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queur : ilest regardé comme déloyal de se soustraire ainsi à son ennemi.
Le nombre des Peaux-Rouges qui se teignent les cheveux est assez considérable ; les Mandans, par exemple, qui les ont pour la plupart gris-cendré, considèrent ce phénomène bizarre comme une honte et font disparaitre cette couleur sous une teinte rouge ; leurs femmes, au contraire, en sont fières et l’étalent comme une beauté sur la poitrine et sur les épaules. Les Creeks se coiffent avec un mouchoir de couleur ou un morceau d'étoffe, qu'ils roulent autour de la tête à la facon des négresses, ou en turban, et ils placent leurs plumes dans les plis. Beaucoup de Corbeaux prennent pour coiffure le corps d’un des oiseaux dont ils portent le nom, et ils l'attachent solidement sur le derrière de la tête; quelques-uns se ceignent le front d’une couronne de plumes de corbeau ou d’aigle d’un gracieux effet. D'autres tribus se font avec des peaux d'hermine une riche et belle toque, qui ressemble beaucoup par sa forme à celle que portent nos juges et nos professeurs d'université : les queues noires sont réunies en cercle au sommet de la tête et rendent de loin l'illusion complète.
Les Comanches offrent une grande variété de coiffures : les uns mêlent à leurs cheveux des erins de cheval ou des poils de buffle teints de diverses couleurs, surtout en rouge; d’autres s’attachent sur la tête les scalps d'ours, de panthère ou de buffle, souvenirs de leurs exploits qu’ils mettent ainsi en évidence pour se donner un air terrible. La coiffure à cornes que nous avons déjà mentionnée se retrouve dans la plupart des peuplades du Nora et de l'Ouest; mais elle n’est ordinairement portée que par les chefs et les guerriers célèbres. C’est une calotte en peau de buffle ou d'hermine, dont les bords tombent sur les épaules en forme de perruque, et au sommet de laquelle on a placé deux cornes de buftle, coupées à un pied de leur extrémité; elles sont dépouillées de l’os intérieur et polies avec beaucoup de soin; souvent même on y ajoute comme ornements des mèches de scelp ou de petites plumes d’aigle. Cette coiffure ainsi composée est chez les Indiens l'emblème du pouvoir et de la force; aussi ne la porte-t-on que dans les grandes circonstances où l'honneur et la dignité de la tribu doivent paraître dans tout leur éclat, c’est-à-dire dans les parades, dans les cérémonies pubiques, ou pour la réception de quelque blanc.
Tout chef a d’ailleurs le droit de porter le costume et la coiffure qui
lui conviennent, d'ajouter aux vêtements en Psage dans sa tribu tous les accessoires qui lui plaisent. Plus il se doune de prestige de ma uière où d'autre, plus il est en vénération parmi jes üens, Le pouvoir chez les sauvages, bien plus que parmi les nations civilisées, doit frapper, doit éblouir les veux; les chefs indiens gardent précieusement cette maxime; aussi n'épargnent-ils rien pour se donner un extérieur imposant, sinon effrayant, Nous en avons vu qui portaient pour coiffure une espèce d'éventail qui avait son centre sur le sommet de la tte. ef dont les rayons, formés de plumes de corbeau où d'aigle, descendaient
jusqu'aux talons et ressemblaient à deux ailes gigantesques complétement déployées ; leur haute stature apparaissait sous cette auréole de plumes plus majestueuse et plus digne.
Les plus beaux costumes que l’on voit chez les Peaux-Rouges sont ceux des Corbeaux et des Pieds-Noirs. Les manteaux de cérémonie portés par les chefs sont plus beaux que ceux dont ils font usage journellement, et l'intérieur de ce vMement est ordinairement chargé de hitroglyphes, ou plutôt de dessins retraçant les principaux événements de la vie du guerrier; beaucoup portent aussi un collier composé d'ongles d'ours tués par eux-mêmes, Les prètres-magiciens-docteurs m'ont pas le costume particulier à leur caste ; mais, dans les grandes occasions, ils tiennent à la main ou suspendu à leur lance un tambour plat rempli d'herbes et d'animaux mystérieux.
I n’en est pas ainsi lorsqu'ils remplissent leurs fonctions de médecin et de magicien; ils ont ordinairement pour cette occasion un accoutement tel, qu'il à fallu les efforts d'une imagination en délire pour le composer. Nous ferons ici la description de eclui qui nous à paru le plus extraordinaire, La science du docteur en question était aussi renommée parini les Peaux-Rouges que son costume de circonstance était connu chez les Faces-Pâles. Sa tunique était faite avec la peau d’un ours jaune; cette couleur était-elle naturelle ou factice? Nous l'ignorons, mais elle était d'un effet fort étrange. L'animal avait été écorché avec le plus grand soin, afin de conserver la fourrure de la tête et des membres qui avait été recousue, et dans laquelle le docteur se cachait entièrement, de sorte que, lorsque 1l en était affublé, il ne lui restait plus rien d'humain dans l'allure et l'exwrieur. Pour se rendre sans doute pius effravant
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collection d'animaux empaillés et surtout de serpents à sonnettes, de crapauds, de chauves-souris, de chouettes, de canards et de tarentules séchées; sur la poitrine, il portait des ailes d'oiseau déployées; il avait un collier composé de queues de quadrupède, mélangées d'ongles, de grilles et de dents. Pour croire à la présence d'un homme sous cet affreux assemblage, il fallait regarder les pieds et les mains, qui restaient libres pour tenir le tambour de médecine et la lance magique.
Voilà les traits principaux et généraux des vêtements Indiens; ils se modifient un peu selon la position géographique des tribus et du climat; mais celui des chefs, quoique un peu grotesque, est toujours imposant, quelquefois effrayant, mais rarement ridicule; partout il a quelque chose qui symbolise la force et le pouvoir, ou qui rappelle par des signes extérieurs ln sagesse, la prudence ou le mystère, qualités que les Peaux-Rouges mettent au-dessus de toutes les autres, même audessus du courage à la guerre et des plus beaux faits d'armes dans les combats, Chez les simples guerriers où bien chez les vieillards nous retrouvons à peu près le même costume, partout avee les mêmes modilications exigées par les climats et les habitudes, et quoique ces modilivations soient souvent imperceptibles de tribu à tribu voisine l'une de l'autre, l'œil d'un Indien ou d'un habitué des solitudes les découvre bientôt et en süisit facilement les nuances.
Ces vêtements ne sont point une affaire de mode : les Indiens ne les out adoptés que parce qu'ils convenaient à leur tempérament, à leur élimat et à leurs habitudes; ils ne les ont conservés que parce qu'ils ne contrariaient aucun de leurs mouvements et que la nécessité leur en faisait une loi, Quoique les Peaux-Rouges n'aiment pas ce qui les gène, qu'ils aient la coquetterie des formes corporelles, et qu'ils mettent de l'orgueil à en montrer la beauté, ils sont loin de faire bon marché de la pudeur : il est rare de voir un homme avec le buste découvert dans le Nord, Dans les pays méridionaux, ilest vrai, la chaleur exige une tenue légère, mais les femmes sont toujours couvertes décemment; ce n'est qu'à l’ouest de l'Amérique et dans quelques tribus du Texas et de son voisinage que l'on rencontre des Indiens des deux sexes n'ayant de vôtement que de la ceinture aux genoux. Parmi les peuplades de l'Amérique septentrionale dont nous nous occupons exclusivement ici, lorsqu'un homme a la poitrine habituellement découverte, ou accidentellement
comme dans les réjouissances publiques, il se couvre de peintures où de dessins de différentes couleurs, qui dissimulent ou plutôt pallient ce que cette ‘udité pourrait avoir de repoussant,
Le diens n'ont point de barbe, ils se l'arrachent au fur et à mesure qu ..? pousse. Est-ce une coutume superstitieuse, ou une précaution pour donner moins de prise à la main d’un ennemi dans les combats ou les luttes de corps à corps? Est-ce enfin une mesure de propreté ou une coquetterie? On ne saurait le dire, Les tribus colombiennes, considérant la barbe comme une difformité, en arrachent les moindres vestiges. Ils regardent avec dégoût les favoris et les mentons velus des blancs, et par dérision ils les appellent « longues barbes, » D'un autre côté, les deux sexes ont une grande prédilection pour les cheveux de la tête ; ils les laissent croître autant qu'ils peuvent, ils en sont fiers et en ont un soin tout particulier, ils se les arrangent de toutes les facons. Le plus grand affront qu'on pourrait leur faire serait de leur couper leur chevelure. Les Natchez se faisaient une large tonsure au-dessus de la tête, en ne laissant au milieu que quelques mèches pour y attacher des plumes; le reste des cheveux était coupé, à l'exception d’une large touffe, qu'ils laissaient pendre sur l'épaule gauche pour y suspendre des plumes aux jours de fête, Le souverain portait autour de la tête un filet, auquel adhérait un diadème en plumes blanches, dont la hauteur diminuait en allant du front vers l’occiput. Au-dessus du diadème se trouvait de la fourrure surmontée d’un crescent en crins rouges.
Le costume des Indiens de l’époque anté-historique ne nous est pas connu ; nous savons seulement qu'ils portaient, comme les Indiens d'aujourd'hui, des colliers, des bracelets, des anneaux et d’autres ornements de ce genre en stéatite et en métal. Les anneaux et les bracelets étaient de cuivre et sans soudure apparente ; actuellement, l'argent à remplacé le cuivre parmi les tribus adonnées au commerce des fourrures.
Autrefois les ornements les plus estimés parmi les Indiens étaient, pour les hommes, les colliers en griffes d’ours ; pour les femmes, des chapelets en dents d’élan, et pour les uns et les autres le wampum traditionnel ; mais les marchands blancs leur ont donné le goût des colifichets de la civilisation, et les deux sexes se parent maintenant le plus qu'ils peuvent de bracelets, de perles vénitiennes, de rubans et d’étoffes brillantes. Les Natchez portaient au nez et aux oreilles des anneaux en os et des bra-
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celets de même genre aux bras et aux jambes; c'est sans doute cette coutume qui a fait croire à l’ancien monde que tous les Indiens de l'Amérique n'avaient pour costume qu'un diadème et un jupon de plumes, ainsi que des anneaux au nez, aux poignets etaux chevilles. Les Natchez ajoutaient à leurs colliers des dents de crocodile et des griffes d'animaux sauvages. Avec les perles vénitiennes ils brodaient leurs vêtements de peau, et y ajoutaient des signes hiéroglyphiques et des devises héraldidiques, comme les tribus du Nord et de l'Ouest se brodent aujourd'hui sur leurs vêtements des fleurs et des ornements fantastiques; mais ce que les Natchez affectionnaient surtout, c'étaient les petits grelots, qu'ils suspendaient sur eux, et dont la sonnerie leur plaisait infiniment.
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