CHAPITRE V
Amphithéâtres et Théâtres, , v '
Le seul amphithéâtre ancien passablement conservé AnpiNiMMra <jue l’on rencontre en Sardaigne, est relui de Cagliftri ;.U «.Jjjjtyï, eit creusé dans la roche calcaire, et placé à cheval sur Un ravjn cqufant du nord-est au sud-ouest. Ce monument sé- * ■
. trait en meilleur état> si l’on n’eiit pas extrait do la pierre de tûHlé'dc ce même lieu; il en est résulté des coupures profondes qui interrompent le cours des gradins; la partip qui fait face ait nord-ouest est la mieux conservée : c’est * * celle qu’on* voit fiç. 1. •
L i'Jig. ifeprésente la coupe selon la ligne A B du *
plan figuré au bâs sous Je n” 1* ; la plus grande partie de l’araphithéàtre est creusée dans le roc, mais pour ce qui se • trouvait dans le ravin'/, 00 dans l'endroit où la vallée s'élargit et communique “avec la ploineyon a suppléé par des censtt-pctipus avec ciment; c’est aiifSi qu'on atah fait • Ja façade, et probablement le portique, dont on voit encore dés trace» en y. • ... * •"
Comme ce monument n’offre pas un grand intérêt en fait d'architecture, noùs n’abuserons pas de là patience du lectèOr en’le décrivant minu(ieusemént; d’ailleurs lé dessin qqé nous eo donnons suffit mix-géris de l’art pour eu- avoir une connaissance assez complète y nous engageons seulement le lectenr à jeter Je» yeux sûr la chambre-n dupjan inférieur, dans les parois de laquella.sobt .faits plusieurs anneaux ménagés dans la roehe , et qui Vlaientprobablfetnent destinés à attacher les animaux-qu’on lançait dahs l’arène;. U fig . i3, donne le dessin d’un de ces anneaux naturels, fait sur une plus grande- échelle ; le (.urruior supérieur g d’où parlaient plusieurs vomitoires, est êncore Mai) conservé eu quelques endroits ; le fond de
de P/ont. V'g a.
:>:io i.ivRe in. — ifEtutrtofe mhiiiohr. «mi. box. '.
• l'arène était traverse par des aqueducs souterraiu» ü», qui * se croisaient dan$, un senS perpendiculaire et qui rerévaient toutes les eaux pluviales, ainsi que les canaux k . creusés dans le roc ; il est probable que ces eaux étaient quelquefois réunies, et qu'on transformait. alors l'arène' en une Naumdchie , comme cela se pratiquait ailletirs. -
Gel amphithéâtre devait contenir un nombre coiisidorâble de «pedlatours , puisqu’on voit les trace? des derniers gradins jusqu’au-dessus de la colline; l’arène-avatl . environ 47 mètres de long sur 30. de largeur. v Parmi Jes- monuments antiqnes de ce- genre auxquels
• oit peut comparer l'amphithéâtre romain de Gagliari . nous citerons celui de Pcrgame , dont !VL lïuyot a bien voulu nous communiquer uu dessin et un plan inédits , qu’il a levés lui-même sùr lés liebx •, cét amphithéâtre-,
• également, romain , est aussi creusé 'dans, le roc, et traversé par un ravin; les. constructions en inaeounvrie v oui. comme de raison ; remplacé la pierre,;- là où la roche inanqiiàit , connut; .-cela eut lieu dans l'amphithéâtre de ( '.a g lin ri .
La Jig. 2, meme planche, donne le plan duthéàt»romain de -fVbflft-, qu’on voit près de la mot, dans- la petite pfesqu île de Snnt-Fffisio dePula. I-) paVlie de et* théâtre où .siégeaient les spectateurs est cncoiv hiôn conservée . ou la dirait presque intacte^ le resta est en grande partir démoli, et ou n’en voit pUistpic la haSe : nnunorames ro- . devahle à M. Cima',’ que nous', avous déjà nortrmé, du dessin que nous offrons dans -cette plafiche ,.Ct que noos nvôns substitué à celui que hbus-én avions fait nous- . menu», et qui renfermait moins de 'détarifs'; nous pensonsf qu'il est .inutile de décrire ce monument dhns toutes se* particularités., puisqu’il ne -s’ écarte pas "des formes des théâtres romains décrets -par" ïilrn\*u ni dont
en Uencynlrr .lés ruines plusieurs- localité* ; nous* flé-
CHAf. V. THK.VTJlK. 53 1
fous cependant .remarquer, que ses dimensions sont un peu petites; peut-être étaient-elles en proportion dH nombre des habitants de Nara , qui ne dévait pas être, bien considérable, si l'on en juge par le développehnent que pquvait prêndre cette ville dans I isthme très rétréci on l'on en trouve les ruines. » ■ • *
On donne très -improprement au théâtre en question le nom de Leoniera ( Lion ni ère )•, dans l’idée qu’il servait aux /tombais des lions; -c'est apparemment ce nom qui fut cause de l’erreur commise par M,' Valéry (Foybge en jCoçse ët eh SardaigAe. ; Vol. K", page 244), qui parle de ce .monument comraod’un amphithéâtre. (I)
‘ (j) Lo défunt (l’espace nous ayarit empêche de consacrer, comme nou? ndus. Vêtions, proposé , un livre spécial au» antiquités du moyen â“0 qui existent dans l’ile , nous, nous reservons de traiter. ce»sujef dans la -quatrième partie de cet ouvrage, lorsque nous décrirons'cê qne tes differentes localités de la Sardaigne peuvehjr of- • frir d’un -peu remarquable en qe genre Jde monuments; mjis ee quatrième volume ne devant pas êlrq accompagné d’tm Atlas, et ' seulement orne (je vignettes dans le texte ("), neiis insérons, dans
• l’Atlas qui accompagne ce second .volume ,- nue planche qui ne devrait pas j figurer, qt que nous ne voûtons pi» supprimer, plttsqb’etle est gravée ; elle représente l’église de Saint-Pieréo de Sor- Ae.r, jidis évêché, et maintenant ÿ peu près abandonnée. Notre intention ep d’en (wfler en son lien; nous ferons seulement ob^ server que ce|t(- église est eoustrufte en çouclies alternantes de
• piètres calcaires et de jiicrros volcaniques ; elle a , en éc\a , '(unique rapport avec l’église de Saint- tinrent, de Gènes. I.’abbaye de Snccargm , en Sardaigne, e»t également construite en tories noires et
• blanches . Nous devons egalement relever une erreur dans laquelli;
est tombé ’M. Valéry, cpii dit, psg. 86; que/ette basilique et* dn
granit ; jl ejt vrai qu’ou. peu plus loin il ajoute : Les grossis co~
(pluies et les arceaux sonl.de pierres blnnthes.pl noires cemUnc
aux cathe’ii raJt: t & Pise et de Sienne. ( Lac. cil . , vol. If.) *
(P) La plus grande partie de» desdn» de ce» vignette* feront tirer de ceuil qu*dh p^fiendra paffic Qmgmeiréoijrpr. • : • •
nu -Dt* LIVRE TRQISIKVt:.
ï SUPPLEMENT.
• CHAPITRE PREMtERs
,, /.. ■ Anliquitos des lies Baléares. * * • •
• Le voyage que nous avons fait aux îles Baléares pen-r
daBt riiivcr.de 1833 à 183$ , ayant eu pour bgt spécial . de yisîter les antiquités de ces pays', afin (le les. comparer à celles, de la Sardaigne, nous insérerqns îci, sur ces monuments, une courte notice qili formera une espèce de complément au premier livre de ce volume. Nous commencerons par décrire quelques antiquités trouvées en différents lieux des îles en question , et nous pisserons ensuite à la description des monuments qui ont un .rapport • immédiat aveq les ÎV ur-hags . , . ; ■ ■.
oijrt, trouve» ;Les ftg, 3> 4, 5 et 6, P/.XXXIX. représentent des iv.ü.ô",. piietà trouvés (tan* je Tnlayot dî| son Tcxegnet près de Pt. xixiki j rf^c ]\/ajor (ij dans 111e. do Majorque, maînlenant'dçposés dans une espèce de musée au couvent des capucin? de P aima ; to^s tas- dessins de cette planche /hors ceux . de h’fg- 14, et des médailles, sont réduits de moitié des
originaux. . ' # . t ^ ... % .
ç,g Le 0° 2. représente uu disquè'cn bronzé , dont le centre
est occupé par un polit bouton conique ; on volt par der- • , rière une-espèce d’anneau où passait sans douté un.opr-
• don ou une lanière ; nous sommes porté â 'considérer cet objet comme-un instrument-dé, musique ; il y en vivait deux tout à fait semblables qu ota faisait' probablement . . . • •’ — : — . v.-;.
(t) Nom qui paraît provenir «ta Itucûf tnajor.
- • CHAIS I.'v — ÎI/IJS BU KAHRS. 533
battre l’un contre l’autre, pour produire’ un son un peuanalogue à celui des: cymbales! ‘ 1
'Lé n* ‘3 est une espèce de .bracelet, également en bronxe; on en voit un à peu près ' semblable' trouvé en Angleterre, et figure dans l’ A rchaeologia or Miicellaneous tracts.' T. EL P/. m,jis. 5.
Le n* 4 est 'une plaqOe mince en plomb, qui offre un peu la' forme de la peau d’une tète <fe boeuf; à. 1% place qù se trouveraient les yeux et les o'reiltes sont Iroié cercles . concentriques -, ou remarque sur lé lYont deux triangles’/ combinés l’un dans l'autte ; le reste de la plaque est pat-' semé de plusieurs petits points ronds que nous trouvons sur plusieurs monuments d apparence phénicienne, etïtre autres sur les pierres sculptées du temple de GozO (1); nous les avons également vus dans.qn vase en- terre cuite, * dvec une inscription |4iéni,cienhe , conservé à la bîblto-tljéque de Malte, t : • > ■*
La- combinaison deç' cèrcles concentriques avec les triangles, rappelle certains ornements qu’on voit dans quelques cippcs funéraires trouvés dans les environs tfy Carthage,' et dont. nous donnoris.un dessiq dans la page suivante, d’après1 M,' Gesenius, (2), ■ AqsSi sommes- nous porté à croire que. Te plomb qui nous occupe est d'origine phénicieiqae ou carthaginoise , et qu’il faisait le même office que les Bucraars , qû’on plaçait souvent dans les tombeàuxet dont l’Usage est bien connu. . ' .
4 (i^ Voyez notre lettre déjV «Siée surfe terfiple de Gozo, pi g. i8j où oOus faisons mention d’ornements tont-ù-fait semblables, figurés sur dos vaaps jumeaux, tfouvqs dans les temples mexicains (a) lof. câ., Ubl. «3. ' ’ %
' L,a plaque eu plomb, fig. 4, était probablement suspeftdue •par le moyen de deux fils passés dans les deux petits, trous qu'on voit de chaque côté du -grand triangle ; peutêtre la plar&it-on, en guise de plastron ou d’amulette, sur la- poitrine du mdtt P ' \
Fig. 5. Les disques rçprésentés par la fig. à sont' partie en tërre ’cyite , où espèce de poncflîaine grossière» et partie en1 verre ;Sls ont été trouvés avec les objets décrits ci- •tlessus, et formaient probablement un collier j leurs cqUleurs sont variées-, ils $ônt semblables à ‘ceux que des * jiaysans safdes trouvèrent il y a quelques années dans' fe yWur-hag dp Tamuli: ci-dessus , p*ge tî). •
Fig La fig. 6 représente mi petit iflasquè-rreiix , en bronr.c,
CIIAI'. I.. — ILES BAI.KUIKS. .535
ayunt la* forme ,d’un bncrane; sa longueur u excède pas 4 centimètres'; ses. yeux sont jieruès et vidos.; i. * •
■Non, loin de cet endroit, dans le teftjtoire mémo de ! .lue- Major, lieu dit Son Heus, ou trouva eoü* une butte conique formée de pierres et de terrés , d’autres objet»
..qui décqlenf une origine étrusque, aussi bien que la butie sous laquelle on les a découverts ; ils consistent :
1*,- En une-espècç .de corne cannelée en broute , loif- ' gue de 0 mètre 40 c;, vide, et avec des traces de doriife; 1
elle servait probablement de. corne potatoire dans les cérémonies funèbres et bachiques ; on Un trouva deux autres près de là dans un tombeau; clles-étaient à peu près-sembialdes à. £elle que nous donnons n° 7. » '■
• 2°. En une-statue de bronze représentant un dieu barbu J ng. i*. au uez retroussé, et auvoreilles d’un animak, ayant beaucoup de rapport avec Silène : il était ityphaljique , et fol pour cela rtuitilé par la personne pieuse qui. le possédait;'et qui, en nous permettant d'en' prendre Un dessin, nous « fait voir lé fragment soustrait par un coup de marteau ; son pied droit est élevé, ot son talon pose sur u«i support \ comme pour indiquer que le personnage est censé boiteux. (Fvy . n" 1-2.)» ; • ' . , ,
Ouïr qu ve dans l’Atlus de M. Micali, Pi. JÇIJ ,Jig. d, 7»
. une idole en. bronze qui a beaucoup de rapport avec
- celle-ci, et qui est donnée comme une représentation d’un
- Silène itj phallique. Quoique cette statue soit mutilée du .
* pied droit, onr voit.pay sa position qu’elle devait le tenir
élevé, comme on le .remarqnc dans notre fig. 12. v •
3°, En une autre' statue figurée n*. 13, vêtue de la tète *'<» |Jaux pieds d’une longue tunique; elle «lève 1» main droite, -et tient la main gauche cacbée^ous ses vêtements;
.fout .annonce dans cette stqtue un caractère -étrusque. ' *
Un fait curieux, c’est que ces trois derniers 0bjci» oui été tirés- de dessous une bulle artificielle conique qui-
33*^ . ..surptdatmrr» * .
nous comparons aux tombeau* de cetle. sorte qu'on voit dans les environs de Cometp en Italie. .»* - . A »
f's io. | s.Jig. 10 représente un mancbe de patère, oo.de mi-
roir, également en bronie, trouvé dans l’ile de Majorque; et appartenant à D. Antonio de Fond, qui voulut b*e*r nous permettre d.'en prendre un desssin. Cette statue "r immanquablement étrusque, pourrait figurer un JJermèt . • Griophqrùs ■ . . ' t w
k* >'• Le n° 11 représente jupe autre statuette étrusque trouvée à Minorque, et qui nous a été communiquée pap, D. Juan Ramis, y R amis de Afahün; c'est sansi aucun doute une Minerve,, dont le bouclier est; cassé , -et qni tenait avec la main droite une lance, dans l'attitude de frapper. t . ' > \ài •züfcsdP !*-'1 -?**' *
<s Le n° & donne le dessin, réduit d «a. quart, d'un mstra* ment tranchant , en brdnze, trouvé dans un Talay&t de . Majorque ; il existe flans la collection des PP. capuetnek Raima. D. J. 'Ramis. de Mahon en a décrit un'sém- • blpble dans, ses Aptùfuadadet cellicas , page 136 pii fut tiré {lu Ttdayàt, de Sani-Tomas -prés d' silayor-, avec Ja pjècedont nous allons nous occuper. } • V • ..
. rif 8. (iet autre objet, dessiné et décrit par. J). Jnan Ramis, est représenté par notrq/i£.8; c’est un ustensile eq brome, assez, lourd, ayant, dans le gros-bout une cavité, qu’ota ■ pourrait comparer à celle, dlune c piller; ded autre bout ,
, aile se termine par qufelque chose d 'approcha** du muséau • d’up animal qui pprleraifdeux coçjçs faites en croissant^ * nous ignorons absolument l'usage auquel cet objet peut • aVoir. étp destiné; M. Ramis pense qtre c’était un iqstru- ’ ment dont se servaient lés druides; qrroi qu’il en soit,- ■fous rappellerons' la comparaison, que nops en avons déjà ' faite ci-dessus, page 330, avéç la pièce figurée dans nptrq PL X'SPL, u°450, qui se trouve flu Musée de Cagliari , et /Jui est'égàlement de bronze. . ( -, . . . w
. Ctf AP. 1. — ILES BALEARES. -5
% Les monnaies figurées dans ndittr 1JL XXXIX ont u<m«
. •» / , j. ré«* tp grand
déjà été publiées par nous dans une notffce . spéciale , nombre ails insérée ■ dans .le XXXVUl" . volume. des Mémoires c^p lf"- U*I'*rT l’Académie Royale des Sciences de. Turin, page 107."
KL Gesenius les a reproduites presque, toutes dans son Atlas, tab. 39. Nous avons cependant cru devoir les insérer de nouveau dans notre planche , destinée à contenir , • les objets d’antiquité les plus- importants que nous avoua pu' remontrer dans notre voyage aux Baléares. - * »
.-'Nous' u’entreprendrons pas de les décrire , puisqu’elles sont maintenant assez .connues par les- deux publications indiquées cj- dessus; nous ne pouvons toutefois nous 1 empêcher- de déclarer que -tout en. rendant au beau -travail de. 111. Gesenius la justice qu’il mérite , nous ue saurions être de Tavis'de cet illustre érudit qui , néctrtisidérant ces médailles que sous l’aspect purement paléographique , a cru devoir rejeter éotre opinion qui assignait ces médailles aux îles Baléares s. où l’on en a lro\iyé une quantité, et dp-pluS de 20 types différents, pour les donner toutes à la 'petite et .assez obscure île dè Cassurctj où , à notre connaissauce , ces médailles n’çnt jamais été renco.ujrées.
Quels que soient les progrès’qu'a pu faire de nos jours l’interprétation des .écritures. phéniciennes',, progrès auxquels M. Gesenius a pris la part la plus fictive et la plus honorable, nous ne pensons pas qu’ils soient tels • que, dans le- cas qui nous occupe, et surtout à l’égard de légendes de monnaies, la ressemblance apparente de . doux iusqriplioïis qui ne sont composées que de cinq lettres puisse à elle sçule détruire les inductions 'qu’oji la pu tirer de r^ctaines données positives j qui ne sont pas du ressort de h* paléographie. '<
Tànt que M. Gesenius ne nous prouvera pas que monnaies semblables aux ndtres ont égalclpent-été tioti- 1
fcig v^fcGoogle
58»* * ' .«‘sbfwiiusT.' *»•.» •
1 * | vécs dans la petite île de Cossura, on même en Sicile» , ei
en d’antres lieux voisins et qu’au contraire celles <fiiï, selon nous^ appartiennent .vraiment à coU(î île ,- se sorrt rencontrées aux îles Baléares , où-, parmi une cinquantaine que nous avons vue des autres, il ne nous a pas éfé possible d’en rencontrer une seule, nous persisterons dans nôtre opinion, et nous établirons, comme nous l’avonÿ.fdil dans notre mémoire eité ci-dessus, une 'distinction bien positive entre les doux espèces de médailles. ftous sommes parfaitement de l'opinion de M. Gesenius pour ce qüi regarde les deux premières lettres,
, qui commencent les légendes des monnaies des îles Baléares, et que M. Gèsenius compare airx lettres „ qui commencent la légende de- la véri-
table monnaie phénicienne de Cossura.
Le célèbre Barthélémy avait eu occasion de voir des monnaies semblables aux nôtres', trouvées, une à Toulouse, et l’autre en Andalousie , èt leurTecortnaissanl un 'type espagnol, il les avait d-’abord' jugées de SéviUe? mais, par une de ces inspirations qui’ sont propres aux hommes de génie, après avoir proposé une interprétation -'singulière de la légende, il ajoute, dans sa. lettre à M. l'abbé ipidibet* (1) : «une aussi bizarre inteirprétatiqn (le soit loi/ aime Sèrpta ) , n’a besoin que d’être rapportée. Si « je’ voulais lui en substitucr une autre, je dirais que les , « deuv premières lettres phéniciennès paraissent signifier n une lie,' et que les trois suivantes sont peut-être le W nom de Majorque mais, pour justifie^ cette leçon , il a faudrait analyser l’ifiscription , et m’engager dans -des
* jlétails qui nous ennuieraient l’un ef l attire. v
. {i J Voyez pi^serlalion sur tf. x origines ne Tnufnustj à Avignon et
• Toulouse, . i vojrès aussi Tenir au tnanfuis
. Olivier. ■ 1 ", .. ' ‘ * >*
CliAP. I. ILES BALÉARES. 539
Depuis te savant jQsqu’.v nos jours, toutes les personucs qui se sont occupées des inscriptions de ces deux espèces de médailles, sont tombées d'accord sue les deux premières lettres, qu'elles ont rendîtes 'en hébreu parle mot ’M*v désignant une île. Cette 'interprétation a'étéconé firmée par les trois monnaies bilingues- 1 4 , à b c, que nous a communiquées à Mahon D.J. Bamis, et quittaient inéditœ-avant la publication de notre mémoire. » - p<C, La lecture des dehx premières lettres admise, il nous reste maintenant trois lettres seules pour composer- le ndm .dé 1-îlft , et.ee nom , . selon M. Gesenius, veut tour fours dire 023 . .c’est-à-dire Benim , dont il Compose, celui . de oaft Ibttnim , iftsula Jiliorum (jinne«u/n).'. flous cou» venons , avec ce sayant philologne , que les deux lettres extrêmes de ce mot/sont réellement , la première un Beth, et la dernière un Mem; mais nous pensons qpe 1a lettre du milieu. C’est-à-dire là quatrième de la légende, peu! très bien -avoir eu, dans les. médailles que nous conipà-, ionien tréfiles, une valeur différente, flous rte tenons au- « unemerit à la leeture du mot DTa'W lbetini (ùu/kUi Baeti~ rjyru/n) que noos avons proposée ; mais nous né saurions .croire que cette quatrième lettre , . figurée de lu manière 'suivante , dans lés monnaies incontesta-
blement propres à Cossùrâ, et qui , de toute façon, est pour nous un Nun , cômme le Ht très bien M. Gesenius, puisse avoir la même valeur que celle des monnaies trouvées aux îles Baléares , où cette quatrième lettre est figurée bien différemment , '«oit dans les médailles à légébrie toute phénicienne , comme nous l’indiquons ici, Vf Tl f^soildanslesmonnaiesbilingues^ifeHeestainsï formée*: n ft f\* ' 1 1 *•>'
flous nous-déterm fierions vplcmtiers à croire celte lettre ,Un Niu), si M- Greebius pouvait -nous en offrir une fairfon un pea(dbndéc; mais. relie qn’ilen donne page 38 ; ün
5’4<> J ■ ÇdfRLÜMiW. . J '
parlant des lettres n” 18 et 10, ne saurait nous salisfaire ; car,--en disant que ces lettres, if* '18 et 19, sont des IV un parce qu'elles appartiennent aux médailles de Cossura, c’est cpmme s'il disait : ces lettres sont îles N un, parce qu elles forment la quatrième lettre d'une légende que dans. notre idée nous voulons lire D32W Ibenini , et que nous avons décidé appartenir aux médailles de. Cossura. Voilà ,-à notre avis, ‘où1 le raisonnement de M. Gesenius est fautif; il conclut qufe ces lettres Sont des Nun , de ce quelles appartiennent, selon lui,, à des médailles de Cofsura’j an lieu de déduire. le nom de celte .île de la présence, dans su légende, d une lettre dont la valeur comme Nun soit établie par d’autreS faits ce qui n’a pas eu lieu jusqu'ici, à notre connaissance.
M. Gesenius dit bien que les monnaies dont nous nous occupons , et qu’il place- dans la seconde classe (-1), diffèrent du celles de la première classe («’fest-à-dire de eellesqui sont évidemment de Cossura ) ; mais la différence consiste , selon lui.; eti ce que celles-ci sont plus anciennes que les précédentes. ÎNous ne pensons pas qu’il ait desraisons suffisantes .pour établir cette distinction d’âge, puisque le rapport qui éxisre ontre les médailles à légende toute phénicienne e, J] g, de notre planche, et celles a, b, c> qui sont bilingues, c’est-à-diré à légende phènicien/te et latine , et qui paraissent dater du temps dé Tibère-, nous prouve que les premières doivent appartenir à une 'époque assez ancienne, ce que semble démoulrer également -la manière dont est 'représentée lu divinité figurée au' revers. Ge personnage rappelle Je» Patcqucs ou Cabires , vus par Cambyse dans le temple de Memphis; et le? trois rornes qui sont sursà tète sont analogues à. celles que portent les idoles sardes , fig. -27,
• CIIAP. I. W ILES BALKAHKs. 541
28 y 20 1$ 4).’ .C’est là,' selon noos, Ain câractère tle haute antiquité, modifié ensuite, dans les monnaies bilingues de l'époque ronmine, par les rayons qu’ori voit tento.Ürex h» tète de la même' divinité. Nous pensons que les dif* • 1ère n ces établies par M. (îesenius entre ses médailles de Los.iura de première- et de .seconde c fesse > pe sont pas 'des. 'différences d'âge , mais, plutôt de localité ,• ou , pour. • 'mieux dire, de contrée ; celles de la première classe sont d’on style plus asiatique, tenant à la foi6 do celui destaé- . daillos de Stdon, i\c- Laodicée, do Herytas, de Pialerme et de- Malte (2) $ «elléé de }a seconde classe se rapprochent , ‘ comme il -est très naturel , des médaillés de la Mauritanie et de V Espagne. M. Cîesenius .convient" lui-mémo de ce lait, à l’égard, de b, seconde lettre de' La. légende, qu il considère, avec raison, comme un Jod. Le rapport ‘ qu'offrent les taractères de nos légendes avec ceux des légendes de monnaies phéniciennes de i'Es|iagne., n’avait paâ échappé à, la sagâeité de M. Barthélemy; on n’p. d’ailleurs qu’à computer nos médailles avec celles de, la ville de Jk Ialaca et du roi 'Juba, données par M. tiesenius ,;jj" 19; et 20.
' Nous Je répétons; nous né tenons aucunement à notre interprétation d'insula ÿaeticorum , niais nous, sommés, toujours dans la ferme crdyanCe qo’il faut distinguer les. médailles dont il s'agit, et dont nous avons vu up grand nombre d exemplaires de plusieurs types et de différents modules , aux îles Baléares .des véritables médailles r
(1) Voyez PI. XX , et pàgi'irtf-siq.
(lyAcvus croyOps que les médailles , art*c la légende phénicienne, attriUuécj à CtwIoT, appartiennent à l’ile de Malle; ie type (les médailles de (ioio est d i flérent. (f'iycz çe ctae nous ayonsdit , à* ce S«j ef , dan/ le raéiuoirc déjà cité sué fê tcniplé de jfiozo , pig. ?’4 et s5 ^7V»uve//e.V Annales dé la stetibn française He tlnslUM. archdnbf’iéfue , premier cahier. Pari*, l838 f , •».*,* Jl'-' **'• >
SüPPLÉMBîn . • -
de CW-vn/rf , et qlt ollet> doivent a pparlciMi- aux îles auxquelles nous les avons assignées. '■*.
L» Mao. JJ existe au nord de Minorque , hon loin de dud/idctn . fat- 1. territoire dels l'udons , un monument qui a été décrit et dessiné par M. Itamis,.y Hamis de AIahon( t). Il porte dans le pays le nomde la iVno, par la ressemblance qu’on croit
reconnaître entre cet édifice et un vaisseau: le dessin
qu’en a donné le savant historien des antiquités de Minorque nous laissant beaucoup désirer , nous y avons suppléé eh prenant nous^mème une vue du m6nuntent,.au mpyen de la chambre chaire. La figt 1- représente la iVcio telle que notls l’avons dessinée sur le lieu. Les Jig. K-l5 . ni» -donnent le plan et. les différentes coupes; los pierres
qui composent le mur extérieur paraissent légèrement tra- * vaillécs au marteau; elles sont posées par assises à peu près horizontales; celles de l’assise inférieure, surtout vers les flancs, sont beaucoup plus {'rosses que les autres-, Jqa murs sont faits sans ciment, et par conséquent ils Sont pareils a ceux des liur-hags.
■ ■ Kn jetant les yeux suc notre dessin , et principalement sur , le plan 1‘, il est impossible de ne pas être frappé du grand
. rapport qu’il offre avec celui de$ tumbeaux de (jjpants de
,ia Sardaigne décrits ci-dessus, chapitre H-, .et figurés PJ, Iil cl IV. La différence consiste I . m ce que la -Ab&ttVpas Je stèle à sa partie antérieure; mais uous pensous que dans son état d'intégrité,, le' monument se terminait à peu > près comme nous l avons indiqué par des points i fig. 1 * ; S», eu ce que les tonlbeàux de ( iéatits sont immédiatement coüverts'de larges dalles plaeées près du sol, et formant un seul souterrain bas et étroit, tandis que dans laiVao on voit-
i ) \4 nliguedads OèlUiâs (le la If la de Mcnorca.desdê los pempos
inh t hetuoto \ liAtta rï.Mgln iv de ht eyn Cr'istriuia. IVu tl f)r. I»n.
Ji.\jr tV,i\its; v ItMns. ofcc, Mithrmt »Si8. i . r *'
CHAp. U ILK8 UALKARfiS. 3*ft
les dalles servir de cloison entre deux pièces placées 1 unuaudcssotis de l'autre ; 3“. en ce que les tomhranxtles Géant i, ont tous la |totte tournée vers l’est 10° sud, tandis que la Nno «d du ns une direction tout opposée ; 40-. enfin , en ce que uous n’avons observé autour de cette dernière aucun de ces hémicycles qui ne manquent presque jamais de se rencontrer à côté de la stèle des tombeaux sardes. La porté d’entrée est très basse, et donné aocès’à une petite pièce #, au bout de laquelle se trouve u fie seconde porte égalementbasse ét étrpite, par. laquelle on pénétré dans la grande pièce inférieure. Quoi qn’il.en soit dé toutes ces différences, nous croyons que la Ctao est. un tombeaù analogue à ceux de, la Sardaigne nommps ci-dessus.
' Les- monuments des Baléares qui oqt été l’objet spécial de nos recherches, et nous, pouvons dire l’objet de notre e dans ces îles , wnt «eux qu o,n nom me commnné» melVt Tahtyôts, mot qui est le diminutif A' Atalaya, tour d’observation ;- bn leui- donne encore parmi le peuple uiAo-Claperi de Géants; il y -en . a une quantité dans les? detrx -fies , mais ceux de Winorqpe rtoUs ont paf-te être en plus grand nombre ét mieux cfonservés. «. * •
XL,- offre I» dessin q, ne -nous avons pris, , à la chamlire claire, du Talayât de Sçn-ffoghera , près de- iSarit- Ju/iatr, territoire dè L/uc-major ,.île de Me jorque*, • ' U 'offre , comme on le 'voit facilement , tous les caraçtèretf • d’un Aur-hag sarde à un seul étage , ét sans escalier intérieur;, peut-être' celui-ci evistert-il, tuais nous n avons * fui le trou ycr q n avant eu aucun moyên-de nous éclairer, lorsque nous fûmes entré dansla chambre intérieure. Nous navons pas rencontré, dans l’épaisseur du mur intérieur * de cette -chambre, oes cellules qui se trouvent dans le»JVW- /xijjs de ta Sardaign^ peut-être aussi existent-ellesi et ne les avons-nous pas trouvées par la raison qife nous venons de dire ; mai* ce qui est positif*/ c’est que ces cellules su
•trouvent dans un Taiarot voisiW de celui-ci; mèmè terri- - .toire de S an t-^ Julian do T:lnc-niajor .près do la propriété de M. le comte Amans. Il -est en grande partie démoli, mais il en reSte assér pour y reconnaître urife parfaite ressemblance avéé ifes Phn--?{ags. La moitié’ du murdeia ■chambre intërieure cst encore sur pied-rsa porte’regardc lè sud, et il renferme les trois petites cellules-don* n6us avons parlé ci-dessus, et qui sont exactement semhlahlesl 'celles des Nu'r-Jiags'. Les pierres de ces deux Talaydts soht d’une:, grosseur Vemarquabl», à la base du monument; elle» sont grossièrement tailléesau ciseau et peutêtre au marteau , et,i€ommq celles des A ur-hags, posées saris ciment, et par assises btn iaontàles; leur volume diminue à mesure tjup ies assisés approchent du sommet de l’édifice. • ■' •. > *, * .•..••• • i • ;• •* '?•*>••• t -'A- ;
•* On voit ehcore pn's delà d’autres anùq.uhésy des fragments de pierres levées y et surtout doux buttés. coniques artificielles, absolument semblables à celles dont il a été mention page 53b?. éV« dans lesquelles On a trouvé les idoles étrusques dfe /Juc^/trjot; -la tradifiOn du 'pays est que cés buttés coniques sontdtes 4ômbeàu\; on n’a pas la méitie Opinion des TaUiytiit) sans cependant leur donner une destination précise.b-r • . ** •.* •
TaUyH.ii * . Près de. la Aho donjnomravdnsparréyirdetisiis, ««'trouvé Miiirqut. t fàjrôt de Toral-Fuitn, dont parle'TVP. Ramis, quile place parmi Içs plus cons*dérablesdp>Minorqué. Contrite le jonr tombait lorsque no\is alhîmes sur les lienx pour le vieitér, uous n’eümes. Trt te- loisir déde dessiner» nicelui d'on • ' lovér le plan ,-ct nous dùm<* nous contenter d’eriprendre
* une idée générale, en passarit continuellement' par-dessus
.• Jes murailles qui divisent le terrain en plusieurs petits en-
Jplds ; çes epibtfct-as> étaient encore augmen tés par Içsttrqus-
* sailles touffuês «t épineuses dont font ce- local est vucfjmbré.-Cé /alayôlA In fonne'ordinaire du cône tronqué;
• CHAP. I. — TALAVOTS. 5*5
la porte <1 entrée est obstruée de décombres, ce qui fait • que les habitaqts du lieu pensent qu’il «a point de ' chambre intérieure; nous sommes persuadé du contraire.
Ai» pied méridional du cône, on voit un grand cercle de pierres^ allongées et fichées en terre , au centre duquel s’élève une autre stèle semblable , d’uu plus grand volume, et plus élevée que les autres, qui supporte une autre dalle très grande et de la forme d’un carré oblong ; celleci est mise en travers. Auprès de ce cercle, on voit Un mur • eu grosses pierres construit sans ciment, d’une longueur et d’une largeur remarquables , ayant la forme d’un hémicycle, et avec les traces d’une porte au milieu du demicercle. Du côté opposé du mur se trouvent d'autres cercles, les uns faits avec des stèles plates fichées en terre et un peu espacées entre elles, les autres formés d’un mur composé de grosses pierres placées horizontalement et sans ciment, les unes sur les autreS; ces cercles varient de grandeur; les uns ont à leur centre deux pierres placées ■ en forme de T; les autres n’en ont pas et ne paraissent pas en avoir eu. Le T alajot est à peu près au, centre de tous ees cercles, et, quoiqu’et» grande partie détruit,. il n en domine pas moins tous ces débris bien remarquables <l’une très haute antiquité. ! '
11 aûrait fallu , pour lever un plan exact et un dessin de tous ces monuments, un temps et des secours qui n’étaient pas à notre disposition; nous dûmes à regret nous diriger \eis Muhon , où se trouvait un bâtiment qui devait partir au bout de quelques jours pour Malte , occasion qui ne se ferait plus présentée avant plusieurs mois; malheureusement étant tombé malade en arrivant en cette ville, nous ne pûmes disposer que d'une faible partie du temps qui nous restait entre la convalescence et le départ ; nous avons cependant fâché de visiter, -dans cet intervalle, très limité, ' * Ips /alayots qui devaient nous offrir le plus d’intérêt.
' Ta J mj 0(i de S Augustin Fig. a.
Les deux Juluyots représentés PI. XL ,Jig. 2, sé trouvent dans le territoire de San-Ccistoval ■ ou de Afigütrn, lieu dit Sont- Augustin; ils sont en partie détruits et sont éloignés de soixante pas l'un de l’autre; un des deux conserve encore sa porte d’entrée tournée vers le sud ; son intérieur est à la vérité moins régulier que ceux des Nurhags , avec lesquels il a cependant beaucoup de ressemblance; on trouve au centre de celte chambre souterraine un grand pilier formé de pierres très volumineuses, qui soutient ta voûte ; il est fort probable toutefois que ce pilier est un ouvrage postérieur, fait pour étayer la voûte qui menaçait; On voit dans celte chambre intérieure ces memes cellules que présentent les chambres intérieures des Nur-hags . .. ’ '
, Tout autour de ces deux Talayots a et A existe, comme autour de 'celui de Tqral-Fuda , une quantité de cercles de toutes grandeurs et faits de différentes manières ; les uns c sont formés de longues dalles fichées en terre, espacées eu Ire elles;. d'autres d je composent de murailles, faitus de très grosses pierres; daus quelques uns, cçs pierres sont plus petites , le mur esl’par conséquent plus bas ; mais dans ce cercle extérieur se trouve un autre cercle formé par des dalles espacéôS e. (Quelques uns de ces çeçcies sont vides; dans d'autres , oq Toit un autel en forme de T. (Voy. \ enfin , aucun de ces monuments i;e ressemble à J 'autre dans lés détails, sans cesser d’offrir une graude analogie avec le cercle voisin. On observe encore près de là, et tout à l’entour des J a/a i ots des grottes h, creusées dans la terre, ou pour mieux dire dans la roebe calcaire, qui ont tout l'air de sépultures; on voit quelquefois plusieurs pièces l’une après l’autre. Enfin , on trouve d’autres espèces de cellules basses et étroites, formées au moyen de deux murs latéraux uii peu allongés faits en grosses pierres, fermés à une U»» \* •- ‘ . .
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CHAP. î. — T ALAV.OTS. * , S$7 •
extrémités, et recouverts de grandes dalles'^ la manière des Dolmens- ( Poy. i ) ; l’ouverture de ces cellules artificielles, ainsi que' celles des grottes souterraines, sont, orientées vçrs le sud ou vers l’est.
Les fortes broussailles .qui environnent ces monuments, et. la grande confusion des matériaux amassés en désordre autour d’eux , nous ont empêché d’achever le plan que nous avions entrepris de lever de' cette localité remarquable; nous engageons les personnes qui pourront s’y rendre, et qutauront à léurdisposition les moyens et les facilités que nous ne pouviohs avoir lorsque nous visitâmes ees antiquités , à reprendre ce travail; car un plan détaillé- et levé avec soin peut seul donner une juste idée de tout l’ensemble; nous en offrons, en attendant, dans la fig. 2 de notre PL XL, la vue générale; du côté du sud , que nous avons, prise au moyen de la chambre clairé. . .
La fig. 3 représente le monument déjà connu d ' Alajor, décrit par Armstrong (1), et par Gressét de Saint- Sauveur (2). Nous regrettons que l'état de convales-. cenep récente dans lequel -nous étions à cette époque, ne nous ait pas permis de. voir et d’examiner ce Talnyoi, 11 nous importait de constater l’existence de la rampe extérieure , telle que la décrivent les auteurs cités ci-dessus', -et telle que la représente ce dessin ; c’est avec la plus grande peine que nous dûmes renoncer à cette vérification qui nous tenait fort au cœur; nous espérons que les personnes qui S’occuperont un jour d’une manière spéciale de ces monuments ,- examineront si cette rampe semble avoir été ménagée dès l’origine du Talayôt, où Si elle île paraîtrait pas avoir été jadis pratiquée.
(i ) Histoire civile et naturelle de Ftk de MinnrtfU « , cap. 5 fi. (a) titrage au.r fies Baléares . p»g. 543. « *•.
comme l'escalier des Nur-hags , daus l'épaisseur du mur; nous ne sommes pas éloigné de croire qu elle fut mise à découvert par réboulemenl du mur extérieur ; on peut comprendre notre idée, en jetant les yeux sur notre PL XUI, fig. 1 cl 6. Le dessin de ce Tnlayàt est une réduction que nous avons faite d'une gravure qui nous a été envoyée dans le temps par feu M. Petit-lfadel et . . qui était tirée des ouvrages cités ci-dessus-, M. Saint-Sau-
veur, en parlant de ce monument, s’exprime ainsi : « on s ' « trouve à la base du Tumulus une cavité dont l’entrée
« regarde le midi, et dans laquelle' un. homme ne peut '«'passer qu’en se Laissant. » Ceci nous indique clairement que le monument doit renfermer une chambre souterraine analogue à cçlle des' JVur-hagf, et détruit l’idée de certaines personnes que çes Talàyôtk ne sont que des tertres artificiels. ■
Tni.iyèt'Ae Le' Talayoi de' Trepuco , représenté par la fig. 4, se trouve à un mille de Mahon ; il est en ce moment très dégradé ; on y monte maintenant par unç espèce de rampe en spirale- Celte particularité concorderait avec ce’ que J’çn dit du monument d' A lajar: cependant, , ayant examiné avec soin celte ram|>e, il nous a semblé
reconnaître qu’elle ne devait pas exister lorsque le Tala\ oi était dans son état d'intégrité, et qu’elle n’est l’or- ' méc maintenant que d’une manière tout irVégulière, ce , qui a semblé nous prouver qu’elle n’est due qu’à la dégra-
. dation, du monument et aux usages auxquds il a servi - dans les temps modernes. On y a placé du canon dans les
guerres du siècle dernier.
Au pied méridional de ce Tahfyôt^ un voit un grand cèrcle composé de grosses pierres espacées entre elles, à peine dégrossies au marteau, et au milieu de ce cercle une espèce d’autel , fait à l'ordinaire avec deux immenses • pierreç posées l’iyie sur l’autre Oh forme de T. Ia> cerèlc
Fig. 5.
t.VkkV.- I.'*— TALAVOTS. • '54f>
csl lui-mêmeentoûréd’un grand mur circulaire jîrt grosses pierres comme le Tulayôl. ■ ■ ■ - < ' ‘ * •
La Jig. 5 représente la vue du Talayôt de Telaii de Dalt , qui ressemble à celui de “Prepuco ; mais l’au- '
tel, composé également de Héux grandes pierres a. h, eh a une troisième c misé d'une manière inclinée , qui formé un soutien à la pierre supérieure , à laquelle elle est unie par une quatrième pierre faite en . forme de coin. Il paraît clair , d'après cela , que cette pierre c n'est placée là que comme un soutien, et non comme une rampe pour, arriver au 9ommet de l'autel , car son inclinaison est trop' faible pour que cette pierre ' puisse .servir à cet usage; d’ailleurs elle est lisse, et il serait impossible de se tenir dessus. Comme la base de cette pierre c $e trouve sut1 la direction du cercle de stèles qui' entoure -l’autel , nous serions porté à croire qu'elle n’est ainsi placée que par ni) accident qui l’a inclinée verv la pierre de l’autel ; ' la pièce d aura ensuite été placée après conp. M. Ramis le pense également. La grande pieère b, "placée horizontalement, a 4 mètres 10 cent, de longueur sur 1 mètre 50 cent, de largeur et 0 mètre 60 cent, d'épaisseur; celle qui la supporte a 3 mètres 10 cent, d’élévation sur 2 mètres' 70 cent, de
largeur et 0 mètre 60 cent, d’épaissènr. Autour de cet . autel se trouve un cercle formé par plusieurs stèles brutes, fichées verticalement en terre et espacées entre elles. Ce cercle est entouré d’un mut fait de grosses pierres , comme ceux des Jig. 3 et 4.
La Jig. 6 donne un dessin pris à la chambre claire dH t^Uj „< <i. Talayot de Santa-Ctafa , territoire de' San-Cristoval ; il San,“~cla' est en grande partie détrpit. Nous tiVvohs pas eu le temps du le visiteren détail ; mais, d’après ce qu’cn'dit M. Ramis, page 12, note 16, il doit être vide et avoir-un escalier pourmontèrsur |e«ofnmet/ N’ayant pu consacrer que pçu
Santtt-Clara.
Fig. 6.