CÔTE ORIENTALE
iCÔTE SEPTENTRIONALE 76,32
Gttixlilanum Pt omontorium.
l’ilium Cn-ita t.
Si nous tenons compte de la valeur donnée en plus aux degrés de longitude placés au-dessous du 36* degré de latitude, nous aurons :
Côté sud (qui est dans ce cas). 80'14"= 81,095 pas romains.
Côté nord 75,32 = 94,416 i d.
Côtes orientale et occideutale. 363,15 =452,062 ici.
Total. . 627,573 pas romains.
Selon Pline , la Sardaigne aurait eu 554 milles romains de circonférence ; Strabon lui en donne 500 : il est bon de- remarquer que ce géographe dit que ces 500 milles équivalent à 400 stades , ce qui prouve qu'il comptait par stades de 600 au degré, ou stades Olympiques.
Développement du Tableau précédent-.
La distance qui séphre le Capo ciel Falcone actuel de Porto- Torres correspondant exactement à celle qui résulte des données transmises par Ptolémée , nous fixerons à ce cap le Gorditanum Promonlorium ; d’autant plus que Pline, en faisant mention de Vile d' Hercule (VAsinara), la place à côté du Gorditanum Promonlorium.
Nous ne pouvons adopter l’opinion du Père Angius qui met cette ville dans le golfe de l’ Asinara ; car Ptolémée , dans l’énumération de la côte septentrionale, l’aurait immanquablement placée entre Turres et le Gorditanum Promonlorium ; elle devait donc être sur la côte occidentale. Les données de longitude et de latitude de ce point nous étant parvenues sans trop de variantes , nous avons lieu de les croire exactes ; la mesure qui résulte de nos calculs entre la première position et, celle-ci est à la vérité un peu au-dessous de la réalité , mais ces différences s’expliquent, facilement par la manière dont Ptolémée désigne les distances ; leur plus faible chiffre est de cinq minutes , c’est-à-dire plus de six milles romains ; de façon que pour les positions dont les distances respectives sont en réalité moins longues d’uu espace de terrain compris entre cette limite, ou ne
CH AK ni.. — PBKIPLE.
doit pas les réputcr mauvaises, lorsque les différences qui résultent des dotinces anciennes comparées aux distances réelles ne dépassent pas cette limite. Nous croyons pouvoir placer la ville de Tilium sur la partie de la côte occidentale comprise entre le Capo Negretto et la P unta deW Argentiera, et nous serious tenté de la fixer à un endroit dit Porto-Palma , au sud du Monte del Pisano. Reicard place cette ville à Tula , qui est une population de l'intérieur , au pied du mont Lambarra.
Cluverius s’est imaginé que Y Hernurtim Promontorium devait yimphmi être le Capo délia Caccia, et il a considéré comme le Nympheeus P«"us. Portus la petite anse de Porticciuolo ; tout en admettant que le Capo délia Caccia, fort remarquable par sa position, la plus occidentale de la Sardaigne, et par la masse imposante de ses rochers calcaires qui rappellent ceux de Gibraltar, ne pouvait pas être ignoré des anciens navigateurs , nous n’en regarderons pas moins le Porto-Conte actuel comme l’ancien Port des Nymphes; si le cap délia Caccia qui le borde vers le sud-ouest n’a pas été mentionné particulièrement dans la géographie de Ptolémée , c’est parce qu’il aura été considéré comme faisant partie intégrante du port ; peut-être s’appelait-il Nymphœum Promontorium et tirait-il ce nom de la magnifique grotte dite aujourd’hui Gratta di Porto- Conte. Nous avons des raisons pour croire que la petite île de Foradada , située près de l’entrée de cette grotte , est la Nytnphcca insula de notre géographe ; Reicard place le Nymphettes Portus dans un lieu dit Santimbcnia, qui nous est tout-ô-fait inconnu. ‘ .
Quoique la distance qui sépare ce cap du port de Porto-Conte soit pltis grande que celle qui résulte de l’ouvrage de Ptolémée, Promontorium. sa position à l’égard dè l’embouchure du Temus ne laisse aucun doute sur son identité avec le Capo Marrargiu actuel : Rcicar/1 l’indique comme nous.
Voyez ce qui a été dit ci-dessus, page 362. . Tamjt. Ostia.
La distance entre Terni Ostia et Tharros est positive ; selon ConeotUx Ptolémée , et d’après les corrections indispensables indiquées fartas. ci-dessus, cette distance devrait être de 55’5", prise directement entre ces deux points : elle résulte de 55'8", en réunissant
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les données des deux intervalles, entre Terni Ostia et Coracodes Portas, el entre Coracodes Portas et Tharros : niais la distance réelle entre l’embouchure du fleuve de Bosa et les ruines de Tharros n’est <|ue de 33' environ, ce qui ne parait pas s’accorder avec les mesures du géographe d’Alexandrie. Après avoir épuisé tontes les combinaisons auxquelles se prêtent les variantes, nous nous sommes déterminé h ne rien changer au texte adopté cidessus , et à reconnaître une méprise de Ptoléméc, ou «te ceux qui l’ont précédé, dans l’emploi des stades indiqués daus cette partie de l’ancien périple ; 55' de degrés composés de 833 stades et -f correspondent précisément à 33' de degrés composés de 500 stades ; d’où l’on peut conclure que cette distance fut, comme celle d’autres points dont nous parlerons ci-après , indiquée jadis en stades de 500 au degré , tandis que le reste de cette côte le fut eu ceux de 833 7 ; nous avons en effet
Terni Ostia. — Coracodes Portus. 40'8'' de 833 7 = 24'5"de500. Coracodes Portus — Tharros. . . 1 5,0 = 9,0
Total, . i 55'8" = 33'5"
La distance obtenue directement par le calcul entre les deux points extrêmes est de 55'5" — 33' 3", celle mesurée sur notre carte entre ces deux mêmes points, 33' 30" d’un degré d’un grand cercle de la terre.
Nous chercherons donc \e Coracodes Portus à la distance indiquée entre ces deux points , et nous le placerons au bas du Capo Mannu , dans une belle anse , non loin de la la Torre délia Mora : si cependant on préfère s’en rapporter à une espèce de tradition , et à une ressemblance entre le nom ancien de .Coracodes et le nom moderne de Corchinas , par lequel on désigne la région maritime de l’ancienne Cornus , on peut adopter la variante.de l’édition (pour nous très suspecte) de 1511 , et lire pour la latitude 37055'f au lieu de 37°35'; on aurait alors le résultat suivant : '
CIIAP. lf|. — PÉHIPIK. 389
Terni Ostia . — Coracodes Par- ' • *
tus. En minute* de 'degrés •
de 833 ÿ / 20' 1 3" — 1 2' 7" de degrés de 500.
Coracodes Portus. — Tharros. 35,00 r: 2 1 ,0
Total. ....... t . 55' 13” = 33‘7"
Ceci s’accorderait assez bien avec les mesures réelles ; mais dans. tous les cas j’adoption des degrés de 500 stades est inévitable , vu que la distance réelle de Tharros à l’CmbeuchuYe du Temus est de 33' au lieu de 55'.: nous devons dire cependant que nous tenons à la première opinion , «t , si le Coracodes Portas côt été réellement le port de Cornus , nous ne savons pas pourquoi Ptolémée ne l’aurait pas indiqué par ce nom, comme il l’a fait au sujet des Su,lcitanus , Caralitanus et Olbianus Portus. Cluvcrius se trompe étrangement eu faisant de son Coracodes Portus le port d’ Alghcro ; cette opinion peut au reste s’expliquer par l’idée que le Coracodes Portus é lait à1 portée des peuples appelés par notre géographe Coracenscs , et qui ne devaient pas être placés loin- A' Alghcro , comme nous le dirons cj-aprèfc. ' ,
Les ruines de, cette' ville sont bien cônnues. V oyez ci-dessus Tarm Contas. page 358.
. Voyez également ci-dessus page 358. Tyrsi fi. Ostia.
■Nous n’avons pas donné la distance de l’emboucborc du Tyrsc Usettis CMtai. à U-sellus et nous avons passé tout de suite à la position suivante, car il y a dans Ptolémée une erreur certaine ; Usellis n’était pas sur la côte , mais dans l’intérieur.
L’embouchure de ce fleuve peut avoir éprouvé avec le temps Sacnfi. Ostia. quelque changement; nous ne croyons pas cependant que ce éhangement puisse être bien considérable ; d'ailleurs nous plaçons cette embouchure, non au point où le Rio de Pahillonis d’aujourd'hui , qui est l’ancien Fleuve Sacré , entre dans l’étaiig,de Mahceddi près de l'ancienne Neapolis, mais où les eaux de eet étang se perdent dans le golfe A’Oristann sous la tour de Marreddi. • .
En tenant uu compte rigoureux des flexuosités de la côte.
on peut trouver les 20 minutes indiquées par Ptolémée entre l’embouchure du Tyrse et celle du fleuve Sacré, Le promontoire dalla Frasca qui est placé au N. O. de l’embouchure en question n'ctant pas nommé par ce géographe, probablement pour la raison indiquée ci-dessus relativement au Capo délia Caccia , nous n’avons aucune raison suffisante pour adopter la version de Cluvier qui veut lire Xafiliuraropoc As^« au lieu de rtftç Iifài, appartenant à une autre localité; il est cependant fort probable que ce cap était aussi nommé Cap Sacré, si l’on en juge par le nom actuel de toute cette langue de terre qui de nos jours s’appelle Santadi. Ce mot parait provenir Ae SancJus; nous signalons cette particularité sans y attacher , d’ailleurs , aucune importance; nous ferons remarquer, toutefois , que ce cap, ainsi que l’embouchure du fleuve $acré, sont dominés par la montagne de 1 ’Erculcntu, dont il va être lait mention cidessous. ■'
Oiaa Ctv, tas. Les deux distances indiquées par Ptolémée entre Osera et l’embouchure du fleuve Sacré , et entre cette même ville et celle de N ca polis, nous conduisent près de la Tonnara actuelle de Flumentorgiu, où il y a une espèce de port ; on voit non loin delà vers le -nord de la Tonnara, 'des débris de constructions romaines : Simler et quelques auteurs après lui ne vqient dans Osera et Othoca qu’une même ville ; nous ne saurions être de leur avis.
Sardopatorù Le temple de S apdus étant placé après Oscca , et, précédant le -promontoire dont il sera question ci-iaprès , ne saurait être placé au Capo délia Frasca ; en attendant qu’on en découvre les ruines, nous le fixerons sur le point de la côte qui lui est assigné par sa distance A’ Osera et de Pachia Extretna; c’est-à-dire dans up lieu dit Aqua Bella où, d’après les marins qui font le cabotage de cette mer, on trouve des vestiges d’anciennes habitations î cet endroit n’est pas très loin d’une montagne fort remarquable par sa forme et son élévation, dite maintenant Arcuentu , mais qui dans le moyen fige portait le nom A'Ercalentu; on y voit les ruines d’un château de cette époque dont parle l’histoire de Sardaigne ; si l’imagination ne nous a pas trompé , nous avons reconnu en ce lieu des constructions plus anciennes ; le château
CHAP. Ml. — BKttlPLB.
A'Erculentu aurait-il remplacé un temple détjié à Hercule? et ce temple était-il en rapport avec celui de Sardus Pater, qui passait pour neveu de ce dieu ou héros? ce sont là des questions qu’il ne nous est pas possible de résoudre en ce moment.
V ayez ce qui a été dit ci-dessus page 357. En plaçant cette ’Neapolu (ci».), ville comme l’indique Ptoléiuée , nous aurions dérangé l’ordre de succession des points de la côte occidentale ; d’ailleurs , en fixant l’embouchure du fleuve Sacré à la tour de Marceddi , Neapolis ne saurait, à la rigueur, être envisagée comme une ville maritime : voici quelles sont ses distances avec les positions voisines :
Entre Neapolis et Ostta, 5'0" d’un degré de 833 stades -J-; distance réelle, 5' de degré d’un grand cercle.
Entre Neapolis et Sardopatoris Fanum en ligne droite, 11 '0' , distance réelle, 12.
Cluveriüs place Neapolis sur la rive droite du Tyrse , et Reicard à Oristano.
Quelques personnes ont cru que c’était le Capo Pecora d’au jour- r
d’hui ; mais les mesures données par Ptolémée ne permettent pas de placer ce cap ailleurs qu’au Capo Altano ou Giordano, qui, par sa forme arrondie, justifie d’ailleurs le nom de Crassum, tandisque la direction que prend la côte qui lui e?t inférieure lui assigne réellement la dernière place le long du rivage occidental ; le Capo Pecora ne saurait se trouver dans aucune de ces conditions.
Nous n’avons pas de données positives sur l’emplacement de pup„lum Cm- Pupulum; cependant plusieurs considérations nous engagent à croire que ses ruines se trouvent .près d’un lieu dit Massacara , presque en face de Sulcis. Devant partir de deux autres points dont l’identité soit à peu près certaine pour fixer cette position , nous nous servirons pour cela du promontoire indiqué ci-dessus, et de la Kersoncsus de Ptolémée dont nous parlerons ci-après, et qui est indubitablement le Capo Teulada actuel , comme nous le démontrent sa forme et sa situation vis-à-vis de Nora, dont la place est des plus certaines; nous ne nous servirons pas du Sulcitanas Portus, dont la position est trop vague, ni de la ville de Sulcis , qui , dans le petit nombre d’exemplaires qui en fout mention , paraît mal indiquée ; nous chercherons donc l’empla-
SuUitanus
Portas.
au2 LIVRE II. — DEUXIÈME PÉRIODE. GÉOGRAPHIE.
ciment de Pupulum , entre le Capo Altano et le Capo Teu-
lada ; or la distance directe entre ces deux points résultant d’après nos calculs de 32'39", et la même distance mesurée sur notre carte étant de 33' environ , cet accord nous est un sûr ■gOjant de la valeur de ces deux déterminations.
La ville de Pupulum ne pouvait pas être plus méridionale que 1a Kcrstsncsus , ce qui est clairement démontré par l’ordre de succession des localités indiquées; or, comme cette dernière a été placée par Ptolémée sous le 30°4p' de latitude , il est évident que les versions -de ce géographe jur la latitude de Pupulum sont, inexactes. Nous avons d’abord essayé de nous servir des variantes, et de tenter toutes les combinaisons que leurs chiffres peuvent donuer avçç ceux des localités voisines ; mais ce que nous en avons obtenu ne nous a pas paru admissible. P achiaExt renia étant fixé au 36°00' de latitude, et la Kersoncsus à 35°45 , nous n’avons de choix dans le texte que sur les deux chiffres suivants, 35°5Q' et 35°55'; ce dernier nous a semblé préférable puisqu’il place Pupulum dans nu lieu où nous croyons avoir observé ses ruines , et il nous ménage la place nécessaire pour intercaler la position suivante : en adoptant ce chiffre de 3ô°55' pour la latitude de Pupulum , nous aurons entre Pachia Extrema et
Pupulum. . . . . 7'48" d’un degfé de-
833 stades j. , S<V
Entre Pupulum et In Kersoncsus. . 25' 5*.
Total \ . 32'53’.
La distance donnée par le calcul serait de 32'39’.'.
Celle qui est mesurée sur notre carte. . 33' environ.
11 nous reste donc urte côte de 25'5* de développement, entre Pupulum et la Kersonesus , sur laquelle il faut chercher le point fixé par notre géographe sous le nom de Su/citanus Portus. Par ce nom il ne faut pas entendre la partie de-, la mer qui baigne le village actuel de Sant-Antioco, puisque les eaux y sont extrêmement basses et peu propres à la navigation des bâtimenjs à voiles d’une certaine grandeur; uous voyons donc \c.Su letton us Portus de Ptolcmée dans le magnifique golfe de Pointas, un des