CHAP. IV..— . MJB HAG
celle de savoir si les J\ur-hags sont des: tombeaux, ou si c,„„,„r ,oca. on doit leur assigner une autre destination. t>«u«-
v 11 est incontestable que des cadavres humains furent Ossemtuts kv-
t . , j | » mains lrottv«*
trouves enterres dans plusieurs des monuments en ques- j»> f«> N. lion. Nous n’avons pas, à la vérité, assisté à de semblables découvertes, malgré le soin que nous avons mis à de genre de recherche , toutes les fois que nous en avons eu l occasion (1). Mais nous n'avons pas moins la certitude que ces faits sont positifs j nous citerons d'abord l’autorité . . du P. Aladao qui rapporte, comme nous l'avonsdil ci-dessus, page 121 , que l’on trouva jadis deux cadavres dans le Nur-fiag du Monte V anlosu près de Nulvii
Des louilles furent faites en 1829 dans un de ces monuments du territoire de F'iUa-Nova-Truschcddu , près de Pauli- Latino; on y trouva cinq ou. six. cadavres enterrés j quoique nous n’ayons, pu nous procurer de plus amples renseignements sur ce sujet -, nous tenons ces détails d’une • source trop respectable pour eu, douter un seul instant.
On en trouva également, il h’y a pas long-temps , dans un ISur-hag prés de i'église.de San Cosimo de Seu/o,, village de la Barbagia; le fait nous a été assuré à plusieurs reprises par le curé de l’endroit, homme qui mérite toute confiance. • .
Ngus avons recueilli d'autres circonstances de ce genre . qu’il est inutile de citer, puisque nous n’avons pas été • le témoin de ces découvertes; mais nous offrons 4u lecteur dans la vignette ci-après le croquis que nous avons fait d’une partie du Nur-hag d 'Jsclle près de
(i) Cette occasion se présenta surtout pendant que les travaux de la grande route étaient eu activité, car alors nous vîmes démolir de fond en comble plusieurs de ces édifices , déjà très ruinés , et nous mîmes un soin particulier à faire enlever jusqu’à la dernière pierre ; nuis nos recherches fuient infructueuses, i
152 LITRE i. -t- MOXÜMENTS DE LA 1“ PÉRIODE.
OJiYro trouvé Buddusd, où l’on trouva également un cadavre avec dos
dan' un K.
idoles et d’autres objets en bronze : quoique l'édifice fut . . presque entièrement ruiné, quand nous le visitâmes en *. • . t 183â, en compagnie d’un ecclésiastique qui avait .assisté aux fouilles faites en 1819, lorsqu’on fit cette découverte, nous pûmes cependant reconnaître exactement la place que le mort occupait , et nous .trouvâmes même , au milieu de cette terre noire qui accompagne ordinaire- . . ment les tombeaux anciens , quelques débris que nous reconnûmes pour des fragments d’ossements humains , • parmi lesquels une pièce de mâchoire, ce qui est caractéristique : ces débris portaient tous les signes d’une date très ancionnc.
Le cadavre reposait dans une fosse en grande partie creusée dans le rocher, qui est un granit, assez friable en nuelnues endroits.
CHAP. IV. — NÜR-HAGS.
La fig. 1 représente le plan de la moitié de la grande Manu™ dom i'r chambre*, faite, comme toutes les autres , à coupole <!u“P1»<* ovoïde’, par laquelle on arrive à une espèce de grande • '
cellule d de 2 mètres 90. cent, d’élévation ; celle-ci donne accès sur la gauehe dans une autre petite cellule, du genre de celles que nous avons indiquées ci-dessus; voyez e, PL X, fig. 3, etc, PL XI. Le bas de cette cellule, de 0 mètre 62 cent, de hauteur sur autant de largeur,- • et 2 mètres 10 cent- de longueur,' était occupé par une pierre plate de ‘même longueur, qui recouvrait la fosse mortuaire en partie creusée dans le roc , et en partie formée par la muraille de l’édifice ; c’est là que fut trouvé le> cadavre en question. En facé de cette cellule on voit une autre ouverture de 0 mètre 85 cent, de hauteur sur 0 mètre 80 cent, de largeur, qui donne accès dans un petit couloir e un peu circulaire, très obscur ét obstrué par les décombres; nous ne pûmes le parcourir qu’à genoux > et bien incommodément, sur une longueur de deux ou trois mètres , au bout de laquelle il semble s’élargir, car *
nous lui trouvâmes 0 mètre 96 de largeur. Nous ignorons s’il va plus loin et s’il communique à quelque autre chambre ; quoi qu’il en soit , la véritable entrée de la grande chambre est- indiquée par la direction de la flèche, et c’est par là qu’on devait passer immanquablement’ pour pénétrer, dans la sépulture. '.
L'état de ruine de ce monument nous a empêché d’en lever un plan plus .exact; nous pensons cependant que le croquis que nous offrons ici est suffisant pour qu’on puisse connaître la manière dont le mort y était enterré ; . la fig h 2 de la même vignette représente une coupe selon la ligne b c de.' là fig. t. Il est facile de voir que ce cadavre date d’une haute antiquité, car on a trouvé à côté de lui des objets eu bronze qui décèlent une époque assez reculée ; quoique ces objets soient dispersés. d«-
154 LIVRE I. — r MONUMENTS DE LA l“ PÉRIODE.
. puis quelques apnées , nous trouvâmes cependant moyen Autres objets d’en recouvrer quelques uns. Ils consistent, 1°. en une ,rouè^de*re'c ” petite idole, représentant probablement un sanglier, figu-
• rée dans notre PL XXX, fig. 155 ; 2°. en deux gros bracelets laits comme des anneaux , placés aux pieds du mort; 3°. en une espèce de style arrondi, sans pointe et avec une tète ronde; il fut trouvé près de la tète,
• et était probablement destiné à tenir des tresses de clie-, veux; l’absence. d’armures et d’armes quelconques , .et. la présence des objets dont nous veuons de parler, nous induisent à penser que le cadavre en question était celui d’une femme. Parmi les autres objets de bronze trouvés dans ce tombeau , nous devons faire mention d’une idole que nous ne pûmes recouvrer dans le pays où elle n’existe
* plus ; mais nous avons eu des données pour croire qu’elle
fut portée à Cagliari , et qu elle fait partie de la riche collection d’idoles sardes du musée de cette ville. D’après la description qu’on nous en a faite, nous savons 1 que çette 'idole représentait une figure humaine avec
. des cornes , une queue et un bâton fourchu , et que , par conséquent, elle avait tous les caractères qui distinguent les divinités sardes proprement dites. Nous oublions de dire qu'avec les débris d’ossements humains , et dans la te ère noire et très fine qui les accompagnait , nous trou- • vâmes également des fragments d’une poterie très gros-
sière et d’apparence très ancienne.
L’exemple que nous venons de- citer, sans être concluant pour la masse entière des Nui'-hags , nous dévoile cependant, comme un fait bien certain , qu’on y a trouvé des sépultures qui paraissent avoir été ménagées, dèR la construction de l’édifice. Nous sommes également autorisé à en conclure que ces petites niches; ou couloir», très fias et très étroits, que nous avons déjà eu octasion de signaler, -et qu'on trouve ‘souvent à.cdté des
CHAP. 1Y. — (tam-JUGS. 1*5
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grandes chambres ou des corridors en spirale .peuvent avoir eu une destination que leur forme , leur dimension • et la place qu'elles occupent dans le monument semblent . annoncer d’avance. . .. * . ’ i
Nous n’osons pas dire , cependant , que nous puissions regarder comme destinées à servir de sépulture les autres pièces dout se composent les Nur-hags et les monuments eux-mêmes, considérés dans leur entier; car les véritables tombeaux , ceux sur la destination desquels nous ne conservons aucun doute , sont presque toujours épars à l'entour, et à une très petite distance de ces monuments; ce sont tantôt des sépultures de géants (1)., tantôt d’autres tombeaux de ce genre, mais plus ordinaires (2) , et tantôt des chambres taillées dans le rocher même sur lequel repose le Nur-hag (3). Nous ne saurions trop décider si celte particularité ,. qui se rencontre dans plusieurs localités , est une preuve en faveur de la destination funéraire des monuments, en question , ou si elle n’oflre pas matière à une conclusion opposée.
Dans le premier cas, le Nur-hag pourrait être envisagé n. <on>, <!»,<•. comme le tombeau du chef de la tribu ou celui de la fa- u>mb*auV mille principale et dominante, autour duquel auraient été disposés ceux des gens ordinaires; dans le second cas, le Nur-hag serait considéré comme un monument destiné au culte de la tribu qui aurait eu ses tombeaux placés ■
(i) Voyez ce qui a été dit ci-dessus sur ces monuments , et particulièrement sur ceux de Goronna, du N. Imberli et de S. Bain giu, et ceux de la liste des Nur-hags, pag. un et suiv., parmi lesquels les tombeaux de géants des environs de Bolotana , de Luras , de Nulvi, de Bittf , etc. . r. . , . , *
(a) Nous en avons vu beaucoup -nous citerons celles qui sont en grand nontbre autour du N. Lunghenia , près A'O.tçhiri, où nous avons trouvé des objets en bronze.' •
(3) 'Nous décrirons ces grottes dans le chapitre suivant. *
156 LIVRE 1. — ■ MONUMENTS DE LA I** PÉRIODE, daus l’enceinte'saçrée, et à portée de l’édifice ; sur ce dernier se seraient pratiquées les cérémonies religieuses
auxquelles auraient assisté en quelque sorte les restes, ou, pour mieux dire., les mânes de ceux qui n’étaient plus.
Gette dernière opinion acquerrait un peu de valeur, si on pouvait , par des recherches plus étendues et plus, spéciales, prouver qu’il existe réellement (comme nous avons cru le reconnaître) une liaison très étroite entre les Nurhags et les tombeaux des géants , c’est-à-dire , s’ils sont l'ouvrage d'un même peuple cl d’une même époque. Alors ces derniers, considérés comme les sépultures des gens notables , pourraient nous faire penser que les Nurïiags voisins n’avaient pas une destination funéraire, et que les cellules qu’ils renferment, et où l'on rencontre accidentellement des cadavres, étaient réservées aux prêtres et même aux prêtresses, sans que les monuments en euxmêmes dussent être considérés comme des tombeaux. Remarquons qu’à part quelques bouts de flèches (1), on n’a trouvé dans les Nur-hags ni armures ni armes qui décelassent la tombe de quelque guerrier, tandis que les tombeaux île géants et les grottes creusées dans le roc en renferment souvent (2). Les objets trouvés dans les caveaux des Nur-hags annoncent des occupations bien paisibles : ce sont des colliers, des bracelets, et d’autres ornements , mais surtout des idoles (3).
(i) Voyez ce que nous avons dit ci-dessus, page tg, sur les fouilles du -iVur-hag, près de Lanusei.
tfl] V ayez ce qui a été dit page ag, sur un tombeau de géant , près d ’Oliena. Voyez également ci-après, PI: XXXIV, fig. 5, 4, et le texte qui s’y rapportc-
(3) On trouva jadis une grande quantité d’idoles en bronze (dont plusieurs entrèrent dans la collecliou de Cagliari , et sont |ku conséquent figurées dans nos planches), dans le ft . de S. Giovanni di Monte- JVm-o, lieu très élevé, de la partie montucuse de l’île. On en
CHAP. IV. — NtJR-HAGS. 157
Nous ajouterons encore qu’il ne résulte pas de nos Recherches que , dans les cas très rares où l’on trouva des cadavres dans les Nur-hags, on les ait rencontré» placés ailleurs que dans les petites cellules basses et étroites qu’ils renferment quelquefois ; nous ne sachons pas qu'on en ait trouvé dans lés chambres proprement dites. Ou le repos des défunts aurait été souvent troublé par le pasr sage de ceux qui devaient les traverser pour se- rendte sur la plate-fonne supérieure. Aurait-on mis tahtde soin à ménager, dans les Nur-hags , ces escaKers en spirale, qui font notre admiration par la manière dont ils sont pratiqués , s’ils -n’eussent dû servir à personne , et s’ils eussent été destinés à être condamnés , dès que l’on eut donné la sépulture aux cadavres que le monument devait renfermer ? Ces esealiers portent les traces évidentès d’un passage long-temps fréquenté -, ils paraissent avoir été faits pour servir au* vivants, car, à part leur porte d’entrée , souvent basse, le reste de ces escaliers est assez élevé 'pour qu’un -homme puisse le parcourir sans difficulté.
Nous demandons maintenant à quoi aurait servi l’escalier des Nur-hags, qui n’ont qu’un seul étage , si le monument n’eût eu d’autre destination que celle de recevoirquelques dépouilles mortelles ? Pourquoi aurait-on ménagé ces pé-
cut aussi dans un N. de Perda-Liana, où elles étaient accompagnée* d’une quantité de monnaies puniques ; nous citerons une découverte semblable près de Lanusei, dans le Nur-hag que bous aubes fait fouiller nonS-mêroe , et où l’on trouva aussi les trois pierres coniques/n, n, o, de notre PI. III, fig. 4> voyez page 18; nous rappellerons également les idoles découvertes dans le N. /selle de Buddusô, page s 54 ; et enfin nous dirons que d’autres idoles furent trouvées dans un Nur-hag près d’Ales, et que plusieurs de celles qui sont figurées dans les planches de notre Atlas ont été tirées de ces monuments. Nous citerons entée autres celles 4e la PI. XVII, /îg. i et 3. . ,
158 LIVRE I. — MOKÜMBNTS DE I.A l“ PÉRIODE.
tries lucarnes, dans l’épaisseur du raur extérieur, pour donner de l’air et un peu de lumière à ces escaliers en spinale, s’ils n’eussent pas dû être fréquentés par des .hommes ?
Les personnes qui ne regardent pas les Nur-hags comme des monuments funéraires , pourront comparer les chambres intérieures de ces édifices à celle de Mycènes , dont nous avons donné un dessin ci-dessus, page 64. Le style oriental de ce reste d’une antiquité frès reculée , est. maintenant' reconnu ; la fameuse poète aux lions et les ornements en spirale (1) déçèlent, on effet, une origine asiatique. Quant au souterrain, figuré dans notre vignette, •et que l’on a pris pendant long-tomps pour un tombeau', il est maintenant considéré comme une chambre où l’on renfermait les trésors (2). La grande ressemblance de cette chambre souterraine avec celles des Nur-hags , paraît confirmer l’opinion de ceux qui pensent que ces derniers doivent être attribués de préférence à un peuple d’origineorientale, et que leur véritable destination n’était pas de servir de sépulture. , ~
Les bornes que nous nous sommes prescrites , dans cet ouvrage, ne nous permettent pas de passer ici en revue tous les rapprochements que l’on pourrait établir entre les Nur-hags , considérés dans tous leurs détails intérieurs et extérieurs , et les autres monuments anciens décrits ou figurés avec lesquels on pourrait les comparer; cela exigerait un travail spécial , et ne serait plus du ressort d’un simple Voyage. C’est pourquoi nous termi-
• (i) Ces ornements ont beaucoup de rapport avec ceux du temple de Goso, que nous avons décrit. {Lettre à M. Raonl-Rocliette, etc.)
(î) On peut remarquer, que la fameuse tour de Sichem , du temple de Baal-Berith { ou si l’on veut A' El-Berilh ) , que M . l’abbé • Arri compare avec beaucoup de vraisemblance à un Nur-hag , avait aussi un lieu destiné à la garde d’un trésor.
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CHAP. IV. NUn-HAGS. 159
lierons ce que nous avons à dire à l’égard de ces édifices, en faisant observer que la question sur leur origine orientale est à peu près résolue , mais que nous ne saurions nous prononcer d’une manière décisive entre l’opinion de ceux qui les considèrent comme des tombeaux et celle des auteurs qui les regardent comme des édifices religieux ; peut-être en seriit-il. de ces deux opinions comme de la grande question qui divisait naguère les géologuesneptuniens et plutonistes? Ceux-ci ne commencent à s’entendre que depuis L’instant qu’ils ont admis le concours des deux causes qui ont présidé à la formation de l’état actuel de notre écorce terrestre ; peut-être recopnaîtra-t-on un jour que les Nur-hags. de la Sardaigne, cl les 1 alayots des îles Baléares , pouvaient très bien être des monuments religieux, et, dans certains cas, avoir servi de sépulture. Nous reviendrons sur ces considérations générales -à la fin de ce volume, après la description des Talayôts , et leur comparaison avec les Nur-hags , qu’on peut comparer également aux tours des Iles Britanniques dont nous avons donné les dessins PI. Xl\,Jig. 6, 7> 8.
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Murs en polygones irréguliers. Grottes taillées dans le roc.
ur de Pii iln a. La PL XV, fig. 1, représente un mur construit en
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polygones irréguliers sans ciment , et en ligne droite, sur lequel est bâtie une portion de l’ancienne maison baronale de Pallia ; il est digne de 6xer l’attention de l’observateur, parce qu!il peut être considéré comme réunissant les caractères de deux. constructions différentes , celle dite. cj^lopcenne , en polygones irréguliers, et celle dite asiatique , en pierres parallélogrammes disposées paé , assises horizontales. Quoique nous ne croyions pas avoir des motifs assez puissants pour établir des distinctions d’âge et ''d’origine entre les deux parties de ce mur qui * portent ces caractères différents , et quoique nous regardions cette construction comme l'ouvrage' d’un même peuple et d’une même époque , nous ne la Considérons pas mpins comme très ancienne; plusieurs, raisons nous engagent même à croire qu’elle appartient aux ruines de la (iurulis Fétus, probablement la même ville qu’Orgyllé, bâtie, selon Pausanias, par une colonie d’Âlhéniens.
• Ce mur semble avoir fait partie d’un grand édifice carré, peut-être d’une espèce d,e citadelle : nous n’avons pas pu le visiteren détail, car pour en suivre les traces il aurait .fallu fouiller dans le village au risque de démolir les maisons. ’ .
On a trouvé à Patina d’autres anliguités, parmi lesquelles l’idole en bronze représentant un guerrier, dfc notre fig. 96, PI. XXVII , et. la lampe de même métal, .fis- 166, 'PI. XXX, ainsi que d’autres objets égalcméijt