CHAPITRE XIII
Jeux de hasard, — Jeux de paume, — Jeux de la lance ou de la boucle, — Jeu des Mèchios — Tirs, — Danses de l'aigle, — du sealp, — des pauvres, — des mendiants, — des esclaves, — du chien, — de la découverte, — de la Berdache, — de la médecine des braves, —de guerre, — des braves, — du calumet de paix, — des chaussures à neige, du maïs vert, — du soleil, — Fôtes des lunes chez les Natehez, — Danse et chasse de l'ours, — Danse et chasse des bulles, — Chasse aux castors, — Industrie des castors, — Courses
à pied et à cheval, — Régates,
L'existence ordinaire des Peaux-Rouges est une oisiveté presque continuelle dont la chasse, la pêche, les jeux et les danses viennent seuls interrompre la monotonie, Assis où mollement étendus près de leurs wigwams, ils passent des journées entières plongés dans le dolce far niente, fumant dans leur pipe de stéatite rouge du Anick-Kneck, espèce de son, fait avec l'écorce d'un certain saule et qui a un goût délicieux : nous en avons fumé souvent dans les solitudes, et nous comprenons la passion que les Indiens ont pour ce narcotique. Tout en regardant s'évanouir dans l'air les blanches spirales de la fumée, ils laissent nonchalamment errer leur imagination, soit dans ces régions fantastiques où se trouvent les âmes heureuses après la mort, soit au milieu des prairies enchantées où le gibier surabonde, soit enfin sur les champs de batailic où ils terrassent et scalpent leurs ennemis. Les Indiens qui ont des terres à cultiver imitent, la plupart, les Cherokies qui louaient ou achetaient des nègres pour faire la plus grande partie de leur besogne. Les femmes seules travaillent réellement et beaucoup ; ce sont elles qui prennent soin du ménage, préparent la nourriture, confectionnent les vêtements, les colliers et tous ces petits objets de luxe ou d'utilité publique dont les détails exigent tant de patience et d'attention, ce sont encore elles qui labourent ordinairement et sèment le maïs et les légumes, récoltent le riz sauvage, préparent les peaux et les fourrures, font sécher les viandes
uele, — Jeu des Mèches des mendiants, — des e la médecine des braves, iussures à neige, du anse et chasse de l'ours,
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| et les racines pour les provisions d'hiver, Il reste ainsi aux: hommes beaucoup de temps à dépenser, ce qui fait que les jeux ont toujours été en honneur parmi eux.
On sait de source certaine que les anciens Indiens avaient des jeux athlétiques comme les Grecs; ils s'exerçaient à la lutte au pugilat, ou lançaient au loin d'énormes pierres; ils avaient aussi de petits anneaux de porphyre qui ressemblaient à nos jeux de bagues d'aujourd'hui, et de plus grands destinés à des exercices de force ou de gymnastique. Les hiéroglyphes anciens et les récentes découvertes faites dans les tombeaux et les tumulus nous prouvent que les Indiens se plaisaient autrefois à exercer leur force et leur adresse à de pareils jeux. Ces exercices, qu'une civilisation intelligente et des prescriptions d'hygiène ont conservés, développés même chez nous, n’existent plus maintenant chez la presque totalité des tribus de Peaux-Rouges de l'Amérique septentrionale; les Indiens leur préfèrent les jeux de hasard, les danses bizarres dont ils accompagnent les principaux actes de la vie, et enfin les chasses utiles et productives.
Lesijeux de hasard sont très en vogue parmi la majorité des tribus des grands déserts. Les Comanches, les Chippeways et les Dacotas sont surtout passionnés pour un jeu qui rappelle celui des osselets, tant aimé de la jeunesse dans notre vieille Europe, Les osselets, au désert, sont remplacés par des noyaux de fruits ou des morceaux d'os taillés à facettes et représentant des nombres. Ces espèces de dés ne doivent pas être touchés avec les mains; ils sont placés dans une écuelle de bois, jetés et reçus dans cette même écuelle ou sur une peau de buffle, Celui qui amène le plus gros chiffre gagne la partie et les enjeux, qui se composent ordinairement de quelques bagatelles de manufacture indienne ou des présents que le gouvernement américain fait annuellement aux tribus qu'il a déplacées. À ce jeu, le nombre des joueurs peut être considérable; les enfants et les femmes s’y adonnent également avec ardeur. M. de Chateaubriand a dit de très-belles choses sur la passion des Indiens pour ces jeux de hasard; heureusement pour les sauvages, ces belles paroles sont exagérées; et nous n'avons jamais vu ni entendu dire que les Peaux- Rouges missent leurs femmes pour enjeu.
Un autre jeu de hasard est celui des mocassins. Une personne non intéressée dans la partie met un morceau de bois ou de cuir dans un
mocassin placé entre cinq ou six autres; celui qui devine dans lequel des cinq ou six se trouve le morceau caché gagne un certain nombre de points, et le joueur qui arrive le plus tôt au nombre déterminé gagne la partie et les enjeux.
Les femmes des Natchez avaient un jeu favori auquel elles se livraient volontiers, sans jamais l’intéresser par des paris, de crainte de déplaire à leurs maris. Elles jouaient trois par trois; chacune avait un morceau de roseau peint de vingt à trente centimètres de longueur, plat d'un côté et convexe de l’autre. Une des joueuses prenait les trois morceaux de roseau dans sa main qu'elle tenait ouverte; une autre joueuse les faisait tomber à terre au moyen d'un petit bâton; et si deux des roseaux restaient avec leur partie convexe tournée en l'air, celle qui les avait fait tomber gagnait un point.
Il y a plusieurs espèces de divertissements dans lesquels l'adresse et l'agilité viennent en aide au hasard; tel est, par exemple, le jeu de paume, que les Indiens de l'Amérique du Nord préfèrent à tous les autres. Souvent des centaines d'individus y prennent part à la fois, et ils adoptent pour cet exercice un costume aussi exceptionnel qu'original. Les joueurs ont le corps enduit d’une forte couehe de peinture de différentes couleurs; ils portent un petit calecon ou plutôt une ceinture qui leur laisse les cuisses libres; à cette ceinture est attachée une longue queue redressée à son extrémité et recouverte de crins de cheval très-longs; leur cou est orné d’un collier auquel est adaptée une crinière flottante tombant en longues franges sur la poitrine et les épaules, teinte en rouge comme la queue. Dans la main ils tiennent un long bâton, au bout duquel se trouve un petit cerceau oblong en forme de cuiller, garni d’un grillage en osier ou en cuir analogue à celui des raquettes, et qui leur sert à recevoir ct à lancer la paume, car il n’est pas permis de la toucher avec les mains. Dans le nord-ouest il y & des joueurs qui remplacent les crins de cheval de leur costume par des plumes; mais il est expressément défendu d'avoir d'autre vêtement qus celui que nous avons essayé de décrire; les mocassins même sont prohibés. Il y a des peuplades indiennes qui se servent de deux bâtons au lieu d'un. Les lroquois n’ont qu'un seul bâton qu'ils tiennent des deux mains; il est long de deux mètres et recourbé en forme de crosse à l'endroit où se trouve le grillage pour recevoir la paume. Dans les tribus du Nord on joue à ce jeu en hiver,
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sur la glace. La balle est en bois ou en brique, recouverte d’un morceau de peau de chevreuil; quelques tribus se servent de balles exclusivement faites en peaux artistement roulées l'une sur l'autre.
Une partie de jeu de paume est regardée comme une réjouissance publique, et l'on s'y prépare quelquefois longtemps à l'avance, C'est parmi les Chactas que ces sortes de œivertissements ont le plus d’originalité et offrent le plus d'intérêt, Lorsqu'une partie est décidée, deux chefs sont choisis pour y présider et commander les deux camps qui doivent entrer en lutte. Dès qu'ils ont été nommés, ils fixent le jour et le lieu du rendez-vous, et pour recruter des champions ils envoient, dans tous les villages et les wigwams de la tribu, des coureurs armés de leurs bâtons ornés de crins, de plumes et d’ornements de différentes couleurs. Pour s’enrôler sous le drapeau d'un chef, il suffit de toucher le bâton que promène son émissaire, et chaque individu choisit ainsi son camp d’après la réputation d'adresse et d’agilité de celui qui le commande ; cependant il faut que les lutteurs soient en nombre égal de part et d'autre afin d'égaliser les chances, La veille du jour désigné pour cette rejouissance, le terrain du jeu est nivelé sur une étendue d’un demi-kilomètre; des limites sont établies qu’on ne doit pas franchir; ce sont des poteaux de sept à huit mètres de haut, plantés en terre à deux ou trois mètres de distance et surmontés d’une traverse. Entre les deux camps on place deux petits arbres où les juges jettent la paume au signal donné et vers laquelle se dirigent les joueurs qui s'efforcent de la faire passer dans leur enceinte, ce qui compte pour un point. Le parti vainqueur est celui qui compte le plus de points et qui a réussi à conserver le plus longtemps la paume dans son camp. De nombreux paris s'organisent ensuite; le montant des enjeux est remis entre les mains des juges qui les gardent chez eux sous leur responsabilité, Ces enjeux se composent ordinairement d'armes, de vêtements, de couvertures, de colliers +t même de chevaux ; ils représentent souvent une valeur considérable, car on voit des jeux de paume réunir plus de cinq cents joueurs et environ cinq à di mille spectateurs qui prennent part, presque tous, aux paris engagés.
La veille, à la nuit tombante, les joueurs, une torche dans une main et leur bâton dans l’autre, sortent de leurs wigwams et s'en vont en procession jusqu’à l'endroit où le jeu doit avoir lieu. Ils chantent tout le long du chemin au bruit des tambours. Arrivés sur l'emplacement
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préparé, les deux partis se divisent et se groupent chacun de son côté autour des poteaux de leur enceinte. Les camps ainsi formés, la danse du jeu de paume commence, ce sont des sauts excentriques que les danseurs exécutent en poussant des cris sauv:ges ; ils élèvent et brandissent leurs bâtons en l'air en les frappant les uns contre les autres, Les femmes, qui ont suivi leurs parents et leurs amis en chantant duant cette promenade aux flambeaux, sont rangées sur deux lignes parallèles entre les deux partis ; elles dansent également, en priant le Grand-Esprit de donner la victoire à leurs parents. Les femmes se passionnent pour cette lutte d'adresse et d’agilité comme jadis à Byzance on se passionnait pour les courses de l'hippodrome.
Pendant cette danse à la lueur des torches, qui est l'une des seènes les plus curieuses que l’on puisse voir dans les solitudes du nouveau monde, quatre vieillards, juges du jeu, sont assis au milieu du camp, sur la même ligne que les quatre groupes d'hommes et de femmes formant les principaux acteurs de cette fête nocturne. Ils ont en face d'eux les musiciens qui battent du tambour et agitent leurs raquettes en mesure, et, pendant tout le temps que dure la danse, ces quatre juges, vénérables par leur âge et leur sagesse, fument tranquillement et prient le Grand-Esprit de rendre leur jugement impartial. Ils semblent regarder d'un œil indifférent cet étrange pêle-mêle d'hommes nus et agités, de femmes excitées par leurs cris et leurs sauts furibonds qui durent quelquefois jusqu’au point du jour.
Le lendemain, quelques heures après le lever du soleil, les deux partis sont en présence et se mesurent du regard, comme si la journée allait décider de l'existence d’Albe ou de Rome. Un coup de fusil est tiré, c'est le signal, et l'un des juges lance la paume vers les deux arbres qui occupent le centre des deux camps. Aussitôt les joueurs se précipitent pour la recevoir et la renvoyer dans leur enceinte respective avec leurs bâtons. Alors commence une de ces scènes grotesques de désordre et de tumulte qu'il est impossisle de décrire. Sept ou huit individus courent aprè', la paume, qui reste parfois en l'air des heures entières. Ils se rencontrent, se heurtent, se bousculent et tombent les uns sur les autres.
Ceux qui arrivent par derrière, emportés par leur élan, ne peuvent s'arrêter devant ces groupes qui se débattent sur le sol et cherchent à
icun de son côté formés, la danse ntriques que les s élèvent et brancontre les autres, en chantant dusur deux lignes ent, en priant le
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se relever, Ils viennent se heurter et s'abattre contre ces pyramides vivantes, ces masses plaintives et remuantes, et mettent ainsi le comble à ce tohu-bohu singulier. Partout on n'entend que des cris, on ne voit que des hommes qui courent, crient, tombent et se relèvent pour retomber de nouveau; c'est une confusion, un pêle-mêle inimaginable dont les acteurs ne sortent pas toujours sans blessures, Ceux-ci ont un bras ou une jambe démis, ceux-là ont reçu quelque coup de bâton qui leur a mis le nez en sang ou meurtri le visage ; mais personne ne se plaint, personne ne se fâche. Les accidents ont été prévus et n’excitent que le rire parmi les joueurs et les spectateurs. Celui qui fait triompher son camp a tous les honneurs de la fête; chacun fait son éloge, vante son adresse, et, lorsqu'une autre partie se prépare, les deux camps rivalisent d'efforts et d'instances pour se l'attacher comme un puissant auxiliaire.
Dans certaines tribus du nord, les femmes jouent entre elles au jeu de paume, mais non de la même manière que les hommes. Au lieu d’une seule balle, elles en ont deux qui sont attachées l’une à l’autre par une corde de cinquante centimètres tout au plus. Chaque femme est armée d'un simple bâton court, autour duquel vient s’entortiller la corde qu’elle relance avec autant de force que de dextérité. Les joueuses sont également astreintes à l'uniformité du costume, qui se compose ordinairement d'une petite tunique, laissant aux membres toute leur aglité. Le jeu de paume chez les femmes est une chose fort indécente et laide à voir. Les Indiens s’en amusent beaucoup, mais les tribus qui ont conservé leur caractère primitif ne le tolèrent pas chez elles.
Le jeu de la lance ou de la bague est très-curieux et l’un des plus difficiles. Les joueurs sont ordinairement divisés en deux camps, car les Indiens aiment beaucoup ces parties collectives qui donnent à plusieurs la joie du succès ou la honte de la défaite. Les enjeux et les paris sont déposés à l'avance entre les mains d’un vieillard, puis on choisit un terrain sans herbe, dur et parfaitement uni, au milieu duquel on fixe perpendiculairement un anneau en pierre de deux à trois pouces de diamètre. Quand tout est disposé, les joueurs armés d’une lance d'environ deux mètres de long, et garnie de distance en distance de petites rondelles ou morceaux de cuir, s’approchent deux à deux, un de chaque camp. Se baissant alors, ils font rouler l'anneau et jettent leur lance de facon
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à la laure passer dans eelanneau, Le grand mérite consiste à ne pas le renverser, Chaque rondelle ou morceau de eur qui passe dans ee petit cercle compte pour un point, Le gagnant est celui qui na fut tomber Panneau que sur li dermere rondelle, où qui a réuni le plus grand nombre de points, y a des Indiens qui renchérissent encore sur les dficultes de ee divertissement de maniere suivante, Un des joueurs prend Panneau dans ses doigts ot le fit rouler aussi loin que possible en le lançant de toutes ses forces gur le terrain prepare 5 son advor sure, quiest à côté de ur, court aprés Panneau pour Farréter en l'en Haut, au moyen de sa lance, jusqu'à la dernière rondelle,
Les Mopaves out un jeu à peu prés semblable à eeluicet, Les Natehez avaient un jeu ayant quelque analogie avec eelut de la lance, mix où la force jouit un plus grand rôle que adresse, Deux seules per sonnos à la lots pouvaient le jouer, Fan jetait aussi loin que ses forces le permettent un long biton en forme de crosse, et, avant qu'il ne fut Lombe, 1 usut rouler une énorme pierre cireulure dans le même diree on, Pautre joueur lançait alors un biton semblable à celui de son ad versure vers de méme but, Gelur dont le bâton se trouvait le plus pres de la pierre, lorsque coller sarrôtait, gagnait un point, et avait le pri vilége de fure rouler à son tour la pierre, ce qui était un grand avantage, car pouvait mesurer Pinpulsion qu'il ui donnait et combiner ainsi la distance où elle devait S'arrôter,
Co jeu de la lance où de la bague se joue devant les habitations ou dans la campagnes nest précédé d'aucune cérémonie, Le jeu des le ches n'a lieu, au contraire, qu'en dehors des villages, et il n'est permis qu'entre les jeunes gens les plus forts et les plus habiles de la tribu, La, chacun joue pour son propre compte, nya pas de camp, le prix el honneur du succès appartiennent à un seul, Chaque joueur prend gene ralement une dizaine de féches qu'iltent dans la main gauche, Est que son are, Quand son tour et venu, il s'avance devant les juges, puis il vise en Par, ayant soin de lancer sa première féche le plus haut possible, car il faut qu'il puisse décocher toutes les autres pendant que cette premiere accomplit son voyage aérien, La victoire est à celui qui a ou le plus de fléches à la lois en l'air; un tireur parvientail à lancer ain toutes les siennes avant qu'une seule soit retombhée à terre, cela consti-
Le un fait d'armes qu'on cite comme la prouve d'une force et d'une ha
pnsiste à ne pas le masse dans ce pot dou Cut tomber ui le plus gran nt encore sur les eo, Un des joueurs loin que possible pare: son adver v larrôter en l'en. elle, ue, Les Natchoz de da lance, munis Deux soulex per h que NUS forecs le avant qu'il ne fut us da mime direc à celui de son ad vit Le plus pres int, et avait le pri imgrand avantage,
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les habitations on ue, Le jeu des fe , Ci nest permis es de la tribu, Ba, e camp, le prive eur prend gene gauche, atistque Lles juges, puis il ‘le plus haut pos pendant que cette Là celui qui a ou Lil à lancer ann terre, cela consti-
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bleté aurhumanes, Los ndions considérent ee gonre de jeu comme un eerciee trésutle, ik y adonnent beaucoup plus volontiers qu'au tr a ebles la précision du hr ayantmoins de valeur à leurs feux que li apte avec laquelle lex feches sont lanecos,
Dans lex luttes corps à corps, Padresse aurait pas le champ ibre, mi l'espace nécessaire pour se développer; la force et lagalité deviennent les conditions premieres de la victoire, où du moins les plus grandex chances de salut, L'instinet dela conservation, qui existe chez les Peaux Rouges ausai bien que chez nous, leur a fut prendre en affection tous les excreices qui développent en eux celte superonté matérielle, Les bus exclusivement adonnées au commerce des pelleteries précieuses atlachent, au contraire, une grande importance à Fadresse du tr, comme moyen de tuer les animaux elles oiseaux sans endommager teur plumage etleur fourrure,
La danse est certainement Fexereice le plus aimé des Peaux-Rouges, elle a sa place dans les cérémontes religieuses et dans lex cérémonies publiques, Les principaux événements de la vie, les chasses, lea récep tons d'étrangers, les traités de paix, Le départ pour la guerre, les Jeux, lex moissons, ete,, ont chacun leur danse particuliere, Cependant ln science chorégraphique des Indiens ne se compose que de quatre pas ou danses distinctivess mais ces danses sont de vraies pantomimes, des représentations mimiques, dont les variétés de Formes, de figures, de costumes et de lieux constituent les changements et les différences, Ces pantomimnes affectent de représenter les causes où le but de leur inatitu Uon, ainsi que les principales circonstances auxquelles elles sont appli queex, de sorte qu'en les voyant on éprouve quelquefois les sentiments lea plus divers, depuis le sourire jusqu'au dégoût, depuis le pitié jusqu'à la frayeur, Chez les Abenakis, les Chactas, les Comanches, et quelques autres peuplades indiennes, les femmes datent comme les hommes, seulement elles ne dansent qu'apres eux où à part, et souvent loin de leurs regards, Cet amusement estordinairement défendu aux fermes; les Indiens ne leur permettent presque jamais de se môler à ces divertissements; elles ne connaissent et ne doivent connaître que le travail, les plaisirs extérieurs et les joies bruyantes sont pour elles des exceptions,
La plupart des voyageurs qui s'aventurent chez les Peaux-Houges et qui assistent à quelqu'un de leurs danses s'inaginent voir une multi
tude de maniaques qui sautent, crient, hurlent et gesticulent selon les caprices d’une fantaisie excentrique : il n’en est rien cependant; toutes ces bizarreries qui semblent tenir du délire se renouvellent toujours dans le même rhythme, avec les mêmes incidents, et décrivent, avec une précision que donne seule l'habitude, les mêmes zigzags et les mêmes mouvements. Rien, dans les réjouissances publiques, ne se fait sans motifs. Malgré les apparences contraires, tout est réglé dans les cris, dans les gestes et les sauts de ces danses échevelées.
Les chants mêmes que l’on entoune pendant les fêtes, quelque inintelligibles qu'ils soient pour nous, ont une signification, sinon dans les paroles, du aoins dans l'intonation et dans la manière de produire les sons gutturaux. Les tambours et les raquettes, qui sont de toutes les cérémonies et de toutes les réjouissances, ont également des facons différentes d'accompagner les danses et les chants, suivant les événements qu'il s’agit de célébrer. Les gestes enfin ont aussi leur expression et leur raison pour se produire de telle facon plutôt que de telle autre.
Ilest vrai que bien peu d'individus ont la clef de ce muet langage chorégraphique. Les jeunes gens et ceux qui se livrent le plus souvent à ces exercices ont appris la manière dont ils doivent les exécuter; 1is en connaissent le but principal, mais ils n’en ont jamais analysé les pantomimes, Les vieillards, les hommes-médecines, les guerriers s'occupent seuls de ce travail intellectuel, de cette étude de comparaison entre le geste, le cri qui imite et le fait que cette imitation veut rappeler. Quant aux danses sacrées, religieuses ou magiques, les hommes-médecines sont ordinairement les seuls initiés à leur mystérieuse signification.
Nous avons décrit plus haut la danse du jeu de paume comme l’une des plus étranges qui soient en usage chez les Peaux-Rouges; on en compte encore un grand nombre, dont les principales sont : la danse de l'Aigle, la danse du Scalp, la danse du Pauvre, la danse des Mendiants, la danse des Esclaves, la danse des Chiens, la danse de la Découverte, la danse de la Berdache, la danse de la Médecine des braves, la danse de Guerre, la danse des Braves, la danse du Calumet de paix, la danse des Chaussures à neige, la danse du Maïs vert, la danse en l'honneur du Soleil, les danses magiques et les danses de chasse, telle que la danse de l’Ours, du Buffle, ete...
Les Peaux-Rouges ont une grand vénération pour l'aigle, aussi la
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aume comme l'une ux-Rouges; on en s sont : la danse de nse des Mendiants, de la Découverte, braves, la danse de b paix, la danse des n l'honneur du Sole que la danse de
w l'aigle, aussi la
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danse qu'ils ont instituée en l'honneur de ce roi des oiseaux est-elle exécutée avec solennité par seize jeunes gens choisis dans la tribu parmi les plus braves et les plus agiles. Les danseurs ont le corps à peu près nu et peint en blanc; ils tiennent dans la main droite une queue d’aigle ; leur tête est ornée de deux ou trois plumes du même oiseau, et dans la main gauche ils brandissent l’are ou le tomahawk. Ils dansent alternativement quatre par quatre, nombre mystérieux chez les Pcaux-Rouges, autour de deux lances plantées dans le sol, l'une à côté de Pautre. Lorsque les premiers danseurs sont fatigués, un autre groupe composé du même nombre, qui représente ordinairement les quatre points cardinaux, les remplace, et ainsi de suite. À les voir, on les prendrait pour des Chinois, car ils ont toujours les jambes pliées ou croisées sous le corps. Cest dans cette position gènante qu'ils exécutent leurs sauts et leurs évolutions; ils se figurent que la fatigue qu'ils en éprouvent rend leur exercice plus agréable au Grand-Esprit, et leur mérite les bonnes grâces de laigle, génie de la guerre.
La danse du Scalp signale le retour de quelque expédition guerrière, et sert de consécration aux chevelures prises sur les ennemis. C'est une réjouissance publique qui commence pendant la nuit, à la lueur des torches, et avec le concours des plus jeunes femmes de la tribu. Elle n'a pas seulement lieu le jour où les guerriers sont revenus avec leurs sanglants trophées, elle se renouvelle chaque soir pendanthuit jours, etquelquelois même pendant deux semaines. On double ainsi la durée des lôtes, pour perpétuer plus longtemps le souvenir des exploits qui en ont été l'occasion, Les hommes sont à peu près nus, comme dans la plupart des autres danses; ils tiennent en main leurs armes offensives et déleusives qu'ils brandissent avec précipitation; ils sautent et bondissent en rond, faisant des grimaces, des contorsions, et poussant des cris ufreux. Les jeunes femmes, debout au milieu du cercle formé par les danseurs, tiennent étendues sur des raquettes à longs manches les chevelures rapportées par les guerriers, Toute la pantomime de cette danse représente la lutte et l’action de scalper ; c’est un spectacle hideux où se révèlent les instincts sauvages de ces fiers guerriers.
Après une pareille scène, la danse des Pauvres repose agréablement la vue; c’est presque une cérémonie religieuse, instituée pour émouvoir la charité des assistants en faveur des malheureux de la tribu, des femmes
na VOYAGE PITTORESQUE
et des enfants que là guerre à rendus veuves et orphelins, Les danseurs sont d'ordinaire les jeunes gens les plus riches et les plus indépendants du village. Au bruit de l'orchestre, qui ne se compose que d’un tambour frappé de toute la force du poignet par un homme-médecine, il arrivent demi-nus, n'ayant d'autres vêtements qu'une ceinture de plumes de corbeaux; les uns tiennent en main leur lance et leur pipe, les autres des raquettes ou des couteaux, et des tomahawks, qu'ils agitent dansl'air par allusion, sans doute, aux idées vengeresses, aux résolutions fatales qu'inspire souvent Ja misère. Ils poussent en même temps de grands cris, et lèvent la tête vers le ciel, demandant au Grand-Esprit qu'il attendrisse Le cœur des assistants, et les fasse compatir aux souffrances des pauvres. À la fin de cette cérémonie, plus touchante que ridicule, un honmme-médecine fait le tour de lassistance, recueille ce que chacun veut bien donner pour les malheureux, et le leur distribue immédiatement. On voit alors des visages s'épanouir, et ceux qui donnent sont heureux du bonheur de ceux qui recoivent : germes bienfaisants d'un sentiment pieux que l'Évangile fécondera avec succès. La danse des Mendiants inspire moins de sympathie que celle des Pauvres : elle offre le spectacle de la misère dans tout ce qu'elle a de plus répulsif. Cette danse ne se voit guère que chez les tribus du Nord; elle est exécutée par les mendiants eux-mêmes sur là grande place du village ou devant les habitations. Hs font mille contorsions, mille grimaces en forme de supplique, comme ces infirmes ou ces amputés qui étalent leurs moiguons et leurs plaies sur nos places publiques.
Ilexiste des esclaves parmi les Indiens, mais lesclavage y est volontaire et de courte durée, Nous l'avons dit plus haut : les Indiens ne font absolument rien lorsqu'ils sont dans les villages; ils laissent aux femmes les soins et les travaux les plus rudes; mais lorsqu'ils vont à la guerre ou à la chasse, il faut qu'ils fassent tout par eux-mêmes, allumer le feu. soiguer la cuisine, raccommoder les vêtements, empaqueter les fourrures, toutes choses intolérubles à leur paresse ou à leur orgueil, Aussi arrive-{-il souvent que les jeunes gens des familles les plus riches s'engagent comme esclaves pendant deux ans, afin d’être, à Pexpiration de ce délai, exemptés pour le reste de leur vie de toute occupation servile et humiliante, Durant ces deux années d’esclavage volontaire celui
qui les à pris à son service les soumet parfois à de cruelles épreuves;
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ins, Les danseurs lus indépendants se que d'un tamame-médecine, ils einture de plumes ur pipe, les autres s agitent dansl'air résolutions fatales temps de grands Esprit qu'il attenux souffrances des e que ridicule, un ile ce que chacun stribue immédiatequi donnent sont s bienfaisants d’un ccès, La danse des Pauvres : elle offre plus répulsif, Cette 1; elle est exécutée u village ou devant maces en forme de
j étalent leurs moi-
clavage y est volon- : les Indiens ne font aissent aux femmes ils vont à la guerre mes, allumer le feu.
npaqueter les lourleur orgucil. Aussi » plus riches s'enêtre, à l'expiration ute occupation selge volontaire celui
cruelles épreuves;
DANS LES DÉSERTS DU NOUVEAU MONDE. 425 mais ils ne s’en plaignent pas; c’est au prix de ce sacritice qu’ils achttent leur libération définitive, et ils supportent tout en silence et avec une complète résignation. La seule joie qu'ils se donnent et qui leur soit permise, c’est de se réunir chaque année dans une grande fête, où se retrempent, pour ainsi dire, leurs instincts de noblesse, et où l’esclave relève un instant la tête, pour ne pas oublier que le Grand-Esprit Pa fait roi de la création. Ils exécutent alors avec tout l’entrain de la jeunesse la danse dite des Esclaves. Ceux qui ont encore une année de servitude à subir y puisent le courage nécessaire pour supporter jusqu’au bout l'épreuve qu'ils se sont imposée. Ceux qui ont achevé leurs deux années (terme légal qui ne saurait jamais être franchi) y trouvent l'oubli du passé. Redevenus libres, ils ne tenteront pas de venger les affronts qu'ils ont recus étant esclaves. Tant de sentiments se rattachent à cette solennité, qu elle fait époque dans la vie de chaque jeune homme, de chaque famille et de chaque tribu.
La danse des Chiens, particulièrement aimée des Dacotas, signale aussi des journées dont on garde précieusement le souvenir. Elle est réservée, d'ordinaire, à fêter la visite de quelque grand personnage et des chefs blancs; aussi n’a-t-elle lieu que rarement, et il ne faut pas s’en plaindre, car elle est hideuse à voir. Pour cette danse, aussi barbare que sauvage, on amène processionnellement l'étranger sur la place du village; on l'y fait asseoir sur des peaux de buffle étendues à terre, puis deux chiens sont pris et brutalement égorgés sous ses yeux. Le cœur etle foie de chacun d'eux sont coupés en lanières longues et minces, et l'on suspend ces morceaux de chair encore chauds et saignants à deux lances plantées en terre l’une près de l’autre. La danse commence alors, exécutée par les principaux guerriers, qui racontent tous à la fois, et le plus haut possible, les exploits qui les ont rendus célèbres. Les danseurs, deux à deux, et se tenant par la main, chantent, crient, gambadent en mesure; ils tournent autour des lances et s'efforcent, sans rompre le cercle, de saisir avec les dents un morceau du cœur ou du foie, qu'ils avalent aussitôt. La danse continue tant qu'il en reste un seul lambeau. Celui qui réussit à s’emparer du dernier ne l'avale pas, mais il le porte entre ses dents à l’homme-médecine, qui forme à lui seul l'orchestre en battant la mesure sur un tambour; celui-ci recoit
et mange ce qu'on lui apporte, mais sans y toucher avee la main.
Dans le Nord plusieurs tribus affectionnent cette danse tout autant les Dacotas, Il y a des peuplades qui ne sacrifient qu’un chien, d’autres en sacrifient deux; mais toutes attachent un grand prix à chacune de ces bouchées de viande livrées en pâture aux danseurs les plus adroits, Le foie du chien, encore plus que la bosse du bison, est le mets par excellence des Indiens; ils prétendent que ceux qui en mangent héritent de la bravoure et de la sagesse de cet animal. Il est à remarquer que, dans toutes ces réjouissances, c’est aux jeunes gens qu'est réservée la partie active. Les hommes-médecines dirigent les danses par leurs chants et le bruit des instruments à percussion. Quant aux vieillards, ils sont simples spectateurs, leur âge et leur dignité ne leur permettant pas de se livrer à de pareils exercices. Il est également remarquable de voir combien les Peaux-Rouges laissent vite de côté leur stoïque gravité pour revêtir dans leurs fêtes publiques les apparences grotesques d'une folie sauvage. Cette contradiction bizarre, qui donne lieu à tant de jugements opposés sur les goûts, le caractère, les tendances morales de ces peuplades, est pourtant chez l’Indien quelque chose de naturel. L'Indien est l'enfant de Ja nature; comme elle, il est variable; il a ses jours de calme et ses jours d'orage. D'une organisation nerveuse très-impressionnable, ils se laisse nonchalamment influencer par l'atmosphère des circonstances, sans chercher, comme dans les pays civilisés, à se mettre le masque de la gaieté dans un jour de deuih, ou celui de la tristesse quand la joie est dans son cœur. Accoutumé à vivre au jour le jour, il se donne tout entier au plaisir lorsque l'occasion s’en présente. C’est ainsi qu'il passe subitement, et sans gradation aucune, de l’impassibilité la plus complète, du stoïicisme le plus sérieux, à la joie la plus effrénée, aux excentricités et aux gambades de l’histrion. Tel est le vrai sauvage.
Nous devions donner ces quelques mots d'explication pour faire comprendre la cause des récits précédents et de ceux qui vont suivre, sans quoi le lecteur pourrait émettre une fausse opinion sur le compte des Peaux-Rouges, si légèrement étudiés et si peu connus encore.
Avant de partir pour une expédition longue et dangereuse, telle que la chasse ou la guerre, les guerriers se réunissent, et exécutent en public la danse de la Découverte. Ce n’est autre chose qu’une pantomime sans musique et des plus curieuses; les acteurs imitent par leurs gestes toutes les phases d’une grande chasse ou d’un combat, ainsi que les mesures
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à prendre pour n'être pas surpris par quelque adversaire. La physionomie des danseurs traduit fidèlement les sentiments qu'ils éprouvent lorsque, dans les prairies et les bois, ils découvrent des traces de gibier ou l'empreinte plus ou moins récente des mocassins. Ce panorama de la vie aventureuse du chasseur et du guerrier impressionne autant les spectateurs que les acteurs; tous y retrouvent le prélude d'un drame qui doit durer plusieurs jours, et peut finir d'une manière tragique pour quelques-uns d’entre eux.
La danse de la Berdache est une ronde joviale et peu décente, à laquelle se livrent quelquefois les jeunes gens, dans cinq ou six tribus du Nord , autour d’un idiot qu'ils déguisent en femme et qu'ils bernent à l'envi, en joignant les gestes les moins pudiques aux railleries les plus amères. C’est, à proprement parler, une orgie publique que les sachems réprouvent, tout en la tolérant, parce que les idiots et les infirmes d’esprit ou de corps sont respectés des Indiens comme une chose sacrée ; ce sont les trappeurs français et canadiens du Missouri qui ont donné ce nom de Berdache à l'individu aux dépens duquel on s'amuse.
La danse de la Médecine des braves, au contraire, fait honneur aux tribus chez lesquelles elle est en usage. C’est le culte des morts, un hommage rendu à ceux qui ont quitté le monde pour aller dans les prairies enchantées, où les ombres heureuses se promènent et chassent sous les regards du Grand-Esprit. Ce culte, qui révèle une certaine élévation d'idécs et de sentiments, est très-répandu parmi les Indiens, car tous croient à l’immortalité de l'âme, aux récompenses et aux châtiments de la vie future. Ils sont persuadés que les guerriers qui meurent dans les combats, ou succombent de leurs blessures, vont jouir d'une félicité éternelle dans le pays des ombres. Leurs sacs de médecine, qui sont leurs dieux lares, leurs divinités domestiques, des espèces d'anges gardiens, sont honorés pour avoir donné l'immortalité à leurs protégés.
Au retour d’une guerre ou d’une expédition sur un territoire ennemi, les guerriers viennent danser, pendant quinze jours, au soleil couchant, en face de la tente ou du wigwam de ceux qui ne sont plus. Les veuves et les enfants suspendent à des poteaux, au seuil de leur habitation, les sacs de médecine des défunts, et c’est autour de ces poteaux que s’exéeutent les danses funèbres. Les femmes, pour qui le veuvage est la plus grande douleur, assistent à cette cérémonie, silencieuses et la tête bais-
138 VOYAGE PITTORESQUE see, expression muette de leur compassion pour l'épouse qui a survécu au guerrier défunt.
Les danses expriment ainsi tous les sentiments, gais où tristes: elles sont destinées à les représenter ou à les commander, La danse de Guerre joue chez les Peaux-Rouges le même re qu'ont joué successivement chez nous la Marseillaise, le Chant du départ etle chœur des Girondins. Taniôt c’est le eri national, qui convie à l'enrôlement les jeunes patriotes, qui les invite à suivre les chefs et à imiter leurs ancêtres; tantôt c'est le chant de victoire qui célèbre les hauts faits d'armes d'une journée glorieuse, Mais, quelle que soit sa signification, cette danse a un caractère effrayant. Les danseurs, exeités par l'espoir du triomphe ou le désir de la vengeance, sont bientôt saisis d'une ardeur fiévreuse qu'ils ne maitrisent plus; leurs yeux roulent dans les orbites et lancent des éclairs; leurs chanis deviennent irréguliers et saccadés; ils voient en imagination leurs ennemis sous leurs pieds, et ils imitent par des gestes rapides toutes les péripéties du combat : l'attaque, la défense, les coups portés ou évités, la chute du vaincu, opération du sealp, et, en dernier lieu, l'enthousiasme de la victoire. Tout cela est mimé avec ces eris déchirants dont les Indiens seuls possèdent le secret. I se fait un tumulte effroyable, et cependant un certain ordre, un certain rhythme y président toujours.
Quant à la danse des Braves, c'est plus qu'une pantomime , e’est une comédie parlée qui tient du sérieux et du grotesque, c'est une publication à haute voix des traits de bravoure des jeunes guerriers. Au retour d'une expédition lointaine, les défenseurs de la tribu se réunissent pour danser une ronde; l'un d'eux se place au milieu du cerele et sy livre, par des cris et des gestes, aux excentricités les plus inattendues, Puis il raconte, avec animation, tous ses hauts faits; il dit le nombre de chevelures qu'il a prises et des ennemis qu'il a vaincus; il imite dans ses mouvements les évolutions et les détails de la lutte, et termine en faisant appel au témoignage de ses compagnons d'armes. Les assistants alors assurent, chacun à son tour, qu'il a dit la vérité, que sa langue n'est pas fourchue (menteuse), et qu'il n'a pas parlé comme une femme, ce qui signifie qu'il n’a pas été bavard. Et la ronde recommence : un second danseur prend la place du premier pour retracer à son tour sa vie
périlleuse, et ainsi de suite, jusqu'à ce que tous les danseurs aient, lun
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après l'autre, publié leurs exploits, C'est ordinairement après cette cérémonie que les guerriers reçoivent la permission tacite de se mettre des plumes d'aigle sur le sommet de la tête, et de les peindre ou de les échancrer selon leur mérite et la part qu'ils ont prise dans les combats, Cetle réjouissance publique à pour but de consacrer les faits d'armes par La publicité, et de récompenser le courage et la valeur par des dislinctions honoriliques.
Si l'on fête le départ pour la guerre, la victoire et le retour des vainqueurs, on ne fête pas moins la conclusion d'une paix qui assure Le repos à une où plusieurs tribus, Nous verrons plus loin les cérémonies usitées lors de la ratification d'un traité de paix entre les Peaux-Rouges ou entre les Indiens et les blancs, Lorsque deux tribus ennemies se sont réconciliées, elles exécutent, avant de se séparer, la danse du Calumet de paix. Les chefs prêtent pour cette solennité le calumet héréditaire conservé précieusement dans leur famille. Les danseurs des deux partis lument et dansent en même temps, en faisant cirerter cet emblème de l'amitié et de l'hospitalité indienne, Madheureusement, ces réjouissances internationales sont rares; eiles sont aussi plus gaies et plus bruyantes que ridicules. Les Assinniboins ont une facon particulière de célébrer la danse de la Pipe ou du Calumet de paix. Hs ne se bornent pas à bondir et à tourner, en tenant par la main leurs nouveaux alliés, ou les membres de leur propre nation qui fêtent la trêve : ils font un exercice gymnastique très-curieux, Sur la place principale du village ils allument un grand leu, près duquel viennent s'asseoir un jongleur où homme-médecme et un vieillard; le premier chante tout en fumant la pipe rouge ornée de plumes d'aigle; le second l'accompagne sur le tambour et chante en mème temps. Tous les jeunes gens de la tribu arrivent et s'étendent en cercle autour du feu et des deux musiciens. A un signal donné, un des jeunes gens se lève et décrit une foule de zigzags et de sauts excentriques dans l'intérieur du cercle, chantant et dansant sur un seul pied. IL passe devant chacun des Indiens assis, leur fait des grimaces, les menace du poing, puis en saisit un au hasard, le soulève vivement par le bras et le force à se lever. Celui-ci renouvelle à son tour les mêmes manœuvres, tandis que le premier continue à sauter sur un pied au centre du cercle; il ne se retire parmi les spectateurs qu'après avoir
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la danse se poursui ainsi jusqu'à ce que tous les Indiens assis se soient levés pour répéter ce «ils ont vu faire dans le cercle par les danseurs, Cette gymnastique dure une heure, et souvent plus, au milieu des cris étourdissants poussés à la fois par tous les assistants.
La première neige qui couvre le sol est l'occasion d'une autre solennité appelée la danse des Chaussures à neige; c'est presque une cérémonie religieuse, instituée pour remercier le Grand-Esprit du retour de la saison pendant laquelle il est plus facile de tuer le gibier, Tous les guerriers y prennent part, vêtus de caleçons en fourrure, et munis de leurs armes de chasse. Cette danse à lieu, comme toutes les autres, sur la place principale du village, autour de trois lances plantées en terre et garnies de chaussures à neige et de plumes d'aigle; elle est comparativement très-sobre de cris, et très-modérée dans ses mouvements, (Ce n'est guère qu'à l'époque de cette réjouissance qu'il est permis de reprendre les vêtements d'hiver, Les Indiens qui n’attendraient pas ce temps fixé par la coutume pour se couvrir de fourrures passeraient pour des hommes efféminés. Outre une idée religieuse, il y a une notion d'agriculture dans cette fête, à l'occasion des premières neiges. Les Peaux- Rouges savent aussi bien que nous que ce grand manteau blane dont se couvre la nature réchauffe et vivifie dans le sein de la terre le grain qu'ils ont planté. C’est done pour eux une occasion nouvelle de rendre grâce au Grand-Esprit des produits que leur promet ce retour régulier des saisons, car ces produits leur sont presque aussi indispensables que le gibier dont la chair les nourrit l'hiver, et dont les peaux leur procurent des vêtements. Comme ious les peuples civilisés qui se livrent à la culture du sol, lIndien prie pour ses moissons, et lorsqu'un été prospère lui donne d'abondantes récoltes, il a des hymnes de reconnaissance pour le Grand-Esprit, c'est-à-dire des fêtes qui durent plusieurs jours, et dans lesquelles la danse tient comme partout le premier rang. La plus curieuse de toutes est, sans contredit, la danse du Maïs vert.
Dès que les épis de maïs commencent à mûrir dans les champs, les hommes-médecines envoient chaque jours des femmes en cueillir quelques-uns; elles les rapportent avec un soin respectueux, car eux seuls ont droit de dépouiller ces premiers épis de leurs feuilles. Lorsqu'ils reconnaissent que le maïs est parvenu à un certain degré de maturité, et que l'épi, quoique vert encore, renferme néanmoins une récolte cer-
Dem. va
ÉTIQIRE PARRERS