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avoir soutenu plusieurs combats contre des nations puissantes. Les Sacs et les Renards, ainsi que plusieurs autres tribus du Nord, croient qu'à l'époque du déluge il y avait un homme et une femme sur une haute montagne, après que le reste du genre humain fut noyé. Une fois l'eau écoulée, le Grand-Esprit eut pitié de ces deux créatures, et leur envoya du feu par le corbeau, dont le plumage était blanc; celui-ci, s'étant arrêté pour manger la carcasse d’un buffle, laissa éteindre le feu et retourna au ciel pour en chercher d'autre. Alors, le Grand-Esprit, pour le punir, changea la couleur de ses plumes; de blanches, elles devinrent noires, et il donna le feu à un autre oiseau, qui le porta fidèlement à sa destination sans s’arrôter,
Une chose digne de remarque, c’est que chez les Peaux-Rouges les récits concernant le déluge se confondent ordinairement avec ceux qui ont rapport à la création de l’homme et aux premières époques du monde. Les tribus du haut Missouri et du haut Mississipi joignent à l'idée confuse de ces souvenirs bibliques une tradition qui leur est propre concernant la formation de la Carrière-Rouge, du coteau des Prairies, dont les pierres servent exclusivement aux Indiens pour la confection de leurs pipes et de leurs calumets. Autrefois, disent les Knistenaux, il y avait un étang dont les eaux, en gonflant, détruisirent toutes les nations de la terre. Les Peaux-Rouges vinrent alors, de tous les côtés du continent américain, se réunir sur le coteau des Prairies pour se préserver de l’inondation générale; mais ils furent atteints par l’eau, et leur chair se changea en pierre rouge comme nous l'avons déjà vu dans nos descriptions des grands déserts, Telle est la raison pour laquelle ce terrain est considéré comme neutre et appartient à toutes les tribus de l’'Amérique septentrionale. Pendant que les eaux menacaient de détruire tout le genre humain, une jeune femme saisit par la patte un grand oiseau qui volait au-dessus d'elle et se laissa transporter de cette manière sur une haute montagne, où elle mit au monde deux jumeaux qui repeuplèrent la terre. Le père de ces deux jumeaux était l'aigle noir dont les plumes ornent la tête des guerriers.
Le récit des Sioux du Missouri, sur le même sujet, est un des plus étranges que nous connaissions. Les Indiens assurent qu'avant la création de l’homme le Grand-Esprit avait l'habitude de tuer des buffles et de les manger sur le coteau des Prairies; leur sang, en coulant, teignit les
rochers en rouge. Le Grand-Esprit, qui est souvent représenté chez les sauvages par un aigle, avait son nid placé au sommet du coteau. Un jour uu gros serpent (emblème du démon) vint en rampant jusqu'auprès du pid pour manger les œufs qui se trouvaient dedans; mais un de ces œufs s'étant cassé en faisant un bruit semblable à celui du tonnerre, le Grand-Esprit accourut aussitôt, prit une pierre rouge pour la jeter au serpent; mais, se ravisant tout à coup, il en fit un homme, Les pieds de cet homme s’attachèrent au rocher comme un arbre planté en terre, et il demieura dans cette position l'espace de temps de cent générations, Un autre homme poussa auprès du premier, jusqu'à ce qu’un secoud serpent vint les délivrer en rongeant le terrain au-dessous de leurs pieds. Alors ces deux hommes voyagèrent ensemble et devinrent la souche du genre humain.
Les Mandans célèbrent l'anniversaire ou la /ête du Déluge avec beaucoup de pompe. Pendant les quatre premiers jours de cette solennité religieuse ils se livrent à la danse des buffles, quatre fois le premier jour, huit fois le second, douze fois le troisième et seize fois le quatrième autour du grand canot placé au milieu du village. Ce canot représente l'arche qui sauva le genre humain des flots, et le total des danses qui s'exécutent durant ces quatre jours s'élève à quarante, en mémoire des quarante nuits pendant lesquelles la pluie ne cessa de tomber sur la terre. Les danseurs choisis pour cette occasion sont au nombre de huit, divisés en quatre groupes, correspondant aux quatre points cardinaux. Ils sont nus et peints de différentes couleurs ; à leurs chevilles ils portent des touffes de poil de buffle; la peau du mème animal avec la tête et les cornes est jetée sur leurs épaules; la tête du buffle sert de masque aux danseurs. Dans leurs mains ils tiennent une raquette, et dans l’autre une lnce ou plutôt un long bâton inoffensif, Sur leurs épaules est attaché un fagot de branches de roubs. Ces huit Indiens dansent en s’inclinant vers la terre et en imitant les mouvements et les beuglements des buftles. Entre chacun des quatre groupes il y a un autre danseur également nu et peint, n'ayant d'autre vêtement qu'une belle ceinture et une coiffure en plumes d’aigles mélangées de peaux d'hermine; ces quatre danseurs ont aussi une raquette et un bâton à la main; en dansant ils tournent le dos au grand canot. Deux d’entre eux sont peints en noir avec
des taches blanches sur tout le corps; ils représentent le firmament et
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