‹ Voyage SardaigneChapitre 24 sur 205 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Continuation des N ur-hagi . Opinions différentes sur leur origine et leur destination ; recherches de l’auteur à cet égard.

v De tous les anciens écrivains quiout parlé de ces monuments de la Sardaigne , les seuls qui semblent avoir eu en vue les monuments dont il s’agit, sont l'auteur du livre de Alirabilibus auscultatiunibus (peut-être Aristote?) et Diodore de Sicile. - , V

Le premier s’exprime en ces termes : « On dit qu’il « existe dans l* *île de Sardaigne, entre autres beaux et « nombreux édifices bâtis à la manière grecque des an- « ciens, des coupoles ( ©*A*r construites dans des pro- ,

«. portions admirables , et quelles ont été élevées par « lotos, fils d’Ipbiclès ; lequel ayant pris avec lui les « Thespiades, passa dans l’île pour l'occuper. » (i)

U est difficile que ces coupoles, ou si l’on veut ce$ nombreuses voûtes (©*>.01 ) soient autre çliose que des Nwhags , dont la chambre intérieure est toujours faite en forme de dôme, et qui sont en aussi grand uombre, comme nous l’avons dit ci-dessas. Ce passage n’indique pas leur destination; quant à leur fondateur, nous nous réservons d’en parler ci-après. . ÿ

Voici également les deux passages de Diodore de Si- OtoiocSc cile , cités par M. Petit-Radel : ‘ ***■' .»

Si-

fi) Nous n’avons pas jugé à propos de reproduire le texte grec; «1 se trouve à portée des personnes qu'il pourrait vraiment intéresser. (Juaut 1 la traduction que nous en donnons ici , nous avons adopté celle même qui fut donnée par feu SK Petlt-Radel d m* sa Notice sur les Nurdghes , page 7 5. .

Dipitized'by-Goôgle •

t'jra

VuM.

Stcptiaumi

k Alors lolaus , ayant fonde la. colonie et fait venir « Dédale de Sicile , éleva de nombreux et de grands ouh vrages qui subsistent jusqu'au temps actuel, et sont • « appelés dédaléens , du nom de leur constructeur. Il bâtit « des gymnases ; il institua des tribunaux , et les autres « établissements qui contribuent à la félieité d’un peu- « pie. » (L. iv, page 30.) •*■ ■ ■

Dans un autre passage semblable, Diodore ajoute : ii II subsiste jusqu’au temps actuel des souvenirs de ces , « établissements. En effet , les plus belles campagnes « ayant pris leur nom de lui, sont appelées Io tiennes ; et «f le peuple conserve jusqu’à présent le nom d 'Iotien. » ’* (Lib. v, page 15.)

Quoique nous ne partagions pas l’opinion de cet écrivain et de ceux qui croient à l’origine grecque de la co- , Ionie d’Iolas , nous rappellerons ce que nous avons dit , ci-dessus , pages 550 et 564 , en parlant du plateau près dffsili , dit Ptànu è OIU ? (plan d’OIla). Diodore noüs laisse* à la fois ignorer la forme et la destination de ees nombreux , et grands ouvrages , qui nous paraissent cgalemebt ne pouvoir être que les Nur-hags. L’historien Fara (1) attribue ces monuments à Nçrax , chef des Ibériens venus en Sardaigne de l’Espagne, selon Pausanias; le pèro Vidal (2) les désigne sous le nom de domos de Orcos (mai- ‘ sons des géants). Le Père Stephanini (3) est le premier qui en ait parlé un peu au long; après les avoir décrits avec assez d’exactitude , il entre en matière sur les usages auxquels Us pouvaient être destinés. Il passe d’abord en *

(t) De Rébus Sardnis , lib. I. .»

. (a) Annules Sardinùe. , . , ' • . . . ; ■.

(5) Dans une disserta^ khl, ou jjlulot une oraison académique lue à Ca g lia ri l’an 1770, ci imprimée soùt, lo titre de De veteribus Snrdinite /aiidibus. " ■ v • ' «. . „* . . -,

* DigitiZÊ

• . ÿr- r*f- Ml AP. IV. j—» NUH-HAÜS. - X» 'T flV rçvue les differentes opinions émises à ce sujet: 4*. telle' qui les considère comme des maisons de bergers , répandues sur plusieurs points',, c’est-à-dire les unes près de la mer, pour servir d’habilatiou pendant l’hhrcr, lorsque les bestiaux descendent près des marines, les autres dans les lieux élevés, comme habitations d’été; 2*. celle qui les désigne comme des tours de défense et de refuge, contre les attaques des pirates; 3°. celle. qui eu fait des tombeaux ; 4* enfin celle qui les regarde comme des temples. Il combat la première par de très bonnes raisons, . entre autres celle du défaut de jour et même d’air, et celle de la petitesse de certains passages et des. cellules ,» doul plusieurs Serviraient à peine d’habitation à un enfant; il objecte, contre la seconde, leur mode de distribution, car il, y en a, dit-il, aussi loin du rivage de la . mer qu’il y un a de proche. Il cherche également à combattre la troisième et la quatrième opinion , pour eu proposer anc qui est, sans contredit, la plus invraisemblable; il les regarde comme des trophées érigés après des victoires Nous ne le suivrons pas dans toutes ces questions, mais nous ne saurions passer sous silence la lettre que lui adressait à ce sujet un officier distingué qui avait beaucoup étudié leé antiquités de 1 île (1) :

' - Huile N ur agita io non saprei, che ilirle di certo : la coslruzione alla ilia avuta sotto l’occhio ; ne occorre che altri g lie le rijcrisca. L'uso, cui fossero destinate , il tempo , in cui siano State Jabbricate , e da chi,r me opus : me laboh. J o ho J'rugato , e rifrugato in esse; non ho rinvenute ne lettere , ne figura veruna; e dira, corne dicc U AJensançon , in un caso consirnile , che appunto

' X-* ) hc capitaine Borclli , dp régiment de la Marine, l.et écrit! de

cet officiel' soûl perdus ; le peu qu’il en reste fait viveixcnl regretter

.. ‘ ci lLe perle. ’ ’ -e-i- • -i •

It* XlUI L T" MONUMENTS M LA 1" PÉRIODE.

per questp non puo darsene spiegazione. I'arrischiarc conjetture in aria, e senza fondamento di autori , o di monumenti, sarebbe un porsi per zimbello ai critici illuminât i , e severi del nostro secolo. Dirà dunque il non Liqoet sincerissimamcntc ; sebbene fo pensiero di non trasandarlo ; ma temo che qualche disturbo non aggiunga difficoltà estrinseca alüintrinsecadelsoggetto. Quando mi pare di travedere qualche barlunw, appena m’ino/tro, che mi trovo ab buio pioché mai, e questo è ■ ceriissimo. ...

]\ous avons cité ce fragment de lettre pour faire voir combien sont stériles et difficiles les recherches sur les monuments qui nous occupent. Le dernier passage surtout rend avec la plus grande exactitude cette sensation pénible

• que nous avons si souvent éprouvée, lorsquaprès avoir cru reconnaître dans les Nur-hags certains caractères propres à éclaircir la question de lour origine ou de leur : usage , la découverte d’une combinaison différente dans un autre de ces monuments nous replongeait dans le • doute, et venait détruire toutes les inductions et les rai- ' sonnements auxquels les découvertes antérieures avaient

< donné lieu. • . ■

• L’abbé, ou si l’on veut, le père Madao, dans son livre intitulé Dissertazioni storiche apologetiche entiche dalle ’ Sar de anticliità (1), considère les Nur-hags comme les ouvrages antédiluviens des géants! Nous ne le suivrons pas

• dans les raisonnements par lesquels il s’efforce de prouver l’existence de ces derniers; nous dirons seulement qu’il envisage les Nur-hags comme des tombeaux : A cio si arroge l'imtnemoriabile tradizione che iSardi serbanodies- ■Sere «*** IWaglies lavori dei prischi coloni giganteschi, non gia Jatti per abitarli , mentre vivevano ; ma per

rj- — ~ .

« C**U*M. Imprimerie j'qjalr , >1792, . .. . 1

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J*' '\+» CHAV. Vf. — NTJR-HAGS. V*5Ï 121 **

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sepellirvi i cadaveri dçi loro défunt i, che perd esse gran moli con altro nome tutlora in Sardo si chiamano Domos de Orcos , case dei giganti : stante che Orco • r ' appo i Sardi vale persona strettamente grande, mostruosa, gigantesca, feroce , orribile (1). Un peu plus loin . *

l’auteur, après avoir fait une courts et assez exacte de- . • - >, V scriptiou de ces monuments, ajoute : Sembra che queste siforli e tarrcggianti moli non potesscro service d'abi- ' : , ;

turo a que' giganteschi uomini , che le costrussero , per*' ' *• . . la strettezza delle camere , e ta sorprendente grossezza ' *

de IL: loro mura, le quali non hanno alcuna sorta di finestra da farvi chiaro :■ e per altro si vede che esse furono erette per tumulare i defunli onorificamente , dacchè nel fondo di due di essi Noraches , situât i verso i • ■ la parte settentrionale dell' isola, in un luogo chiamato •

.Vonte Mentosu , che surge tra la villa di Nuli>i, e la chiesa , delta la Madonna di T ergu , coli essersi trovata una sotterranea strada , nella quale dall’ uno puà . • .

passarsi alC altro , si sono di molto scoperte due sépulture, le quali mostrano ad evidenza che sepelliti vierano ’ '

personnaggi antichissimi. (2) ' .

Ce dernier passage du P. Madao nous a paru assez important pour être cité en entier, puisqu’il établit positive* • . • ment la découverte de deux cadavres humains au fond de \ deux de ces Nur-hags. '

Dès 1» première course que nous fîmes en Sardaigne , Rotlc*‘a»ra+dans le printemps de l’année 1819, occupé uniquement ttut *" d’ornithologie, les Nur-hags nous ont tellement Intéressé, • *

qu’à notre retour sur le continent nous consacrâmes les * * !

loisirs de la vie militaire à nous procurer les moyens d’en- * ’ ( treprendre avec fruit des recherches à cet égard , dans

(•) Page

(a) Page m).

'm ‘ «, •* .'«jfW

Cl 32 LIVRE I. — MONUMENTS 1»K LA 1 * PÉRIODE.

le second voyage que nous nous proposious de faire en Sardaigue ; c’est pourquoi , après avoir pris connaissance de tout ce qui avait été publié jusqu’alors sur lu question des Monuments Cyclopéens , nous nous adressâmes directement à M. Petit-Radel , son principal promoteur, en lui demandant des avis et des instructions pour notre seconde course , dont le but était surtout de visiter avec fruit ces édifices remarquables de la Sardaigne qui nous paraissaient devoir intéresser le monde savant. Grâce ' à l’empressement amical et tout particulier que cet illustre savant mit à seconder nos désirs , nous eûmes bientôt tous les renseignements que nous pouvions espérer ; et, dès le commencement de l’année 1821 , nous avions déjà visité un très grand nombre de Nur-hags et pris plusieurs dessins au moyen de la Chambre claire. Nos recherches, à cet égard, auraient été dès lors d'autant plus complètes et plus nombreuses, que nous nous y étions consacré exclusivement, ce qui ne put avoir lieu depuis. Malheureusement elles furent interrompues dès le mois d’avril , par les événements politiques de cette tuneste ‘ époquo , qui nous rappelèrent sur le continent.

• Quoi qu’il en soit, dès la fin de cette même année 1821 ,

. nous adressâmes de Turin, à notre illustre correspondant de Paris , une notice sur les Nur-hags les plus remarquables que nous avions eu le temps de visiter et h-J les dessins de treize vues do ces monuments, prises à la Chambre claire ; ce paquet fut égaré , et n’arriva pas à sa destination. Un double de cette notice et des mêmes dessins ayant été présenté quelque temps après à l’académie des sciences de Turin, celle-ci nomma, pour l’examiner, une commission dont M. l’abbé Peyron lut rapporteur. Dans la persuasion que l’envoi fait àM. Petit- Radel lui avait été fidèlement remis , nous priâmes , à cette occasion , l'académie des sciences de T uriu , de vol»-

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• JftoQ *'Vv CUAP. IV. — NUK-BAUS- •„* «*•

ioir considérer la présentation de notre mémoire comme une simple communication, et de ne pas en faire usage dans ses volumes , puisque l'original ne nous appartenait . plus en quelque sorte , et que nous La supposions dans les mains auxquelles nous l'avions destiné.

. Le savant rapporteur, que nous nous honorons d’avoir asm p»w. aujourd’hui pour collègue , s’exprime d’abord ainsi (l) : *

, fi certo che le Noraghe sono antichissime ; il genere di costruzione Ciclopea o Pelagica lo prova : pietre informi, non dirozzate dalla scalpello (2), non cemento

cheleunisca. • \ - • •

Alcuni opinarono J'ossero queste fortezze, doue le fami g lie si riparassero nel tempo delle invasioni , ma dove . sono le feritoje ? dove le necessarie aperture dalle quali ■ ' si potes sero lanciare dardi O pietre contro il nemico ? . .

dove sono i varj piani superiori nei quali disporre si po-' ’

tessero in buon numéro i diffenditori fie quindi rotolare sassi sopra gli assalitori , e ferirli ? Niun piano si trova, muna apertura fuorchè una o due meschinissime finestre aile sole a rioevere qualche raggio di lace che illumini la • spirale scala. Banque queste erano fortezze nelle quali. , non potevano vffendete il nemico; visi saranno adunque * quegli antichipertemaaccovacciati? la barbara fierezza di quegli antichissimi popoli, e la loro storia non lait- • •• ciano credere che si govemassera quali timidi conigli; le - stcrrie primitive sono pietip di guerre per citi un popolo

cacciava iaU.ro per invadere le terre già cohivate

final mente rintaniamo in una Noraga una intiera fami- ’ «

(t) h’ous possédons l'original même de ce rapport, que nous avons

communiqué depuis à M. Petit-Kadel, comme on le voit dans sa ‘t Notice sur Us Nuraghes , pages, 46-^7. ;

(u) ici M. Péÿron se trompe, car nous avions déjà signalé alors

des pierres travaillées au marteau et même au ciseau ; il est vrai » qu’elles sont en petit nombre , eu proportion des pierre* brutes. \

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