l'on choisissait celles de ces armes

qui lui avaient servi à tuer un plus grand nombre d'animaux.

On dit que l'on trouve beaucoup d'objets enterrés dans les

tombeausx des Kamtchadales

stats

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