‹ Voyage pittoresque dans les grands déserts du Nouveau-Monde [microforme]Chapitre 98 sur 137 · NE PA PE · texte numérisé non relu

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és dans les régions ontières texiennes.

ois de novembre, ant c’est en été que . En 1847, la seule buffle, de cerf, de

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wille kilos; il a une crinière très-épaisse qui lui couvre la tête, les épaules, et tombe presque jusqu'à terre; ses cornes sont courtes mais larges; ses yeux ont une expression toute particulière; sa chair est délicieuse, les Indieris la salent et la font sécher pour la conserver; avec la peau ils se font des couvertures, des manteaux, des tentes, des canots, des selles, des brides, des cordes, ete, Is emploient les os pour se fabriquer des selles, des casse-tête, des pioches, des bûches et autres instruments domestiques; avec les cornes, ils se font des ornements et des evillers; la cervelle leur sert pour tanner les peaux, et le poil ou la laine de fil et de ficelle; avec les nerfs ils font des cordes pour leurs ares; avec les pieds ils fout de la glu très-forte; la queue

: leur fournit un chasse-mouche tout préparé, et la fiente, appelée bois de

vache, leur procure un combustible abondant,

La manière de tanner les peaux de buffle et d'autres animaux est fort simple aux déserts. Les sauvages commencent par laisser détremper les peaux dans un récipient quelconque rempli d'eau et de chaux jusqu'à ce que le poil se détache de l'épiderme; puis elles sont étendues sur la terre au moyen de petits piquets ou sur un cadre de bois, et recouvertes d'une solution de cervelles de buffle ou d'élan. Quelques jours après cette préparation, les femmes raclent la partie charnue de la peau avec l'omoplate de quelque grand quadrupède , l'assouplissent et lui enlèvent tout élément de corruption. La plus grande partie de ces peaux subit ensuite une seconde opération presque aussi nécessaire que la première, et qui leur donne une plus grande valeur en les rendant plus utiles. Cette opération consiste à fumer les peaux; pour cela on creuse un petit trou dans le sol, on y allume ensuite des morceaux de bois pourri qui font plus de fumée que de flamme ; au-dessus du foyer on place les peaux, puis on enferme le tout dans une tente close hermétiquement qui concentre pendant un jour ou deux la fumée échautfée, Par ce procédé les peaux acquièrent une qualité très-précieuse, c'est que la pluie et le soleil ne les détériorent jamais, et qu’elles demeurent toujours aussi souples que si elles n'étaient jamais exposées aux intempéries des saisons,

D'après ce qui précède, on peut comprendre toute l'importance de la chasse pour les Indiens, puisqu'elle est pour eux non-seulement une source de luxe et de bien-être, mais encore une nécessité premiére, et

sans laquelle ils ne pourraient se procurer les objets les plus indispensables à leur existence et à leur mode de vie : aussi s'y adonnent-ils avec tout l'entrain et toute l'ardeur dont :is sont susceptibles, Les anciens sauvages chassaient souvent les buffles et le gros gibier au moyen d'un stratagème encore usité parmi quelques tribus américaines, particulièrement par les Assinniboins, et qui est pareillement en usage parmi certaines peuplades nègres de l'Afrique centrale. Ce stratageme consiste à creuser dans un vallon fréquenté par des buflles, une énorme trappe pratiquée au fond d'un enclos circulaire, ouvert d'un seul côté, et d'où partent deux palissades très-longues ayant la forme d'un éventail, L'enclos et les palissades se composent de pieux plantés en terre, de broussailles et de pierres.

Des cérémonies religieuses précédent toujours la chasse au piége aussi bien que les grandes chasses à rourre, Lorsque ces cérémonies sont achevées et que le chef juge à propos que l'on peut commencer à envelopper un troupeau peu éloigné, on échelonne les chasseurs à portée des deux palissades, et l'on envoie des éclaireurs à cheval qui attirent le gibier dans le piége, soit par la ruse, soit par la frayeur. La ruse ordinaire et qui réussit le mieux est celle par laquelle un sauvage revêtu d'une peau de buffle contrefait les allures du veau et imite son eri; les aches, en entendant ce eri, se dirigent aussitôt vers le sauvage déguisé, qui rebrousse chemin dans l'enceinte où les chasseurs sont embusqués; le troupeau suit naturellement les vaches, et tous sont bientôt enfermés dans l'enelos d’où ils sont tués à coups de fusil, de lance et de fléches.

Les Indiens des bords de l'Athabasca chassent les daims par troupeaux, en s'embusquant sur les bords des lacs ou des rivières que ces gracieux quadrupèdes sont obligés de traverser pour se rendre dans les riches pâturages de la plaine. Au moment où le gibier se met à la nage, les chasseurs le poursuivent dans l'eau, l'entourent, l'empêchent d'aborder, et le harassent, jusqu'à ce qu'épuisé par la fatigue il devienne une proie facile.

L'antilope, l'élan et le cygne sont également très-recherehés par les Indiens. Ce gibier se prend ordinairement par surprise, car ces animaux sont aussi timides que difliciles à atteindre, et la ruse devient sinon l'unique, du moins le principal moyen de succès dans cette chasse, Pour l'élan et le cygne, c’est le soir après le coucher du soleil que les Peaux-

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louges se livrent, de préférence, à cette chasse, Pour cela ils montent dans leurs légers canots d'écorce de bouleau, attachent à la proue des {lambeaux de bois résineux qui répandent une vive lumitre ; ils longent ainsi les bords des lacs ou des rivières en ramant avee le moins de bruit possible, Les eygnes et les élans qui dorment le plus souvent dans le voisinage de l’eau s'inquiètent de ces lumières dont jes rayons mobiles les frappent et 4roublent l'obscurité dans laquelle ils se plaisaient ; ils s'approchent alors par curiosité le plus qu'ils peuvent, et c'est à que la mort les attend; car l'indien laisse la rame pour saisir son are, et chaque flèche qu'il tire tue un des curieux imprudents. La précision est telle qu'on a vu des Peaux-Rouges tuer, dans une seule nuit, jusqu'à trente cerfs où élans.

Les forûts plus où moins vierges des grands déserts américains ne retentissent pas seulement au souffle imposant des tempôètes, au mystèrieux murmure de la bise, le cerf y fait encore entendre son cri d'appel où d'alarme, l'ours gris, le plus dangereux des animaux du nouveau monde, répand la terreur autour de lui par un grognement terrible auquel se mêlent le miaulement de la panthère et le hurlement des loups ; le lièvre nain, encore inconnu à la plupart des naturalistes, ronge des plantes aromatisées qui croissent dans les anfractuosités des rochers; le pore-épie prend son repas d'écorce de cyprès sur les jeunes branches; le rat musqué s'amuse dans l'onde claire des ruisseaux ou des laes solilaires; lécureuil saute de branche en branche jusqu'à la plus haute cime des pins; laanartre se cache dans le feuillage des arbres; le blaireau creuse sa demeure souterraine dans un sol sablonneux pour cacher sa belle fourrure, et le renard gris, par sa fuite rapide, dépiste les chasseurs qui voudraient lui enlever sa robe soyeuse.

L'ours gris est sinon le seul, du moins le plus formidable de tous les quadrupèdes américains; il est le thème favori des chasseurs et des trappeurs qui assurent que sa taille est celle d’une vache ordinaire, et que sa force est vraiment prodigieuse, Pressé par la faim, il est souvent agresseur; attaqué, il se défend avec acharnement, blessé, il devient fuvieux et se met à la poursuite du maladroit qui n'a pas su le tuer d'un seul coup, La rapidité de sa course est supérieure à celle d'un homme, mais inférieure à celle d'un cheval, Dans l'attaque, l'ours gris se dresse sur les pattes de derrière et s'élance sur l'objet qu'il veut attein-

ERetéernees dr

160 VOYAGE PITTORESQUE dre; malheur alors à l'homme ou au cheval qui tombe sous ses terribles griffes dont la longueur atteint parfois vingt centimètres. Autrefois il était très-commun dans les grandes prairies, mais maintenant il ne se rencontre guère que dans les montagnes Rocheuses, les collines Noires et les deux versants de la Sierra-Nevada, où il s’est creusé des tanières dans les vallées étroites ou dans le creux des arbres. Comme l'ours commun. il aime les fruits, les racines et le miel sauvage, mais il se nourrit également de la viande des animaux qu'il tue et dont il transporte le cadavre jusqu’auprès de sa demeure. Le chasseur qui tue un ours gris a le droit de porter en collier les griffes de cet animal considéré comme le plus beau et le plus honorable de tous les gibiers. Cette décoration équivaut au titre de héros dans les solitudes de l'Ouest.

Parmi les antilopes des grands déserts, il en est de deux sortes, qui deviennent le plus souvent victimes des chasseurs blancs et rouges. Les uns sont presque de la grandeur du chevreuil ordinaire, et les autres de celle d'une chèvre. Leur peau d’un gris léger est tachée de blane, leurs cornes sont petites et ne tombent jamais. Rien ne surpasse la délicatesse et l'élégance de ces animaux, dont les mouvements dénotent une combinaison de force et d’élasticité merveilleuses. Capricieux et timides, les antilopes paissent ordinairement dans les plaines découvertes ; faciles à effrayer, ils se sauvent au moindre bruit avec une rapidité qui défie toute poursuite. Malheureusement pour eux leur curiosité cause souvent leur ruine. Après être partis au galop comme une volée d'hirondelles ; ils reviennent doucement voir ce qui avait causé leur frayeur. Les chasseurs qui connaissent cette fatale inclination plantent en terr> une baguette de fusil ou une branche d'arbre au bout de laquelle ils laissent flotter un mouchoir de poche ou un morceau d’étoffe à couleurs vives, puis ils se couchent à plat ventre et se cachent dans les herbes ; les antilopes, attirés par la vue de cet objet, ne manquent pas de s’en approcher jusqu’à ce qu'ils soient frappés d’une balle ou d’une flèche.

Les rats musqués se prennent surtout en hiver, lorsque l'eau gelée condamne l’ermite à rester dans sa résidence recouverte de neige. Ces petits animaux sont très-nombreux dans les basses prairies du nord : ils se bâtissent dans les champs de riz sauvage des cabanes de un à deux mètres de hauteur, de forme conique. La porte d'entrée est un trou étroit pratiqué au-dessous de l’eau, Le chasseur, armé d’une lance faite exprès

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pour cette chasse, détruit la demeure du rat musqué, ou l'en fait sortir en frappant sur le toit avec un gros bâton, et le perce de part en part au moment où la pauvre bête se sauve pour aller ailleurs chercher un refuge.

Quoique les chiens soient rarement usités dans les chasses indiennes, nous devons pourtant leur consacrer quelques lignes, car ils sont trèsutiles aux déserts sous plusieurs rapports. Ges animaux pullulent dans les villages indiens comme dans les villes turques. Chaque famille en possède parfois par douzaines, de toutes les grandeurs et de toutes les couleurs ; les uns servent pour la chasse, d'autres pour trainer les fardeaux, et d'autres sont engraissés pour être mangés. On suppose que les chiens des sauvages proviennent du loup, comme lui ils hurlent plus qu'ils n’aboient, et comme lui ils sont plus méchants que courageux; montrant facilement les dents à qui les provoque, mais se sauvant assez Vite quand ils sont attaqués. Ces malheureux animaux recoivent vour la plupart plus de coups de bâton que de morceaux de viande ; aussi sont-ils d'adroits voleurs dont il est difficile de se défaire, Quand ils sont affamés (ce qui est à peu près leur état normal), ils mangent volontiers les vêtements de peau qui tombent sous leurs dents. Lorsqu'une tribu déménage, chaque chien porte des paquets de dix-huit à vingt kilogrammes attachés à des bâtons qu'il traine.

Les tribus voisines du Canada et celles qui habitent l'Orégon et la Colombie vivent principalement de la pêche, à cause de la rareté du gibier; cette rareté provient du climat d’abord, et ensuite des grandes chasses qui ont été faites dans ces contrées depuis un temps immémorial, En hiver, lorsque les lacs et les rivières sont gelés, la pêche offre des difficultés qui paraîtraient insurmontables à d’autres qu’à des Peaux- Rouges. On voit quelquefois, durant cette saison rigoureuse, des familles eutitres se rendre au bord des cours d’eau ou sur les lacs, faire un ou plusieurs trous dans la glace, épier ensuite pendant de longues heures le poisson qui passe près de ces trous, et le harponner avec une rapidité et une adresse réellement merveilleuses. Cette manière de pêcher n’est pas toujours fructueuse dans les eaux profondes, et souvent les pauvres pêcheurs passent des journées entières accroupis sur la glace sans trouver l'occasion de jeter une seule fois le harpon; mais la nécessité est une école de persévérance, et ces malheureux Indiens ne se découragent pas

facilement; ils espèrent sans cesse dans la miséricorde du Grand-Esprit, et leur espérance n'est pas toujours vaine,

Quelques-uns, plus ingénieux que les autres, passent des filets sous la glace à laide d'une série de petits trous; où bien encore ils établissent une légère petite digue qui les avertit de la présence du poisson lorsqu'il vient se heurter contre elle. C’est ainsi qu'ils s’ingénient de différentes manières pour s'épargner de la peine et s'assurer un succès plus prompt. Les Indiens qui vivent sur le versant occidental des montagnes Rocheuses pêchent beaucoup de saumons à l’aide d’une espèce de grand panier suspendu à une longue corde. Lorsque la pêche à été très-ahondante, ils font sécher le poisson dont ils n’ont pas besoin, et le conservent pour les jours de disette. Près du détroit de Fuca, vers la baie de Puget, on pêche fréquemment un petit poisson fort extraordinaire, et qui est très-gras; lorsqu'il est séché, les Indiens, pendant la nuit, lui mettent le feu à la queue, et il brûle comme une bougie. Les wigwans de cette latitude sont souvent éclairés par ce curieux luminaire. Ce poisson, dont la chair est délicieuse, est appelé wfhlecan par les naturels: il apparaît également sur les bords du Colombia au commencement de février, formant des colonnes serrées de un à deux mètres d'épaisseur, ce qui en rend la pêche aussi facile qu'abondante, et attire à l'embouchure du fleuve une foule d'Indiens qui conservent l’uthlecan comme le saumon, pour s’en nourrir ou pour le vendre à d'autres tribus. Les filets et les cordes, dont les Peaux-Rouges se servent pour la pêche, sont faits avec une plante filamenteuse ei très-commune en Amérique; ils sont d’une solidité telle que les poissons les plus gros ne peuvent jamais les briser.

Les pêches les plus abondantes de l'Amérique du Nord ont certainement lieu dans les grands détroits du Colombia. Au printemps, lorsiue les eaux sont élevées, les saumons remontent le fleuve en quantités innombrables; les Indiens, debout sur les rochers, les attendent à leur passage, et les prennent soit avec des paniers d’osier, soit avec des filets attachés à de longs manches, dans le genre de nos éperviers, et les jettent sur le rivage où les femmes les font sécher au soleil après les avoir nettoyés, et les mettent en poudre en les broyant entre deux pierres. Une fois réduits en poudre. ces poissons sont emballés dans des nattes de soixante-dix centimètres de longueur sur trente-cinq de largeur, enve-

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