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taine, ils envoient, dans toutes les habitations de la tribu, des messages, des crieurs, qui annoncent aux familles que le Grand-Esprit a été bon à leur égard, et que la population doit se réunir le lendemain au lever du soleil pour le remercier de sa bonté,
Le jour suivant, à l'heure fixée, la tribu se rassemble au centre du grand village, où l’on suspend au-dessus d’un brasier allumé vour cette occasion une grande marmite pleine d'épis de maïs vert, qu'un homme-médecine fait bouillir dans de l'eau, La marmite est supportée par quatre bâtons de trois mètres de longueur plantés en terre et s'entre-croisant à leur sommet; c’est au point de jonction que la marmite est suspendue par une forte lanière de cuir. Douze épis de maïs servent d'ornement à ces supports, et tout alentour, à terre, douze écuelles de bois sont rangées en cercle. Quatre hommes-médecines représentant les quatre saisons, le corps presque nu et peint en blane, dansent et gesticulent au milieu du cercle, en chantant un hymne de reconnaissance au Grand-Esprit, à qui est destiné le maïs qui bout dans l’eau. Dans une main, ils tiennent une canne de maïs; dans l’autre, une raquett: qu'ils frappent en mesure contre les parois de la marmite. Les principaux guerriers de la tribu, nus et peints en blanc, comine les hommes-médecines, dansent et forment un cercle autour d'eux, tenant également des cannes de maïs dans leurs mains, et chantant aussi le cantique d'actions de grâces au Grand-Esprit.
Chez les Jémez, où nous retrouvons la danse du Maïs vert, comme dans les tribus du nord de l'Amérique, le costume pour cette solennité est fort simple : les danseurs sont presque aus, et peints depuis les pieds jusqu’à la tête ; ils portent un collier et des bracelets faits avec des guirlandes de piment rouge, ettiennent dans la main une gourde sèche pleine de petits cailloux qu'ils agitent en mesure et qui leur sert d'orchestre.
Danses et chants continuent jusqu’à ee que le maïs soit bien bouilli ; les hommes-médecines le posent alors dans un petit plat de bois sur le brasier, où il est bientôt réduit en cendres. On éteint le feu, et l’on enterre ces cendres, considérées comme sacrées et devant féconder Ja terre l'année suivante, puis on allume un nouveau feu pour faire bouillir le maïs qui doit être distribué à la population pendant les fêtes. IL arrive souvent que des tribus, peu soucieuses du lendemain, gaspillent ainsi en quelques jours tout le maïs récolté, et ne possèdent plus
à la fin de ces réjuuissances que juste le nécessaire pour les futures sernailles,
Grand nombre de Peaux-Rouges, pendant les quelques jours qui precédent ces fêtes, boivent des liqueurs fermentées, espèces de médienments qui les purgent et les font vomir; ils veulent, disent-ils, avoir l'intérieur du corps bien sain pour la réception du maïs vert, Cette coutume de brüler les épis et d'enterrer les cendres n'est autre chose qu'un sacrilice religieux, naturellement imposé par la piété reconnaissante des sauvages, et que leur insouciance change en une longue scène de gloutonnerie, qui a parfois des suites désastreuses dans la tribu, car elle met la famine à la place de l'abondance.
Cette coutume qu'ont les Indiens de se purilier le corps et d’être à jeun avant de manger le maïs vert est très-remarquable, car elle indique une origine chrétienne, ou du moins un sentiment naturel de convenance religieuse que même les enfants du désert ont adopté ou suivi, en croyant ainsi plaire davantage au Grand-Esprit.
La danse en l'honneur du Soleil a aussi un caractère religieux; elle est très-répandue chez les tribus sauvages du versant occidental des montagnes Rocheuses, dans le Nouveau-Mexique et chez les Comanches, ainsi que la danse en l'honneur du Haokabh, le géant et le lieutenant du Grand- Esprit, qui esten grande vénération chez les Dacotas. Le soleil est une divinité pour la grande majorité des Peaux-Rouges : les uns le considèrent comme le Grand-Esprit lui-même, et les autres comme sa résidence; tons s'accordent à lui attribuer une grande puissance. Les Dacotas, pour se le rendre favorable, lui consacrent à plusieurs époques de l’année un jour de fête, qui a dans ses détails quelque analogie avec la solennité du maïs vert.
Un peu après le lever de l’aurore, les jeunes gens les plus aguerris à la souffrance, ou les plus religieux, se réunissent dans un wigwam, autour d’une ou de plusieurs uiarmites remplies de viande qu'ils font bouillir au-dessus d’un grand feu. La danse, comme de coutume, est réglée par un ou plusieurs hommes-médecines, qui chantent et battent du tambour. Le tambour, chez les Indiens, est presque un instrument sacré, dont on ne fait usage que pour les réjouissances publiques. Les danseurs n'ont pour vêtement qu'une large ceinture en écorce de bouleau; sur la tête, ils portent tous une espèce de mitre également en écorce de bouleau, et dont les deux pointes sont censées représenter les rayons du soleil :
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