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Après avoir parlé des chasses comme amusements lavoris des Peaux- Rouges, nous les envisagerons maintenant sous le point de vue pittoresque, productif et industriel, eur ce sujet est de la plus haute imporlance non-seulement en ce qu'il nous donne une idée de intelligence, des habitudes et du commerce des Indiens, mais encore en ce qu'il touche la question de l'existence même et de l'avenir des populations sauvages des grands déserts américains,
Si la chasse au buffle est la plus commune et la plus estimée duns les solitudes de l'Amérique, c'est à cause que cet animal fournit aux Indiens à peu près tout ce dont ils ont besoin pour leur nourriture et leurs vêtements, Autrefois, des immenses troupeaux de bisons paissaient anquillement sur presque toute l'Amérique septentrionale, depuis le 28" jusqu'au 50° degré de latitude nord, Hukluyt assure, dans un ouvrage publié à Londres en 1589, qu'il existait des buffles à Terre-Neuve. Un autre auteur, du nom de Parchas, raconte que des aventuriers de la Virginie en rencontrèrent dans cette contrée en 1613, Thomas Morton, dans son ouvrage New english Canaan, publié à Amsterdam en 1637, fait une description minutieuse de ces ruminants, qui étaient alors en grand nombre sur les bords du lac Champlain. Le capitaine Franklin assure même en avoir trouvé jusqu'au 60° degré de latitude. Alors, comme à présent, les troupeaux de buffles émigraient lentement du nord au sud et de l'est à l'ouest, selon les saisons, n'ayant d’autres ennemis que les Indiens, qui les chassaient comme aujourd’hui pour se nourrir de leur chair et se vêtir de leur peau. À Parrivée des blanes, les buflles diminuérent considérablement en nombre, car les blancs comme les Indiens en firent chaque année un carnage incroyable, soit pour la peau, soit pour la langue seulement, de sorte que maintenant ils ont disparu complétement de la rive gauche du Mississipi. En 1824, on voyait encore d'immenses troupeaux de buffles dans les vallées de la rivière à l'Ours, de la rivière Verte et du Colorado, et même dans la vallée du Colombia, jusqu'aux chutes Poissonneuses. Depuis 1834 ils commencèrent à diminuer dans ces régions, eten 1840 on n’en trouvait déjà plus sur les fleuves de l'océan Pacitique. Les Têtes-Plates, à cette époque, avaient encore la coutume de les chasser vers les sources de la rivière aux Saumons, mais depuis ce temps ils sont obligés de venir les chercher sur les trois branches du haut Missouri où ?s plaines baignées par
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la riviere de la pierre Jaune, En 1846, le Texas recevait encore de grands troupeaux de buffles qui venaient s'engraisser dans ses fertiles prairies : maintenant ils descendent rarement plus bas que la rivière Rouge, À l'ouest des montagnes Rocheuses et sur les bords du Colombia, ils ont à peu près disparu; c’est à peine si l'on en rencontre quelques-uns vers le sud de la rivière à l'Eau-Douce, Les Indiens, les trappeurs et les chasseurs blancs les ont à peu près totalement détruits,
Avant les énormes massacres de buffles qui ont eu lieu depuis quinze ans, les voyageurs et les trappeurs ne pouvaient pas faire un pas dans les grandes prairies situées à lorient des montagnes Rocheuses sans passer au milieu d'un troupeau de ces utiles quadrupèdes, Aujourd'hui il faut aller les chercher très-loin. La rapidité extraordinaire avec laquelle ces animaux disparaissent du continent américain n’est nullement surprenante, lorsqu'on songe au carnage effrayant qu'il s'en fait annuelle. ment avec une imprévoyance aussi stupide qu'extravagante, Dans notre journal, nous avons trouvé une note indiquant le nombre approximatif des peaux de buffle achetées chaque année pour le compte des différentes compagnies de fourrures établies aux États-Unis ou dans les possessions anglaises, et d’après des calculs certains et des données exactes nous pouvons certifier que le commerce ne reçoit pas un tiers des peaux des animaux tués par les Indiens.
Peaux de buffle vendues annuellement à la grande compagnie américaine. . . . . CAMALC AN UM 70,000
Idem à la compagnie de la baie d'Hudson, . . . . . , . 10.000 Idem aux autres compagnies. . . . . . . . . , . . . 10.000 TOTAL. + . . 90.000
Dans ce chiffre ne sont pas comptés les buffles tués dans les régions du Sud par les Comanches et les autres tribus des frontières texiennes. ni les buffles tués depuis le mois de mars jusqu'au mois de novembre, époque où les peaux ne peuvent être tannées, et pourtant c'est en été que le carnage de ces animaux est le plus considérable. En 4847, la seule ville de Saint-Louis reçut cent dix mille peaux de buffle, de cerf, de chevreuil, ete., et vingt-cinq mille langues salées.
Le buffle est le plus grand des ruminants de l'Amérique septentrionale, sa couleur est d’un brun très-foncé, son poids atteint souvent
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