‹ Voyage pittoresque autour du monde [microforme]Chapitre 38 sur 50 · PAR M. A. DE CHAMISSO · texte numérisé non relu

PAR M. A. DE CHAMISSO

On compte trois volcans actuellement actifs sur File de Luzon : l/ringuay, dans le nord, qui, le {janvier 1641, époque de désastres don l'histoire à conservé le souvenir, entra en éruption simultanément avec le volcan de File d'lolo et celui de la province de Tanquil, dans le sud de Mindanao, tandis que les volcans situés dans lespace intermédiaire demeuraient paisibles (1); le Wayan,

dans le sud, vers FEmbocadera de san Bernardino, montagne

n Er. Juan de la Convepoion, Historia general de Philipinas Sampaloe, 17 88 -— 02,1n-/

x « ) / à x PF. VE, cap. 9, $ 6 et 7, p. 107 et suivantes

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élanceé que l'on apercoit d'une grande distance: et enfin le volcan de Z'aal, qui menace particulierement la ville de Manille dont il nest éloigné que d'une huitaine de lieues en ligne directe.

Je désirais voir l'intérieur du pays: 7e m'arrètai à Fidée de visiter ce cratère redoutable, et Je demandai les passeports HÉCESSAIreS. Les autorités espagnoles prétendirent m'honorer en n'embarrassant d'une nombreuse escorte militaire. Cette course devait durer huit jours: je m'avais besoin que d'un guide chez les Fagals paisibles, timides. et hospitaliers Je supports seul les frais de mes excursions scientifiques. et je mettais ma vanité à bien payer les hommes que jemplovais : je composal avec l'ostentation espaenole, et je partis enfin le 1 janvier 1818 de Tierra-Alta pres Cavite avec Six chevaux que commandait don Pépé, sergent de milice tagale, qui me servait à-la-fois de oarde , de vuide. et d'interprete.

Des bords rians de la baie de Manille. couverts d'habitations, de jardinset de rizieres. on S'avance au sud dans le pays a travers des savanes et des forèts: les bourgades sont rares et pauvres, mais on x voit des églises, et des couvens somptueux. Le terrain, compose partout de tuf volcanique, S'éleve insensiblement: et Fon parvient SANS avoir monte de cote, a une Crete escarpee, de laquelle on découvre a ses pieds la vaste lagune Bonghong, au miheu de laquelle le volean de Taal forme un amphithéatre de cendre et de scories, de Fintérieur duquel Sélevent de légers nuages de fumée. Île désolée, dont la isiere offre à peine quelque verdure.

De ce point de vue on descend vers l'ouest, à travers des torèts, au nouveau bourg de TFaal, situé sur lu mer de Chine, à Fembouchure de la décharge de la lagune. Fy laissa mon escorteset, {retant un leger canot, je m'embarquar, dans lapresmidi du 19,

aec don Pépé et un de mes Tagals. Nous nimes environ trois

( 29-) heures à remonter, à travers une sinueuse et riante vallée, le cou-

rant rapide et peu profond qui forme aujourd'hui la décharge

du lac; c'était, antérieurement à l'éruption désastreuse de 1704 un canal profond que remontaient les barques marchandes et les champancs qui visitaient l'ancien bourg de Taal, situé sur la laeune. Nous nous arrètämes le soir à une cabane de pécheur voisine du lac, et nous nous rembarquämes de nuit pour traverser jusqu'a Mile. C'est alors que don Pépé me conjura sur toute chose d'être discret, de veiller sur mes paroles, et de ne point irriter inconsidérément les puissances de labyvme : car le volcan, inditférent pour les Indiens, à toujours redoublé de furie chaque fois que des Espagnols l'ont abordé. Je lui représentai, sans cependant dissiper ses craintes, que je n'étais point Espagnol, mais un Indien d'une terre étrangéere un Russe.

La lagune à pour le moins une douzaine de lieues de circuit ; la profondeur en est grande. On prétend que vers le milieu la sonde ne trouve point de fond; Peau en est saumaätre, mais potable: on la dit remplie de requins et de crocodiles: je n'ai vu pourtant aueun indice de ces animaux, et je me suis baigné avec sécurité au pied du volcan. Nous abordames Pile au-dessus du vent, du côté de Fest, et nous attendimes Faube mollement couchés dans les hautes herbes qui eroissent aupres de la greve et servent de paturage à quelques bestiaux.

\ l'approche du jour nous gravimes, environ en un quart-d'heure, sur un terrain de cendres et de scortes, la côte nue et escarpée au pied de laquelle nous nous trouvions. Les premiers rayons du soleil nous frapperent sur les créneaux de cette enceinte SAUVAaLC.

Je cherchai, en suivant trois où quatre cents pas vers le nord, le bord du cratère, le point de vue d'où je lai dessiné. 1

présente Pimage d'un vaste cirque d'un contour irrégulier, son

plus grand diametre de l'est à Fouest, peut avoir au-delà d'un quart de lieue de longueur: l'enceinte en est d'une hauteur inégale, et présente des pitons et des breches: l'escarpement laisse distinguer les couches de scories diversement colorées, qui sont comme les assises de la construction. Un étang sulfureux , une nappe d'eau jaune occupe à peu près les deux tiers du fond: cet étang baigne vers le sud-est le pied de quelques collines de soufre qui brülent d'un feu tranquille; on voit Peau qui les approche bouillonner par intervalle. Un cratere commence à se former comme la moraine d'un glacier autour de ces collines ardentes, et les enserre, en are de cercle, du midi à Forient.

Je remarquai, dans la partie de lenceinte diamétralement opposée à mot, un eéboulement de terre sur la pente duquel je me Hattai de pouvoir descendre dans le fond du cratère: et je Jugeai que pour gagner ce point, je parviendrais à tourner le précipice du coté du nord'en en suivant la crète. Je me mis aussitôt en marche avec mes deux Fagals, et la premiere partie de notre route ne nous offrit que les difficultés que je m'étais attendu à rencontrer. Don Pepe avait perdu sa timidité : il paraissait senorgueillir de son audace etme répétait avec complaisance.que jamais homme avait encore fait le tour du gouffre, etque nous SCTIONS à Jamais es seuls qui eussent sui ce sentier. Je lui fi remarquer que des bœuls où des bulfles Favaient fravé avant nous. Fignore en ettet ce qui peul porter ces atHnaux à quitter leurs paturages pour {ré quenter sur ces hauteurs désolées un sentier toujours prét à s'abyinner sous leur poids. Nous ne füumes pas, sous le vent du cratere, sensiblement inconmodes des vapeurs de soufre.

Cependant Farréte que nous suivions se trouva en plusieurs endroits absolument inaccessible et nous fumes, a diverses reprises. contraints de redescendre vers la lagune, et de chercher avancer

sur tu plus oran cercle Le long des flancs de la montagne, qui ;

coupés de profondes ravines , opposaient incessamment de nouveaux obstacles à nos progres toujours tardifs et difficiles. Le soleil commencait à s'abaisser, lorsqu'enfin nous atteignimes le but que Nous nous étions proposé.

Cette partie du cratere est celle qu'ont attaquée les eaux qu'il à vomies dans ses dernieres éruptions. Les raviuss qui sil lonaient les terres éboulées au dedans du précipice, nous offraient divers sentiers. Mes Tagals S'employerent avec zele à les reconnaitre el |e parvins moi-même à descendre jusqu'à peu près aux deux tiers de la profondeur ; mais la pente devenait toujours plus rapide et plus coupée et je me vis enfin arrêté par un précipice de plusieurs toises d'escarpement. Des cristaux capillaires d'alun revètaient les parois de ces ravines. Peut-être serais-je parvenu à mon but si javais pu me fournir à Taal des cordes que jy avais inutilement demandées, et donner encore un jour ou deux à poursuivre cette reconnaissance, ce que ne permettaient pas l'approche de notre départ et le jour fixé pour me rendre au VAISSeaUL.

A la chute du jour nous redescendimes au bord de la lagune à travers des terrains déchirés par Fécoulement des eaux. Je n'eus pas Le temps de visiter les collines parmi lesquelles devait se trouver le cratère collatéral qui Souvrit en 155 f;au pied du cratere principal. Ma barque était du côté opposé de Pile; j'envoyai ordre à mes bateliers de venir à moi, et jallai moi-mème à leur rencontre. Nous nous rembarquimes.

Aueune lave n'a coulé du volean de Taal. HE semblait n'avoir jeté que des scories, des cendres et des eaux. Son éruption la plus mémorable est celle de 1554, décrite au long par Juan de la

Conception 1. On semblait avoir perdu la mémoire des érup-

ne ONU, cap to S 1 2, p. 449 et suivantes.

RE tions antérieures, dont Fune avait eu lieu vers la fin du dix septieme sivele. et la derniere de toutes le 21 septembre 1716001) bLes feux étaient éteints, et Fon recueillait du soufre dans le cratere, Le volean commenea en août à jeter de la fumée, en septembre vomit des flammes, et la terre trembla. Du 3 novembre au 1 décembre Feruption fut continue et sa violence toujours croissante. I lanea des cendres, des sables. des pierres ardentes, du limon. des feux et des eaux, D'épaisses ténebres occasionnées par des nuages de cendres, des ouragans, des éclairs et des tonnerres, des bruits souterrains semblables à des décharges d'artillerie des secousses terribles et prolongees se succéderent incessamment durant cette longue scene d'horreur. Plusieurs bourgades furent ensevelies sous les cendres. Le cratère, insuffisant à l'eruption, Sélargn considérablement et il Sen ouvrit un second qui vont également du limon et des feux. On vit méime,sur plusieurs points de la lagune en eftervescence, les feux se fraver un passage à trac vers fa profondeur des eaux. La terre S'ouvriten plusieurs endroits, et lon remarqua entre autres une profonde CreVasse Qui Séten dait au loin dans la direction de Calamba. Le volcan continua longtemps encore à jeter de la fumée. Les éruptions subséquentes ont

eté de plus fuible en plus fuible 9

Da. \origere pe Cnauisso.

Le or janvier nous eumes connaissance de Poulo-Aora, Poulo-

‘Timon et Poulo-Pisang : iles au nord du détroit de Banca et

Carta edificante 0 Virage à ai proviner de Paul 4 Balavan por Don Pedro Andres di Castro + Amaædo, 1700, Fol. 26. Manuscrit dt pose 4 la bibliotheque de Berlin 5 Vanves Entdeckhongsreise von Otto von Kotebues Wernars 182r, OH Bemerkuneen

und A\usichten von Adelbert von Chammsso Dr Phalppinen-trseln

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