CHAPITRE II
Monuments analogues à ceux de la Sardaigne et des Iles ' ■ : • Baléares.
Nous ne décrirons (tas ici les monuments en pierres brutes ou grossièrement travaillées qu’on rencontre dans l’ojuest de la France et dans les Iles Britanniques : ces antiquités «ont assez connues; nous nous contenterons de les rappeler iei, èt de faire observer en même temps qu’ils ne se trouvent eu grand nombre que dans les contrées qui ne sont pas éloignée» du rivage.de la mer. Les Menhirs, les Cromlechs, les Dolmens et les grands cercles de pierres de ces pays présentent les rapports les plus frappants avec les monuments de ce; genre delà Sardaigne , des îles Baléares,. de Malte et de#Jozo (1), qui ont été l'objet «Je nos investigations. *
Mais si ces analogies entre les monuments d’iles et dé régions maritimes éloignées entre. elles par un espace considérable , décèlent évidemment des rapports de eoH}muuication , soit directs soit progressifs , par la -voie de Id navigation, entre les peuples qui les ont élevés, on pourrait croire que ces mêmes monuments doivent se présenter dans les contrées également maritimes, placées sur la ligne de communication qui existait entre des lieux aussi éloignés, relativement aux moyens certainement imparfaits de lVftcienne navigation. Celle-ci, à l’ëpoque à laquelle nous croyonsdevoir faire remonter l’érecijOn des antiquités qui nous occupent J n’était cerf ai-
CHAP. 11. +*■' MONUMENTS ANALOCCBS. ' 555
nemeul qu’une navigation encore dans l'enfance , et réduite le plus souvent au pur cabotage. * •
Pour lier ces antiquités des pays maritimes de l’ouest de l’Europe avec celles qui leur ressemblent, mais qui se trouvent dans les îles de la Méditerrannée mentionnées » ci-dessus , nous devons diriger nos investigations sur les côtes de la Péninsule ibérique, et voir si les provinces du Portugal et de l’-Espagne le plus à portée des côtes ne nous offriraient pas les moyens de remplir cette espèce de lacune, qu'on pourrait supposer exister entre les monuments des différentes localités en question.
Mous ne pouvons rien dire- d’après nous-mème à ce sujet, n'ayaut pas eu le loisir de parcourir ces contrées occidentales -, mais les récits des Voyageurs, et les descriptions des auteurs nationaux nous font voir que cette lacune n’eriste pas réellement.
En effet, nous tenons d’une personne sur la véracité Monument, de laquelle il ne saurait s’élever aucune espèce de doute, que le Portugal possédait, il n’y a pas long-temps, et qu’il possède probablement encore maintenant, un grand nombre de monuments en pierres brutes , semblables , ou du moins analogues à ceux de la Bretagne et des îles Britanniques, et par conséquent dans le genre de ceux que nous avons remarqués dans les îles de la Méditerranée , dont il a été question ci-dessus-, nous ajouterons à ces îles colle de Corse % dont M. Mérimée vient de décrire les antiquités , parmi lesquelles sont des Alen-^irs et des Dolmens sur lesquels nous jetterons un coup d’œil ciaprès^).
M. le vicomte de Santarem, dont le nom seul est pour nous une autorité, parmi les renseignements précieux qu’il a bien vôulu nous! donner-sur les monuments- cji quesr
(i) Notes d’un y njage-rn Corse, ï84° > voyei ci-cfcssus p, 5oo\
tion du Portugal, sa patrie, nous assure que le nombre en a été porté au delà de trois cents. Parmi les savants portugais qui s’en sont occupés, on doit compter M. Mendoça de Pina, qui, a inséré Une notice à’ ce sujet dans les Mémoires de l’ Académie de i üistoire de Usbonne (1.) -, il en a parlé depuis dans un aHtre travail cité dans le compte rendu des éludes des académiciens portugais de l’année 1734.
Ces monuments sont connus en Portugal-sous le nom d 'Amas (2); on a fait plusieurs réeberches sur l’origine de ce mot, mais aucune d’elles ne paraît satisfaisante; nous avons quelques descriptions qui "nous prouvent'les rapports que ces antiquités ont avec celles dont nous nous sommes occupé ci-dessus. '* '
Voici l’extrait d’un de ces passages tiré d’un dictionnaire géographique portugais dont nous devons la connaissance à M. de Santarcm (3), et à Nf. Dubeux, adjoint à la Bibliothèque royale de Parts. { ' * -
Ü nome de Antas parece se tdfnu das muitas que ha por esta terra as quaes constaô de dutts pedras , huma délias que serve como de pès , e outra en cinia como mesa, em que dizen se faziô antiguarnente os sacrificios gentilicos-, e des la forma vemos- munit as en outras panes deste Reyno principalmentt} , na provincia de Estramadura e na do Alentejo, no teriitorio de Evora. Parece se derivOn Cite nome da palavra. latina Antrum a Cova (art. Antas). 1
On trouve dans quelques relations de voyages en Por-
•(i) Année 1785; Dissertation, XVI.
(2j 11 est curiéuB que ce nom soit absolument le même que celui de&piines romaines dont n'ojis avons parlé ci-dessus, page bau.
(3)' bùcinnario gcngrajico , ôr Nnhcta isinçica de Indes as cidades, villas , lugarcs , été:, dos reynos iïe Portugal ; par le P. lieu £*•0060. Lisbonne, 1 747-