‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 122 sur 137 · AGREE · texte numérisé non relu

AGREE

DANS LES DÉSERTS DU NOUVEAU MONDE, 563 les étoiles, Les deux autres sont peints en rouge pour représenter le jour, et avec des marques blanches, qui signifient les esprits chassés par les premiers rayons du soleil. Ces douze individus sont les seuls qui dansent dans cette solennité, Pendant ce temps le maitre des cérémonies vient fumer contre le grand canot en l'honneur des quatre points cardinaux. Quatre vieillards viennent également près du grand canot avec des outres, et pendant tout le temps de la danse les acteurs chantent, crient, et font le plus de bruit possible avec leurs instruments, mais conservant toujours la mesure, Outre les danseurs et les musiciens, il ÿ a d'autres acteurs ayant un caractère symbolique qui ont un rôle à part durant cette fête, Près du grand canot se trouvent deux Indiens habillés en ours qui grognent continuellement et cherchent à interrompre les danseurs. Ain de les apaiser, des fermes leur apportent continuellement des plats de viande que deux autres Indiens habillés en aigles prennent souvent et emportent dans là prairie, Les ours sont alors chassés par des troupes d'enfants nus et représentant des antilopes qui dévorent la viande servie, Ceci signifie que la Providence finit toujours par faire triompher l'innocence de là malice des méchents. Le quatrième jour, un homme nu, peint d’un noir brillant et zébré de lignes blanches, ayant près de sa bouche deux défenses de sanglier et tenant à sa main une grande baguette, parait dans la prairie courant en zigzag, mais avançant toujours rapidement vers le village en poussant les cris les ‘plus effrayants, Arrivé sur la place où s'exécutait la danse, il frappe à droite et à gauche hommes, femmes, enfants et chiens qui se sauvent dans toutes les directions pour éviter les coups de cet être singulier qui n'est autre chose qu'un symbole du mauvais esprit. Le maitre de cérémonie, en apercevant tous les désordres occasionnés par l'esprit infernal, quitte sa position près du grand canot et court «u-devant de lui avec sa pipe médecine, et le mauvais esprit, sous le charme du calumet magique, devient doux comme un enfant et honteux comme un renard qu une poule aurait pris. À la vue de ce changement soudain, la frayeur de la foule se calme, les cris et les pleurs sont remplacés par des éclats de rire et de lrénétiques applaudissements, Les femmes, voyant que le mauvais esprit à perdu tout son pouvoir, lui jettent de la boue ; des pierres, op lui arrache sa baguette, qu'on brise en mille morceaux, et on l'oblige de se sauver du village au plus tôt.

Les Comanches adorent le soleil comme étant la résidence du Grand- Esprit et le principe vivifiant de la nature ; ils vénèrent la lune comme la déesse de la nuit, et la terre comme la mère commune du genre humain. Ils ont une telle confiance dans le Grand-Esprit et dans sa puissance, qu'ils sont toujours assurés, si l'Étre suprême leur est favorable, de remporter la victoire dans les combats, quelle que soit la quantité de leurs ennemis. Lors d’une défaite ils disent que le Grand-Esprit était fâché contre eux et que leur malheur #st une punition de leurs offenses, De même que les tribus du Nord, ils croien! au déluge universel, et assurent que les premiers hommes furent sauvés de ce grand cataclysme en se métamorphosant en oiseaux blancs, Les Comanches n’admettent pas de mauvais esprits, mais l'Étre suprôme est pour eux le dispensateur du bien et du mal, de la vie et de la mort, selon son bou plaisir, Une tradition de cette peuplade raconte que les premiers Comanches furent créés par un esprit secondaire, qui oublia de leur donner la sagesse et &e leur apprendre la manière de bien vivre; le Grand-Esprit, s'étant aperçu de cette omission, renvoya une seconde fois sur terre son subordonné pour compléter son œuvre. Cette tradition ne serait-elle pas une réminiscence dénaturée de la rédemption du genre humain par le fils de Dieu ? Chaque année ils ont des assemblées publiques pour allumer le feu sacré, À cette occasion, ils se réunissent en très-grand nombre dans des huttes qu'ils bâtissent à cet effet, et prennent des médecines pour se purifier; ils jeûnent ensuite pendant sept jours, et ceux qui peuvent rester tout ce temps sans rompre le jeûne sont considérés comme sacrés par le reste de l'assemblée. Aussi longtemps que durent les cérémonies, ils conservent le plus profond silence et ne proférent pas une seule parole. Ces sauvages sont très-superstitieux, et ils ont beaucoup de fui dans leurs sacs de médecine, qui reçoivent directement du Grand-Esprit leur puissance spirituelle et mystérieuse. Leur culte extérieur s'appelle faire de la médecine; il consiste principalementen prières et en chansons, qui se chantent sur un ton mélancolique et doux après avoir fumé pendant quelques minutes, La première bouffée de tabac est toujours envoyée vers le soleil en guise d’encens, la seconde vers la terre en signe de reconnaissance et pour la remercier de ses bienfaits; quatre autres bouffées sont ensuite dirigées du côté des quatre points cardinaux, en l'honmeur des esprits qui commandent aux vents. Dans leurs repas les

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