MAR RARE
de Ë “
VOYAGE PITTORESQUE, ETC Hhh)
gulière entre elles, une uniformité frappante dans leurs dogmes et dans leur morale : on voit qu'elles ont pour la plupart une commune origine que l'ignorance et la superstition n'ont pu défigurer complétement. Ainsi, à part les Indiens du Nouveau-Mexique, on retrouve dans toutes les autres tribus de l'Amérique septentrionale et à peu de différence pres, la même théogonie, le même système religieux plus ou moins compliqué, et les mêmes symboles plus ou moins étendus. La théogonie indienne porte en général le cachet primitif d'une haute antiquité, qui remonte au delà du christianisme; les traditions dont l'origine pourrait être chrétienne sont rares; une des plus curieuses existe chez les Mandans, dont les ancêtres, dit-on, sont venus du pays de Galles. Elle concerne une vierge-mére et paraît être une vague allusion à l'histoire de la vierge Marie.
A une époque tres-reculée le mauvais esprit arriva de l'Ouest avec Nu-mohk-muek-a-nah (le premier homme), et ils'assit près d'une femme qui n'avait qu'un œil et qui broyait du blé, La fille de cette femme était d'une beauté remarquable, Le mauvais esprit la sollicita de s'asseoir à côté de lui, de lui arracher une côte et de la manger; celle-ci ayant obéit et mangé s'aperçut que cette côte était de la bonne viande de buffle, Elle reçut ensuite l'ordre d'aller chercher de l'eau dont elle but, ainsi que le mauvais esprit. Peu de temps après, les garcons du village insultaient la jeune lille en lui disant qu'elle avait concu; celle-ci ne le nia pas, mais elle défia qui que ce soit de certifier que sa grossesse provenait d'un crime; ce qui oceasionna une grande surprise dans tout le village. Alors, comme en effet personne ne pouvait l'aceuser, on li considéra comme ne grande médecine. Au moment de ses couches, la viergemère quitla le village et mit au monde un enfant mâle, Pendant longtemps on la chercha partout, mais en vain; enfin on la découvrit dans une méchante cabane, et sou enfant fut également appelé une grande médecine, à cause de la mamvre étrange et mystérieuse dans laquelle il avait été conçu, L'opinion des Indiens fut bientôt confirmée par une foule de miracles qu'il fit n'étant encore qu'un enfant, On cite entre autres celuiei, À une époque de famine, il donna aux Mandans quatre jeunes buffes, dont on pouvait manger à satiété sans que la chair diminuât le moins du monde, Après en avoir enlevé de gros morseaux, il en restait
tout autant que si on n'y avait point touché, Nu-mohk-muck-a-nah
556 VOYAGE PITTORESQUE voulait détruire cet enfant ; après bien des essais infructueux, il le trouva enfin dans un endroit sombre, et Le jeta dans la rivière,
Dans les récits historiques et religieux des Ojibbeways on entend souvent parler d'un vieux sachem , nommé Getube, père de douze fils. dont le plus jeune avait reçu un nom provenant d’une robe de peau qu'il portait ordinairement et qui l'avait sauvé des machinations du mauvais esprit. Cet enfant était le plus sage et le plus puissant de tous ses frères, ainsi que le favori de son père et du Grand-Esprit. Il est facile de reconnaître dans cette narration une ressemblance avec Jacob et son fils Joseph. Dans les cérémonies mystérieuses de la même tribu on montre un serpent ayant une racine dans la bouche. Ce serpent avait sauvé la vie d'un grand nombre d'habitants d'une ville ravagée par la peste. Nous croyons, avec ceux qui ont signalé ce fait étrange, que ce simulacre west autre chose qu’une réminiscence imparfaite du serpent d’airaim élevé dans le désert par Moïse. Comme les Juifs, les Indiens ont des mets défendus. À quelques-unes de leurs fêtes ils sont obligés de manger tout ce qui a été préparé pour le festin. ls observent aussi la fête des premiers fruits. Nous avons déjà parlé de l'habitude qu'ont les femmes indiennes de quitter leur loge durant certaines époques de leur vie, et de ne rentrer chez elles qu'après s'être purifiées par des bains. Lorsqu'elles rentrent chez elles, les femmes ainsi purifiées allument un nouveau feu, comme le pratiquaient les femmes juives. Les Indiens ont aussi ds animaux impurs dont ils ne peuvent manger; ils ont également le sacrifice du premier animal tué à l'ouverture des grandes chasses. Cet animal est entièrement mangé comme l'était l'agneau pascal, Tous les sauvages croient, sans exception, à l'existence d’un Étre suprême qu'ils appellent Bon ou Grand-Esprit ; ils l'adorent et le prient comme nous adorons et prions le Créateur de toutes choses. Ils croient pareillement à l'existence d’un autre esprit méchant, qui est leur ennemi personnel et l’antagoniste du Grand-Esprit, mais moins puissant que lui. Cette croyance en deux divinités supérieures et rivales à fait supposer que les Indiens admettaient le dualisme; mais cette opinion est erronée, car la puissance de ces esprits étant inégale, leur antagonisme est le même que celui qui existe dans la théologie chrétienne entre Dieu et le démon.
Les Peaux-Rouges vénérent en outre et sous différents noms une mul-
htude d'esprits inférieurs de tout rang et de tout ordre qui président an
RENE ENS AGTAEES