‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 66 sur 137 · CHEF · texte numérisé non relu

CHEF

XAVAJO.

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frontiore occidentale de l’Apacheria entre les Papagos, les Coco-Maricopas, les Moquinos, les Gileños et les Navajos.

40° Les Xicarillas habitaient anciennement les forêts de ce norn dans les régions septentrionales du Nouveau-Mexique, mais ils en furent chassés par les Comanches et se retirèrent sur les limites de cette provinces entre Pecuriés et Taos, D'après le gouverneur Charles Bent dont les renseignements ne sont pas toujours exacts, il paraîtrait que cette tribu n'a point actuellement de résidence fixe et qu'elle erre dans la partie septentrionale du Nouveau-Mexique. Les Xicarillas ou Jicarillas sont indolenis et peu courageux; leur territoire étant peu fourni en gibier et leur crainte des autres Indiens ne leur permettant pas de s'aventurer au loin, ils ne vivent pre que que de rapines qu'ils commettent dans les petits ranchos mexicains. Ils fabriquent aussi une espèce de vaisselle en terre qui résiste au feu et qu'ils échange contre des objets de premivre nécessité que leur procurent les Mexicains, La population des Xicarillas n'arrive pas à mille individus.

41° Les Futahs se subdivisent en quatre grandes bandes qui sont les Noaches, les Payuches, que nous croyons être les mêmes que les Paï- Utans, les Tabiachis et les Sogups, qui vivent en parfaite harmonie sur les confins nord-est du Nouveau-Mexique et à huit cents kilomètres au sud de la grande tribu des Zaguaganas. La population des Yutahs peut s'évaluer à cinq mille âmes. Leur pays abonde en cerfs, chevreuils, ours et toutes sortes de gibiers. Ces Indiens sont entreprenants , hardis et batailleurs; ils descendaient souvent de leurs montagnes pour voler et piller les ranchos, les troupeaux et les convois qui tombaient sous leurs mains ; maintenant ils se tiennent tranquilles chez eux, grâce aux yeux vigilants des Américains qui les guettent et les contrôlent,

Il est difficile de spécifier le chiffre exact de la totalité des Apaches; mais par ce que nous avons dit sur les tribus qui composent cette grande nation, on voit que le total doit être très-considérale. Nous ne connaissons aucune tradition historique qui se rapporte à l'établissement des Apaches dans la région qu'ils occupent.

Assinnibeins. Ces Indiens au nombre de quatorze mille environ habitent dans le nord du haut Missouri et chassent le huffle jusqu'auprès du lac Winnipeg. D’après leurs traditions, et surtout d’après leur langage et leur type physique, ils paraissent descendre de la grande nation des Da-

cotas ; Mais à quelle époque s’est opérée la séparation, c’est ce qu'il est impossible de savoir, Le nom d’Assinniboins ou bouilleurs de pierres leur a été donné à cause de la manière étrange dont ils font bouillir la viande, Pour cette opération culinaire ils creusent un trou dans le sol, ils placent dans ce trou un morceau de cuir de buffle qu'ils remplissent d'eau et de viande, puis ils font chauffer des pierres qu'ils jettent dans l'eau pour la faire bouillir. Ces Indiens sont d'une belle stature, ils ont des mouvements gracieux et se drapent avec grâce et majesté dans leurs belles robes de peaux de buffle, Ils portent des cheveux très-longs qui leur tombent sur les mollets; quand la nature leur refuse une chevelure aussi luxuriante, ils se l’allongent par des procédés artificiels, Les Assinniboins sont passionnés pour la danse et les jeux, ils excellent dans tous les exercices gymnastiques et sont d’une dextérité et d’une audace peu communes; nous aurons à les mentionner de nouveau en parlant des mœurs et coutumes des Indiens.

Athapascas. Ces Indiens ont conservé des traditions sur leur passé ; ils racontent qu'autrefois ils vivaient dans une contrée habitée par un peuple très-méchant; avant d'arriver dans le pays qu'ils occupent maintenant ils traversèrent un grand lac rempli d'îles où ils souffrirent beaucoup du froid et de la faim, à cause d'un hiver perpétuel et des grandes neiges qui y régnaient constamment. Ils débarquèrent sur les bords de la rivière Coppermine, alors très-riche en minerais de cuivre. M. Mackensie qui a beaucoup voyagé parmi les tribus arctiques remarque que les Athapascas, d'après leur propre aveu, vinrent de la Sibérie et que leur costume comme leurs manières ont beaucoup d'analogie avec ceux des peuples des côtes de l’Asie. Les Athapascas demeurent auprès du lac qui porte leur nom. Ils sont la souche de plusieurs nations parmi lesquelles on peut citer les Chippeways, les Apaches et plusieurs autres tribus du nord et de l’ouest.

Bénémés. Cette nombreuse peuplade du Colorado de l’ouest n'offre de saillant qu’un caractère très-effémin ; leur territoire se compose de magnifiques pâturages et de belles forêts dans lesquelles se trouvent d'énormes quantités de raisins sauvages. Ces Indiens s'étendent jusque sur les bords du golfe californien et sont très-bons pour les étrangers.

Cajuenches et Cuchans. On a confondu ces deux noms comme synonymes; nous croyons que ces Indiens forment deux bandes différentes

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dans un pays charmant ; ils cultivent le maïs, les haricots, les citrouilles et toutes sortes de melons; quand les récoltes leur font-défaut ils se nourrissent de poissons, Dune nature vive et gaie, les Cajuenches aiment passionnément la danse et en font leur principal passe-temps. Leurs villages ressemblent à des camps retranchés, leurs cabanes étant entourées d’une palissade très-forte. Les Cuchans comptent environ cinq mille individus; leurs villages sont disséminés sur les deux rives du Colorado à vingt-cinq kilomètres du Rio-Gila, C’est une race d'hommes bien faits, nobles d'apparence, actifs et intelligents; ils se colorent le corps avec plaisir et sont particulièrement fiers de leur chevelure qu'ils coupent sur le front à la hauteur des sourcils et qu'ils tressent derrière; ces tresses tombent sur l'épaule et arrivent parfois jusqu'aux talons.

Chaëtas. Cette nation est une des plus grandes du sud de l'Amérique septentrionale, car elle compte de vingt à vingt-cinq mille âmes. Leur nouveau territoire au sud de la Canadienne est divisé en quatre districts, ayant chacun un chef indépendant. Les Cherokies leur ont acheté, moyennant une grande somme, le priviége de résider sur une partie de ce territoire. Les Chactas ont placé ces capitaux dans des entreprises commerciales qui leur rapportent soixante-quinze mille francs de revenu. Cet argent est employé à supporter des écoles libres et des académies où les jeunes Indiens recoivent une instruction appropriée à leurs besoins. Les Chactas ne sont ni sanguinaires, ni cruels ; il se commet rarement des vols chez eux ; la vie des voyageurs y est en parfaite sécurité ainsi que leur bourse, et l’on peut parcourir leur pays dans tous les sens sans aucune crainte. Ces Indiens ne s’aplatissent plus Ja tête comme ils en avaient la coutume et comme le pratiquent encore les Chinouks; ce qui a fait supposer que ces deux tribus avaient une commune origine : mais on sait que les Chinouks aplatissent la tête de leurs enfants par la pression d'une planchette ou d’un coussinet de peau, tandis que les Chactas le faisaient au moyen d’un sac de sable qu'ils plaçaient sur la tête du nouveau-né,

Quelques écrivains prétendent qu’ils viennent du Kamtchatka, et ils citent à l'appui de cette opinion la tradition suivante :

Les Chactas vivaient autrefois dans l’ouest, de l’autre côté des grandes

montagnes de neige !; lorqu'un grand homme-médecine * leur conseilla d'émigrer du côté du soleil levant, Les Indiens se mirent anssitôt en route, ayant pour guide une perche mystérieuse où un grand bâton que l'homme-médecine tenait entre ses mains, et pour gardien ils avaient un chien qui rôdait autour d'eux et empôchait les animaux de leur nuire, Chaque soir, lors du campement, la perche était plantée en terre et s'inclinait naturellement vers le sud-est, ce qui était un indice du chemin que l'on devait suivre, Enfin, arrivés dans F'Alabama, à un endroit appelé la Colline qui penche, le chien disparut et la perche resta droite et fixée solidement dans la terre, Les Chactas comprirent qu'ils étaient arrivés au terme de leur voyage, Ils s'établirent dans ce pays où ils vécurent jusqu'à leur récente émigration sur les frontières de l'Arkansas. Dans tous les récits des Indiens on entend parler d'objets fantastiques ou mystérieux, d'animaux imaginaires qui ne sont que des emblèmes et ne doivent être pris que dans un sens figuré,

Le mot Chactas veut dire voix charmante; ce nom a été donné à ces Indiens parce qu'ils avaient sans doute beaucoup d’aÿ atude pour la musique et le chant. Avant leur émigration sur les frontières de Arkansas, ils occupaient une vaste contrée dans l'Alabama et surtout au Mississipi. Is avaient plus de cinquante villages situés entre le Mississipi et le Tombecbec, depuis les terres des Colapissas et des Biloxis, sur les lacs Pontchartrain et Borgne, jusqu'à celles des Natchez, des Yazous et des Chickassas. Ils pouvaient amener plus de vingt-cinq mille guerriers sur le champ de bataille ; mais comme la plupart d'entre eux ne savaient pas nager, ils souffraient beaucoup dans leur guerre avec leurs voisins. Malgré la tradition que nous avons citée, l’origine positive des Ghactas est inconnue; leur apparition dans le sud de l'Amérique septentrionale fut si soudaine, qu'on les crut sortis de terre comme des champignons.

es Indiens sont renommés pour leur haine contre la fausseté et leur amour pour la vérité; un de leurs chefs s'étant adonné au mensonge, il fut chassé de leur territoire et relégué dans un isthme du lac Pontchartrain qui depuis reçut le nom : La pointe du chef menteur.

1 Probablement les montagnes Rocheuses, ? Médecine chez les Indiens est synonyme de mystère, mystérieux, merveilleux, (Voir plus loin, aux mœurs des Indiens, des détails sur ce mot.)

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Cherokies, De toutes les tribus américaines, ces Indiens sont ceux qui irent le plus de progrès dans la voie de la civilisation et qui en ont le plus souffert, car leur prospérité excita la jalousie des blancs et fut cause de leur émigration forcée vers Arkansas, Leur territoire occupait une partie des États de l'Alabama, de la Géorgie, du Mississipi et du Tennessee, et couvrait une superlicie de trente-deux mille kilomètres carrés, Cette magnilique contrée, parfaitement arrosée, boisée et possédant de vastes pâturages, était devenue sous la main intelligente des Cherokies un vrai paradis terrestre dans lequel on voyait d'immenses troupeaux de bwufs, de chevaux, de chèvres, de moutons et de cochons, Les champs, admirablement cultivés, produisaient toutes sortes de légumes, de fruits et de céréales; sur les rivières, les Indiens avaient des bateaux qui ser. vaient au transport des denrées, des marchandises et de eur commerce, Auprès des routes qui sillonnaient le pays dans tous les sens se trouvaient des auberges offrant toutes les nécessités d'un bon gite, Avant leur émigration, les Cherokies possédaient près de treize cents esclaves pour k culture des terres.

D'après leurs lois, les blancs jouissaient des mêmes priviléges que les Indiens, si ce n’est celui de voter aux élections et d'être éligibles pour les offices publics. Quand nous parlerons du gouvernement des Indiens en général, nous donnerons quelques détails intéressants sur celui des Gherokies en particulier; maintenant, nous dirons seulement que les États-Unis avaient, dès le commencement de la république, regardé cette tribu comme formant une nation indépendante. Il est à regretter que la même politique n'ait pas été suivie à leur égard par la suite, on n'aurait pas eu à déplorer autant d’injustices d’un côté et de massacres de part et d'autre. Par un acte de législature de la Géorgie passé le 20 décembre 1830, il fut résolu que toutes les lois de la Géorgie seraient mises en vigueur dans le pays des Cherokies, Dès le 4° juin 4830, tous les Indiens résidant dans le susdit territoire devaient être soumis aux lois et règlements qui pouvaient être promulgués par la suite. Toutes les lois et coutumes établies et en usage dans le territoire des Cherokies furent déclarées nulles, et aucun Indien ou descendant d'Indien résidant ne put devenir témoin dans un procès où le défendant serait un blane.

Ce décret peut donner une idée de l'esprit qui animait les représentants de la Géorgie et de l'impossibilité dans laquelle on mettait les Indiens

de vivre dans une telle situation et sous un tel régime. C’est alors qu'ils

furent obligés d'émigrer vers l’Arkansas; mais ils le firent avec tant de

répugnance et dans des conditions si défavorables, que cette pauvre

nation n'a plus rien conservé de son ancien lustre. Nous ne croyons pas | que le chiffre de leur population atteigne aujourd'hui plus de quinze oi mille âmes. Avant leur émigration, ils étaient plus de vingt-deux mille, et chaque année leur nombre s’angmentait d’une manière notable. Les tra-

ditions historiques des Cherokies sont sans importance et se confondent

avec celles des autres tribus du groupe achalaque dont ils font partie !,

Chichassas: Ces Indiens ont la même tradition que les Chactas au

sujet de leur origine ou plutôt de leur émigration de l'ouest dans

L'Alabama, sous la conduite d’une perche magique et d’un gros chien

qui se perdit dans le Mississipi. Les Chickassas ne se rappellent pas avoir

| traversé ni vu dans leur voyage une rivière plus grande que le Mississipi, 1 ils ne se souviennent pas davantage du nom des tribus hostiles à travers à, É lesquelles ils se sont frayé un passage et ont dû se battre souvent, Cette nie nl émigration, d'après les apparences, à eu lieu depuis la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, car les traditions historiques de ces | Indiens font mention des blanes que les Chickassas devaient rencontrer et éviter, afin de ne pas contracter leurs vices. Elles ajoutent que les blancs étaient les favoris du Grand-Esprit, qui leur révéla la manière de communiquer ensemble sans parler et à n'importe quelle distance, qu'il leur avait appris à vivre sans le secours de la chasse et à se faire tout ce dont ils pouvaient avoir besoin, tandis qu'il n’avait enseigné aux Indiens

que la chasse.

Depuis leur établissement sur la rive gauche du Mississipi, les Chic- ! kassas eurent plusieurs guerres à soutenir contre les Chactas, les Crecks, À les Cherokies, les Kickapous, les Usages : ‘es Français, et furent presque

toujours vainqueurs. Maintenant ils possèdent 45,000 kilomètres carrés

de bonnes terres, situées près du False Washita du Blue-Boggy et de la

Canadienne.

Chinouks. Ces Indiens vivent au sud de l'embouchure du Colombia; “

on peut les considérer comme le type distinctif des tribus du nord de

1 Dans l'ouvrage de M. Samuel Drake on peut voir quelques détails intéressants sur l'histoire moderne des Cherokies,

C’est alors qu'ils ent avec tant de que cette pauvre s ne croyons pas \ plus de quinze igt-deux mille, et notable. Les traet se confondent ils font partie !

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IMME CHIXNOUK.

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l'Orégon, car c’est en eux que sont plus frappantes les particularités des peuplades de cette région. Dans leurs formes et dans leurs traits on retrouve tous les caractères de la race mongole; ils sont courts de taille, leur charpente osseuse est carrée, leur figure large, leur nez plat et leurs yeux tournés obliquement vers l'extrémité frontale. Cette ressemblance dont nous venons de parler est accidentellement augmentée par leur coiffure, qui est de forme conique, comme celle des Chinois, et qui protége leur tête contre la pluie. C’est parmi ces sauvages que la compression du crâne est poussée à son plus haut degré. Cette compression s'opère aussitôt après la naissance de l'enfant, comme nous le démontrerons par la suite. Les Chinouks, de même que les Cathlamahs, les Clatsops et les Wahkiacums vivent principalement de la pêche du saumon ; ils chassent rarement l’élan et le chevreuil. C’est auprès de ces tribus que l'on s’aperçoit le mieux du contraste frappant qui existe entre les Indiens chasseurs et les Indiens pêcheurs. Les sauvages des prairies étant presque toujours à cheval, parcourant les solitudes pour se battre, marauder, ne trouvant leur subsistance qu’au prix d'exercices continuels et violents, et se nourrissant principalement de viande, sonten général bien formés et vigoureux ; ils ont des membres bien développés, un peu maigres et une tournure martiale; ceux, au contraire, qui ne subsistent que par la pêche, qui sont constamment assis et courbés dans leurs canots, sont courts de stature, mal formés, ils ont des jambes de travers, des hanches épaisses et des pieds plats et larges. Ils sont aussi inférieurs en forces musculaires et prouvent combien est grande l'influence des différents modes de vie sur la constitution humaine. Les Chinouks, les Clatsops, les Cathlamahs et les Wahkiacums ne sont en réalité que quatre clans appartenant à une même tribu; ils se sont séparés vers le milieu du siècle dernier, à la suite d’une dispute entre leurs chefs. Ces Indiens professent une profonde horreur pour le wiskey et méprisent singulièrement tous ceux qui se livrent à cette boisson. Parmi les traditions de ces peuplades il n’en est aucune qui ait rapport à leur origine ou à leur histoire. |

Chippeways. Les Indiens de cette grande tribu vivent au nombre de trente mille dans les environs du lac Supérieur. Is possèdent une multitude de légendes surtoutes sortes de sujets, qui font les délices des conteurs et se perpétuent de génération en génération, mais qui sont pour

la plupart le produit d’une brillante et poétique imagination, de sorte qu'elles ont peu de valeur historique. De toutes les tribus actuellement existantes, c’est celle des Chippeways qui a le mieux conservé et poussé le plus loin l’aft de la pictographie. Non-seulement c’est un peuple trèsintelligent, mais il est encore un des plus braves parmi Les braves. Sur leur histoire primitive ils n’ont d'autre tradition que celle qui les fait venir du pays où le soleil se lève. Il est difficile de savoir si cette tradition fait allusion à l’arrivée de ces Indiens sur le continent américain, où bien à leur émigration dans la région qu'ils habitent depuis leur établissement dans le nouveau monde. Seulementil est certain qu’ils vinrent des bords de l’Atlantique sur ceux üu lac Supérieur. Dans ieurs langue, coutumes et usages, ils semblent appartenir à la race algonquine et forment actuellement la plus populeuse branche de cette grande nation.

Pendant longtemps, les Chippeways ont été en guerre avec les Menomonies et les Sioux; nous trouvons dans les traditions indiennes l'origine de ce conflit, qui dura plusieurs siècles. En voici la substance : Longtemps avant que les blancs ne missent le pied sur le sol américain, il existait, à l'embouchure de la rivière des Menomonies, une graude ville appartenant aux Indiens de ce nom et gouvernée par un chef trèspuissant, qui avait le contrôle de la rivière à cet endroit. Un peu plus haut, dans l'intérieur du pays, il y avait aussi quatre villes de Chippeways, gouvernées par un chef dont la renommée s’étendait très au loin. Le chef chippeway épousa la sœur du chef menomonie et en eut un fils. Ces deux tribus vivaient en bonne intelligence, lorsqu'un jour le chef menomonie fit barrer la rivière pour empêcher les esturgeons de la remonter. Cette mesure occasionna une vraie famine parmi les Chippeways ; leur chef ayant appris ce qu'avait fait son beau-frère envoya son fils auprès de son oncle pour le prier d'enlever le barrage, afin de laisser le poisson remonter la rivière comme autrefois. Le chef menomotiie, en voyant arriver son neveu, loin d'accéder à la demande qu'il lui faisait d’un ton respectueux, lui prit la tête et lui passa sous la peau du crâne l'os aiguisé d’une jambe de chevreuil, en lui disant : « C’est tout ce que je puis faire pour vous. »

Le pauvre garçon s’en revint sans rien dire dans sa tribu, en ayant eu soin de se couvrir la tête, et, après avoir rassemblé les principaux guer-

ation, de sorte s actuellement servé et poussé n peuple trèses brives. Sur le qui les fait r si cette tradient américain, epuis leur éta- 1 qu’ils vinrent ans leurs lance algonquine cette grande

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j'ai été traité ; nous devons déterrer la hache de guerre et nous partirons

ù demain matin pour obtenir vengeance de l’insulte qui a été faite à

un guerrier de votre tribu. » Le jeune homme devint naturellement le

chef de l'expédition ; il recommanda à ses guerriers de massacrer tout

ce qui résisterait er de prendre son oncle vivant, ce qui réussit à mer-

veille. Alors le neveu ayant pris un petit esturgeon, il le mit dans la

: gorge de son oncle, en lui disant: «Puisque vous aimeztantce poisson,

il vous sera désormais permis d’en garder un jusqu’à votre mort. » Puis

le barrage fut enlevé, etles Chippeways furent délivrés de la famine. Alors

les Menomonies contractèrent des alliances avec les tribus voisines et

commencèrent contre leurs anciens alliés une guerre qui devait leur être fatale à tous.

Coco-Maricopas. Ces Indiens habitent les bords du Gila, près de la rivière Ascension ; ils comptent environ trois mille individus, divisés en plusieurs bandes et appartenant à la nation des Pimas, dont ils ont le langage, les mœurs, le caractère et le costume. Ils sont pourtant un peu plus hauts de stature, ont le nez plus aquilin et leur manière de parler et d'agi cost plus ouverte, plus décidée.

Ces deux peuplades ont une aversion réelle pour la guerre et un profond attachement pour la vie intérieure et calme. Cette disposition de leur nature ne vient pas d’ua manque de courage; car, dans toutes les occasions, ils ont tenu les Apaches à distance et les ont empèchés de commettre des dégâts sur le territoire, mais c’est par un sentiment de moralité poussé à un degré très-élevé. Cette moralité est telle, que les Pimas et les Coco-Maricopas qui transgressent leurs lois reçues par l'usage sont bien plus punis par la réprobation générale de l'opinion publique que par des punitions corporelles.

Leur honnêteté est remarquable ; en général, les tribus du Colorado et du Gila ont beaucoup de loyauté dans leurs rapports entre eux et avec les étrangers.

Les Coco-Maricopas ont émigré graduellement du golfe de la Californie vers le Gila. A la fin du dix-septième siècle ils furent rencontrés par

le P. Kin, un des apôtres de La Californie, qui en fait mention dans ses lettres. Au commencement de ce siècle ils étaient, au moins en partie,

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à l'embouchure du Gila, I est hors de doute que cette tribu est un débris des anciennes populations semi-civilisées qui vécurent au Mexique ; mais ces Indiens n’ont conservé aucune tradition historique sur leurs différentes émigrations.

Cœurs d'alène où Skitmish. Ces Indiens demeurent près du lac Sktmish, à l'extrémité de la rivière Spokane ; ils se nourrissent de racines, de menus gibiers et de poissons; quelques-uns ont commencé la culture de la pomme de terre avec beaucoup de succès, Le nom de Cœur d'alène leur a été donné par les premiers blancs qui les visitèrent. Ces blancs étaient des Canadiens appartenant aux grandes compagnies de fourrures; un d'eux, avare et parcimonieux dans ses transactions, frappa part.culièrement l'esprit observateur des chefs sauvages, qui, en parlant de lui, le qualifiaient de blanc au cœur d'alène où cœur d'épingle, voulant dire cœur aigu et mince. Cette expression amusa tellement les Canadiens, qu'ils baptisèrent la tribu du titre que leur compatriote avait reçu. Cest probablement ainsi que les noms de Têtes plates et de Nez percés oni été donnés aux Selishs et aux Sahaptins.

Comanches. Cest la tribu la plus considérable des déserts du Sud; elle s'étend depuis les monts Witchita jusqu'au Nouveau-Mexique , et forme quatre bandes; savoir : celle des Cuchanticas, celle des Tupes, celle des Famparicas et celle des Comanches orientaux ; chacune est commandée par un chef particulier. Ces Indiens habitent trois grands districts appelés celui du Nord, celui du Centre et celri du Sud. Les Comanches du Nord et du Centre se nourrissent presque exclusivement de la viande du buffle : aussi sont-ils désignés par leurs voisins sous le nom de Mangeurs de buffles.

Ces sauvages, malgré leurs défauts et leur barbarie, sont assez hospitaliers et bons envers les étrangers. Graves et dignes, ils se glorifient de la froideur apparente de leur caractère et de l'empire qu'ils ont sur leurs passions. Quand ils se croient outragés rien ne saurait arrêter le cours de leur vengeance, car ils n’ont aucune idée du pardon, et l’oftense doit être effacée dans le sang du coupable.

Lorsque l’on voyage dans leur pays avec leur agrément on est entretenu, servi avec beaucoup de respect et mêine traité avec amitié, À l'arrivée d’un voyageur, les Comanches prennent soin de son cheval et de ses effets; si l'animal venait à s'égarer, én ne laisse pas partir le voyageur

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avant que le cheval soit trouvé. S'il avait été égaré par la méchanceté de quelque maraudeur, le délinquant est puni en présence de l'hôte qui a reçu l'hospitalité. Ces Indiens ont la foi des traités et sont moins barbares que les Apaches. Peu de guerriers sont aussi intrépides à la guerre, aussi hardis dans leurs entreprises , aussi impétueux dans les combats. Is ne sont guère en paix qu'avec le gouvernement mexicain et se battent continuellement avec la plupart de leurs voisins, Les quatre bandes dont se compose la tribu sont parfaitement unies entre elles, et les queelles qui s'élèvent parfois parmi leurs membres sont toujours insiguifiantes.

Plusieurs petites tribus portant différents noms, mais parlant le même langage, ainsi que des fragments de bandes autrefois puissantes entretiennent de très-bons rapports avec les Comanches et vivent sous leur protection ; c’est ce qui induisit en erreur plusieurs écrivains qui ont cru que ces tribus ou ces bandes étaient des ramifications de la funille Comanche. Dans leurs excursions de chasse ils poursuivent le buffle jusqu'au 38° degré de latitude nord, et au sud ils descendent dans le Mexique jusqu'à 700 kilomètres de sa capitale; ils allaient même avant l'établissement des postes militaires américains jusqu'à Matamoros, près du golfe du Mexique; maintenant ils ne vont guère plus bas que la vallée septentrionale du Brazos, du Colorado et sur la ligne de San-Antonio à Eagle-Pass, La terreur que ces Indiens inspire « :t telle, que quelques guerriers suffisent pour enlever dans les établiss ments les plus populeux des centaines de blancs et des milliers de chevaux ou de mules. On raconte même qu’en plein jour un Comanche pénétra dans la ville de Durango et qu’il causa une si grande panique que toutes les portes des maisons et des boutiques se fermèrent aussitôt. Cet intrépide sauvage demeura plus d’une heure sur la place publique et se promena triomphant dans les rues désertes, jusqu’à ce qu'un Mexicain le prit au moyen d'un lazzo, Les hommes qui sont faits prisonniers dans leurs excursions sont ordinairement adoptés par la tribu après un long laps de temps; quant aux femmes elles deviennent leurs servantes, ou bien les Indiens se marient avec elles.

Malgré les égards qu’ils témoignent aux blancs avec lesquels ils ont des relations d'amitié, ils conservent néanmoins un air moitié défiant, moitié moqueur, qui sémble dire que ces relations proviennent de l'inté-

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rêt plutôt que de la nécessité, Les tribus ou bandes qui demeurent sous la protection des Comanches sont traitées par eux avec un ton de suprématie qui touche à l'arrogance sinon au mépris; les Comanches ne les consultent jamais et ne leur permettent de donner leur avis dans aucune circonstance. Chaque guerrier a son cheval de bataille, qui est le plus vigoureux et le plus agile possible ; c'est le trésor qu'il apprécie le plus et celui dont il se défait le moins facilement, Aussi ne le moute-t-il que pour les combats, la chasse ou la parade. Les Comanches des prairies ne se livrent jamais à aucun ouvrage manuel; ce sont leurs femmes qui font tout; ils se battent, chassent, fument, mangent, boivent et s'endorment en se croyant les seigneurs les plus indépendants de l’univers. Ils sont insensibles aux besoins et aux douceurs de la civilisation, ils ne connaissent ni la pauvreté, ni la richesse, ni le vice, ni la vertu et s’inquiètent fort peu des vicissitudes de la fortune. Leur unique propriété, à part les ustensiles domestiques nécessaires dans tout campement , consiste en chevaux et en mules en très-grand nombre, Ils trouvent leur bonheur dans cet état d'égalité continuelle, exempt de perplexités, d'ambition et de crimes, Ils ne permettent à aucune autre autorité que celle santionnée par les masses de contrôler leurs volontés, La volonté des chefs est guidée par les conseils des vieillards, qui souvent apaisent les dissensions qui s'élèvent entre les jeunes guerriers, dont l’amour de la gloire les entraîne trop souvent à des guerres sans fin. Celui qui vole le plus de chevaux est le plus considéré dans la tribu. Il arrive parfois que six à huit jeunes gens se réunissent et partent pour une expédition lointaine n'ayant pour toute ressource que leurs chevaux, et vont ainsi à plus de mille kilomètres à travers des pays déserts voler le plus d'animaux qu'ils peuvent. Ces expéditions dangereuses rapportent beaucoup de gloire à ceux qui les entreprennent et durent souvent de dix-huit à vingt mois.

Les Comanches ont un mode d'existence qui ressemble d’une manière frappante à celui des Arabes. Si nous établissions ici un parallèle entre ces deux nations, on serait surpris d'y trouver autant d’analogie et sur tant de points. La stature de ces Indiens est ordinaire, leur couleur est plutôt cuivrée, basanée, que rouge, leur nez est aquilin, leurs lèvres sont minces, leurs yeux et leurs cheveux noirs, Ils ont peu de barbe et ne se coupent jamais les cheveux; ils les portent longs et y mêlent dans

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