‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 9 sur 137 · TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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partie du corps d’un rouge semblable à celui des sauvages des États- Unis.

L'expérience la plus commune prouve le pouvoir du climat sur le teint. La chaleur de l'été le rembrunit et le froid de l'hiver le rend d’une couleur sanguine. Dans les zones tempérées ces effets alternatifs de chaud et de froid se corrigent l’un l’autre ; mais quand l’un ou l’autre domine, il imprime dans la même proportion un caractère permanent. La peau surtout est particulièrement affectée par son contact immédiat avec l'air atmosphérique. La couleur et la figure du corps sont comme les habitudes que l'on contracte avec le temps, non pas par des impressions soudaines mais par une action lente et répétée, qui affecte les nations comme les individus. Ces habitudes sont transmises aux générations suivantes et s’'augmentent en prenant droit de prescription; mais ce n’est qu'après une longue période de siècles et d'années que la physionomie nationale comme les coutumes nationales prennent un caractère fixe, particulier, indélébile.

La chaleur humide des marais, des bas-fonds et des lieux remplis d’exhalaisons putrides augmente encore la coloration de la peau. M. Livingstone, en traversant l'Afrique centrale d’un Océan à l’autre, vers le 18° degré de latitude sud, remarqua dans son long voyage, parmi les nombreuses tribus qu’il a visitées, que les nègres qui vivaient dans des terrains bas et marécageux avaient la peau excessivement noire et luisante, tandis que ceux des plateaux et des lieux élevés ou secs avaient la peau brune du mulâtre. Les vapeurs des eaux stagnantes, les grandes fatigues, la pauvreté, la nudité, la malpropreté brunissent singulièrement l’épiderme. Des études microscopiques ont montré que la couleur de la peau était due à la présence de globules qui se trouvcat dans le tissu cellulaire existant entre le derme et l’épiderme; est-il possible, que d’une variation si légère, si minime, on ait vu des savants conclure que les hommes rouges, jaunes ou noirs sont d’une nature différente des blancs? Les juifs nous fournissent un exemple frappant du changement de la peau selon les climats. Descendant d’une même souche, étant empêchés par leurs lois de contracter des mariages avec les autres nations et néaumoins dispersés sur toute la surface du globe, les juifs sont en général blonds et blancs en Angleterre et en Allemagne, châtains et bruns en France, en Italie et en

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