‹ Voyage pittoresque de Constantinople et des rives du BosphoreChapitre 1 sur 87 · PRÉFACE DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

PRÉFACE DES ÉDITEURS

Le Voyage pittoresque de Constantinople et des rives du Bosphore, dont nous publions la livraison complémentaire, a été commencé en i8o5, au milieu de circonstances qui favorisoient peu une si vaste entreprise. La France , il est vrai , jouissoit d'un calme intérieur qui permettoit aux lettres, aux sciences, et aux beaux-arts, de se livrer de nouveau à ces grands travaux, interrompus ou foiblement appréciés pendant le tumulte de la révolution: mais une longue guerre désoloit l'Europe. Les traités n'étoient que des trêves passagères. L'opulence , inquiétée et troublée dans ses plus pures jouissances , pouvoit difficilement prêter son appui à des ouvrages longs et dispendieux, qui réclament d'elle leurs principaux encouragements. Il falloit alors de la hardiesse pour tenter d'élever aux arts un monument tel que celui que nous présentons au public; depuis, il a fallu plus que de la constance pour surmonter tous les obstacles qui se sont renouvelés sous diverses formes pendant le cours de notre entreprise. Le Voyage pittoresque, dont nous sommes les éditeurs, a fixé l'attention publique dès la première époque de sa publication, dans le moment même où la munificence du gouvernement faisoit exécuter à grands frais le vaste recueil sur l'Egypte. Il ne nous étoit pas permis, sans doute, d'aspirer à réunir tous les genres de supériorité qui distinguent cet admirable ouvrage; mais les soins que nous avons constamment donnés à l'exécution du nôtre, l'éclat et la variété des talents qui y ont concouru, l'authenticité et le choix des matériaux qui le composent, l'intérêt et l'utilité qui le caractérisent, ont pu nous faire espérer qu'il obtiendroit une des premières places parmi les plus importantes productions du commencement du XIX^ siècle. Aujourd'hui, que le succès a pleinement justifié notre attente, ce n'est pas sans quelque orgueil que nous ferons remarquer que tout aussi, dans notre entreprise, est du à des talents françois.

Le sujet, par lui-même, rappelle les plus grands souvenirs historiques. C'est la description d'un pays qui a été et sera long-temps l'objet de l'un des plus importants débats de la politique européenne. L'éminent talent de l'artiste, qui s'est proposé de retracer avec une fidélité scrupuleuse les plus belles contrées du monde, a obtenu depuis long-temps le suffrage de tous les amateurs; son long séjour dans l'Empire Ottoman, et la faveur spéciale dont il a joui auprès d'un souverain judicieux qui tentoit de famihariser son peuple avec les arts de l'Europe, lui permettoient de donner des renseignements nouveaux sur le caractère, les mœurs, et les usages des Turcs; et il les a répandus avec abondance dans son ouvrage. Nous avons reçu en outre les secours les plus utiles , les communications les plus intéressantes, de la part d'un grand nombre de voyageurs, de savants, et d'hommes de lettres également distingués par les écrits qu'ils ont publiés et par les fonctions qu'ils remphssent.

Nous devons un tribut particulier de reconnoissance à la mémoire du rédacteur du discours préliminaire, qui contient l'exposition du plan de l'ouvrage; à l'élégante plume de M. Ch. Lacretelle, qui a bien voulu se charger de rédiger les descriptions des quarante-huit

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