LÀ I
Billiton. Le 28 on vit l'ile Gaspar, au milieu de ce détroit, et le 1 (13) février au soir, on laissa tomber lPancre le long de Sumatra, à cause du courant qui était contraire. Nous füûmes aussitôt accostés par un grand nombre de bateaux malais qui nous apporterent des perroquets, des singes, des poules, et de trèsurosses tortues. Îs nous vendirent ces objets extrémement cher.
Nous nous séparames en cet endroit de l'Évlantine, qui fit voile pour Pile Bourbon et File de France.
Le » (14 février nous sortimes du détroit de la Sonde par un tres-beau temps. Nous étions si pres de la côte de Sumatra , que nous entendions le ramage des oiseaux: la côte de Java nous offrait aussi un aspect enchanteur.
Le 18 (30) nous vimes le cap de Bonne -Espérance. Le lendemain ous étions mouillés dans la baie de la Fable, elle était remplie de batimens hollandais et anglais. IS v trouvait aussi l'Urare, frégate expédiée par le roi de France, sous le commandement de M Freycinet, pour faire des observations dans le Grand-Océan: nous eûmes le plaisir de faire la connaissance de plusieurs officiers de ce vaisseau.
Le oo mars 1 avril un coup de vent de sud-ouest S'éleva avec tant de force que plusieurs des batiments mouillés dans la rade furent obligés de filer leur cable, Quoique nous fussions à la distance d'un quart de mille de terre, le vent nous apporta des tourbillons de sable. Aucun canot ne putse mettre en mer, toute communication fut aussi interrompue entre la terre et les batiments.
La tourmente ne Sapaisa que le 22 mars (avril. Nous rencontrames au Cap M Mond qui recueillait des plantes pour le museum de Berlin.
Le 8 1%0 avril nous partimes du Cap, et le 12 (24) nous apereumes Pile Sainte-Hélène. Desirant nous + procurer de l'eau et
des rafraichissements, dont on nous avait ditau Gap qu'il nous serait permis de nous y pourvoir, malgre le séjour de Napoléon Bonaparte dans cette ile, nous nous en approchäames lentement. Bientôt un brig de guerre anglais arriva sur nous, puis nous héla, suivant l'usage et nous envoya un ofhicier pour savoir le motif qui nous amenait à Sainte-Hélene, ajoutant que tous les vaisseaux de guerre avaient la faculté dv relacher, mais qu'elle était refusée aux navires marchands. [ne tarda pas à nous quitter ;el, comme il était assez tard, nous poussames au large. Le lendemain matin nous revinmes vers la baie, Nous rétions plus à peu pres qu'à deux milles de distance de la cote, lorsque, à notre surprise extrème, un boulet. parti d'une batterie, se dirigea vers nous. [était évident qu'on ne voulait pas nous laisser avancer davantage : nous virämes de bord. Un canot Sétant détaché du vaisseau amiral, pour nous accoster, nous fines la manœuvre nécessaire pour aller au-devant de lui: un second boulet nous fut (OTATTATES [fallut obcir à l'avertissement qu'il nous donnait et nous éloigner. Le canot parvenu le long du bord. plusieurs officiers Ÿ monterent pour remplir les formalités usitées. HS nous dirent que le batiment de garde, qui nous avait parle la veille, Sétait mépris en nous déclarant que les vaisseaux de guerre pouvaient venir pres de Pile: cétait tout le contraire: les navires marchands jouissaient seuls de cette permission : cependant on avait à instant averti par un signal le gouverneur qui se trouvait dans intérieur de File et sans doute il donnerait Pordre de nous admettre: en conséquence on nous conseilla de nous approcher lentement de la baie : uous venions de nous conformer à cet avis. Un troisieme boulet nous degouta de envie de nous diriger de nouveau vers li côte.
On concoit que la curiosité nous fit adresser aux officiers anglais beaucoup de questions sur Bonaparte: ils ne parurent pas
du tout disposés a nous satisfaire, et se bornerent à nous dire que
14 ) devuis un temps assez considérable il menait une vie trèsretirée, qu'il ne recevait aucune visite el qu'il demeurait dans l'intérieur de File.
Les officiers nous quittérent. Nous attendimes inutilement une réponse jusqu'à midi et demi. Comme on ne nous l'apportait pas, el qu'il y avait trop de risques pour nous à l'aller chercher, nous memes pas d'autre parti à prendre que de continuer notre voyage vers l'Europe.
Nous vimes en rade de Sainte-Hélene sept vaisseaux de guerre, dont un seul était de 8o canons.
Le 18130) avril nous etmes connaissance de File de F Ascension: le 20 mai 2 juin, de Flores une des Acores. Le 4 (16) juin nous laissames tomber Fancre dans la rade de Portsmouth, pres de Coves, dans File de Might. Sy trouvait un navire américain que nous avions VU aux iles Sandwich et à Manille; il avait traité à la côte nord-ouest de FAmérique des pelleteries qu'il avait vendues avantageusement à Canton set était allé charger à Manille du sucre pour \msterdaim.
Le 1 juin nous sortimes de cette rade. Le 30 7 19 juillet) nous étions à Copenhague, d'ou nous partimes le mème jour. Apres avoir mouillé à Réval, le 11 (23 juillet, nous rentrâmes le 19 (31 juillet à Cronstadt, trois ans et un jour apres en être
sortis.