PS CUS
par les Cosninos. Ces grottes sont enduites naturellement d'une subs tance vitreuse d’un brun noir comme le fer; elles ont été pour la plupart blanchies artificiellement et divisées par des murs de séparation. Plus loin, on retrouve des tours d'observation et des hiéroglyphes gravés sur des rochers. Dans toute cette région de volcans éteints, l'aiguille de la boussole affole et varie à chaque instant; quelquefois même sa direction est complétement le contraire de ce qu'elle devrait être. Aussi, pour ne pas s’égarer, faut-il faire plus attention au soleil et aux étoiles qu'à la boussole,
Lorsqu'on a quitié les 110:1tagnes de San-Francisco, on découvre au sud les monts William et au nord le mont Picacho, qu’on laisse derrière soi ; puis on arrive à la Forêt- Noire, qui est au pied dela chaîne des Aztèques. Ce pays, fréquemment visité par les Apaches en hiver, recèle une immense quantité d'agaves mexicaines, que les Indiens font rôtir pour les manger, et que les Mexicains distillent pour en faire une cau-de-vie très-forte. Dans toute l'Amérique, il n’y a peut-être pas un endroit aussi favorable pour un peuple d'agriculteurs et de pasteurs que cette portion des grands déserts comprise entre la Forêt-Noire, le Rio-Verde, le Rio Salinas et le Gila, Les prairies sont en général humides et n'auraient nul besoin d'un arrosement artificiel ; les forêts possèdent des pins, des sapins, des cèdres et des chênes énormes ; les montagnes renferment des richesses minérales considérables. Des traditions rapportent que l'or et l'argent s’y trouvent en abondance, et plusieurs affluents duGila roulent des paillettes d’or. Mais il se passera bien des années encore avant que les ressources de cette contrée soient sérieusement exploitées par les blancs; car, outre les difficultés qui résultent de la situation géographique du pays, les Indiens, jaloux de leur indépendance, mettront le plus d’obstacles qu'ils pourront à l'établissement dans leur domaine des pionniers et des chercheurs de fortune.
La chaîne des Aztèques se franchit, en face du mont de l’Espérance, sur une crête granitique basse, qui semble lier la partie sud à celle du nord de la chaine, par le 113° degré de longitude ouest et le 35° de lutitude nord. De cette hauteur s’échappent deux cours d’eau : l’un coule vers l’est et prend le nom de Rio Pueblo; l'autre se dirige vers l’ouest et devient tributaire du William. De là, jusqu'aux monts Aquarius, le terrain est très-accidenté et descend rapidement vers l'océan Pacifique à
ini raison de quinze mètres par kilomètre. Les ruisseaux se dirigent tous vers le sud, et les plaines sont recouvertes d'un riche tapis de ver- | dure qui rappelle la belle et verte Érin. Les torrents de lave refroidis sont encore assez communs, mais ils sont coupés par de larges fissures 1 EE ou des cañons, et les vallées sont ombragées de nombreux bouquets de saules et de cotonniers, surtout auprès des rivières. Les Yampaïis { habitent ces régions, et les feux de leurs campements s’aperçoivent journellement. Quand ces Indiens veulent parlementer, ils élèvent en l l'air un tison en signe d'amitié; c'est sans doute cette coutume qui aura fait donner par les, premiers Espagnols au Colorado le nom de Rio del f Tison.
1 4h Entre les monts Cerbats et les monts Aquarius, qui viennent après la chaîne des Aztèques, on passe par la magnifique vallée de William's 11OR river (rivière de William). Parmi les nombreuses curiosités de cette F vallée nous devons citer les cereus giganteus (cactus, sans doute, le plus colossal de cette famille); leurs cimes atteignent ordinairement la hauteur de dix à quinze mètres; des yuccas, d’une grandeur à peu près pareille, croissent auprès de cet énorme végétal. La Flore de ces solituc'es est d'une grande beauté et fort étrange; elle renferme des plantes et des wi! broussailles qu'on ne rencontre pas ailleurs, La forme du cereus giganl teus est celle d’une colonne cannelée et vertébrée, ayant plusieurs bras | qui s'élèvent parallèlement avec le tronc. Nous citerons parmi les mammifères le mouton des montagnes, dont les cornes sont prodigieuses et la laine extraordinairement fine et soyeuse. On raconte que lorsque ce quadrupède est poursuivi par les chasseurs, il se laisse tomber du haut d'un précipice sur ses cornes et se relève sans s'être fait aucun mal. C’est probablement avec la laine de ce mouton que les Totonteacs tissaient les belles étoffes dont les Indiens du Gila parlèrent au P. Marcos de Nica.
Des roches métamorphiques, volcaniques où de grès rouge, ayant les apparences les plus bizarres, sont empilées des deux côtés du Wil- Pan: jusqu'au Rio Santa-Maria, où la vallée change sa direction du nord au sud, fait un coude et va de l’est à l’ouest. On laisse derrière soi le Rio Senta-Maria, qu'on n’a fait qu’entrevoir, et l’on continue de suivre le cours de la rivière jusqu’à son embouchure dans le Colorado, située au 414° degré de longitude ouest et 34° 15° de latitude nord. Suivant