CHAPITRE V
Corsi-
Des anciens peuples de la Sardaigne, d’après Ptoléiuéc.
Il rions' reste à parler des anciens peuples de la ■Sardaigne indiqués par Plolémée; • • ' ' •<
Tibuintu. ' Les Tibulatw, selon Ce géographe ,■ occupaient la côte U. plus septentrionale de la -Sardaigne. '*•
. Les Corsi, .quoique placés ai/sud des précédents , devaient occuper une partie de la province actuelle de iini- - lura;'c n effet, cette province a eu de» tous temps dés rapports directs avec Pile de Corse; nous savons d’ailleurs par Pausanias que les Corsi de la Sardaigne étaient des habitants de Pile voisine , expulsés dé leur patrie et réfugiés ensuite dans les montagnes de la -Sardaigne septentrionale , où ils défendirent loug-tenjp* leur indépendance'; d’abord contre les-CarthagiOois, puis contre lés Romains.
Pions placerons dans les- montagpes de lÀmb'atra , qui dominent le pays dés Corsi r cês ■fameux. Balati (1) dont .le nom , qui voulait dire fugitifs eii langue porse, tndi- . que qu'ils étaient en contact direct U\‘ee léa Corsi , Ceuxci et les Btilari faisaient couse commune contré les attaques des Carthaginois ètdes Romains; ils doivent par Conséquent être placé» dans une même région , celle préeisémont qui, par sa configuration topographique, explique la grande difficulté quo les dominateurs tic la Sarv daigne eurent à dompter entièrement ces peuplades sauvages et farouches; -les bandits ■actdtels de' ces montagnes sont encore, de nos jours, les plus fiers et les plus indépendants de tous ceux de Pile. '
Bahtri,
(i) première jmHie, pag* i3»
Cartmrs.
. .. CUAF. ,V.. — •' ASCIEÿS PEUPLES. , V 413
Cpracenset. Ces peuples, que Ploléméc place sous les pré- Cumctnsn. tédents, tiraient probablement' leur nom d’un lieu nommée Gorctx-, dont il nous reste quelque-trace dans. une ancienne église maintenant isolée -, près du village d'îtiri, dite S, M. di 4ioros Les' Cofacenses occupaient peutêtre les territoires qui s'étendent d’7/jrt à -^f/^/fero. ■ • .
Care/isas ou Carcrisii. Le chef- lieu de ces peuples était sans doute ee mèrhe.lieu de Gares dpnt.il est fait mention dans le congé militaire du soldat sarde Ttuiila , délivré par Norva (Coj. ci-après (l)). Sans nous livrer à des recherches inutiles pour savoir si cette population tirait son origine. desCafiens de J’Asie Mineure , ce qui air reste ne serait pas Lors de. vraisemblance, puisque nous retrouvons en Sardaigne, et surtout dans les cantons dont il s’agit ., les traces du culte de divinités jadis adorées dans ces1 contrées lointaines, nous nous bornerons ici à chercher remplacement jadis occupe par l’ancienpe Caret de Sardaigne, ' * ' , . -r
La Seule donnée qui nous reste sur, la positionne cette ville ou bourg, nOps est transmise par feq le chevalier Baille , dans son mémoire sur le congé de Tuhila dont il sera question ci-apros.. .Çet érudit antiquaire, cherchant comme uousla place de Cures , rapporte le fragment d'une note manuscrite que nous .transcrivons ici. (.2) ' .
> . Accepi a domino Manurrita itilcr oppidum Posadn et Terranoya [quee ètiarn vocçttur Cirritas j (pour Civitas) esse oppidum dirutum speclàns ad Episcopatuni .Civita-;' > . tem,qucfd vocatur tares i aç de pr.œsenti çonservàri rumen in Bénéficia simplici, quod vocatur de Caresi , éjusque Beneficii lerritoiiurn fere se pxtunderç usque ad Posadœ
(>) Inscriptions sur bronze, 0° a* 77. X5CXITI. , ..
(•z) Mémoires 'de r Académie des Sciences de Turin , .ni IUT i83i, nm.-XtfV;’ pag.'t . »V ‘
Ch nu* il il ru
Suintant , Lu ci do tiens li et Æsttrvnensii.
Cormtnsrs , qui ^ch'tleniii *■ dicti.
Hun<T*nsii,C*lr Allant. Corpir cer^ii, S capiton i cl SiernUpm
. » *lt-
414 LIVRE II. : — DETX1BJ1K VWllOUE. GÉOtiHAPlUR.
oppidum. Purro praedicliun oppidum 9 Caret tribus fore milliaribus a lit tore maris dislare autumaC.
Vidal, dans ses Annales Sanünùp, et Para, dans sa C oro- ■ g raphia , font ausi mention de cette ville de. Car es, que nous placerons, d'après les indications ci-dcssus, à trois railles de distance de 4a mer, sur la direction de Terranova à Posada, mais plus près de ce dernier point. Nous sommes de l'avis du chevalier Baïl]c, qu'il ne faut pas confondre Carvs avec le 'Fanion Ctirisi de l'itinéraire d Antonin. .
Ptolémée, après les Carensii, place les Cunusitani , tet sous ceux-ci lus Suintant et les lAicidonensii (ou Luqui>> donetises). el puis les Aisaranensii (du Æsaroixenses). Nous croyons que, dans le texte; l’ordre d'énumération de ce? peuples est interverti. Les f.ucidonensii doivent; selon nous, avoir oocupé la région -comprise entre Luquido et le Luquidonis portus, et se trouver plus au nord que les Sulsitani de la côte orientale, qui paraissent avoir habité les plages de Tortùli. Nous plaçons sur la «ôte orientale, au sud de Fe renia , les Æsaronenses > sur lesquels nous n’avons aucun renseignement ; le nom d ' Æsaron et de Feronùt rappellent ceux de deux divinités des Étrusques , qui probablement ont été adorées par un même peuple; ■> quant aux Cunusitani, nous n'avoris aucune raison poulies placer dans une localité déterminée ; ils occupent dans nûtre carte la région actuelle d’Ozieri. ’• -
Les Conteuses dits par Ptolémée Cornensii olrÆchilensii-, étaient également’ désignés, par les Romains sous lu nom de Saçdi'Pe.lîiti; iis 'habitaient la ville de Cdhius et les montagneâ voisines. ’ •*
Les contrées occupées par les Rnaûcensii , Cuisit ani, Corpicensiij Scupitani et Siculcnsii.de «Ptolémée -, nous sont inconnues. Nous fes plaçons avec .réserve dans les localités suivantes : les Ruaccensii , entré Ou an a et
Diqitfc
' .CHAH. V. Aîicums PEUPLES. 4|5
Ora/ii; les Celsita/u , onU'c CJnstano tt b ordurtgianus ;
U>s Corpicensii , de L’autre côté du fleuve , vers, Busachi et Alai; Le? Scapitani, dont le nom est probablement une corruption de Sarcopitani déduit de Sarcopos , peuvent être places dans le Sarrabus actuel; et les Siculenses, au sud de, ces derniers , ■sbr la côte qui regarde la Sicile (I), . ou est le Capo-Corbonara, *•■•••-' *
Les Neapolitæ doivent être- fixés enlfe Neapolis et les NMpoi*« Aquœ Neapolitaoœ, , ... v . j v . ...... i-
Les Tatentini seront naturellement placés près de La- rau.ti.l corti, dahs la région dite de nos jours i^artefialenza.
bes SulcUani et les Norenses , dits par Ptoléraée (édi- *,&««,. rt tion de. Berttus) Sokçtaui et Nutviani, .étaient , d’après *v<”r'w"
ce géogrppbe , les peuples les plus méridionaux de l’ile.
Aux peuples 'mentionnés ci-dessus nous ajouterons lei suivants • \ .N v . >
Pline nomme encore les llienses (Jolç/ucs ou lolaentes ) et les Balari ; et Strabon les lolaonses , qui lurent ensuite dits THogebrenses » et quatre autres peuples montagnards , savoir, les Tarati, les Sesi/iiali, les Baiaix et les Aconites. Parmi tous .ceux-ci nous pouvons placer les Tarati prés de Sassari,. qu’on nomme encore dans’ le pays TatAti ; les Balari, nous .les ayons' mis dans les montagnes de la Gallura; e t quant aux Jliênses,, que nous assimilons aux Iotaenses Ç2), rçous les séparerons ici,
' (i) Il n’est pas dit que ces peuples aient été. Siciliens d’origine'; ils pouvaient venir directement «les Sicttlcs d’Italie. ’
«{a) Dans la première partie de cet ouvrage, a® édit., pag. 9, nous
avons étuis notre opinion snr l’origine probable à'Iolas et de sa eo- * Ionie , que nous sonnpes tenté de croire venus A' loi en Afrique et non de Ip Grèce : nous ajouterons , à propos -des Iliens qulen parlant de ceux-ci, Paaisaoïas fait remarquer que ces /liens de la Sur- , dltigne resstmbUiicnf.iout-à~Jiul de figure, aux Africains , çt iju’iLs avaient les mêmes armures et U mèmè façon de vivre. •
K. TT v , •*
416 LIVRE U. — DEUXIÈME. PÉRIODE. ÜÉOttllAPHHi.
sans cependant en avoir dos motifs bien puissants. On peut assigner aux I lieuses .les régions mon tueuses du centre de l’ile j dont la plus grande partie fut ensuite occupée par les Barburicini -, tandis que- les lolaenses aur raient habité, vers la plaine, la région La plus fertile qui», selon Pausanias, portait de son temps le uonv.d 'lolàs. Uii trouve , au nord de Cagliari, vers San-Pahlàdàé , une contrée dite Parte- alla. ... .. <
Barbarie mi. Les Barbaviçini , dont nous avons- fait mention ei-dé<>-
* sus,, né datent en Sardaigne que de l’époque de l’invasion
des Vandales,, comme nous l’apprend ProcOpe (1 ) ; • ils . haletaient, sur les flancs-des montagnés |eS plus élevées de
l’îlé, les régions qui' portent encore le. nemi de- Darbagie ou Barbargiç ; ce sont la Barbagia Bslvi ,\$. B - Seule et la B. Ulollai. A l’occision d’un congé militaire dont i| sera question ci-après, feu IVf. Baille. relevait , avec beaucoup de raison, une inadvertance de Muratori qui, dans . une note au, sujét d’une inscription (2), laisse croire 'que l’ot\ dpit ’ lire iialariac. au lieu de Barbariae. Notre critique- fait observer I". que, dans le Code Justinien ,
(i ) Eodcm (t snpore dttfeS aliof, copiàsque et- classent adversù.s AJaûros Sttrdiniac îp colas accinjcit. Map.ua hœc est insula atquc npillcnia in primis :■ Siclfûr partes fere Huas adéquat ■■ nam eju.s ambUus habilt ifiatori dierünt iter. XX praebel. Romani Cartlmpinetnque interiacet , Mipfrvrurn incolariim prassationibus infesta. His quondam irait barbar.i F andnli , CxipuAm corum rnunum cum uxorthus 'ablepaoerant, in Sardiniam . ibitjue clausps continebant. Propreiltentc temporc, elapsi ilfi vicinos Cafali ni finies occupavcrwlt : unde vicin/im oàcultis latrociniis ,ihfcstarunt initia. Dcini/c cum ad tria rnii/iâ excrevissent , renuntiarunt Uitebris, ita ut aperlc circnmirctis Hilocis omnibus grassarenlur, dicti ib indit pénis Itarbaricini. lias conlrtt Mauros, Salomon hachieme classent p/iravit. Pbocop. , De Bedlà -rond: , Irlî. ii ,. cap, i3,/'pag. 268;, 'édit, in- fof. Paris , i6(h.
(2) Payez ci ■'après inscription n0,5o.