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510 LIVRE III. — DEUXIÈME PÉRIODE. MON. ROM. d’abord paru devoir èlre rapporté à Alouth , dieu de la mort chez les Phéniciens et Les Carthaginois (1): Nous nous proposions de lire Scrn-Mouth , comme on disait jadis Sem-Heradès , Sûmes- Hermès , Sem-Harpocrate ; mais notre savant corifrère , M. l'ahbé Peyron , nous fit observer, avec beaucoup de raison, que ce nom devait être celui du mort entferré dans cette espèce de sarcophage ; et il nous proposa de lire Semmulhi {fils de AIuthi)r nom qui se rencontre souvent dans les papyrus égyptiens, ainsi que ceux de Psemmuthi ( le fils de Muthi) , Tsemmuthi (la fille -de Alutlii) ; si ce mot, comme il est très probable, décèle une origine égyptiennê, nous pourrions croire -que la population qui habitait la localité où se trouvent ces monuments, tirait son origine de ces Égyptiens qui furçnV exilés en Sardaigne par Tibère, et dont nous avons fait mention, soit dans notre première partie „ page 46, soit dans ce même volume, page 357. * •- Le 'petit sarcophage n“ 45 m'offre rien de particulier, si ce n’est la manière toute barbare dont sont faites les deux figures placées au-dessus de l’inscription, et qui paraissent être entre elles* en dialogue. Cette composition et son exécution rappellent tout-à-fait les dessins que font dans tous les pays les enfants sbr les murailles , avec du charbon . "• • • ,
Quelques uns de ces monuments de Sauçai se trouvent maintenant à Macomcr, chez M. le chevalier D. Antonio Pinna , qui les a fait transporter- de la fopêt en question.. *-
Parmi les monuments funéraires de -l'époque romaine, que nous avons eu occasion de voir en Sardaigne , nous placerons an premier rang la grotte de la Flpcre (Grutta
(i] Moutli , fils île Crnnbs . considéré CQmnje dieu du temps. F rat; de Sanrhnnintnn . éd. Orct, pjig. 36. sq. et n.’ Q8
- CU AP. lit. TOMBEAUX. 511
des sa Bipera ) , qui se trouve, aux portes de Cagliari et à côté de la grande route, dans le faubourg dit Santa- Tçnera. Cette sépulture fait partie d’un nombre infini de grottes sépqlcrales taillées dans la roche calcaire , qui donnent à cette position de- la colline de Cagliari un aspect tout particulier. La grotte de la / ipere, dont il est ici question, est en ce moment très mutilée, par suite des pierres de taille qu’on à tirées de cet endroit; ce qui en existe peut cependant encore intéresser l’archéologue. Le monument présente les traces, éyidentes de quatre colonnes qui soutenaient un ftonton, ou, si l’on veut, une architrave , au-des&us de laquelle on voit deux serpeuts placés entre quatre petits autels. Le centre est bccupé par tçois rosaces en grande partie détruites. Sur l’architrave est gravée l’inscription n° 52", au moyen de laquelle on apprend quq ce tombeau est celui d’une Atilia Pomptilla Benedicta. La partie intérieure se compose d’abord d’une espèce de péristyle, dont toutes les parois sont couvertes d’insetiptions romaines et- grecques (voyez ci-dessus pag. 486-4$8, n°‘ 52-52b). Une ouverture pratiquée dans le mur qui fait face 3 l’éntrée, et qui se trouve au-dessous de l’inscription 52b, donne accès à la chambre funéraire où se voient encore des columbarii bcde et des cercueils, a,f, creusés dans le roc. Malheureusement toute la partie inférieure de cette chambre est maintenant enlevée , depuis qu’-on çn a fait une carrière de pierres; Je plafond de cellc^cj est formé par le véritable plafond de l’ancienne chambre sépulcrale.
Npus regrettons que Iç mauvais état de la pierre, à l’endroit où est gravée l’inscription romaine 52\ ne nous permette pas d’en saisir le -véritable sens; nous avons cru d’abord qu’elle parlait de la dédicace de ce tombeau , faite par un Atilius Félix à sa fille Pompèilld' el à. son gendre Philippe ;. mais, une femme qui meurt après
quarante et un ans de mariage peut fort difficilement être enterrée par son père. Un défaut naturel dans la pierre est probablement la seule cause de la lacune qui se trouve dans le mot PARENTravs de la deuxième ligne. La troisième est très incertaine , ainsi que la quatrième ; elles paraissent à M. Lebas désigner des descendants à' Alilia, comme dn le verra ci-après. Nous donnons le troisième vers du n° 52% tel que nous avons cru le lire , tout en le croyant très fautif. *
Parmiles particularités que nous croyons devoir signaler, touchant les inscriptions latines de çc monument, nous ferons remarquer que', d'après l’inscription même , ce tombeau qui avait la forme d’un temple , quod credis templum, çtait placé près dé la voie publique , Fiator adoras, ce qui a lieu encore présentement. La fin de l’inscription 52e est digne^Talleution, parta manière dont se trouve écrit le mot Aevom.
Nous né nous étendrons pàs davantage sur les inscriptions de ce monument, qui ont déjà été- publiées par !\ïuratorï'(l), par Bonada (2) et par Burmann (3), et nous renvoyons à la fin dece volume le lecteur que de pareilles matières pourront intéresser; il y trouvera une savante note 'de M. Lebas, mepàbre de l’Institut, qui, versé dans l’étude des inscriptions grecques, a bien voulu s’occuper de celles que renferme ce tombeau ( Voyez la note qui précédera table des matières). Quelques personnes pensent que le Philippe dont il est parlé dans Ces inscriptions-.' est le personnage de ce nom qui a gouverné la Sardaigne sous Sylla. Nous ne saurions trop que dire à ce' sujets nous
(i) ffov. Thés, y et. inse., p. mdcxyxviii, 4-
ja) Carmin, ex lapid., vol. II," col. 6, pagi >53, » 54- •
(3) Anthologies Pet. satin, epig et Poet., 10m. If, pag. 6o, 6i
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ferons, néanmoins observer que ceè expressions Rorna fugienle manto, que nous croyons devoir lire dahs l’inscription 5'2r, et celle des deux premiers, vers du’ n“ 52#, - Graves cas us hiwusque secuta semblent réellemept dénoter une époque de proscriptions et de guerres civiles.
A une très petite distance dé la grotte de la Vipere de Cagliari, se trouve celle qui a au-dessus de sa porte d’entrée , l’inscription n° .53 ; elle nous a paru intéressante à cause des deux dernières lignes. Nous, ne pensons pas cependant, comme certaines personnes penchent à le croire , que cette inscription doive être rapportée à l’époque chrétienne. v ...
La petite colline qui domine le village actuel de Sant- Owmu «Spol-
* *. * V \ craie de
Antioço , et qui servait de nécropole à l’ancienne Sulcis , Sant-Jnttoco. est toute' parsemée de grottes sépulcrales taillées dans Te tufia trachytique. La Jtg. 2 représente une de cesgrottes , telle qu’elle fut découverte en. notre présence , en 1819. Quoique nous en ayons déjà donué un dessin et une description dans , lp volume XXV de l’Académie royale des sciences de Turin, nous avons pensé devoir les répéter dans notre planche destinée aux monuments de ce genre.. Nous pensons cependant qu’il est inutile de nous étendre sur la forme et sur les détails dé cette antiquité que le dessin et l’échelle qui "l’accompagne font aisément connaître ; nous dirons seulement qu’elle était pleine de tenaille grossière, consistant soit en grands et petits vases , soit en écuelles et assiettes de toutes les formes ët-de toutes les dimensions , souvent empilées les unes sur les autres. Ces ustensiles étaient rangés par terre avec assez d’ordre, et ils entouraient, pour ainsi dire, le cadavre , qui tomba en poussière an moment où l'on pénétra dans la chambre; les plus grands vases étaient appuyés contre le mur, comme l’indiqtie la figure ; mais le nombre en était beaucoup plus considérable qu’elle he
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pourrait «-n donner l’idée. Nous avons fait, dans notre dessin , un choix des pièces qui nous ont semblé offrir les fermes les plus variées. On voyait encore, dans cette même chambre, deux petites niches creusées à une certaine hauteur; dans une de ces niches nous avons trouvé une lampe avec tous les indices qui pouvaient dénoter quelle avait été jadis allumée, et, dans l’autre , un vase, destiné probablement à la provision d'huile.
La grotte dont il s’agit est située près du pied oriental de la petite butte où se trouve actuellement le fort de Sant- ■/ ntioco ; mais le plus grand nombre des hypogées <c voit près du sommet cl vers I ouest. En ceL endroit la Colline est entièrement criblée d'uuc infinité de ces sépultures, qui consistent presque toutes en une ou deux petites cellules, ayant la forme d'un parallélipipède ; elles sont, la plupart, étroites et basses, au point de ne. pas permettre à un homme d'une taille médiocre de se tenir debout , ou de s’y coucher de son long. Cela n 'empêche pas que ces sombres et humides demeures des morts ne soient toutes habitées par des êtres vivants j en effet, c’est à la fois un triste et singulier spectacle que de voir sortir rie ces antres enfumés, comme d’une fourmilière , des femmes et des enfants couverts de haillons, et souvent dans un état complet de nudité. Ces malheureux , dont la peau est noircie par le soleil, ou par la fumée qui ne cesse de circtder autour des parois de ces tristes habitations et qui n'a d’autre issue que la porte, animaient d’une mâuièrc étrange, mais pittoresque, la curieuse topographie de cette colline, et l'architecture rustique de ces chambres souterraines, destinées jadis au silence et à la paix des tombeaux. C'est dans unè rie ces chambres souterraines , découverte par hasard et placée au-dessous d’une de ces habitations de .troglodytes, que furent découvertes les rtnur.es dont nous avons "fait mention
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CUAP. 111. TOMBEAUX. . , 515
cbdessys, pag.\*>04,«t qui sont représentées fil. XXXV,
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ta nécropole de Thaijos , placée près du Capo-dt- Sant-Marco, et creusée dans la roche calcaire , est plus riche en objets dé-terraillc , et surtout en vases de verre que celle de Sulcis. Ayant assisté, il y a quelques années , 1 •
à des fouilles faites en cet endroit, nous en vîmes'tirer un nombre vraiment prodigieux ûe vases; ceux en terre cuite n'avaient rien de, particulier ; quelques uns , cependant, étaient remarquables par leurs forrpes et par la qualité^ de la terre qui les rapprochait de» vases que l’on trouve dans les tombeaux étrusques. Parmi les ustensiles en verre, nous en eûmes. de très-élégants- et d'une finesse vraiment remarquable i- nous citerons -surtout une petite soupière " avec son couvercle , dans le plus parfait état de conservation , et dont nous avons fait hommage au cabinet de Ca- * ,
gliaci. Nous eûmes également, à la même occasion , une r
petite serrure en bronre qui tenait à un petit sarcophage , en plomb que lé$ ouvriers Ont fondu, et qui, au reste, * n'avait rien de remarquable, si ce n’est cette serrure.
Nous" avons également déposé celle-ci au Musée de Canari. > ' . , ' " '■ ■
'• . Dans oes dernières années , la famille de M. le marquis d’Arcaïs, qui habite le village de Cabras- pendant la helle'saison, ayant fait pratiquer des fouilles faites avec •plus d'intelligence que celles qui avaient eu lieu jusqu’ici r • •
on a trouvé de nouvelles sépultures qui ont fourni , outre .. * une ipfinké d'objets en terre cuite et en verre., des bijoux1 de métal précieux et des pierres 'gravées-, parmi le? objets de terraille il y en Savait de-forme et de composi- • lion analogues au* vases trouvés en Étrurie. Nous n’eûmes pas l’occnsian de les examiner -ran de ce» vases à fond noir éepréseulait un lièyrfc Ou un lapin , peint en jnuye; un autre vase avait également des figures de deux cou- } .