‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 104 sur 137 · RAM · texte numérisé non relu

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DANS LES DESSERTS DU NOUVEAU MONDE, 185 une adresse et une force vraiment extraordinaires, Cette coutuine nous rappelle que les Aztèques et les Tezucans se servaient également de la fronde dans les combats, et peut-être les pasteurs du Nouveau-Mexique l'ont-ils reçue de temps immémorial de ces fiers guerriers, qui furent sans doute leurs ancêtres,

Le calumet peut bien figurer dans notre musée descriptif à côté des armes, puisque dans les cabanes indiennes il a sa place généralement au milieu du trophée militaire de la famille; il se rattache, du reste, indirectement au métier de la guerre, car on ne le fume que pour la conclusion où là ratification d'un traité de paix qui termine une guerre, commence une amnistie ou sanctionne des conventions territoriales, Partout le calumet est l'objet d'une grande vénération, Il ne diffère de la pipe ordinaire, avec laquelle on la souvent confondu, que par des ornements accessoires. Comme elle, il se compose d'un foyer et d'un tube, Le foyer est fait d’une pierre en stéarite rouge, qui ne se trouve qu'à la carrière appelée par les Indiens la Fontaine des pipes. Tous les calumets des Peaux-Rouges de l’Emérique septentrionale sont exclusivement formés de cette pierre. Lorsqu'une tribu se rend en pèlerinage à la Carrière sacrée pour y aller prendre des matériaux, cette tribu devient inviolable dans chacun de ses membres, et ses ennemis même les plus acharnés sont tenus de lui livrer passage sur leurs terres, et de pratiquer vis-à-vis d’elle toutes les lois de l'hospitalité.

Le foyer du calumet ressemble à un petit entonnoir tronqué, de deux à trois pouces de hauteur sur un de largeur à sa base, et de dix-huit lignes à deux pouces de diamètre à son orifice; il repose sur un cylindre de même grosseur, long de six pouces environ, dont une extrémité se termine en pointe, tandis que l’autre le fait communiquer avec le tuyau. Ce tuyau est long d'environ un mètre; il se compose d’un morceau de jeune frène, large de trois centimètres au moins, plus épais au centre que sur les côtés, et qui, creusé dans sa partie extérieure, forme un tube aplati. Ce tube, comme les armes des Indiens en général, est toujours orné de dessins en piquants de porc-épie, de crins, de rubans, de perles ou de peaux d’hermine ; à sa partie inférieure, c'est-à-dire vers le foyer, pend l’ornement qui le distingue des pipes ordinaires, et qui et une espèce d’éventail composé de six à huit plumes d’aigle.

Chaque tribu n'a qu’un seul calumet; il est toujours entre les mains

du ehef principal, qui le garde religicusement dans sa tente, enveloppe avec soin dans des bandes de peau d'élan où de chevreuil, Partout où il est placé, le ealumet est regardé comme une chose sacrée, que l'on révere et que l'on préserve du contact des profanes. Le chef de la tribu qui en est détenteur ne peut lui-même en faire usage qu'à l'occasion d'une trôve où d'un traité de paix, De lt est venu le nom de calme de paix, Lorsque cette occasion se présente, les guerriers ou les personnes appelées à signer la trêve ou le traité se rassemblent et s'assoient à terre en formant un cercle sous la tente du chef, celui-ci apporte alors avec une grave lenteur l'instrument sacré qui doit figurer dans cette cérémonie, comme le sceau de l'État qui confirme et ratilie tout ce qui a été conclu. [allume ensuite le tabac placé dans le foyer du calumet, puis ilen tire une bouffée et le passe aux autres chefs ou guerriers selon leur dignité, et chacun en tire également une bouffée, et le fait passer à son voisin jusqu'à ce que tous aient fumé, Quand le calumet a cireulé ainsi dans toute l'assemblée, le chef auquel il appartient vide L foyer, replace l'instrument dans ses bandelettes et le remet dans son wigwam, où il reste jusqu'à une autre solennité pareille,

I parait qu'autrefois le calumet était un passe-port, une sauvegarde qui rendait inviolable celui qui le portait. Le P. Marquette et M. Joliet racontent qu'ils recurent des Illinois «le calumet sacré, l'arbitre mystérieux de la paix et de la guerre, le sauf-conduit au milieu des nations, » Ce respect pour le porteur du calumet s’est conservé jusqu'à nos jours; mais il est très-rare que le chef à qui il appartient s’en dessaisisse en faveur d'un blanc. Cet instrument est comme le drapeau blanc que portent les parlementaires lorsqu'ils vont vers un camp ennemi demander une suspension d'armes.

Nous terminerons ce sujet en disant quelques mots sur le drapeau indien, dont la plupart des écrivains américains ont ignoré l'usage. On pourrait s'étonner de rencontrer aussi chez les Peaux-Rouges l'existence du drapeau comme emblème de l'honneur de la tribu, et cependant on en trouve des traces chez eux dès l'antiquité. Depuis les guerres du siècle dernier, l'invasion des liqueurs alcooliques et de la petite vérole, les tribus se sont tellement affaiblies et désorgauisées, que l'usage du drapeau ne se rencontre actuellement que parmi quelques tribus encore imposantes par le nombre et la valeur de leurs guerriers, et qui ont conservé avec

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Avant de parler des coutumes indiennes, nous devons terminer notre analyse de leurs industries par une breve description des canots et des silos qui n'ont pas encore trouvé de place dans nos récits, On connait trois sortes de canots, savoir : les pirogues faites d'un seul tronc d'arbre, les paniers doublés de cuir de buffle, dont la forme et les matériaux rappellent singulièrement des embarcations semblables usitées par des pècheurs des côtes galloises et de celles du nord de l'Irlande, et enfin le canot proprement dit, dont la charpente de cédre excessivement légère est recouverte de l'écorce du betula papyracea, que l'on détache de l'arbre par longues bandes, Ces bandes sont cousues sur la charpente e! les coutures sont enduites de poix. La poupe et la proue de ces canots sont recourbées à l'instar des gondoles vénitiennes et souvent ornées de peintures et de sculptures. La longueur ordinaire de l'esquif est de quatre métres; quelques-uns sont plus grands, mais les Indiens ne se servent que des premiers, car leur légèreté permet aux hommes d'en porter chacun un sur ses épaules dans les passages où, la navigation étant impossible, on est obligé d'aller par terre, et de faire ce que l'on appelle dans le langage du désert un portage.

Les pirogues des Chinouks et des tribus voisines de l'embouchure du Colombia varient de forme et de grandeur; quelques-unes ont plus de quinze mètres de longueur, et sont taillées dans le tronc d'un sapin où d'un cèdre blanc. La proue et la poupe sont également décorées de ligures d'hommes ou d'animaux, ayant plus d'un mètre de hauteur! Pour manœuvrer ces embarcations, les Indiens s’assoient deux par deux sur leurs talons et se servent d'avirons d’un mètre et demi de longueur. Le pilote, qui se tient en poupe, dirige la pirogue au moyen d'un aviron semblable à celui des rameurs. Les femmes, aussi adroites que les hommes dans cet exercice, prennent généralement la place du pilote. (est surprenant de voir avec quelle hardiesse et quelle insouciance ces sauvages s'aventurent sur la mer, au milieu des dangers les plus grands et des tempêtes les plus effrayantes; ils semblent voler sur les vagues comme des mouettes, et savent par leur adresse, leur manœuvre et leur courage

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unaginer, allant la mehoecn aanvace at eoût lo plus eatraotdinaire., ONLY ET ant quelquefois Prndiapensable par le superflu nenmmoine los ornements accossnires 68 sonvont embarracennts dont los Poaeahonen afublont ontoune raison d'ôtre Lo maternel principal de soe tôtemiente, qui ot la peau de chosen tannée et fomée, ne pourent tre pomplacs ee Avantage par antenne de nos étofluc CLLERET TENTE LTENT TI le soleil, a pluie et los bronsesitles mottraient bientôt hors de sopvice. Le costunm in plus gonéralomont alopte par la Hneione en compos dune tunis, d'un calocon, ou pour mieu dire, ain de désigner los chose par nas lation, de guñtres oui hanutadezchausesne, d'un paire de moraseine ot chauseons ot l'un mantenn

La tunique sat une pepe de éhomian dosconidtant sue vors los gi nous, faite dondinure de doux posant de chorale elle à deu manches quarrivent JUS poignets Los envrriore rololuns portent ane sont tures de votts tunique des frangoe faites avec des moches de chevelure prians attr l'ennemi. ouavoe do longeuvs ot triste linibrea do peau de chovrentl avant assos snnuvent à our extrémité de petite more d toffés rouges onde fordbilane: los oudtres sont 6gnloment faites vor des peaux de choçrent, et paroillementormepse ane coutures de franges comme pour la tunique: elles montent jusqu'au doser de la enisss 64 an ratta chont à la ceintures par des courroies: elles sorsent à protéger les jambes contre los intempéries dus aujaone, lose bronusenitles, ot sont d'un tros-hel ofet que un cavalier,

Los HOooasains SON et eur souple lour forme, la conteur de la peau ot da nature dos brodorios dont ile août ornés varient solon {pe tribus Cotte chanuseure ost indispensable dance cos contrées où les bronusenillos, los cailloux, les insectes vonimeux ot los reptiles ss rencontrent as haque pas Los mmocneaine dos lommes cout troc jolis, ot roux qu'elles mettont dans louve jours de grande toilette ol pour leur mariage sont dune poan ctrômement blanche, trôe fine ot voloutée. Los fonmmes en granit vos

Une portent sonvent, outre lou mocaseins, de petites guôtres fines el de

pourvues de franges qui ne garantissent que le bas de la jambe, et s'attachent au-dessus du mollet avec des jarretières.

Le manteau est un vêtement assez commun aux hommes et aux femmes; quelquefois il sert d'ornement, mais en hiver il devient indispensable : les tribus du Nord et du Nord-Ouest le portent en fourrures: les Osages, les Pawnies, les Puants et la plupart des peuplades voisines des États de l'Union américaine, le remplacent par une couverture de laine. Les fourrures dont les Peaux-Rouges se servent pour leurs manteaux sant les peaux d'ours, de buffle, d'hermine, de martre et de cygne: les plus précieuses sont : d'abord le buffle blanc, qui est tellement rare et recherché qu'une tribu ne reculera devant aueun sacrifice, aucune entreprise aussi périlleuse qu'elle puisse être, pour se procurer une peau de buffle blanc; du reste, des idées de superstition se rattachent à la possession de cette fourrure extraordinaire. Viennent ensuite dans l'estime des Indiens les peaux d'ours gris, de cygne et d'hermine, qui deviennent plus rares de jour en jour. L'originalité du costume indien est rendue plus excentrique encore par des broderies assez élégantes, faites avec l'enveloppe brillante des piquants de porc-épie, teinte le plus souvent de différentes couleurs et mêlée de plumes fines du cardinal, de l'oiseau bleu, du colibri et de mille autres oiseaux au plumage éclatant, ou bien encore avec des perles de Venise et des coquillages très-curieux.

Les femmes ou squaws ont à peu près le même costume que les hommes; seulement leur tunique est plus longue et plus ample et les manches sont plus courtes ; dans quelques tribus, elles sont ouvertes aux coutures et tombantes. L'ensemble de ce costume est plutôt gracieux que ridicule. Parmi les peuplades de l'Ouest et du Nord, les femmes s’habillent avec beaucoup de goût; elles ont véritablement l’art de la coquetterie et ont trouvé, sans le secours des Européennes, l’art de cacher leurs défauts par des futilités qu’elles savent rendre nécessaires. Celles qui sont réellement belles donnent fort habilement du relief à leur beauté naturelle par la disposition de leurs robes, de leurs ornementations, de leurs broderies.

Au delà des montagnes Rocheuses et dans le Grand Bassin, on rencontre parfois des femmes indiennes de la famille des Shoshonies, qui font leurs provisions de racines et de graines sauvages dans un état de nudité complète; mais on ne peut attribuer ce manque de costume qu'à la misère, car ces femmes se sauvent ou se cachent dès

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qu'elles aperçoivent un homme, surtout un blanc. Les habitants du Nouveau-Mexique portaient dès le temps de Coronado des manteaux en étoile de coton qu'ils tissaient eux-mêmes et des ornements qu'ils se composaient avec des plumes ou des filets en fil végétal. Les femmes seules étaient très-légerement vêtues lorsqu'elles avaient des vêtements, et les jeunes filles non mariées n’en portaient aucun. Maintenant les hommes ont des mocassins, des culottes, une veste de laine et une couverture; les femmes ont des robes de laine ou de coton. Dans les fêtes nationales les uns et les autres ornent leurs têtes et leurs longues chevelures de plumes magnifiques.

Les Comanches sont peu vêtus; ils se peignent et se tatouent le corps, surtout la poitrine; ils passent un temps considérable à leur toilette et à mettre des plumes et des perles dans leurs cheveux. Quant aux tribus des bords de l'océan Pacifique , elles sont misérablement habillées. En été, les hommes sont à peu près nus; en hiver, ils portent une robe fort courte, laite avec des peaux d'animaux ou avec la laine des moutons sauvages. Quelquefois ils endossent des espèces de nattes pour se garantir de la pluie. Les femmes ont des jupons courts fabriqués avec l'écorce du cèdre ou avec des fils végétaux tressés, ainsi que des camisoles de peau. Ces costumes varient pourtant selon les tribus et les latitudes; mais ce qui varie moins, c’est un chapeau conique et végétal, dont les sauvages de ces côtes se couvrent la tête; ces chapeaux, ordinairement peints, sont également en usage parmi les Tlamaths, qui les fabriquent avec de la paille. Les mocassins des Tlamaths sont pareillement faits avec de la paille; l'habitude de vivre au milieu des hautes herbes leur a sans doute enseigné la manière de les utiliser Je plus possible. Ces Indiens portent aussi des coquilles à leur nez.

Les enfants sont généralement nus; leur vêtement (lorsqu'ils en ont un) consiste pour le plus souvent en un petit manteau serré à la taille par une ceinture ; ils ont aussi des colliers et des mocassins. Indépendamment des guûtres et des mocassins, les tribus du nord et du nordouest du continent américain se servent encore, pendant leurs courses d'hiver, d’une autre chaussure grande et large qui les empêche d’enloncer dans la neige et que les Canadiens appellent raquettes, mais dont le nom indien signifie céaussures à neige. Elles ont différentes formes et se fabriquent avec différentes matières ; les plus communes ont

192 VOYAGE PITTORESQUE la forme d’une feuille de saule, où bien d'un poisson de près d’un mètre de longueur; elles sont faites avec des cerceaux de bois léger et flexible. passé au feu pour les préserver de la pourriture que causerait l'humidité; sur ces cerceaux, on tresse avec de petites cordes ou des lanières de cuir une espèce de filet sur lequel le pied repose. Ces chaussures s'attachent aux pieds par le moyen de lanières de cuir, comme nous attachons nos patins. L'autre chaussure à neige, qui est également trèsusitée, se compose d'une planche mince, longue de plus d'un mètre sur quinze à vingt centimètres de large et recourbée aux deux extrémités à la façon des souliers chinois; on se les attache pareillement aux pieds avec des lanières de cuir comme les raquettes.

La coiffure, chez les sauvages qui se couvrent la tête, est ordinairement, pour les guerriers surtout, une touffe de plumes d’aigle ou de corbeau, mélangée de crins de couleur; quelquefois encore c’est la tête d'un animal féroce ou d'un buffle dont on à conservé les cornes, ce qui donne un aspect terrible à celui qui les porte. La variété des costumes n'est rien comparativement à celle qu’on rencontre dans les coiffures des différentes tribus indiennes. Presque tous les Peaux-Rouges laissent pousser leurs cheveux ; hommes et femmes les partagent sur le sommet de la tête en deux parties égales et teignent en rouge la raie formée par cette séparation. Certaines peuplades les laissent flotter sur leurs épaules, d'autres les nattent et les attachent avec un ruban qui tourne autour en spirale et les tiennent sous le bras gauche quand ils voyagent. Presque tous les Indiens du Nord portent sur le front une mèche de cheveux, qu'ils coupent carrément un peu au-dessus de la racine du nez; beaucoup relèvent leur chevelure en la tordant et la roulant au-dessus de la tête en forme de turban. Les Corbeaux ne se la coupent jamais et la laissent traîner jusqu'à terre; comme tous les Peaux-Rouges, ils se pommadent journellement avec de la graisse d'ours, ce qui rend leurs cheveux luisants et doux; on en a vu dont la chevelure atteignait huit et neuf pieds anglais de longueur. Quelques tribus enfin, telles que les Osages et les Creeks, se coupent, se rasent, se brülent les cheveux trèsras et ne laissent que la touffe du scalp au sommet de la tôte : couper cette mèche serait considéré comme une lâcheté, une flétrissure qui rendrait les Indiens indignes de marcher au combat; car le scalp est le plus beau trophée, sinon l'unique récompense du vain-

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