CHAPITRE IV
Temples.
Tcit>pie4'^/i- . Novs avons déjà eU occasion ci-dessus de faire mention W. ixkvr. d’un tefnple découvert depuis quelques années dans un . lieu AxVjintas* où nous plaçons l’ancienne Metdlla de l’itinëraîre (l^.'La Pi. ■ XXXVÏ est consacrée à donnée une idée 'de cette antiquité, qui est la mieux consetvée parmi toutes celles de ce genre que nous avons eu occasion de voir dans Tile." Nous avons visité ces ruines en Î838 ; maris comme- nous étions en ce moment à peu près seul dans ce HeU dépourvu d’habitations , et que nous manquions des secours indispensables pour retourner les pierres, surtout telles de l’architrave, il nous fut impossible de lire l’inscription et de lever un plan exact du , temple y-'c’est pourquoi nous avons, en 1839, chargé M. Cima , architecte instruit et habile de Cagliari , dont * nous avons déjà eu occasion de parler ci-dessus, pagés • 91-94 , de se rcndre'sur les lieux avec les hommes nécessaires , et de Suppléer à ce que nous n’avions pas pu exé-
' . cuter nous-mèm'e- } '• • »' '• ‘ j '*
Quoique les recherches de M. Cima n’aient pas été couronnées d’un plein succès, pour ee qui regarde la lecture entière de l’inscription dë l’architrave’, son travail n’en est pas moins précieux qt n’en donne pas moins une idée à peu près complète du monument. • • '
, Çcs ruines se trouvent dans une forêt de chênes verts très sombre et très pittoresque; quelques uns de ces arbres, epr
(i > V <<y>~ cj-ijcssus pag. 455-454, et'la position de Mclalla dans
notre PI. !.. *• '
...\ (. COAP. IT,. , TEMPLES. ... . 523
croissant au 0}i|ieu du temple même, ••en ont accéléré la destruction; au premier abord , on ne véit-guère qu’un amas de fragments- de colonnes entassés pêle-mêle avec des restes de corniches et de chapiteau-x ; mais en examinant Ces décombres avec un pou de soin, on reconnaît que toute la base de l'édifice est, pour ainsi dire, intacte, ce qui a facilité la levée du plan dont nous garantissons Texactitude, puisque celui que M> Cima a levé et que nous insérons dans notre planche ,- concorde avec lés croquis que nous en avions faits nous-mème un an auparavant. La petite vignette n° 12 donne, une idée assez exacte de ces ruines , telles qu’ellés sont en ce moment. • \. *
Le temple, évidemment de construction romaine, est de la classe des temples, tçtrastjles , à cause des quatre colonnes de front qui se - trouvent .devant', le pronaos; & chaque flanc.de ce dernier,- on voit une autre Colonne- et deux piliers angulaires : les six bases des colonnes sont encore à leur place , Celles des deux piliers sont dé rangées et fracturées. •' ’ •> • ,
Le plan est remarquable par -le prolongement des murs de la cella {ou si l’omvout tltes Antas de Vitruve , qui sont latérales à la porte d’entrée); ces denx murs se rétrécissent à mesure qu’ils s’avancenVau dehors; il paraît qu’ils sont ainsi' faits à cause dubesoin qu’on avait de soutenir le toit en cet endroit, et de ménager en même temps dans le pronaos un espace qui aurait été encombré par les colonnes , si Celles-ci J eussent été placées.'
La largeur de la face du temple est de 9 mètres 30 cent., mesurée du vif Su vif (4). titre les deux colonnes latéraleÿ, la longueur prise du vÿd’une de . ces deux colonnes à l’extrémité du mur de la cella, est de 19 mètre>
( 1 ) y oyez pour ce mot Je Dictionnaire, d Architecture de M. Qua t réméré de Quinci, tom. H,pag.*664. v • * • *. •
10 cent. ; le diamètre des colonnes de 0 mètre 95 cent. L'entre-colonnèment du milieu est plus fort que les latéraux, il est de 2 diamètres et demi. Les deux autf-es de front sont de 1 -j-, ceux des flancs de 2 diamètres. •
L’on monte au pronaos par le moyen de deux escaliers latéraux à plusieurs paliers , formant une longueur de 17 mètres 25 cent., et une largeur de 9 mètres 40 cént.; on voit encore les traces de ces escaliers et des paliers. Le quatrième escalier est divisé en trois parties égales par deux piliers dont il existe des restes bien reconnaissables; on voit également 'au centre du grand ‘[«lier un débris de construction , qui indique en ce lieu la présence de l’autel des sacrifices.
L’intérieur du temple est remarquable par lesdeux murs parallèles à ceux du dehors, qui, finissent par former une petite- de 3 mètres 50 cent, de largeur, et un corridor d’un mètre 50 cent, qui- en fait le tour ; au fond de la oella,. c’est-à-dire du côté opposé à la porte d’etitrée, on voit une autre porte dont l'architrave existe oncore tout entière; on y voit également les cavités quirecevaicot Jes gonds des impostes. Près de là- on remarque encore deux bassins carrés que les fouilles ont mis à découvert; ils ont environ 1 mètre de- profondeur sur 1 'mètre ■20 cent, de chaque côté; on y descend par trois degrés de 0 mètre 25 cent, de longueur; ces bassins étaient évidemment destinés à recevoir de l’eau , puisqu'ils sont tous revêtus de cet enduit fait de chaux et de, briques pilées, qu’on trouve dans tous les bassins des constructions anciennes; .faits pour servir de réservoirs.
Le pavé intérieur dn temple était formé d’une mosaïque grossière, composée de petits cubes de marbre blanc ayant environ un centimètre de. côté; cette mosaïque ne s’écarte en rien des ouvrages dé ce genre qhe l’on trouve dans -lep édifices rômàius. . *,
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L’ordré des colonnes est ionique ; la base attique de O mètre 45 cent, de hauteur ne manque pas d'une certaine élégance; le chapiteau est remarquable > par le collier et par la grandeur de Voue , qui n’est entaillé que du côté de la façade ; on peut même dire que ce chapiteau n’a pas d 'abaque, à moins qu’on ne veuille donner cenom à une espèce de petite, tablette où commencent les deux voluteS; les oues sont assez bien, travaillés; la hauteur totale de tout le chapiteau est de Omètre 54 cent.; ceux des piliers des angles et des antes latérales de la porte ont la même élévation ; mais ces derniers sont faits différemment que ceux des colonnes, et leur profil est beaucoup plus simple, ainsi que cela se rencontre dans les édifices anciens. . {Foy.fig. 6.) • . • -
Le fût des colonnes était formé de plusieurs pièces cylindriques de différentes hauteurs,, On voit , dans chacune de ces pièces, une entaille à queue d’aronde qui servait, ainsi que nous, l’apprend Vitruye , à recevoir les branches des tenailles avec lesquelles on saisissait les pierres pour lçs soulever de terre, jüsqu’à la hauteur à laquelle elles devaient être posées. La surface de ces fragments de cylindres n’est pas polie , ce. qui fait peuser qu’ils étaient revêtus de stuc; il* n’en est pas ainsi des bases et des chapiteaux qui sont , au contraire , polis autant que put le permettre la nature de la pierre calcaire un peu poreuse dont se composait tout l’édifice , et qui est prise sur le lieu même. Tous les murs et le basement de L’escalier sont formés i'opus quadratum.
De toute la corniche, on u’a pu trouver que l’architrave et un -fragment de gargouille de la corniche avec la cymaise; on reconnaît, au moyen de cette pièce* que la corniche était revêtue d’un stuc à façon de ntarbèe. Le toit était composé de tuiles plates recouvertes à leur union par-des .tuiles creuses, dont les extrêmes étaient
ornées iï ante-Jixes en terre cuite. Un fraglnent de ces dernières, a été trouvé parmi les décombres; on y voit un bras appuyé sur une volute et un morceau d'aile;' il a été facile den faire une restauration à peu près complète.
(foy-fig- 1°-)
L’arcbitrave portait l'inscription dédicatoire du temple; comme, lorsque nous visitâmes ce monument, il nous fut impossible de retourner les pierres pour recomposer celte inscription , nous avons spécialement chargé M. Ciiua de prendre avec lui le nombre d'hommes nécessaire pour y parvenir. Malgré tous les soins de cet habile, architecte . nous no possédons pas encore cette inscription .. tout entière, et nous la donnons dans notre planche, telle que nous l a remise M. Cima. Nous ferohs seulement .observer que nous doutons un peu que la jambe de I’m , placé par M. Cima avant le mot ajutoainvs, soit réellement en -place, ou que. cette jambe appartienne réellement à un m. Tout en convenant, avec cet architecte , que celte inscription devait porter les noms d avrelio et aktoîiiko ,'nous croyons , d'après toutes les inscriptions., que I’m devait précéder le- nom de Aurelius et non celpi d ' Antoninus. Si l’inscription devait se rapporter à un seul empereur, on devait lire cars. m. anhkmo
antoniko ; et elle se rapporterait à Mnn-Aurèle ; si, au contraire , les deux empereurs y sont nommés , Anton in devant toujours précéder Morc-Aurfile , le fragment d devrait être placé avant le fragment b-, mais l’ajustement parfait qui paraît avoir lieu entre, les deux pièces d et c, s'opposant à celte combinaison, nous suspeu,drons notre jugement sur l’arrangemebt que M, Cima a fait des fragments- de cetto architrave , jusqu’à ce que. la découverte d'autres pièces vienne éclaircir ce Ho question. Quoi qu’il en soif,. ce temple était dédié à un des deux empereurs désignés, ci-dessus!/ La' seconde ligne •cht
. >• '• * CUAP. IV». -r- flïMJ'LB!». .t 52.7
la pièce. e indique évidemment une restauration; mais ce mot stitve annonce un pluriel , et ne saurait être ré^ ,
.tabli que par celui de rf.stitvbrVNt ; • ce que pourrpnt
peut-être Confirmer les découvertes des pièces de l'architrave, qui sont encore à retrouver, La lecture de la pièce h , où nous lûmes nous-même tempi. , est certaine-; . • . mais nous ne saurions dire si ce fragment se trouve à sa véritable place à l’égard des pièces q et i. Comme il est fort probable que dans le printemps de 1841 nous aurons occasion de retourner à A nias , nous tâcherons. ’ de compléter la lecture de cette inscription, si la-cbose est possible. Nous espérons visiter également les ruines qui sont près de là, et dont uous avons appris l’existence après notre départ. Peut-être y découvrira-t-on quelque, inscription qui fixe réellement en ce lien la place de l'ancienne Métallo, comme nous atons tout lieu de le croire 4 ’ . d’après lus distances et la direction donnée à cette ville' par l’itinéraire, et comme nous avons également cru'potrvoir le déduire de la-monnaie inédite dont nous avons parlé. ci-dessus , pag. 454 et 5)03. . s;- jv
Le temple dont il vient d’être question ressemble un peu à celui d’Augilsto à Polo, qui en difiere cependant ei\ ce qu’il est d’ordre .corinthien , tandis que le nôtre esüonique. Les colonbesdu temple de Vola sont également espacées , tandis que dans celui d '-Antas l’enlrecolonnernenl du milieu est plus gland que les deux latéraux : c’est »
apparemment par suite des petites dimensions du temple; car le passage du milieu aurait été gênant pour le service du culte, si l’-cutrecolohnement du centre eût été tenu dans- les.proportions voulues par les règles d'architecture. ' ' V i ■ ,
La fig.,3„P(. XXXVII,, donne le plan du temple de la Ttmpitdeia Fortune de. Poilo-Torres , connu dans le pays sous le nom de Palaczo- -tlcl re barbaru.( palais du roi bar- y , a' " ’
528 LIVRE III. — DEUXIÈME PÉRIODE. MON. ROM. bare). Les ruines de ce monument sont encore sur pied, mais les voûtes sont tombées, et toutes les décorations intérieures ont été enlevées à plusieurs reprises. Nous ne donnons de ce temple que le simple plan , tiré d’après les fouilles faites il y a une quinzaine d’années par les ordres de la reine Marie-Thérèse, et qui ont mis à découvert toute la base de l'édifice. Les escaliers, les piliers et la distribution intérieure sont encore bien visibles. Comme l'inscription que nous avons insérée ci-dessus, n° 34, a été trouvée au pied de la façade de, ce tçmple, nous avons tout lieu de croire que ces ruines sont celles du temple de la Fortune et de la Basilique, avec le Tribunal et les six colonnes dont parle l’inscription. D'après le plan que nous offrons dans notre planche (f), il paraîtrait que tout l’ensemble de l’édifice était plutôt la basilique ; peut-être le temple de la Fortune était-il près 'de là. Quant au tribunal , nous sérions porté à croire qu’il se trouvait au fond de la basilique , dans le lieu que nous désignons par la lettre t r en nous réglant sur la place qu’occupait le tribunal dans certaines basiliques ramâmes; Ni- ayant pas levé nous-mèmc le plan en question,
nous ne saurions dire si les bases des colonnes et des
piliers qui soutenaient le portique étaient réellemeot telles que les présente le dessin. Il néus a été impossiblede trouver les traces des. six colonnes dont parle l’inscription , et qui fort probablement devaient se trouver dans cette partie de l’édifice. .
(i) Ce plan nous fut remis par feu M. ComiuoUi, habile architecte et dessinateur, qui a séjourné plusieurs ynnées 4 Sassari , en qualité d’adjudant des Ponts et Chaussées.
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