‹ Voyage SardaigneChapitre 175 sur 205 · CHAP. III. TOMBEAUX · texte numérisé non relu

CHAP. III. TOMBEAUX

le travail eu est tel qu’il ferait honneur à l’artiste le plus habile de nos jours-, ces cinq bagues appartiennent à M. le marquis d’Arcais , qui a bien voulu nous permettre d’eu prendre, un dessin. - . •

Parmi les autres objets trouvés dans ces tombeaux de Amuicuraégjp- Tliarros, nous compterons encore plusieurs amulettes * Ftp.. 18-25. d’origine vraiment égyptienne , dont nous donnons un • dessin dans notre planche, n"’ 18-27, et qui appartiennent également à M. le marquis d’Arcaïs; le n° 18 est un frag- . ment de statuette en bois , le n° 19 un cône en pâte de verre, servant de cachet, et représentant une espèce de Couronne avec; un pedum, et d’autres emblèmes communs, aux monuments égyptiens ; les n"*1 20-21 sont'des scarabées en jaspe vert; le premier paraît représenter la, victoire d’uhe divinité, peut-être de Typhon, sur un être humain, dont ôn ne voit qu’une partie du corps, la pierre , . . étant endommagée; tous le$ autres petits monuments de ce genre sont des pâtés en verrè ou émail, et offrent des représentations qui se retrouvent dans tous les cabinets ‘d’antiquités égyptiénneS.

Nous ne doutons pas que ces objets ne doivent être considérés comme des amulettes; puisqu’on en a rencontré dans les tombeaux étrusques, doit-on s’étonner de les trouver dans ceux d’une île où furent relégués un si grand nombre d’Égyptiens, comme nous l’avons dit ci-dessus?

Le n° 6 représente un vase en verre conservé au Musée v.«s «erre « royal de Cagliari, et encore rempli de cendres et de débris d’osse6ients humains ; il fut tiré des tombeaux de Santa , •

Catterina di Pitinnuri, où se troùvent les, nécropoles de Cornus; ce vase est •remarquable par sa parfaite conser- . ration , et même par une certaine élégance de forme; 011 • en a déterré en cet endroit plusieurs, dans lesquels oit a trouvé des monnaies romaines et puniques; on en dé- * . couvre de semblables dans les tombeaux de Nora(Pula).

, Les vases- figurés sous les n"' 7 et 8 sont également en vernfc, et remplis d'ossements calcinés ; quant à ceux des n°*^-12, ils sont de la même matière que les précédents ; mais- ils ne paraissent avoir été destinés qu’à contenir des liquides. . % - . . .

Les fig. 13-17 représentent des vases en terre cuite, trouvés .dans plusieurs lieux différents ; nous les avons choisis parmi les nombreux objets de ce genre qui ornertt le Musée royal de Cagliari.

.sjrcophiS.*. * Le n° 5 offre le dessin d’un petit sarcophage en marbre également rempli -d’ossements humains calcinés : jl se • trouve , dans le cabinet en .question ; mais nous ignorons

■ de quel endroit il est tiré. Nous croyons qu’il n’a pas été

sculpté dans l’île, et qu'iL est du nombre des monuments de ce genre que Rome fournissait aux provinces lointaines, où l’on n’avait plus qu’à faire graver le nom de la personne pour laquelle le sarcophage avait' été acheté. Nous n’entreprendrons pas l’explication de ses différents ornements, car Ce sujet est très connu, et il y a peu de cabinets d’antiquités qui n’en contiennent de pareils. Les feuilles de lierre qui ornent les flancs de ce sar- ' cophage doivént-ellesclre regardées comme un attribut de Bacchus, Ou ne font-elles pas plutôt allusion à la qualité de cette plante, de se conserver toujours verte, et d’embrasser bien souvent très étroitement et pendant longtemps un arbre qui a cessé de vivre? Quant aux fleurs qu’on remarque .sur la farce, elles peuvent rappeler ces fameux vers de Y Enéide, connus de tout le monde

Sarcoj*li.n<' de Pau/i-Gcrrri.

Tu Marcellus cris. Manibus date /ilia pleni v : Piirpurcos sparfcarnjlnïes. . . . \ . .

• • (Lîb. vr, v. 883, 884 )-

La fig. 33 représente un sarcophage en marbre grec, trouvé il y a quelques années en Sardaigne, et mainte -

t'HAÏ. 111. — SAHCOPDA6ES.

nant au château royal d yiglià en Piémout , ou le roi

dél’unl , Charles-Félix , a\ait réuni plusieurs antiquité» , dont une grande partie provenait de sa belle villa Jiuffinella près de Frascati. Le sarcophage dont il est ici question fut trouvé dans 'un village de l’intérieur de la Sardaigne nommé Pauli-Gerrei ; il a déjà été décrit et figuré par notre érudit confrère- M. l'abbé- Gazzera (1)-, ce qui nous dispense d’eiitrer dans de nouveaux détails à eè sujet; on y voit les neuf- Muses couronnées des. deux plumes ar-. - ’•

rachées aux sirèues , etentourant yipollon et fl'Iinerve, caractérisés par leurs attributs respectifs; aux pieds à' Apollon se Irouvç un griffon , >et de l’autre côté un oiseau ; c’est probabloment ce' même corbeau qui se rencontre ■dans plusieurs monuments mithriaqups. L'homme barbu qui est répété sur les, deux faces latérales du sarcophage, est peut-être la personne à laquelle Je monument est destiné; les deux masques, de la tragédie et de la comédie, qui sont placés au-devant de ce personnage, paraissent à M. l?abbé Gazzera devoir être considérés comme des emblèmes funèbres. * , *

On trouve un sarcophage à peu près semblable dans l’église- de S.-Gavino à Porto-Tàrres ; le travail n’eu est pas cependant aussi soigné. . ,

A une demi-heure de chemin de Sassari, vers Santa- Sïrropiugr .iu Natolia ', on voit dans le .mur . d’une maison rurale 33. la moitié d’un beau sarcophage en marbre blanc, qui nous a paru digne d'attention , et dont nous, donnons un dessin fait par nous-même ( fig . 33 dé la même planche); il représente un homme vêtu. à la romaine, entouré d’un zodiaque, au-dessous. duquel est un char tiré par deux ou quatre. chevaux , conduits par un petit amour, oa un gé-. , nie ailé ; au bas de ce char se trouve un individu qui

(i) Dî un décréta di Pntronalo e Chentela, etc., p. 5.

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paraît un enfant prêt à y raonler, ou peut-être est-il censé en descendre; il est assisté par une femme voilée dont l’attitude annonce la douleur ; à ses côtés sont couchés deux ' êtres humains qui paraissent représenter deux fleuves. • - . .

. Le médaillon est soutenu .par un génie ailé; il y en avait fort probablement un pareil du côté opposé; deux autres génies non ailés , mais nus et drapés d’fin manteau élégamment placé'sur l’épaule, occupent l’extrémité latérale du bas-relief; un de ces génies tient dans sa main gauche une corne d’abondance.; les deux mains de l’autre sont mutilées ; mais on voit un bélier assis par terre entre eux deux. Le monument est tellement dégradé, surtout dans la partie du bas-relief qui se trouve sous le médaillon , qu’il nous a été impossible de le dessiner d’une manière plus précise.

Nous offrons à la sagacité des érudits l’explication du bas-relief en question , où nous croyons reconnaître le départ de l’âme pour Y Élysée, ou peut-être son arrivée; les deux persohnages couchés nous paraissent représenter l’ Achéron et le Styx. Quant au zodiaque, nous l’envisageons comme un horoscope ; peut-être indique-t-il l’époque de la naissance .ou de la -mort du défunt, qui eut lieu probablement entre les deux mois de l’année représentés par le signedu Taureau-b t celui du Bélier) c’est ce qui paraît être désigné par la position de' ces deux signes, au sommet du médaillon, c’est-à-dire par rapport à la tête dti personnage principal. .

Quoique nous n’ayons dans ce monument aucune inscription qui nous en fasse connaître la date , cette date ne saurait être antérieure à celle de Trajan , puisqu’il est bien prouvé par les belles recherches de M. Letronne qa’on ne voit aucun zodiaque figurer avant celte époque r • »

■ et

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